Investissement · growth equity

Growth Equity : Analyse du Fonds et Souscription Accompagnée

Sans dette d'acquisition, le multiple annoncé repose entièrement sur la croissance de la société

Un fonds de growth equity entre au capital de façon minoritaire par augmentation de capital. La société ne porte aucune dette de reprise, si bien que la valeur des titres suit la valeur d'entreprise et que le multiple visé doit être produit par la seule progression du résultat. France Épargne mesure cette exigence avant que vous ne signiez le bulletin, puis la confronte à ce que l'équipe a réellement obtenu sur ses millésimes achevés.

A

Un objectif de 2,5x en cinq ans suppose 18,5 % de croissance annuelle

Bain chiffre à 10 % ou 12 % par an la croissance d'excédent brut d'exploitation qu'un montage à levier de 30 % à 40 % doit produire pour atteindre 2,5x en cinq ans, contre 5 % en 2015 lorsque la moitié du prix était empruntée à 6 % ou 7 %. Avec les mêmes multiples de 14,0x à l'entrée et 15,0x à la sortie mais sans dette d'acquisition, la même cible réclame 18,5 % par an (Global Private Equity Report 2026).

B

Les résultats français reflètent cet écart de moteur

Depuis l'origine et à fin 2025, le capital développement affiche 8,0 % de TRI net et 1,35x de multiple sur 270 fonds et 24 267 millions d'euros appelés, quand le capital transmission atteint 13,3 % et 1,61x sur 528 fonds. Les 5,3 points d'écart recoupent l'écart de croissance exigée que produit l'absence de levier (France Invest / EY, 32e édition, juin 2026).

C

Le prix d'entrée commande l'autre moitié du calcul

L'Argos Index mid-market situe les valorisations du mid-market de la zone euro à 8,6x l'excédent brut d'exploitation au premier trimestre 2026. Les fonds d'investissement paient 10,0x sur ce marché, les acquéreurs stratégiques 7,8x. Une participation acquise au prix des fonds et cédée à un industriel supporte un écart de plus de deux tours de résultat.

D

L'équipe pèse davantage que le segment

En capital développement, les TRI nets moyens de quartile s'échelonnent de moins 8,5 % à 26,2 % depuis l'origine, soit 34,7 points d'écart entre le premier et le quatrième quartile, contre 22,1 points en capital transmission. Les multiples moyens de quartile vont de 0,8x à 2,1x. La dispersion du segment est la plus large du marché français.

Fonctionnement

Comment se déroule l'étude

01

Bilan et capacité d'immobilisation

Revenus, fiscalité du foyer, enveloppes déjà ouvertes et calendrier de vos projets. Le conseiller arrête la fraction du patrimoine financier qui supporte dix ans sans distribution, et laisse votre trésorerie de précaution en dehors du montage.

02

Qualification juridique du véhicule

FCPR juridique, FCPR fiscal, fonds professionnel de capital investissement ou fonds labellisé ELTIF. Le règlement donne le quota d'actif applicable, et de ce classement découlent la fiscalité, le ticket minimal et les enveloppes qui peuvent accueillir le support.

03

Agrément du gestionnaire et antériorité de l'équipe

Agrément de la société de gestion auprès de l'AMF, cohérence entre la stratégie annoncée et les opérations conduites, ancienneté de l'équipe et rotation de ses associés. L'étude France Invest / EY de juin 2026 recense 200 sociétés de gestion répondantes.

04

Croissance implicite et reconstitution des frais

Le multiple et l'horizon annoncés sont traduits en croissance annuelle d'exploitation exigée, puis comparés aux multiples d'entrée réellement payés et à la croissance obtenue sur les millésimes achevés. Le barème est repris poste par poste, carried interest et chargements du contrat compris.

05

Choix de l'enveloppe et souscription

Souscription directe, unité de compte d'assurance vie ou plan d'épargne retraite, selon la fiscalité de votre foyer et votre horizon. France Épargne ouvre ou adapte l'enveloppe, recueille le test d'adéquation et transmet le bulletin, puis suit les appels de fonds.

Comparatif

Ce que change une étude préalable

CritèreSans étudeAvec un conseiller France Épargne
Lecture du multiple annoncéL'objectif de la note d'information sert de référenceTraduit en croissance annuelle d'exploitation exigée, sur la durée réellement constatée
Antériorité de l'équipeLa plaquette du millésime en cours fait foiMillésimes achevés relus, multiples d'entrée payés et croissance obtenue relevés
Frais supportésLa commission de gestion annoncée est retenueCarried interest, frais administratifs et chargements du contrat repris poste par poste
Classement du véhiculeLe nom commercial tient lieu de catégorieQuota d'actif lu au règlement, fiscalité et ticket minimal déduits du classement
Enveloppe de détentionLe fonds est logé là où il est proposéDirect, assurance vie et plan d'épargne retraite chiffrés sur votre fiscalité
Pour qui

Les situations que nous accompagnons

Dirigeant après cession dont le produit de vente arrive en une fois et qui accepte dix ans d'immobilisation sur une fraction définie au bilan
Cadre dirigeant à rémunération variable qui engage par tranches annuelles sur plusieurs millésimes et plusieurs équipes
Profession libérale préparant sa retraite, dont l'horizon de dix à quinze ans s'accorde au blocage d'un plan d'épargne retraite
Détenteur d'un contrat de plus de huit ans dont la poche d'unités de compte reste concentrée sur les marchés cotés
Investisseur déjà présent en capital investissement qui cherche un moteur de rendement distinct de l'effet de levier
★★★★★

