Assurance Auto

Ce que l'assurance tous risques couvre réellement, exclusions comprises

Le tous risques ne couvre pas tout: exclusions, déchéances, vétusté et plafonds réduisent l'indemnisation. La carte des refus les plus fréquents et les parades.

11 août 202610 min de lectureMis à jour le 28 août 2026
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Points clés
  • Le permis invalide, suspendu, annulé ou inadapté à la catégorie du véhicule au moment du sinistre.
  • La déclaration tardive ou mensongère du sinistre, si l'assureur prouve que le retard lui a causé un préjudice.

Le nom fait vendre et il trompe: tous risques laisse entendre une couverture sans limite, alors qu'il désigne simplement la formule la plus complète du marché, avec ses exclusions, ses déchéances et ses règles d'indemnisation qui rabotent le chèque final. La plupart des litiges entre assurés et assureurs naissent de cet écart entre le nom commercial et le contrat réel. Cet article prend le problème par le bon bout: il part des refus d'indemnisation les plus fréquents pour remonter aux clauses qui les fondent. Vous saurez ce que la formule couvre effectivement, dans quels cas l'assureur ne paie jamais, quels comportements annulent la garantie, comment la vétusté réduit l'indemnisation même en tous risques, et quelles options comblent utilement les trous. Le tout au prix du marché: selon les moyennes publiées par LeComparateurAssurance début 2026, un contrat tous risques coûte 784 € par an en moyenne, environ 260 € de plus qu'une formule au tiers.

Tous risques: un nom commercial, pas une promesse juridique

Aucun texte ne définit l'assurance tous risques. La seule assurance obligatoire, fixée par l'article L211-1 du Code des assurances, est la responsabilité civile, qui indemnise les dommages causés aux tiers. Tout le reste relève du contrat: chaque assureur compose sa formule tous risques comme il l'entend, avec ses propres garanties, plafonds, franchises et exclusions. Deux contrats vendus sous le même nom peuvent différer du simple au double sur l'indemnisation d'un même sinistre.

La formule reste majoritaire mais recule: le baromètre publié par LeLynx.fr en 2026 mesure que la part des contrats tous risques est passée de 49 à 46 % en un an, tandis que le tiers progressait de 28 à 32 %, sous la pression des hausses de primes. Ce mouvement rend d'autant plus utile de savoir ce que l'on paie réellement. La fiche assurance automobile de Service-Public.fr le formule sans ambiguïté: les garanties facultatives ne jouent que dans les conditions et limites prévues au contrat, et la lecture des conditions générales prime sur toute appellation commerciale. Avant de décider si la formule se justifie pour votre véhicule, il est utile de vérifier que le tous risques reste rationnel au regard de sa valeur et de votre situation.

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Ce que la formule couvre effectivement

Le coeur du tous risques est la garantie dommages tous accidents: votre véhicule est indemnisé quelle que soit votre responsabilité, collision responsable, sortie de route sans tiers, choc contre un obstacle, rayure de parking avec auteur inconnu. C'est la seule garantie qui couvre votre propre voiture quand vous êtes en tort, et c'est elle qui justifie l'écart de prime avec le tiers.

Autour de ce noyau, la formule agrège les garanties du tiers étendu: vol et tentative de vol, incendie, bris de glace, événements climatiques, catastrophes naturelles et technologiques, ainsi que la défense pénale et recours. S'y ajoutent selon les contrats l'assistance panne, le véhicule de remplacement et la garantie du conducteur, dont les paramètres varient fortement. Service-Public.fr rappelle dans sa fiche consacrée aux garanties automobiles, mise à jour en 2025, que chacune de ces garanties comporte ses propres conditions, franchises et plafonds: le tous risques est un empilement de garanties distinctes, jamais un bloc uniforme.

Trois limites structurelles s'appliquent même quand tout fonctionne. La franchise reste à votre charge à chaque sinistre, et son montant varie couramment de 150 à plus de 600 € selon les contrats: le détail des mécanismes figure dans notre page sur les franchises qui restent à charge. L'indemnisation est plafonnée à la valeur du véhicule au jour du sinistre. Et certains éléments, pneumatiques, contenu du véhicule, accessoires hors série, ne sont couverts que par extension.

