Investissement · gestion alternative

Managed Futures (CTA)

Un exercice sur quatre porte la performance du suivi de tendance

Les programmes CTA rendent leur performance par à coups. Lors du dernier grand retournement simultané des actions et des obligations, le SG Trend Index a gagné 27,30 % quand le portefeuille équilibré 60/40 reculait de 17,50 % (Société Générale Prime Services, Morningstar). Les trois exercices suivants ressortent à une moyenne de 0,22 % par an (Top Traders Unplugged). La question posée à un épargnant français porte donc sur la durée pendant laquelle il peut porter la poche avant qu'un retournement ne la rembourse.

A

Le gain se concentre sur les retournements installés

Le programme achète les marchés en hausse et vend ceux qui reculent, sur plus d'une centaine de contrats à terme cotés. Une crise produit des mouvements durables dans le même sens sur plusieurs marchés à la fois, et le portefeuille se trouve déjà positionné. Lors du dernier grand retournement, 27 programmes CTA sur 30 ont terminé l'exercice en territoire positif, dans une fourchette de 11 % à 40 % (Hedgeweek).

B

Les exercices sans tendance laissent un manque à gagner mesurable

Une succession de faux départs déclenche des allers retours coûteux, que les gérants nomment le whipsaw. Les trois exercices qui ont suivi le dernier retournement ressortent à moins 4,16 %, plus 2,42 % et plus 2,39 % sur le SG Trend Index (Top Traders Unplugged). Le simulateur chiffre en euros ce que cette séquence coûte sur votre allocation.

C

La décorrélation est documentée sur plus d'un siècle

Sur les dix plus fortes pertes du portefeuille 60/40 recensées entre 1880 et 2016, le momentum temporel a délivré une performance positive dans huit cas (AQR, Hurst, Ooi et Pedersen, Journal of Portfolio Management, automne 2017). Sur la période ouverte en 2000, la perte maximale de l'indice atteint 20,61 % contre 50,95 % pour le S&P 500 dividendes réinvestis.

D

Le programme retenu pèse autant que la classe d'actifs

Les fonds constituants de l'indice CTA de Société Générale affichent 2 % d'écart type de dispersion mensuelle et une corrélation deux à deux voisine de 50 % (CFM). Un indice de référence ne se souscrit pas : vous détenez un programme précis, avec ses horizons de signaux et sa volatilité cible. La comparaison porte sur ces paramètres avant les performances passées.

Fonctionnement

Le parcours France Épargne, du bilan à la revue annuelle

01

Bilan patrimonial

Un conseiller recense votre actif financier, vos enveloppes ouvertes et l'exposition de marché déjà portée par vos fonds actions et obligataires. Réponse sous 6h, du lundi au vendredi de 9h à 19h.

02

Étude de dimensionnement

L'étude arrête la part confiée aux managed futures et chiffre la durée pendant laquelle vous pouvez la porter. Les allocataires retiennent 5 % à 10 % de l'actif financier, le CME Group situant à 20 % le couple le plus efficient face à 40 % d'actions et 40 % d'obligations.

03

Sélection du véhicule

Deux à trois fonds coordonnés sont comparés sur les horizons de signaux, la volatilité cible, les frais courants, la devise de la part et leur présence dans la gamme d'unités de compte de votre assureur. Le document d'informations clés de chaque candidat vous est remis.

04

Souscription et revue annuelle

L'arbitrage d'enveloppe est tranché avant la mise en place, entre 31,4 % de prélèvement forfaitaire unique en compte titres et 17,2 % de prélèvements sociaux en assurance vie. La revue annuelle mesure ensuite la contribution réelle de la poche et ramène son poids à la cible.

Comparatif

Souscrire seul ou faire dimensionner la poche

CritèreSans étudeAvec un conseiller France Épargne
Taille de la pocheMontant choisi au jugé, sans lecture de l'exposition existantePart arrêtée sur votre actif financier réel et votre horizon de retrait
Durée de portageDécouverte au bout de deux exercices platsChiffrée avant la souscription, en années de calme financées
Choix du programmeLe fonds classé premier sur trois ansDeux à trois programmes comparés sur leurs horizons de signaux et leurs frais
Enveloppe de détentionLe compte déjà ouvertCompte titres et assurance vie comparés sur votre tranche marginale
Suivi dans le tempsPoche laissée dériver au fil des exercicesRevue annuelle du poids, de la contribution et du gérant retenu
Pour qui

À qui cette poche apporte quelque chose

Aux épargnants déjà exposés aux actions et aux obligations, dont la perte maximale historique atteint 50,95 % sur le S&P 500 dividendes réinvestis depuis 2000
Aux chefs d'entreprise après cession, dont le capital arrive en une fois et pour qui le calendrier d'investissement domine les premiers mois
Aux retraités et futurs retraités exposés à l'effet de séquence, une forte baisse en début de phase de retrait amputant durablement la capacité de la poche à durer
Aux patrimoines supérieurs à un million d'euros, qui peuvent répartir la poche entre deux programmes aux horizons de signaux différents
Aux familles gérant un patrimoine sur plusieurs générations, l'assurance vie permettant les arbitrages sans imposition intermédiaire
Aux dirigeants plaçant une trésorerie d'entreprise stable, la liquidité quotidienne du format coordonné convenant à un emploi non programmé
★★★★★

« J'ai cédé ma société en début d'année et le produit de la vente est arrivé en une fois sur un compte. Le conseiller a arrêté la poche à 12 % de mon actif financier et m'a montré combien d'exercices sans tendance je pouvais tenir avant qu'un retournement ne la rembourse. Ce chiffre m'a décidé, parce que je savais à quoi m'attendre pendant les années plates. »

Bertrand L. · Client France Épargne, dirigeant après cession
Questions

Les questions posées en rendez vous

Non pour les véhicules coordonnés. Environ 45 fonds UCITS donnent accès à la stratégie avec une valorisation quotidienne et une souscription possible dès quelques centaines d'euros (The Hedge Fund Journal). Les fonds d'investissement alternatifs restent réservés aux investisseurs professionnels ou qualifiés, avec des tickets d'entrée de 10 000 à 100 000 euros.