« Le fonds annonçait 2,5x en cinq ans et le dossier paraissait solide. Le conseiller a traduit cet objectif en croissance annuelle exigée, puis l'a comparé à ce que l'équipe avait obtenu sur ses deux millésimes achevés. L'écart méritait une explication, que la société de gestion a fournie. J'ai souscrit, sur un montant calibré au bilan et réparti sur deux millésimes. »

Philippe R. · Dirigeant cédant, Loire-Atlantique
Questions

Questions fréquentes

Un conseiller répond sous 6h les jours ouvrés. L'instruction complète, du bilan patrimonial à la recommandation écrite, se déroule sur deux à trois entretiens. Ce rythme tient dans la fenêtre de souscription définie par le règlement du fonds, en dehors de laquelle aucune part ne peut être émise.

Dans les reportings des millésimes achevés, qui donnent les multiples d'entrée réellement payés et la progression du résultat des participations cédées. Le conseiller recoupe ces chiffres avec les multiples publiés par millésime pour le capital développement français (France Invest / EY, juin 2026).

Le montant résulte du test d'adéquation prévu par la directive européenne sur les marchés d'instruments financiers et de votre capacité d'immobilisation, établie au bilan. L'article 423-27 du règlement général de l'AMF fixe la souscription minimale en fonds professionnel à 100 000 euros, ramenée à 30 000 euros sous conditions d'expérience.

L'AMF fixe à dix ans la durée de vie de principe d'un fonds de capital investissement et indique qu'obtenir le rachat de ses parts avant ce terme reste en pratique impossible. Une détention en unité de compte ne lève pas cette contrainte, l'assureur appliquant une décote sur la valeur de rachat d'un support peu liquide.

Pas systématiquement. Chaque assureur retient sa propre liste de supports non cotés référençables, et la gestion pilotée profilée oriente 4 % des versements en profil équilibré et 8 % en profil dynamique vers ces actifs depuis le 24 octobre 2024 (arrêté du 1er juillet 2024). Le conseiller examine d'abord les supports disponibles dans votre contrat actuel.

Par les rétrocessions prévues aux règlements des fonds et aux contrats d'assurance, dont le montant vous est communiqué avant la souscription. Toute facturation d'honoraires est arrêtée par écrit en amont de la mission.

Pour aller plus loin

Ce que recouvre un fonds de growth equity

Le growth equity, ou capital développement de croissance, désigne l'apport de fonds propres minoritaires à une société non cotée déjà rentable pour financer son changement d'échelle. Le fonds souscrit à une augmentation de capital, l'argent entre au bilan de l'entreprise et sert à ouvrir de nouveaux marchés, à recruter une force de vente ou à financer des acquisitions. Aucune dette d'acquisition n'est levée par une holding de reprise, ce qui distingue le segment du capital transmission.

France Invest, l'association professionnelle du capital investissement français dont l'adhésion constitue une des conditions d'agrément des sociétés de gestion auprès de l'AMF (Autorité des marchés financiers), définit le capital développement comme le financement d'entreprises ayant « atteint leur seuil de rentabilité et dégageant des profits », les fonds servant à « augmenter les capacités de production et la force de vente, développer de nouveaux produits et services, financer des acquisitions ». La même source décrit le capital transmission comme une opération qui « recourt à la création d'une société holding, laquelle s'endette pour racheter l'entreprise cible ». Les deux définitions officielles se séparent sur ce point précis : l'une nomme l'endettement, l'autre nomme l'emploi des fonds dans l'entreprise.

Le segment growth a représenté 3 632 millions d'euros investis dans 192 entreprises sur la dernière année couverte par l'étude d'activité France Invest et Grant Thornton, publiée en mars 2026, contre 2 276 millions dans 148 entreprises l'année précédente. La progression atteint 60 % en montants et 30 % en nombre de sociétés accompagnées, quand le capital développement classique reculait de 24 % à 2 985 millions d'euros et le capital transmission progressait de 14 % à 19 550 millions. Le ticket moyen d'une opération growth ressort à 18,9 millions d'euros, contre 5,3 millions en capital développement classique et 27,0 millions en capital transmission.

La concentration du segment mérite d'être relevée. Douze entreprises sur les 192 accompagnées, soit 6,3 % de l'effectif, ont absorbé 1 738 millions d'euros sur les 3 632 investis, soit 47,9 % des montants. L'étude note que « les montants investis en growth sur des tickets supérieurs à 50 millions d'euros sont en nette progression et représentent près de 50 % des montants déployés », et que « les fonds de growth s'internationalisent avec une forte hausse des investissements à l'étranger », en progression de 119 % en montants.

Côté collecte, les véhicules growth ont levé 3 423 millions d'euros auprès de 29 fonds, soit un ticket moyen de 118 millions d'euros par véhicule, contre 46 millions en capital risque et 104 millions en capital transmission. Les capitaux levés par l'ensemble du marché français proviennent à 57 % de France, à 30 % du reste de l'Europe et à 13 % du reste du monde, pour un total de 28 934 millions d'euros collectés par 339 véhicules.

Un épargnant accède à ce segment par un FCPR (fonds commun de placement à risques), qui doit investir au moins 50 % de son actif en titres d'entreprises non cotées au titre de l'article L. 214-28 du code monétaire et financier, ou par un fonds professionnel de capital investissement, dont la souscription minimale s'élève à 100 000 euros, ramenée à 30 000 euros sous conditions d'expérience par l'article 423-27 du règlement général de l'AMF. La détention s'opère en direct, en unité de compte d'un contrat d'assurance vie ou dans un plan d'épargne retraite, chacune de ces enveloppes emportant sa propre fiscalité et son propre régime de liquidité.