Exclusions générales: les cas où l'assureur ne paie jamais

Les exclusions délimitent ce qui n'entre jamais dans la garantie, indépendamment de votre comportement. L'article L113-1 du Code des assurances impose qu'elles soient formelles et limitées, rédigées en caractères très apparents dans le contrat: une exclusion vague ou noyée dans le texte peut être écartée par le juge, ce qui alimente une jurisprudence abondante.

Les exclusions les plus fréquentes des contrats tous risques suivent un motif commun: l'assurance couvre l'accident, jamais l'usure ni l'usage anormal. Sont ainsi exclus l'entretien courant et la vétusté, les pannes mécaniques sans événement accidentel, les dommages nés d'un défaut d'entretien caractérisé, comme un moteur cassé après un voyant d'huile ignoré. Sont exclus également les usages non déclarés: un véhicule assuré en usage privé qui sert à des livraisons ou à du VTC sort du champ de la garantie, tout comme la participation à des courses ou essais sur circuit. La conduite par une personne non autorisée au contrat pose le même problème, avec des franchises majorées ou des refus selon les clauses de conduite exclusive.

Le transport rémunéré non déclaré illustre la logique: le guide des exclusions publié par les comparateurs spécialisés en 2026 le classe parmi les premiers motifs de refus sur les sinistres de véhicules récents, car le risque réel ne correspond plus au risque déclaré et tarifé. Chaque exclusion doit figurer noir sur blanc dans vos conditions générales: prenez le temps de les lire avec le crible complet des garanties.

Déchéances: les comportements qui annulent la garantie

La déchéance prive de garantie un assuré qui aurait normalement été couvert, en sanction d'un comportement postérieur ou concomitant au sinistre. Cinq situations concentrent l'essentiel des refus en tous risques.

  1. La conduite sous alcool ou stupéfiants. Nuance capitale posée par l'article L211-6 du Code des assurances: toute clause de déchéance pour conduite en état alcoolique ou après usage de stupéfiants est réputée non écrite pour la responsabilité civile, les victimes sont donc toujours indemnisées. En revanche, vos propres garanties, dommages tous accidents et garantie du conducteur, peuvent être exclues par une clause claire du contrat: vous payez les autres, personne ne vous paie. L'enjeu est massif, l'alcool restant impliqué dans plus d'un accident mortel sur cinq selon le bilan de l'accidentalité publié par l'ONISR en 2025.
  2. Le permis invalide, suspendu, annulé ou inadapté à la catégorie du véhicule au moment du sinistre.
  3. La fausse déclaration intentionnelle à la souscription. L'article L113-8 du Code des assurances frappe de nullité le contrat entier lorsque la réticence ou la fausse déclaration change l'objet du risque ou en diminue l'opinion pour l'assureur: conducteur habituel dissimulé, sinistres passés tus, stationnement inventé. La sanction est rétroactive, l'assureur conserve les primes versées et peut réclamer le remboursement des indemnités déjà payées.
  4. La déclaration tardive ou mensongère du sinistre, si l'assureur prouve que le retard lui a causé un préjudice.
  5. Le délit de fuite ou le refus d'obtempérer, sanctionnés par les clauses des contrats et, côté tarif, par les surprimes encadrées par l'annexe à l'article A335-9-2 du Code des assurances, qui autorise jusqu'à 150 % de majoration après une condamnation pour alcoolémie et jusqu'à 400 % en cas d'infractions cumulées.

Vétusté et plafonds: l'indemnisation rabotée

Même garanti, même sans faute, vous ne récupérez presque jamais le coût de remise à l'état d'origine. L'indemnisation de référence est la valeur de remplacement à dire d'expert, souvent appelée VRADE: le prix d'un véhicule équivalent sur le marché local au jour du sinistre. Sur les pièces, les contrats appliquent un abattement de vétusté, pourcentage déduit selon l'âge et l'usure, notamment sur les pneumatiques, la batterie ou l'échappement.

L'effet est mécanique sur les véhicules qui décotent vite. Les cotes publiées par L'Argus font apparaître une perte de valeur de l'ordre de 20 à 25 % dès la première année pour un véhicule neuf. Une berline achetée 30 000 € et détruite quatorze mois plus tard sera indemnisée sur une base proche de 23 000 €, franchise déduite, alors que son remplacement à neuf coûte toujours 30 000 €. En tous risques comme au tiers, l'écart entre valeur d'usage et valeur de remplacement reste à votre charge, sauf option spécifique. Si l'offre de l'expert vous paraît sous évaluée, vous pouvez la discuter: la procédure est détaillée dans notre page pour contester une indemnisation réduite.