Les allocataires retiennent une fourchette praticable de 5 % à 10 % de l'actif financier. Le CME Group situe à 20 % le couple le plus efficient face à 40 % d'actions et 40 % d'obligations, et RCM Alternatives observe une dégradation marginale au delà de 30 % à 40 %. Un conseiller applique cette fourchette à votre patrimoine réel.

Non. L'éligibilité au Plan d'Épargne en Actions vise les titres de capital de sociétés européennes, ce qui exclut les fonds construits sur des instruments dérivés et des contrats à terme. Le compte titres ordinaire et les unités de compte d'assurance vie restent les deux enveloppes disponibles.

Le compte titres ordinaire supporte 31,4 % de prélèvement forfaitaire unique depuis le 1er janvier 2026, soit 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. L'assurance vie conserve un taux de prélèvements sociaux de 17,2 % (service-public.gouv.fr, fiche F34913). L'arbitrage dépend de votre horizon de retrait et de votre tranche marginale.

La revue annuelle distingue une sous performance liée au régime de marché d'une sous performance propre au gérant, en comparant le programme retenu à l'indice du segment. Le dimensionnement initial se choisit précisément pour rendre la conservation possible pendant cette séquence.

Un conseiller France Épargne répond sous 6h, du lundi au vendredi de 9h à 19h. Le premier échange porte sur votre actif financier, vos enveloppes existantes et votre horizon de retrait, puis une proposition écrite détaillant chaque frais vous est adressée.

Pour aller plus loin

Le fonctionnement d'un programme de gestion systématique sur contrats à terme

Les managed futures désignent une gestion systématique qui prend des positions acheteuses et vendeuses sur des contrats à terme cotés, dans quatre familles de marchés : actions, taux d'intérêt, devises et matières premières. Le gérant porte le titre de CTA (Commodity Trading Advisor), une appellation américaine héritée de la réglementation des marchés de marchandises et conservée alors que ces programmes traitent aujourd'hui surtout des indices boursiers, des obligations d'État et des paires de devises (The Hedge Fund Journal). La stratégie dominante du segment s'appelle le trend following, ou suivi de tendance : le programme achète les marchés en hausse depuis plusieurs semaines et vend ceux qui reculent, sans formuler d'opinion sur la valeur fondamentale des actifs traités. Cette famille concentre plus de la moitié des encours du segment selon Quantica Capital (Quarterly Insights du quatrième trimestre 2022).

La mesure de référence du segment porte un nom précis. Le SG Trend Index, calculé par Société Générale Prime Services depuis 2000, agrège le rendement quotidien net des dix plus gros CTA institutionnels suiveurs de tendance. La série annuelle de cet indice décrit un profil dissymétrique que peu de classes d'actifs présentent : 27,3 % en 2022, puis un recul de 4,16 % en 2023, une progression de 2,42 % en 2024 et de 2,39 % en 2025 (Top Traders Unplugged, rapports de décembre de chaque exercice). Au 21 août 2026, l'indice affichait 9,12 % depuis le 1er janvier et 1,13 % sur le mois écoulé (BarclayHedge). Trois exercices proches de zéro entourent ainsi une année à deux chiffres, et cette forme de distribution constitue le coeur du sujet pour un épargnant français.

Le moteur de cette dissymétrie tient à la mécanique du portefeuille. Un programme diversifié suit simultanément entre 80 et 250 marchés à terme, chacun doté d'un signal indépendant. La corrélation moyenne deux à deux des signaux de tendance entre marchés ressort à 0,08 selon AQR (Understanding Managed Futures), autrement dit chaque position vit sa vie. Quand une crise s'installe, les prix cessent de fluctuer sans direction et s'engagent dans des mouvements persistants : les indices actions baissent semaine après semaine, les obligations d'État montent, les devises refuges s'apprécient. Le programme, déjà positionné dans le sens de ces mouvements, accumule alors des gains sur plusieurs marchés en même temps. AQR a quantifié ce comportement sur une profondeur historique rare. Dans l'article « A Century of Evidence on Trend-Following Investing » (Journal of Portfolio Management, automne 2017), Hurst, Ooi et Pedersen recensent les dix plus fortes pertes du portefeuille 60/40 entre 1880 et 2016 et constatent une performance positive du momentum temporel dans huit de ces dix épisodes.

La contrepartie de ce profil se lit dans les périodes sans direction. Un marché qui monte trois semaines, redescend, remonte puis retombe déclenche des allers retours coûteux, une configuration que les gérants nomment le whipsaw. L'exercice 2023 en fournit l'illustration : les anticipations de politique monétaire ont changé plusieurs fois de sens et aucune tendance nette ne s'est formée sur les taux et les devises, ce qui a ramené le SG Trend Index à un recul de 4,16 %. Sur longue période, le résultat net reste favorable au couple rendement risque : depuis le 1er janvier 2000, le SG Trend Index affiche 5,33 % de performance annualisée pour une perte maximale de 20,61 %, quand le S&P 500 dividendes réinvestis affiche 7,98 % pour une perte maximale de 50,95 % (Top Traders Unplugged, rapport de décembre 2025). La stratégie rend donc un demi point de performance annuelle et divise par deux et demi l'amplitude du pire épisode.