L'accompagnement de France Épargne porte sur la lecture du véhicule proposé avant la signature du bulletin de souscription. Le conseiller qualifie juridiquement le fonds, contrôle l'agrément du gestionnaire, calcule la croissance d'exploitation que suppose le multiple annoncé, reconstitue le coût économique total carried interest et chargements du contrat compris, puis arbitre entre les trois enveloppes de détention au regard de la fiscalité de votre foyer.

La taille des opérations sépare nettement le growth du capital développement classique. En growth, les tickets inférieurs à 15 millions d'euros ont représenté 689 millions d'euros pour 135 entreprises, ceux de 15 à 50 millions 1 205 millions pour 45 entreprises, et ceux supérieurs à 50 millions 1 738 millions pour 12 entreprises seulement. En capital développement classique, la répartition s'inverse : 1 315 millions d'euros sur 523 entreprises pour les tickets inférieurs à 15 millions, et 551 millions sur 4 entreprises pour ceux supérieurs à 100 millions. Un fonds annonçant une stratégie growth déploie donc des tickets d'un ordre de grandeur supérieur, ce qui restreint mécaniquement le nombre de lignes de son portefeuille et concentre le résultat sur un plus petit nombre de sorties.

Le marché des cessions conditionne la matérialisation de ces résultats. Sur la dernière année étudiée, 13 013 millions d'euros ont été désinvestis au coût historique, en hausse de 9 %, portant sur 1 191 entreprises cédées, en recul de 7 % et au plus bas niveau depuis 2015. Les sociétés de capital investissement ont racheté pour 7 121 millions d'euros sur 250 entreprises, les acquéreurs industriels pour 2 253 millions sur 187 entreprises, et une seule introduction en bourse a été recensée pour 114 millions d'euros. La part des transactions primaires, celles où le fonds entre pour la première fois au capital, est revenue à 35 % des montants contre une moyenne de 45 % sur la décennie précédente.

Illustration d'une augmentation de capital minoritaire au bilan d'une entreprise en croissance
Le growth equity finance la croissance par apport de fonds propres, sans dette d'acquisition portée par une holding de reprise (définitions France Invest).

Agrément du gestionnaire contrôlé

Le conseiller vérifie l'agrément de la société de gestion auprès de l'AMF et la cohérence entre la stratégie annoncée et les opérations réellement conduites. L'étude de performance France Invest et EY de juin 2026 recense 200 sociétés de gestion répondantes sur le marché français.

Qualification juridique du véhicule

FCPR juridique, FCPR fiscal, fonds professionnel de capital investissement ou fonds labellisé ELTIF : le règlement donne le quota d'actif applicable. De ce classement découlent la fiscalité, le ticket minimal et les enveloppes qui peuvent accueillir le support.

Croissance exigée par le multiple annoncé

Sans dette d'acquisition, un objectif de 2,5x en cinq ans suppose 18,5 % de croissance annuelle du résultat d'exploitation, quand un montage à levier de 36 % en réclame 12,8 % (hypothèses de marché Bain, Global Private Equity Report 2026). Le conseiller confronte cet objectif aux millésimes achevés de l'équipe.

Coût économique total reconstitué

L'AMF chiffre les frais totaux annuels médians à 2,5 % dans les FCPR fermés et environ 1,7 % dans les fonds professionnels à appel progressif, en précisant que ces indicateurs « minorent les frais effectivement prélevés en pratique » puisqu'ils excluent la distribution et les chargements des contrats.

Arbitrage entre les trois enveloppes

Souscription directe, unité de compte d'assurance vie ou plan d'épargne retraite. Depuis le 24 octobre 2024, la gestion pilotée profilée oriente 4 % des versements en profil équilibré et 8 % en profil dynamique vers les fonds de capital investissement (arrêté du 1er juillet 2024).

Capacité d'immobilisation établie au bilan

L'AMF indique qu'il est « en pratique impossible d'obtenir le rachat de ses parts pendant la durée de vie du fonds », laquelle atteint dix ans en principe. Le conseiller arrête la fraction de patrimoine financier qui supporte cet horizon et laisse la trésorerie de précaution hors du montage.

Antériorité de l'équipe relevée

Les reportings des millésimes achevés donnent les multiples d'entrée réellement payés et la croissance obtenue. En capital développement, les TRI nets moyens de quartile s'échelonnent de moins 8,5 % à 26,2 % depuis l'origine (France Invest et EY, juin 2026).

Un seul interlocuteur pour le suivi

France Épargne suit les appels de fonds, relit chaque reporting annuel et signale les écarts avec la trajectoire annoncée. Le même conseiller assure la coordination avec l'assureur ou le teneur de compte selon l'enveloppe retenue.

Un fonds de growth equity vous a été proposé ?

Transmettez la note d'information du véhicule. Un conseiller France Épargne vous rappelle sous 6h les jours ouvrés pour un premier avis sur la qualification juridique du fonds et sur la croissance que suppose le multiple annoncé.

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Comment un fonds de growth equity produit son résultat

Le rendement d'une participation de growth equity repose sur deux termes seulement : la progression du résultat d'exploitation de la société pendant la détention, et le multiple de valorisation appliqué à ce résultat au moment de la cession. Le fonds détenant des titres non grevés d'une dette d'acquisition, la valeur de sa participation suit directement la valeur d'entreprise. Le multiple obtenu égale donc la croissance de l'excédent brut d'exploitation multipliée par la variation du multiple de valorisation entre l'entrée et la sortie.

