Qu'est-ce que le Livret d'Épargne Populaire ?
Le Livret d'Épargne Populaire (LEP) est un livret d'épargne réglementé, créé par l'État et distribué par les banques, réservé aux foyers dont le revenu fiscal de référence reste sous un plafond annuel. Il rémunère 2,50 % net du 1er août 2026 au 31 janvier 2027, selon l'arrêté du 29 juillet 2026 publié au Journal officiel. Les versements sont plafonnés à 10 000 euros, le versement initial minimum est de 30 euros, et les intérêts échappent à la fois à l'impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux (source : service-public.gouv.fr, page vérifiée le 1er août 2026). Le capital reste disponible à tout moment.
Le taux affiché est donc le taux réellement perçu. Sur un livret rempli au plafond, 10 000 euros produisent 250 euros d'intérêts sur une année pleine, sans aucune ligne à reporter dans la déclaration de revenus. Le même montant placé sur un Livret A rémunéré 1,70 % depuis le 1er août 2026 rapporte 170 euros, soit 80 euros de moins par an (source : communiqué de presse n° 903 du ministère de l'Économie, 15 juillet 2026).
L'écart entre le LEP et les autres livrets réglementés tient à la vocation du produit. Le taux du LEP est révisé tous les six mois, au 1er février et au 1er août, selon une formule qui retient l'inflation hors tabac sur douze mois et la moyenne des taux interbancaires de la zone euro. Au 1er août 2026, cette formule aboutissait à 2,2 %. Le ministre de l'Économie Roland Lescure a retenu 2,50 %, sur préconisation du gouverneur de la Banque de France, afin de maintenir une rémunération élevée pour les ménages modestes. Le LEP bénéficie ainsi d'un plancher politique que les autres livrets n'ont pas.
La condition d'accès repose sur le revenu fiscal de référence (RFR), le montant calculé par l'administration fiscale à partir de l'ensemble des revenus du foyer, figurant sur l'avis d'imposition. Pour une ouverture en 2026, l'administration retient le RFR de l'avant-dernière année, soit les revenus de 2024. Le plafond s'établit à 23 028 euros pour une part de quotient familial en métropole, et à 35 326 euros pour deux parts. Ces seuils ont été revalorisés de 0,9 % pour 2026, au niveau de l'inflation constatée en 2025.
Le LEP se cumule avec les autres enveloppes réglementées. Un même épargnant détient simultanément un Livret A plafonné à 22 950 euros, un LDDS (Livret de Développement Durable et Solidaire) plafonné à 12 000 euros et un LEP plafonné à 10 000 euros, soit 44 950 euros placés sans aucune fiscalité. Chaque personne ne détient qu'un seul LEP, mais un couple marié ou pacsé en ouvre deux, un par conjoint. L'ouverture au nom d'un enfant mineur reste impossible.
Le produit occupe une place croissante dans l'épargne des Français. Le nombre de LEP est passé de 6,9 millions en décembre 2021 à 12,1 millions fin 2025, et l'encours a progressé de 119 % sur la même période pour atteindre 84 milliards d'euros (source : Banque de France, rapport sur l'épargne réglementée 2025). L'encours moyen par livret s'établit à 6 902 euros, contre 6 579 euros fin 2023. Cette progression traduit à la fois la campagne d'ouverture menée par les réseaux bancaires et l'attractivité d'un taux resté supérieur à l'inflation.
Malgré cette dynamique, la couverture reste partielle. La Banque de France identifie environ 19,5 millions de personnes éligibles au regard de leurs déclarations fiscales, pour 12,1 millions de livrets effectivement ouverts. Plus de 6 millions de personnes disposent donc du droit d'ouvrir un LEP sans l'exercer. Chacune d'elles laisse, sur une épargne de précaution de quelques milliers d'euros, plusieurs dizaines d'euros d'intérêts nets par an à un livret moins rémunéré.
La liquidité constitue le troisième pilier du produit, aux côtés du taux et de l'exonération. Les retraits s'effectuent à tout moment, sans préavis, sans frais et sans pénalité de sortie anticipée. Cette disponibilité permanente distingue le LEP d'un compte à terme, dont le capital reste immobilisé sur la durée retenue sous peine de pénalité, et d'un plan d'épargne logement, dont le retrait avant quatre ans entraîne la perte des droits à prêt. L'épargnant conserve la maîtrise de son capital sans arbitrer entre rendement et disponibilité.
La garantie de l'État achève le dispositif. Les sommes déposées sur les livrets réglementés sont garanties par l'État français, sans plafond d'indemnisation propre à l'établissement teneur de compte. Le capital ne subit aucune fluctuation de marché et ne dépend pas de la solidité du réseau bancaire distributeur. Cette caractéristique explique la place du LEP dans les budgets contraints, où la perte même temporaire d'une fraction du capital produirait un effet immédiat sur le quotidien du foyer.