Le véhicule concret compte autant que la stratégie. Un fonds de cette catégorie n'immobilise qu'une fraction de son actif en dépôt de garantie sur les marchés à terme, entre 10 % et 25 % selon le programme. Le solde reste placé en trésorerie rémunérée, ce qui explique qu'un environnement de taux courts positifs ajoute mécaniquement au résultat. Cette structure légère en capital permet le format coordonné : environ 45 fonds UCITS (organismes de placement collectif en valeurs mobilières conformes à la directive européenne) donnent accès à la stratégie avec une valorisation quotidienne, selon The Hedge Fund Journal. Le premier d'entre eux a été lancé en 2006. Les gérants présents dans cet univers comptent Winton, Man AHL, AQR, AlphaSimplex, Graham, Campbell, CFM, Systematica, Lynx et Transtrend, tous distribués en France par l'intermédiaire de courtiers et de contrats d'assurance vie multisupports.

Le vocabulaire du segment mérite une clarification, car deux expressions circulent. Les managed futures désignent l'ensemble des programmes traitant des contrats à terme de façon systématique, quelle que soit la logique du modèle. Le suivi de tendance en constitue la famille dominante, aux côtés de stratégies minoritaires fondées sur le portage entre échéances, sur la valeur relative entre marchés ou sur des indicateurs macroéconomiques. Un fonds vendu sous l'étiquette managed futures peut donc combiner plusieurs de ces moteurs, dans des proportions indiquées dans son prospectus. La lecture de ce document décide de la comparaison entre deux véhicules : un programme composé à 80 % de signaux de tendance et un programme multimoteur ne réagiront pas de la même façon lors d'un retournement de marché, et leurs performances annuelles s'écarteront pour cette raison structurelle plutôt que par talent du gérant.

France Épargne intervient sur les trois décisions qui déterminent le résultat réellement encaissé par un épargnant : la taille de la poche rapportée à l'actif financier total, le choix du gérant à l'intérieur d'un univers dont la dispersion se mesure, et l'enveloppe de détention, qui sépare 31,4 % de prélèvement en compte titres ordinaire de 17,2 % de prélèvements sociaux en assurance vie (service-public.gouv.fr, fiche F34913).

Illustration des quatre familles de marchés traitées par un gérant CTA
Actions, taux, devises et matières premières : les quatre familles suivies simultanément par un programme diversifié (source : The Hedge Fund Journal)

Un comportement documenté en période de crise

Sur les dix plus fortes pertes du portefeuille 60/40 recensées entre 1880 et 2016, le momentum temporel a délivré une performance positive dans huit cas (AQR, Journal of Portfolio Management, automne 2017). En 2022, le SG Trend Index a gagné 27,3 % pendant que le 60/40 perdait 17,5 %.

Une performance possible dans les deux sens du marché

Le programme vend à découvert aussi facilement qu'il achète, sur contrats à terme cotés et compensés. Une baisse durable des indices actions ou des obligations devient une source de gain, ce qui distingue la stratégie d'un fonds actions classique bloqué en position acheteuse.

Une diversification interne rarement égalée

Un programme diversifié suit entre 80 et 250 marchés à terme, dont la corrélation moyenne deux à deux des signaux ressort à 0,08 (AQR, Understanding Managed Futures). Aucune position isolée ne décide du résultat annuel.

Une perte maximale contenue sur longue période

Sur la période ouverte en 2000, le SG Trend Index affiche une perte maximale de 20,61 % contre 50,95 % pour le S&P 500 dividendes réinvestis, pour une performance annualisée de 5,33 % contre 7,98 % (Top Traders Unplugged, décembre 2025).

Une liquidité quotidienne au format coordonné

Environ 45 fonds UCITS donnent accès à la stratégie avec une valeur liquidative quotidienne (The Hedge Fund Journal), là où les formats non coordonnés imposent des préavis de rachat et des tickets d'entrée de 10 000 à 100 000 euros.

Une exposition sans risque de change subi

Les fonds coordonnés distribués en France proposent des parts couvertes en euros. Le résultat servi au porteur reflète la performance du programme, sans la variation du dollar qui viendrait sinon s'y ajouter.

Un cadre réglementaire européen contraignant

La directive 2011/61/UE, transposée en France par l'ordonnance n° 2013-676 du 25 juillet 2013, impose au gestionnaire un agrément, un dépositaire indépendant, un reporting périodique et une gestion des risques formalisée.

Un arbitrage d'enveloppe tranché avec un conseiller

Le compte titres ordinaire supporte 31,4 % de prélèvement forfaitaire unique depuis le 1er janvier 2026, l'assurance vie conserve 17,2 % de prélèvements sociaux (service-public.gouv.fr, fiche F34913). France Épargne arrête l'enveloppe avant la souscription.

Combien coûte l'attente d'une poche managed futures ?

Le simulateur chiffre en une minute ce que votre poche rend en régime calme et ce qu'elle rapporte lors d'une année de retournement. Aucune donnée personnelle demandée pour obtenir le résultat.