Un montage de capital transmission dispose de deux moteurs supplémentaires. La trésorerie dégagée par la cible rembourse la dette de la holding pendant la détention, ce qui transfère mécaniquement de la valeur aux actionnaires. Et la fraction du prix financée en dette démultiplie le rendement des fonds propres engagés. Ces deux moteurs manquent à une entrée minoritaire en fonds propres.

Bain & Company consacre à cette arithmétique un chapitre de son Global Private Equity Report 2026, intitulé « 12 is the new 5 ». Le cabinet écrit que dans une opération type de 2015, « 50 % du prix d'acquisition était emprunté à un taux de 6 % à 7 % », un contexte de hausse des prix d'actifs permettant aux fonds « de bénéficier de l'expansion des multiples pour faire fonctionner les opérations, même lorsque les améliorations opérationnelles étaient marginales ». Une opération type n'exigeait alors que « 5 % de croissance annuelle de l'excédent brut d'exploitation pour générer un multiple cible de 2,5x sur une période de détention de cinq ans ».

Le même rapport décrit la situation actuelle : « les coûts d'emprunt se situent dans une fourchette de 8 % à 9 %, tandis que les ratios de levier sont plus proches de 30 % à 40 %. Les multiples d'acquisition restent en territoire record tout en stagnant largement. Avec moins de levier et sans croissance des multiples, ces opérations coûteuses ne fonctionnent que si l'on postule des hausses bien plus importantes de l'excédent brut d'exploitation, quelque chose de plus proche de 10 % à 12 % pour générer ce rendement de 2,5x sur cinq ans. » Les hypothèses de calcul du rapport retiennent pour la période récente un levier d'environ 36 % de la valeur d'entreprise et des multiples de 14,0x à l'entrée et 15,0x à la sortie sur les opérations intégralement réalisées.

Appliquée à une entrée minoritaire sans dette d'acquisition, avec ces mêmes paramètres, la cible de 2,5x en cinq ans réclame 18,5 % de croissance annuelle du résultat d'exploitation, soit un excédent brut d'exploitation multiplié par 2,33 sur la période. L'écart avec l'exigence d'un montage à levier atteint 5,7 points par an, et il s'élargit à mesure que la durée de détention se raccourcit : sur trois ans, la même cible passe de 22,3 % à 32,6 % par an. Le simulateur de cette page restitue ce calcul pour le multiple et l'horizon que votre fonds annonce.

Le prix d'entrée commande l'autre moitié du raisonnement. L'Argos Index mid-market, publié chaque trimestre par Argos et Epsilon Research pour mesurer les valorisations des sociétés non cotées du mid-market de la zone euro, s'établissait à 8,6x l'excédent brut d'exploitation au premier trimestre 2026, en hausse de 3,6 % sur le trimestre après une baisse prolongée qui avait ramené l'indice à son plus bas niveau depuis plus de dix ans. Les fonds d'investissement paient 10,0x sur ce marché, contre 8,7x le trimestre précédent, et les acquéreurs stratégiques 7,8x. Les transactions conclues sous 7,0x représentent 22 % du total, celles au dessus de 15x en représentent 6 %.

La méthodologie retenue par France Épargne pour instruire un dossier suit cette logique. Le conseiller relève le multiple et la durée annoncés par la note d'information, en déduit la croissance d'exploitation implicite, puis confronte cette exigence aux multiples d'entrée réellement payés et à la croissance effectivement obtenue par la même équipe sur ses millésimes achevés. Un objectif dont l'exigence dépasse nettement la croissance historique de l'équipe appelle une explication documentée, que le conseiller demande avant la signature.

Le multiple de sortie constitue le terme que ni le fonds ni l'entreprise ne maîtrisent. Bain relève que les multiples d'acquisition « restent en territoire record tout en stagnant largement », ce qui retire aux opérations récentes le moteur d'expansion des multiples dont bénéficiaient celles de la décennie précédente. Une sortie négociée au multiple d'entrée devient l'hypothèse centrale, et une sortie en dessous du prix payé reporte l'intégralité de la charge sur la croissance opérationnelle. L'écart entre les 10,0x payés par les fonds d'investissement et les 7,8x payés par les acquéreurs stratégiques sur le mid-market de la zone euro donne la mesure de ce risque : une participation acquise au prix des fonds et cédée à un industriel supporte un écart de multiple de plus de deux tours d'excédent brut d'exploitation.

La durée de détention joue dans le même sens. Bain situe la durée moyenne de détention à la sortie autour de sept ans sur le marché mondial, contre cinq ans dans les hypothèses de calcul classiques, les fonds de rachat portant 3 800 milliards de dollars de valeur non réalisée. Un allongement de la détention réduit le taux de rendement interne à multiple constant, mais il abaisse aussi la croissance annuelle nécessaire pour atteindre ce multiple : la cible de 2,5x passe de 18,5 % par an sur cinq ans à 12,9 % sur sept ans. Le conseiller vérifie donc la cohérence entre la durée annoncée par la note d'information et la durée effectivement constatée sur les millésimes achevés de la même équipe.

1

Bilan patrimonial et capacité d'immobilisation

Revenus, fiscalité du foyer, enveloppes déjà ouvertes et calendrier de vos projets. Le conseiller arrête la fraction du patrimoine financier qui supporte dix ans sans distribution, et laisse votre trésorerie de précaution en dehors du montage.