Les options qui complètent le tous risques

Trois extensions corrigent les principales limites de la formule. La garantie valeur à neuf, ou valeur d'achat, indemnise au prix payé pendant une période de 12 à 36 mois selon les contrats, parfois davantage sur les offres constructeur: c'est la parade directe à la décote initiale, particulièrement pertinente pour un véhicule neuf ou financé. La garantie du contenu couvre les effets personnels et le matériel transporté, exclus par défaut. L'assistance renforcée, dite 0 km, dépanne dès le domicile et ajoute un véhicule de remplacement de catégorie équivalente, là où l'assistance de base n'intervient qu'au delà de 25 ou 50 km.

Chacune se juge au même critère que la formule elle même: le rapport entre son prix et le risque réellement porté. Une valeur à neuf sur un véhicule de sept ans n'a aucun objet, une garantie du conducteur relevée en a toujours un. Pour situer votre contrat actuel face au marché, comparez garanties et exclusions ligne à ligne sur notre comparateur d'assurance auto. Et si vous préférez faire relire vos conditions générales par un professionnel, demandez un rappel: un conseiller vous recontacte sous 6 heures pour identifier les exclusions sensibles de votre contrat et chiffrer les options utiles.

Questions fréquentes

L'assurance tous risques couvre t elle vraiment tous les accidents?

Elle couvre les dommages de votre véhicule quelle que soit votre responsabilité, y compris sans tiers identifié, ce qu'aucune autre formule ne fait. Elle ne couvre jamais les pannes mécaniques, l'usure, les usages non déclarés ni les situations de déchéance comme la conduite sous alcool ou avec un permis invalide. Chaque garantie du contrat conserve en outre sa franchise et son plafond.

Mon assureur peut il refuser de me payer si j'ai bu, même en tous risques?

Pour vos propres dommages, oui: une clause d'exclusion claire prive de la garantie dommages tous accidents et de la garantie du conducteur en cas de conduite en état alcoolique. Pour les victimes, non: l'article L211-6 du Code des assurances répute non écrite toute déchéance de responsabilité civile pour alcool ou stupéfiants, votre assureur indemnise donc les tiers puis peut se retourner contre vous.

Qu'est ce qu'une déchéance de garantie en assurance auto?

C'est la perte du droit à indemnisation pour un sinistre normalement couvert, en sanction d'un comportement de l'assuré: déclaration tardive préjudiciable, fausse déclaration sur les circonstances, conduite sans permis valide. Elle se distingue de l'exclusion, qui délimite à l'avance ce qui n'est pas couvert, et de la nullité de l'article L113-8, qui anéantit le contrat entier en cas de fausse déclaration intentionnelle à la souscription.

Pourquoi mon indemnisation est elle inférieure au prix de ma voiture?

L'assureur indemnise la valeur de remplacement à dire d'expert, le prix d'un véhicule équivalent sur le marché de l'occasion au jour du sinistre, diminuée de la franchise et d'éventuels abattements de vétusté sur les pièces. La décote, de l'ordre de 20 à 25 % la première année selon les cotes de L'Argus, explique l'écart avec le prix d'achat. Seule une garantie valeur à neuf comble cette différence pendant ses premières années.

La fausse déclaration à la souscription annule t elle le contrat?

Si elle est intentionnelle et qu'elle a modifié l'appréciation du risque par l'assureur, oui: l'article L113-8 du Code des assurances prononce la nullité du contrat, rétroactive, avec conservation des primes par l'assureur et remboursement des indemnités éventuellement perçues. Une erreur de bonne foi relève d'un régime plus doux, la règle proportionnelle de l'article L113-9, qui réduit l'indemnité au prorata de la prime payée.

Quelles options valent le coût en complément du tous risques?

La valeur à neuf pour un véhicule récent ou financé, qui neutralise la décote initiale pendant 12 à 36 mois. Une garantie du conducteur avec plafond élevé et seuil d'invalidité bas, qui protège le seul blessé que la loi n'indemnise pas. L'assistance 0 km avec véhicule de remplacement pour ceux qui dépendent de leur voiture au quotidien. Les autres extensions se jugent au cas par cas selon l'usage.

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