Ouvrir le simulateur

Du signal de tendance à la ligne inscrite dans votre contrat

Un programme systématique de tendance transforme une série de prix en position de trois manières successives, et chacune se vérifie dans la documentation du fonds avant toute souscription. La première étape construit le signal. Le gérant compare le prix courant d'un contrat à terme à sa moyenne sur plusieurs horizons, typiquement 20, 60 et 250 jours, ou repère le franchissement d'un plus haut de période. Un signal positif déclenche une position acheteuse, un signal négatif une position vendeuse, et l'absence de direction laisse le marché hors du portefeuille. Les programmes se distinguent par la vitesse de ces horizons, un paramètre qui explique une large part des écarts de performance entre gérants une même année.

La deuxième étape dimensionne la position. Un programme moderne travaille en volatilité cible : il calibre chaque ligne pour qu'elle contribue au risque total du portefeuille à hauteur d'un budget prédéfini, généralement exprimé par une volatilité annuelle visée de 10 % à 15 %. Un marché agité reçoit donc une position nominale plus faible qu'un marché calme portant le même signal. Cette règle produit un effet contre intuitif que les épargnants découvrent en lisant les rapports : le programme réduit son exposition quand les prix deviennent erratiques, ce qui limite la casse pendant les retournements brutaux et explique pourquoi un choc de deux jours ne se traduit pas par un gain, à la différence d'une baisse installée sur trois mois.

La troisième étape exécute et finance. Les contrats à terme ne mobilisent qu'un dépôt de garantie, entre 10 % et 25 % de la valeur notionnelle selon les marchés traités. Le solde de l'actif reste placé en trésorerie ou en titres d'État courts, rémunérés au taux monétaire de la devise de référence. Cette composante ajoute au résultat servi au porteur, indépendamment du succès des signaux, et sa contribution a retrouvé du poids depuis le retour des taux courts positifs. Le rythme de rééquilibrage suit ensuite la fréquence propre au programme, quotidienne pour la plupart des fonds coordonnés, ce qui autorise une valorisation et un rachat chaque jour ouvré.

Les frais se lisent à deux étages. La gestion alternative non coordonnée a longtemps facturé 2 % de frais de gestion et 20 % de commission de surperformance, une structure qui absorbait une part substantielle du résultat brut. Les versions coordonnées distribuées en Europe pratiquent des frais courants nettement inférieurs, et une partie de l'offre a supprimé la commission de surperformance. Un second étage s'ajoute selon l'enveloppe : droits de garde et courtage en compte titres ordinaire, frais de gestion sur unités de compte en assurance vie. La comparaison utile porte sur le total, frais du fonds et frais d'enveloppe additionnés, calculé sur le montant réellement investi.

L'accès depuis la France emprunte deux chemins et ferme le troisième. Le compte titres ordinaire accueille tous les véhicules, fonds coordonnés comme ETF cotés à l'étranger, sans plafond de versement. Le contrat d'assurance vie multisupport loge les mêmes fonds sous forme d'unités de compte, à condition que l'assureur les ait référencés dans sa gamme, ce qui se vérifie ligne à ligne avant l'ouverture. Le PEA (Plan d'Épargne en Actions) reste fermé à cette classe d'actifs : son éligibilité vise les titres de capital de sociétés européennes, ce qui exclut les fonds construits sur des instruments dérivés et des contrats à terme. Un épargnant qui souhaite loger une poche de trend following arbitre donc entre le compte titres et l'assurance vie, et cet arbitrage se joue sur la fiscalité de sortie autant que sur les frais d'entrée.

Le cadre juridique encadre l'ensemble. La directive AIFM 2011/61/UE du 8 juin 2011, transposée par l'ordonnance n° 2013-676 du 25 juillet 2013, soumet les gestionnaires de fonds d'investissement alternatifs à un agrément de l'Autorité des marchés financiers, à la désignation d'un dépositaire indépendant, à un reporting périodique et à une gestion des risques formalisée. Un fonds comptant au moins un porteur non professionnel impose l'agrément de société de gestion de portefeuille et la désignation d'un dépositaire. Les véhicules coordonnés relèvent quant à eux du régime UCITS, avec ses règles de diversification, ses limites d'effet de levier et son document d'informations clés remis avant souscription.

Le parcours France Épargne suit quatre temps. Le bilan patrimonial recense l'actif financier, l'exposition déjà portée par les fonds actions et obligataires détenus, et l'horizon de retrait. L'étude d'allocation arrête la part confiée à cette poche et la compare à la fourchette praticable retenue par les allocataires, de 5 % à 10 % de l'actif financier, que le CME Group porte à 20 % dans son couple le plus efficient. La sélection compare deux à trois véhicules sur les horizons de signaux, les frais courants, la devise de la part et la disponibilité en unité de compte. La mise en place ouvre l'enveloppe retenue et programme les versements. Le suivi annuel vérifie ensuite la contribution réelle de la poche au portefeuille et la maintient à son poids cible.

1

Bilan patrimonial

Un conseiller recense votre actif financier, vos enveloppes existantes et l'exposition déjà portée par vos fonds actions et obligataires. Le rendez vous se tient par téléphone ou en visioconférence, et un conseiller répond sous 6h après la première demande.

2

Étude d'allocation

L'étude arrête la part confiée aux managed futures et chiffre son effet sur la perte maximale du portefeuille. La fourchette praticable retenue par les allocataires va de 5 % à 10 % de l'actif financier, le CME Group situant à 20 % le couple le plus efficient face à 40 % d'actions et 40 % d'obligations.

3

Sélection du véhicule

Deux à trois fonds coordonnés sont comparés sur les horizons de signaux, la volatilité cible, les frais courants, la devise de la part et la présence dans la gamme d'unités de compte de votre assureur. Le document d'informations clés de chaque candidat vous est remis.