2

Qualification juridique du véhicule proposé

FCPR juridique, FCPR fiscal, fonds professionnel de capital investissement ou fonds labellisé ELTIF. Le règlement donne le quota d'actif applicable, et de ce classement découlent la fiscalité, le ticket minimal et les enveloppes qui peuvent accueillir le support.

3

Contrôle de l'agrément et de l'antériorité de l'équipe

Agrément de la société de gestion auprès de l'AMF, cohérence entre la stratégie annoncée et les opérations conduites, ancienneté de l'équipe et rotation de ses associés. Les reportings des millésimes achevés donnent les multiples d'entrée réellement payés.

4

Calcul de la croissance implicite et reconstitution des frais

Le multiple et l'horizon annoncés sont traduits en croissance annuelle d'exploitation exigée, puis comparés à la croissance obtenue par la même équipe. Le barème est repris poste par poste, carried interest et chargements du contrat d'accueil compris, et confronté aux médianes publiées par l'AMF.

5

Choix de l'enveloppe et souscription

Souscription directe, unité de compte d'assurance vie ou plan d'épargne retraite, selon la fiscalité de votre foyer et votre horizon. France Épargne ouvre ou adapte l'enveloppe, recueille le test d'adéquation et transmet le bulletin.

6

Suivi des appels de fonds et relecture annuelle

Le conseiller suit le calendrier des appels de capital, relit chaque reporting périodique et signale les écarts entre la trajectoire annoncée et les valorisations retenues par la société de gestion.

Illustration des étapes de l'étude d'un fonds de growth equity chez France Épargne
Six étapes du bilan patrimonial au suivi des appels de fonds, avec une recommandation écrite remise avant la signature du bulletin.

Quel segment de capital investissement pour quel objectif ?

Growth equity

  • Entrée minoritaire en fonds propres, sans dette d'acquisition
  • Société déjà rentable dont le fonds finance le changement d'échelle
  • Ticket moyen de 18,9 millions d'euros par opération en France
  • Le multiple dépend de la seule croissance de la société et du multiple de sortie
  • 3 632 millions d'euros investis dans 192 entreprises sur la dernière année étudiée

Capital transmission

  • Rachat majoritaire via une holding qui s'endette (effet de levier)
  • Société mature et rentable, capable de supporter l'endettement
  • Ticket moyen de 27,0 millions d'euros par opération
  • 8,0 % de taux de rendement interne net depuis l'origine en développement contre 13,3 % en transmission
  • 1,61x de multiple depuis l'origine, dont 1,02x déjà distribué

Capital innovation

  • Financement d'une société en phase de création ou de premier développement
  • Ticket moyen de 2,1 millions d'euros, sur 1 240 entreprises accompagnées
  • 5,6 % de taux de rendement interne net sur le segment venture et growth
  • 1,30x de multiple depuis l'origine, dont 0,42x seulement distribué
  • Éligible au FCPI, avec réduction d'impôt de l'article 199 terdecies-0 A

Chiffres clés du growth equity en France

CritèreDonnéeSource
Montants investis en growth3 632 M€France Invest / Grant Thornton, mars 2026
Entreprises accompagnées en growth192 sociétésFrance Invest / Grant Thornton, mars 2026
Progression annuelle des montants+60 %France Invest / Grant Thornton, mars 2026
Ticket moyen par opération18,9 M€Calcul France Épargne d'après France Invest
Capitaux levés par les véhicules growth3 423 M€ par 29 fondsFrance Invest / Grant Thornton, mars 2026
TRI net du capital développement depuis l'origine8,0 %France Invest / EY, 32e édition, juin 2026
Multiple du capital développement depuis l'origine1,35x dont 0,68x distribuéFrance Invest / EY, 32e édition, juin 2026
TRI net du capital transmission depuis l'origine13,3 % pour 1,61xFrance Invest / EY, 32e édition, juin 2026
Écart entre premier et quatrième quartile34,7 points de TRIFrance Invest / EY, 32e édition, juin 2026
Valorisation du mid-market zone euro8,6x l'EBEArgos Index mid-market, premier trimestre 2026
Multiple payé par les fonds d'investissement10,0x l'EBEArgos Index mid-market, premier trimestre 2026
Frais totaux annuels médians en FCPR fermé2,5 %AMF, janvier 2025
Frais totaux annuels médians en fonds professionnelenviron 1,7 %AMF, janvier 2025
Souscription minimale en fonds professionnel100 000 €, ou 30 000 € sous conditionsArticle 423-27 du règlement général de l'AMF
Prélèvements sociaux sur les revenus du capital18,6 %Loi de financement de la sécurité sociale pour 2026

Comparez le multiple annoncé à ce que l'équipe a déjà produit

Le conseiller relève dans les reportings des millésimes achevés les multiples d'entrée réellement payés et la croissance obtenue, puis les confronte à l'objectif de la note d'information. Réponse sous 6h les jours ouvrés.

Faire analyser mon fonds

Ce que les résultats français révèlent du segment

L'étude de performance nette des acteurs français du capital investissement, publiée conjointement par France Invest et EY dans sa 32e édition en juin 2026, mesure les résultats sur 1 417 véhicules matures créés entre 1987 et 2023, hors FIP et FCPI, représentant 214,1 milliards d'euros appelés auprès de 200 sociétés de gestion. Les performances y sont nettes des frais de gestion et du carried interest.