4

Arbitrage d'enveloppe et souscription

Le compte titres ordinaire supporte 31,4 % de prélèvement forfaitaire unique, l'assurance vie 17,2 % au titre des prélèvements sociaux au moment du rachat (service-public.gouv.fr, fiche F34913). L'enveloppe est arrêtée selon votre horizon de retrait, puis la souscription est mise en place.

5

Suivi annuel et rééquilibrage

Une revue annuelle mesure la contribution réelle de la poche, compare le gérant retenu à son indice de référence et ramène le poids à sa cible. La dispersion mensuelle des constituants du SG CTA Index atteint 2 % d'écart type (CFM), ce qui rend ce contrôle nécessaire.

Illustration du processus de sélection d'un fonds de suivi de tendance
Bilan, étude d'allocation, sélection du véhicule puis arbitrage d'enveloppe : les quatre temps du parcours France Épargne

Quel véhicule retenir pour accéder au suivi de tendance ?

Fonds coordonné UCITS

  • Valorisation et rachat chaque jour ouvré
  • Univers d'environ 45 fonds selon The Hedge Fund Journal
  • Frais courants inférieurs à la structure historique de 2 % et 20 %
  • Souscription possible dès quelques centaines d'euros
  • Parts couvertes en euros disponibles chez la plupart des gérants
  • Référencement fréquent en unité de compte d'assurance vie

Fonds d'investissement alternatif (FIA)

  • Réservé aux investisseurs professionnels ou qualifiés dans la majorité des cas
  • Tickets d'entrée usuels de 10 000 à 100 000 euros
  • Liquidité mensuelle ou trimestrielle avec préavis de rachat
  • Structure de frais historique de 2 % de gestion et 20 % de surperformance
  • Agrément AMF du gestionnaire et dépositaire indépendant imposés par la directive AIFM
  • Accès direct aux programmes fermés au grand public

ETF managed futures coté

  • Cotation continue et frais souvent inférieurs à ceux des fonds actifs
  • Offre concentrée sur les places américaines, KMLM, DBMF et CTA en tête
  • Performances de 7 % à 8 % au 8 avril 2026 pendant la plus forte baisse du S&P 500 sur douze mois
  • Détention limitée au compte titres ordinaire, hors assurance vie française
  • Risque de change à couvrir séparément pour un résident français
  • Contraintes documentaires européennes à vérifier avant tout ordre

Mandat CTA en direct

  • Compte géré ouvert au nom de l'investisseur chez un courtier compensateur
  • Transparence position par position et pilotage du levier
  • Seuil d'entrée institutionnel, généralement au delà du million d'euros
  • Coûts opérationnels et suivi administratif à la charge du souscripteur
  • Réservé aux patrimoines disposant d'une structure dédiée
  • Rarement pertinent pour une poche inférieure à 10 % d'un actif financier privé

Chiffres clés du suivi de tendance

CritèreDonnéeSource
Encours du managed futures systématiqueEnviron 362 milliards de dollars au troisième trimestre 2022BarclayHedge
Part du suivi de tendance dans le segmentPlus de la moitié des encoursQuantica Capital, Quarterly Insights T4 2022
Performance annualisée depuis le 1er janvier 20005,33 %SG Trend Index, Top Traders Unplugged décembre 2025
Perte maximale depuis le 1er janvier 200020,61 % contre 50,95 % pour le S&P 500 dividendes réinvestisTop Traders Unplugged décembre 2025
Meilleur exercice de l'indice27,3 % en 2022, record depuis la création du calcul en 2000Société Générale Prime Services, AlphaWeek
Comportement en crisePerformance positive dans 8 des 10 plus fortes pertes du 60/40 entre 1880 et 2016AQR, Journal of Portfolio Management, automne 2017
Corrélation moyenne des signaux entre marchés0,08AQR, Understanding Managed Futures
Dispersion mensuelle entre gérants du SG CTA Index2 % d'écart type par moisCFM, Steady Trends
Fourchette d'allocation praticable5 % à 10 % de l'actif financier, 20 % dans le couple le plus efficient du CME GroupRCM Alternatives, CME Group
Univers coordonné accessibleEnviron 45 fonds UCITS, premier lancement en 2006The Hedge Fund Journal
Fiscalité en compte titres ordinaire31,4 % depuis le 1er janvier 2026, soit 12,8 % d'impôt et 18,6 % de prélèvements sociauxservice-public.gouv.fr, fiche F34913
Fiscalité des rachats d'assurance vie17,2 % de prélèvements sociaux, enveloppe exclue de la hausseservice-public.gouv.fr

Chiffrez le dimensionnement de votre poche avant d'arbitrer

Renseignez votre portefeuille financier, la part que vous envisagez de confier aux managed futures et le rendement attendu du reste de votre allocation. Le résultat s'affiche immédiatement, avec le détail du calcul.

Calculer ma poche

L'état du segment et le poids réel de la sélection du gérant

Le managed futures systématique gérait environ 362 milliards de dollars au troisième trimestre 2022 selon BarclayHedge, contre plus de 340 milliards fin 2016, un encours multiplié par plus de neuf depuis 2000. Ces chiffres sous estiment la réalité : une part significative des programmes de tendance est gérée en interne par des fonds de pension, des fonds souverains et des plateformes multistratégies, sans reporting dans les bases publiques. Le segment a donc une taille comparable à celle du marché français des SCPI multiplié par trois, tout en restant marginal dans les portefeuilles des épargnants européens.

L'exercice 2022 a servi de démonstration grandeur nature et il continue de structurer les décisions d'allocation. Le SG Trend Index a gagné 27,3 %, son meilleur résultat depuis le lancement du calcul, et le SG CTA Index 20,1 %, également un record (AlphaWeek). La performance n'a pas été le fait de quelques gérants chanceux : 27 programmes sur 30 ont terminé l'exercice en territoire positif, et l'ensemble des suiveurs de tendance ont affiché des gains compris entre 11 % et 40 % (Hedgeweek). La cause de ce résultat groupé tient à la nature de l'année : la hausse simultanée des taux et la baisse des indices actions ont produit des mouvements directionnels installés sur plusieurs trimestres, la configuration exacte que ces programmes recherchent.

Les trois exercices suivants racontent l'autre versant. Le recul de 4,16 % en 2023 tient aux revirements répétés des anticipations de politique monétaire, qui ont empêché toute tendance nette de se former sur les taux et les devises. Les progressions de 2,42 % en 2024 et de 2,39 % en 2025 laissent apparaître le même diagnostic : les gains ont été réalisés puis rendus au fil des retournements. La moyenne arithmétique de ces trois exercices ressort à 0,22 % par an. Un épargnant qui aurait souscrit fin 2022 aurait donc porté sa poche pendant trois ans pour un résultat proche de zéro, avant que l'indice ne reprenne 9,12 % sur les huit premiers mois de 2026 (BarclayHedge, relevé du 21 août 2026), pendant que les fonds cotés du segment gagnaient de 7 % à 8 % au 8 avril lors de la plus forte baisse du S&P 500 sur douze mois.

Cette séquence identifie le vrai risque de la classe d'actifs pour un particulier : l'abandon au mauvais moment. Une poche vendue après trois exercices plats est une poche absente lors de l'exercice qui justifie son existence. Le dimensionnement est donc autant une décision psychologique qu'une décision financière, et les allocataires professionnels le formulent explicitement : la part visée doit rester assez grande pour peser lors d'un retournement et assez petite pour être conservée pendant les périodes sans direction. La fourchette praticable retenue par les allocataires se situe entre 5 % et 10 % de l'actif financier, quand le CME Group identifie un couple plus efficient à 20 % de managed futures face à 40 % d'actions et 40 % d'obligations, et que RCM Alternatives observe une dégradation marginale au delà de 30 % à 40 %.

Le second déterminant du résultat porte sur le choix du gérant, et son ampleur surprend. Les fonds constituants du SG CTA Index affichent une corrélation moyenne deux à deux d'environ 50 %, avec une dispersion mensuelle dont l'écart type moyen atteint 2 % par mois (CFM, Steady Trends: The Reality of CTA Return Dispersion). Sur douze mois, cet écart type mensuel se traduit par une fourchette de résultats très large autour de l'indice, ce qu'a montré l'exercice 2022 avec sa fourchette de 11 % à 40 %. L'indice de référence, lui, n'est pas souscriptible : un épargnant détient un programme précis, avec ses horizons de signaux, sa volatilité cible et son univers de marchés. Une différence de vitesse entre deux programmes suffit à séparer un exercice positif d'un exercice négatif, comme l'a montré le début de 2025, où les modèles courts ont dégagé une performance positive quand les modèles longs restaient à la peine.

Une évolution récente change par ailleurs la façon dont la poche s'intègre à une allocation. Plutôt que de retirer 10 % aux actions pour financer la ligne, une partie de l'offre superpose l'exposition systématique de tendance à une exposition actions ou obligataire déjà en place, en s'appuyant sur la faible immobilisation de capital qu'exigent les contrats à terme. Le porteur conserve alors son exposition de marché initiale et ajoute la source de performance décorrélée par dessus. Cette construction augmente le risque total du portefeuille et exige une lecture attentive du document d'informations clés, mais elle répond à l'objection la plus fréquente des épargnants : le renoncement à une part de leur exposition actions pour financer une poche qui, trois années sur quatre, produit un résultat proche de zéro.

La démocratisation du format se poursuit et abaisse le coût d'entrée. Le premier fonds coordonné du segment a été lancé en 2006, et l'univers compte aujourd'hui environ 45 véhicules (The Hedge Fund Journal). Une seconde vague est venue des fonds indiciels cotés, dont certains répliquent les positions agrégées des principaux CTA plutôt que de faire tourner leur propre modèle, avec des frais nettement inférieurs à la structure historique de 2 % et 20 %. Le résultat net pour un épargnant français tient dans une addition simple : frais du fonds, frais de l'enveloppe, fiscalité de sortie. France Épargne construit cette addition avant la souscription, compare deux à trois véhicules sur les mêmes bases et arrête l'enveloppe de détention en fonction de l'horizon de retrait.

Performance annuelle de l'indice de référence du suivi de tendance

SG Trend Index (performance annuelle, en %)
+27,3-4,2+2,4+2,4+9,120222023202420252026 au 21août
Source : Top Traders Unplugged, rapports de décembre 2022 à 2025, et BarclayHedge pour le cumul arrêté au 21 août 2026
Illustration des encours mondiaux de la gestion systématique sur contrats à terme
Environ 362 milliards de dollars d'encours pour le managed futures systématique au troisième trimestre 2022 (source : BarclayHedge)

Risques encourus, obligations du gestionnaire et traitement fiscal français

Le capital investi sur un fonds de tendance reste exposé et la valeur liquidative varie chaque jour. Le premier risque porte un nom précis, le whipsaw : une succession de faux départs, où le prix franchit un seuil, déclenche une position, puis se retourne avant qu'une tendance ne s'installe. Chaque aller retour coûte l'écart parcouru plus les frais de transaction. L'exercice 2023 en offre la mesure, avec un recul de 4,16 % de l'indice causé par les revirements des anticipations de politique monétaire. Sur longue période, la perte maximale de l'indice atteint 20,61 % sur la période ouverte en 2000, un chiffre inférieur aux 50,95 % du S&P 500 dividendes réinvestis sur la même période, et constaté lors d'un épisode de marché réel (Top Traders Unplugged, rapport de décembre 2025).