Depuis l'origine et à fin 2025, le capital développement affiche un TRI net (taux de rendement interne, net de frais et de carried interest) de 8,0 % et un multiple de 1,35x sur 270 fonds et 24 267 millions d'euros appelés. Le capital transmission ressort à 13,3 % et 1,61x sur 528 fonds et 110 679 millions d'euros appelés. Le segment venture et growth atteint 5,6 % et 1,30x sur 375 fonds. L'ensemble du capital investissement français s'établit à 10,8 % et 1,48x. L'écart de 5,3 points de rendement entre développement et transmission correspond de près à l'écart de croissance exigée que produit l'absence de dette d'acquisition.

La décomposition du multiple mérite attention. Le TVPI, ou multiple global, additionne le DPI, multiple des distributions déjà versées rapportées aux capitaux appelés, et le RVPI, multiple de la valeur estimative du portefeuille restant. En capital développement, le multiple de 1,35x se décompose en 0,68x distribué et 0,67x en valeur estimative, soit une moitié en espèces. Le capital transmission affiche 1,02x distribué sur 1,61x, soit près de deux tiers, et le venture et growth 0,42x sur 1,30x, soit moins d'un tiers.

Par horizon, le capital développement présente une particularité : son taux à cinq ans, 9,6 %, dépasse son taux depuis l'origine, 8,0 %, ce qui n'est le cas d'aucun autre segment. Son taux à dix ans atteint 9,2 % et son taux à trois ans 6,2 %. Le capital transmission affiche 13,1 % à dix ans, 11,1 % à cinq ans et 6,5 % à trois ans. Le venture et growth ressort à 6,5 % à dix ans, 4,6 % à cinq ans et moins 0,1 % à trois ans. Les horizons courts reflètent le ralentissement des cessions constaté sur l'ensemble du marché.

La dispersion entre équipes constitue le fait le plus saillant du segment. En capital développement et en répartition par appels de fonds, les TRI nets moyens de quartile s'échelonnent de moins 8,5 % pour le premier quartile à 26,2 % pour le quatrième, soit 34,7 points d'écart. Le capital transmission se tient dans une fourchette de 1,5 % à 23,6 %, soit 22,1 points, et le venture et growth de moins 9,0 % à 19,2 %, soit 28,2 points. Les multiples moyens de quartile du capital développement vont de 0,8x à 2,1x. Le choix de l'équipe pèse donc davantage sur le résultat final que le choix du segment.

Ces écarts ne doivent pas masquer la tenue d'ensemble de la classe d'actifs. Sur le capital investissement français dans son entier, 56 % des capitaux appelés obtiennent un multiple supérieur à 1,3x, les fonds sous 1,0x ne concentrent que 14 % des capitaux appelés, et 75 % des capitaux appelés obtiennent un TRI net supérieur à 4,1 % pour un multiple supérieur à 1,1x. Sur dix ans et selon la méthode dite du PME appliquée aux indices dividendes réinvestis, le capital investissement français affiche 10,7 % par an contre 9,5 % pour le CAC 40 Gross, 9,5 % pour le CAC Mid&Small Gross, 5,5 % pour le MSCI Europe Gross et 3,3 % pour l'immobilier mesuré par l'indice EDHEC IEIF.

Millésime par millésime, la trajectoire du capital développement montre l'effet du temps sur la matérialisation des résultats. Les fonds du millésime 2016 affichent 12,47 % de TRI net pour 1,85x de multiple global, dont 1,06x effectivement distribué. Ceux de 2019 ressortent à 6,24 % pour 1,24x, dont 0,17x seulement distribué. Ceux de 2022 affichent 3,59 % pour 1,08x, dont 0,11x distribué. Un multiple lu sur le reporting d'un millésime récent tient donc presque intégralement à la valeur estimative retenue par la société de gestion. La part correspondant à des espèces déjà reçues par les porteurs y reste marginale.

Le conseiller France Épargne situe le véhicule proposé dans cette distribution. Il relève l'ancienneté du fonds, la part de son multiple déjà distribuée, la position de l'équipe dans les quartiles publiés et la cohérence entre l'objectif annoncé et la croissance obtenue sur les millésimes achevés.

Montants investis en growth equity en France

Montants investis en growth (en millions EUR)
+97+163+345+635+894+2 340+2 291+1 414+2 276+3 6322016201720182019202020212022202320242025
Source : France Invest / Grant Thornton, étude d'activité publiée en mars 2026
Illustration de la progression des montants investis en growth equity en France
Les montants investis en growth ont progressé de 60 % sur la dernière année étudiée, et douze opérations ont absorbé près de la moitié des capitaux déployés.

Risques, fiscalité et cadre réglementaire

L'AMF identifie trois risques propres aux fonds de capital investissement dans son guide dédié : la perte en capital, l'illiquidité et la valorisation des actifs non cotés. Le premier tient à la nature même de l'actif : une société non cotée peut perdre tout ou partie de sa valeur, et l'étude d'activité française relève 755 millions d'euros de cessions comptabilisées en pertes sur 159 entreprises lors de la dernière année étudiée.

L'illiquidité constitue la contrainte structurante. Le guide de l'AMF indique qu'« il est en pratique impossible d'obtenir le rachat de ses parts pendant la durée de vie du fonds, pouvant aller en principe jusqu'à 10 ans ». Le cycle de vie d'un fonds enchaîne une période de souscription, une phase d'investissement, une préliquidation facultative, puis la dissolution et la liquidation. Une détention en unité de compte ne lève pas cette contrainte : l'assureur retient une valeur estimative calculée par la société de gestion et applique une décote sur la valeur de rachat d'un support peu liquide.