Le deuxième risque tient au levier notionnel. Un programme mobilise entre 10 % et 25 % de son actif en dépôt de garantie, ce qui lui permet de porter une valeur notionnelle supérieure à son actif net. Cette architecture est encadrée au format coordonné par les règles UCITS d'exposition globale, contrôlées par la société de gestion et vérifiées par le dépositaire. Elle n'en reste pas moins le vecteur par lequel un choc simultané sur plusieurs marchés se transmet à la valeur liquidative. Le troisième risque, le risque de modèle, découle du caractère systématique de la gestion : les signaux sont calibrés sur des données passées et un régime de marché inédit peut les prendre à revers pendant plusieurs trimestres.

Le risque de contrepartie reste limité par la nature des instruments traités. Les contrats à terme cotés passent par une chambre de compensation qui s'interpose entre acheteur et vendeur, appelle des marges quotidiennes et mutualise le risque de défaut. Les programmes utilisant des swaps de gré à gré ajoutent en revanche une exposition directe à leur contrepartie bancaire, plafonnée par les règles UCITS. Le risque de change concerne les parts libellées en dollars : un résident français qui souscrit une part non couverte ajoute la variation de la devise au résultat du programme, et la plupart des gérants proposent une part couverte en euros pour l'éviter.

Le cadre réglementaire européen encadre l'ensemble de la chaîne. La directive AIFM 2011/61/UE du 8 juin 2011, transposée en droit français par l'ordonnance n° 2013-676 du 25 juillet 2013, impose au gestionnaire de fonds d'investissement alternatifs un agrément de l'Autorité des marchés financiers, la désignation d'un dépositaire indépendant, un reporting périodique et une gestion des risques formalisée. Un fonds comptant au moins un porteur non professionnel oblige son gestionnaire à obtenir l'agrément de société de gestion de portefeuille. Les véhicules coordonnés relèvent du régime UCITS, avec ses ratios de diversification, ses limites d'exposition globale et la remise obligatoire d'un document d'informations clés avant souscription. L'AMF publie par ailleurs un guide pédagogique consacré à la gestion alternative, qui détaille les questions à poser avant tout engagement.

La fiscalité française dépend entièrement de l'enveloppe retenue. En compte titres ordinaire, les plus values de cession et les distributions supportent le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % depuis le 1er janvier 2026, addition de 12,8 % d'impôt sur le revenu et de 18,6 % de prélèvements sociaux (service-public.gouv.fr, fiche F34913). L'option globale pour le barème progressif reste ouverte et s'apprécie au regard de la tranche marginale du foyer. Les moins values de cession s'imputent sur les plus values de même nature réalisées la même année, et le solde non imputé se reporte sur les dix années suivantes en application de l'article 150-0 D du code général des impôts. Cette possibilité de report a une valeur concrète pour une classe d'actifs dont les résultats alternent entre exercices plats et exercices marqués.

En assurance vie, aucune imposition n'intervient tant que le contrat n'est pas racheté, y compris lors des arbitrages entre unités de compte. Les rachats supportent 17,2 % au titre des prélèvements sociaux, l'enveloppe ayant été exclue de la hausse portant ce taux à 18,6 %. Après huit ans de détention, l'abattement annuel de 4 600 euros pour une personne seule et de 9 200 euros pour un couple soumis à imposition commune s'applique sur la part de produits comprise dans le rachat. La transmission suit ensuite l'article 990 I du code général des impôts pour les primes versées avant les 70 ans de l'assuré, avec un abattement de 152 500 euros par bénéficiaire, puis un prélèvement de 20 % jusqu'à 700 000 euros et de 31,25 % au delà. Les primes versées après 70 ans relèvent de l'article 757 B, avec un abattement global de 30 500 euros.

Le PEA reste fermé à cette classe d'actifs. Son éligibilité vise les titres de capital de sociétés ayant leur siège dans l'Union européenne ou l'Espace économique européen, ce qui exclut les fonds construits sur des instruments dérivés et des contrats à terme. Un épargnant arbitre donc entre compte titres et assurance vie, et France Épargne tranche cette question avant la souscription, en fonction de l'horizon de retrait, de la tranche marginale du foyer et des supports effectivement référencés dans le contrat visé.

Questions fréquentes sur les managed futures et les programmes CTA

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Le dimensionnement de la poche décide du résultat avant même le choix du gérant. En dessous de 5 % de l'actif financier, la contribution du suivi de tendance reste invisible dans la perte maximale du portefeuille. Je calcule cette part dès le premier rendez vous, à partir de l'exposition actions déjà portée par le client et de son horizon de retrait.

L'équipe allocation de France ÉpargneConseillers en Gestion de Patrimoine

À quels patrimoines une poche de suivi de tendance apporte quelque chose

Les managed futures s'adressent à un épargnant qui détient déjà des actions et des obligations. La stratégie ne remplace pas ces classes d'actifs, elle modifie la forme de la courbe de patrimoine en réduisant l'amplitude des pires épisodes. Un portefeuille composé uniquement de fonds euros n'en tire aucun bénéfice, faute d'un risque actions à amortir. Le premier critère d'éligibilité tient donc à l'existence d'une exposition de marché significative, mesurée lors du bilan patrimonial.