La valorisation constitue le troisième risque. En l'absence de cotation, la valeur des participations résulte d'une estimation périodique de la société de gestion. Les millésimes récents du capital développement l'illustrent : le millésime 2023 affiche 0,98x de multiple global dont 0,00x effectivement distribué, l'intégralité du multiple reposant sur des valorisations.

Sur le plan des frais, l'étude de l'AMF de janvier 2025, portant sur les données au 31 décembre 2023, chiffre les frais totaux annuels médians à 3,5 % pour les FIP, 3,2 % pour les FCPI, 2,5 % pour les FCPR non evergreen, 2,4 % pour les FCPR evergreen, 2,7 % pour les autres fonds d'investissement alternatifs en assurance vie et environ 1,7 % pour les fonds professionnels de capital investissement et les fonds professionnels spécialisés à appel progressif. Le régulateur avertit que ces indicateurs « minorent les frais effectivement prélevés en pratique » puisqu'ils excluent les frais de distribution et les frais des contrats d'assurance vie, ces derniers mesurés en moyenne à 0,82 % par France Assureurs, dans une fourchette de 0,70 % à 1,01 %.

La même étude relève un écart de rendement selon les modalités d'appel du capital : les fonds professionnels de capital investissement à appel progressif affichent un rendement net médian de 7,5 %, contre 2,7 % pour ceux qui appellent la totalité du capital immédiatement. Les fonds professionnels spécialisés ressortent à 6,4 % contre 4,4 % selon la même distinction. Les FCPR fermés investis en parts de fonds professionnels affichent une médiane de 7,5 % et une moyenne pondérée de 10,6 %.

La fiscalité dépend de l'enveloppe et du classement du véhicule. En détention directe, le régime de droit commun applique le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %, composé de 12,8 % d'impôt sur le revenu et de 18,6 % de contributions sociales depuis la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026. L'article 163 quinquies B du code général des impôts ouvre une exonération d'impôt sur le revenu des distributions et plus-values de parts de FCPR fiscaux, sous trois conditions cumulatives détaillées au bulletin officiel des finances publiques BOI-RPPM-RCM-40-30 : un engagement de conservation des parts pendant cinq ans, le réinvestissement des distributions perçues pendant cette période, et une détention inférieure à 25 % des droits dans les bénéfices des sociétés du portefeuille, appréciée avec le conjoint, les ascendants et les descendants, y compris au cours des cinq années précédant la souscription. Les prélèvements sociaux restent dus dans tous les cas. Les porteurs de FCPI et de FIP bénéficient par ailleurs de la réduction d'impôt de l'article 199 terdecies-0 A du code général des impôts.

L'accès du non coté aux enveloppes assurantielles a été élargi par la loi Industrie verte. L'arrêté du 1er juillet 2024, publié au Journal officiel sous la référence JORFTEXT000049888609, instaure une gestion pilotée profilée applicable aux contrats souscrits à compter du 24 octobre 2024. L'article A. 132-5-4 du code des assurances fixe la part minimale des versements orientée vers les fonds de capital investissement à 4 % en profil équilibré et 8 % en profil dynamique, sans minimum en profil prudent. Pour le plan d'épargne retraite, l'article L. 224-3-1 du code monétaire et financier ouvre depuis la même date l'accès aux fonds d'investissement alternatifs professionnels, avec un versement minimum de 100 000 euros par titre ou unité de compte, ramené à 5 000 euros lorsque la sélection est opérée dans le cadre d'un mandat d'arbitrage, et un plafond de 50 % de l'encours du plan. Le règlement européen ELTIF 2, règlement UE 2023/606 du 15 mars 2023, a par ailleurs supprimé tout minimum de souscription pour un fonds ELTIF ouvert aux particuliers.

En souscription directe, l'article 423-27 du règlement général de l'AMF fixe la souscription minimale en fonds professionnel de capital investissement à 100 000 euros, ramenée à 30 000 euros sous conditions d'expérience du souscripteur. Le conseiller France Épargne recueille le test d'adéquation prévu par la directive européenne sur les marchés d'instruments financiers et remet une recommandation écrite avant toute signature.

Questions fréquentes sur le growth equity

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Un multiple annoncé décrit une hypothèse de croissance. Quand le fonds n'apporte que des fonds propres, la part que l'entreprise ne produit pas doit venir du multiple de sortie, dont la société de gestion ne maîtrise pas le niveau. Ma première question à une équipe porte sur la croissance obtenue par ses millésimes achevés et sur les multiples d'entrée qu'elle a réellement payés.

Conseiller en gestion de patrimoineFrance Épargne

À qui s'adresse cet accompagnement

Le growth equity suppose une capacité d'immobilisation longue et une tolérance à la dispersion des résultats. Les situations que France Épargne accompagne se regroupent en cinq profils, chacun appelant un calibrage différent du montant engagé et un choix d'enveloppe distinct.

Le dirigeant après cession constitue le cas le plus fréquent. Le produit de la vente arrive en une fois, souvent après une opération de capital transmission dont le dirigeant a lui même été l'objet, et la connaissance du non coté acquise à cette occasion facilite la compréhension du véhicule. La question porte alors sur la fraction du produit de cession affectée à des actifs bloqués dix ans, sur la répartition entre plusieurs millésimes et sur l'articulation avec les engagements de réinvestissement éventuellement souscrits lors de la cession. Le conseiller établit au bilan le calendrier des besoins avant d'arrêter tout montant.

Le cadre dirigeant à rémunération variable engage par tranches annuelles plutôt qu'en une fois. Cette pratique répond directement à la dispersion du segment, dont les TRI nets moyens de quartile s'échelonnent de moins 8,5 % à 26,2 % depuis l'origine en capital développement. Répartir les engagements sur plusieurs millésimes et plusieurs équipes réduit l'exposition à une seule signature. Le plan d'épargne retraite convient souvent à ce profil, la déduction des versements du revenu imposable prenant tout son sens sur une tranche marginale élevée, et l'horizon de blocage du plan s'accordant à celui du fonds.

La profession libérale préparant sa retraite raisonne sur un horizon de dix à quinze ans, compatible avec le cycle de vie d'un fonds. L'article L. 224-3-1 du code monétaire et financier ouvre depuis le 24 octobre 2024 l'accès du plan d'épargne retraite aux fonds d'investissement alternatifs professionnels, avec un versement minimum de 100 000 euros par support, ramené à 5 000 euros sous mandat d'arbitrage, et un plafond de 50 % de l'encours du plan. Ce plafond réglementaire constitue en pratique la borne haute de l'exposition, le conseiller retenant généralement une fraction nettement inférieure.

Le détenteur d'un contrat d'assurance vie de plus de huit ans dispose d'une antériorité fiscale acquise et d'une poche d'unités de compte souvent concentrée sur les marchés cotés. Le référencement d'un fonds de capital investissement en unité de compte diversifie cette poche, l'abattement annuel de 4 600 euros pour une personne seule et de 9 200 euros pour un couple s'appliquant aux rachats. La contrainte tient à la liste des supports que l'assureur accepte de référencer, examinée avant toute décision.

L'investisseur déjà présent en capital investissement cherche à compléter une allocation existante. La question porte alors sur la cohérence de l'ensemble : répartition entre segments, entre millésimes et entre équipes. Un portefeuille concentré sur le capital transmission gagne une exposition à un moteur de rendement différent, la croissance opérationnelle plutôt que l'effet de levier. Le conseiller cartographie les lignes existantes avant de se prononcer sur l'opportunité d'une ligne supplémentaire.

Certaines situations conduisent France Épargne à déconseiller la souscription. Une trésorerie de précaution insuffisante, un projet immobilier à moins de dix ans, un besoin de revenus complémentaires immédiats ou une concentration déjà forte sur des actifs illiquides constituent autant de motifs de report. La recommandation écrite remise par le conseiller mentionne ces motifs lorsqu'ils s'appliquent, le test d'adéquation prévu par la directive européenne sur les marchés d'instruments financiers étant recueilli dans tous les cas.

Pour tous ces profils, la démarche reste identique : établir la capacité d'immobilisation réelle, qualifier le véhicule proposé, mesurer l'exigence de croissance que porte son objectif, reconstituer son coût économique total et choisir l'enveloppe la mieux adaptée à la fiscalité du foyer.

Un exemple de calibrage illustre la méthode. Pour un patrimoine financier de 800 000 euros dont 80 000 euros de trésorerie de précaution et un projet immobilier à cinq ans chiffré à 150 000 euros, la capacité d'immobilisation à dix ans ressort à 570 000 euros. Une exposition au capital investissement représentant 15 % de cette capacité conduit à un engagement total de l'ordre de 85 000 euros, que le conseiller répartit sur deux ou trois millésimes successifs plutôt que sur une signature unique. Ce fractionnement répond directement à la dispersion mesurée par France Invest et EY, dont les multiples moyens de quartile vont de 0,8x à 2,1x en capital développement.

Le choix de l'enveloppe se déduit ensuite de la fiscalité du foyer. Une tranche marginale à 41 % oriente vers le plan d'épargne retraite, dont la déduction des versements produit une économie immédiate, sous réserve du plafond de 50 % de l'encours du plan applicable aux fonds professionnels. Une tranche à 30 % assortie d'un contrat d'assurance vie de plus de huit ans oriente plutôt vers l'unité de compte, l'antériorité fiscale étant déjà acquise. Une souscription directe en FCPR fiscal se justifie lorsque les conditions de l'article 163 quinquies B du code général des impôts sont réunies et que l'engagement de conservation de cinq ans ne pose aucune difficulté.

Illustration des profils d'investisseurs accompagnés par France Épargne en growth equity
Dirigeants après cession, cadres à rémunération variable, professions libérales et détenteurs de contrats anciens : cinq situations, cinq calibrages différents.

Faites relire la note d'information avant de signer le bulletin

Un conseiller France Épargne qualifie le véhicule proposé, contrôle l'agrément de la société de gestion auprès de l'AMF, mesure la croissance qu'exige le multiple annoncé, reconstitue le coût économique total carried interest compris et arbitre entre souscription directe, assurance vie et plan d'épargne retraite. Recommandation écrite remise avant toute signature. Réponse sous 6h les jours ouvrés, du lundi au vendredi de 9h à 19h.

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Faites relire la note d'information avant de signer le bulletin

Un conseiller France Épargne qualifie le véhicule proposé, contrôle l'agrément de la société de gestion auprès de l'AMF, mesure la croissance qu'exige le multiple annoncé, la confronte aux millésimes achevés de la même équipe, reconstitue le coût économique total carried interest compris et arbitre entre souscription directe, assurance vie et plan d'épargne retraite. Réponse sous 6h les jours ouvrés, du lundi au vendredi de 9h à 19h.

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