Les cadres et professions libérales en phase de constitution forment le premier profil concerné. Un actif de 45 ans qui verse chaque mois sur un PEA et une assurance vie multisupport accumule une exposition actions croissante, dont la perte maximale historique atteint 50,95 % sur le S&P 500 dividendes réinvestis depuis 2000 (Top Traders Unplugged). Une poche de tendance représentant 8 % à 10 % de l'actif financier ramène cette amplitude à un niveau supportable, sans immobiliser le capital ni imposer de préavis de rachat. Le versement programmé sur le fonds coordonné suit le même rythme que le reste de l'allocation, ce qui évite d'avoir à choisir un point d'entrée.

Les chefs d'entreprise après cession rencontrent une situation différente et plus urgente. Le produit de cession arrive en une fois, souvent au moment le moins choisi, et la question du calendrier d'investissement domine les premiers mois. Une poche systématique de tendance a la particularité de se comporter favorablement lors des baisses installées, ce qui la rend complémentaire d'un déploiement progressif sur les actions. Le montant en jeu autorise par ailleurs l'accès à des véhicules réservés aux investisseurs qualifiés, dont les tickets d'entrée usuels se situent entre 10 000 et 100 000 euros. L'arbitrage entre compte titres et assurance vie prend ici une importance particulière, l'écart entre 31,4 % de prélèvement forfaitaire unique et 17,2 % de prélèvements sociaux se chiffrant en dizaines de milliers d'euros sur un capital de cession.

Les retraités et futurs retraités relèvent d'une logique de préservation. Un épargnant qui consomme son capital subit un effet de séquence : une forte baisse survenant dans les premières années de retrait ampute durablement la capacité de la poche à durer, même si les marchés se redressent ensuite. Le comportement du momentum temporel documenté par AQR répond directement à cette exposition, avec une performance positive dans huit des dix plus fortes pertes du portefeuille 60/40 recensées entre 1880 et 2016 (Journal of Portfolio Management, automne 2017). L'unité de compte logée dans un contrat d'assurance vie ouvert de longue date combine ce comportement avec l'abattement annuel de 4 600 euros pour une personne seule et de 9 200 euros pour un couple, applicable après huit ans de détention.

Les patrimoines élevés disposent d'une marge d'action supplémentaire. Au delà d'un million d'euros d'actif financier, la poche peut se répartir entre deux programmes aux horizons de signaux différents, un modèle rapide et un modèle lent, ce qui atténue la dépendance à un calibrage unique. La dispersion mensuelle des constituants du SG CTA Index, dont l'écart type moyen atteint 2 % par mois avec une corrélation deux à deux d'environ 50 % (CFM), justifie ce fractionnement. Ces patrimoines accèdent également au compte géré en direct chez un courtier compensateur, une formule qui offre la transparence position par position mais dont le seuil d'entrée institutionnel et la charge administrative la réservent aux structures dédiées.

Les familles gérant un patrimoine sur plusieurs générations trouvent dans l'assurance vie le véhicule naturel de cette poche. La stratégie s'accommode d'un horizon long, puisque son résultat se juge sur un cycle complet de marché plutôt que sur un exercice isolé. La transmission suit alors l'article 990 I du code général des impôts pour les primes versées avant les 70 ans de l'assuré, avec un abattement de 152 500 euros par bénéficiaire. Le contrat multisupport permet en outre de rééquilibrer la poche par arbitrage, sans déclencher d'imposition intermédiaire.

Les dirigeants et professions libérales disposant d'une trésorerie d'entreprise constituent un cas particulier. Le compte titres ouvert au nom de la société accueille les mêmes fonds coordonnés, avec un traitement comptable et fiscal propre aux personnes morales, distinct du prélèvement forfaitaire unique applicable aux particuliers. La liquidité quotidienne du format coordonné convient à une trésorerie stable dont l'emploi n'est pas programmé à court terme, et la décorrélation documentée limite l'exposition simultanée du patrimoine privé et de la trésorerie professionnelle aux mêmes marchés actions. L'étude préalable vérifie la compatibilité de cet emploi avec l'objet social et avec les besoins de financement du cycle d'exploitation.

Deux situations appellent une autre réponse. Un épargnant dont l'actif financier reste inférieur à 30 000 euros gagne davantage à consolider son épargne de précaution et son enveloppe fiscale principale, la poche résultante étant trop faible pour peser sur le résultat global. Un épargnant dont l'horizon de retrait est inférieur à trois ans se heurte pour sa part à la nature du profil de performance : la séquence de 2023 à 2025 a produit une moyenne annuelle de 0,22 % avant que l'indice ne reprenne 9,12 % sur les huit premiers mois de 2026, un rythme incompatible avec un besoin de liquidité rapproché. France Épargne oriente ces deux profils vers les solutions adaptées à leur horizon, et reprend la question des managed futures lorsque la situation le justifie.

Illustration des profils d'épargnants concernés par une poche managed futures
Actifs en constitution, dirigeants après cession, retraités et patrimoines élevés : quatre situations où la poche modifie la courbe de patrimoine

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Un conseiller recense votre actif financier, arrête la part confiée à cette poche, compare deux à trois véhicules coordonnés sur les mêmes bases et tranche l'arbitrage d'enveloppe. Réponse sous 6h, du lundi au vendredi de 9h à 19h.

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