Assurance · risque pays

Assurance Risque Politique

Le risque politique n'efface pas une marge, il efface un actif entier

Une entreprise peut optimiser sa logistique, sécuriser ses contrats et diversifier ses clients : elle ne peut pas empêcher un État d'exproprier un secteur, de bloquer les changes ou de rompre un contrat public. Ce risque échappe par nature à la bonne gestion, ce qui en fait le candidat idéal au transfert à un assureur. Une prime annuelle de 0,2 à 0,8 % du capital assuré couvre jusqu'à 95 % de votre exposition, sur une durée pouvant atteindre 20 ans.

A

Quatre risques, un même effet

Expropriation et nationalisation, inconvertibilité monétaire et non-transfert de fonds, violence politique, rupture de contrat souverain : chacun peut effacer la totalité d'un investissement, pas une simple ligne du bilan.

B

Le capital exposé dépend du pays

Un même montant investi dans un pays classé 2 ou classé 6 sur l'échelle de risque de l'OCDE ne porte pas la même exposition. Cette classification, de 0 à 7, sert de base aux primes minimales du marché.

C

Une prime modeste, une quotité de 95 %

La prime se situe entre 0,2 % et 0,8 % du capital assuré par an, pour une quotité garantie jusqu'à 95 % (Bpifrance Assurance Export). La formule : assiette déclarée multipliée par le taux et par la quotité.

D

Une couverture longue et irrévocable

La garantie court de 3 à 20 ans et reste irrévocable pour l'assureur, résiliable par l'assuré (Bpifrance). Vous gardez la protection même si le pays se dégrade, et la main si vous cédez l'investissement.

Fonctionnement

Notre méthode pour structurer votre couverture pays

01

Bilan de l'exposition pays

Cartographie de vos actifs, contrats et créances à l'étranger, pays par pays, et identification des risques dominants : expropriation, inconvertibilité, violence politique ou rupture de contrat.

02

Stratégie de couverture

Définition de l'assiette à assurer, de la quotité pertinente et des garanties à retenir, en arbitrant entre le dispositif public Bpifrance et le marché privé selon le pays et l'opération.

03

Mise en concurrence des assureurs

Sollicitation des porteurs spécialisés, des syndicats du Lloyd's et des dispositifs publics pour caler le taux de prime, le délai de carence et les exclusions au plus juste de votre exposition.

04

Souscription et suivi

Formalisation de la police, articulation avec votre financement le cas échéant, et suivi de la couverture sur toute sa durée, ajustée au rythme de vos investissements et à l'évolution du risque pays.

Comparatif

Dispositif public ou marché privé

CritèreCritèreAssurance Investissement BpifranceMarché privé et couverture calibrée France Épargne
Quotité garantieJusqu'à 95 % du capital exposéAjustée selon le pays et l'opération
Prime annuelle0,2 à 0,8 % du capital assuréVariable selon la capacité et le pays
Durée de garantie3 à 20 ans1 à 15 ans, jusqu'à 20 ans sur l'énergie
PérimètreInvestissements durables de sociétés françaisesSouplesse sur les pays hors champ public
Pour qui

Pour qui cette couverture est décisive

Groupes investis à l'étranger détenant usines, filiales ou coentreprises exposées à l'expropriation et à la violence politique.
Exportateurs contractant avec un État ou une entreprise publique, exposés à la rupture de contrat et au non-paiement d'origine politique.
Banques et financeurs de projet dont l'engagement dépend d'une couverture du risque pays sur des durées de quinze à vingt ans.
Fonds et gestionnaires d'actifs exposés aux marchés émergents, qui sécurisent la valeur liquidative pour leurs souscripteurs.
★★★★★

« La bonne question n'est pas de savoir si un régime va changer, mais de connaître le capital exposé et de le transférer pour une fraction de pourcent par an. Nous avons cartographié notre exposition, puis assuré l'essentiel sans quitter le marché. »

Direction financière d'un groupe industriel · Client accompagné par France Épargne
Questions

Questions fréquentes

L'assurance-crédit couvre le non-paiement de votre acheteur, commercial ou politique. L'assurance risque politique va plus loin : elle protège aussi le capital investi durablement, l'actif immobilisé et les revenus futurs d'une filiale. Les deux se combinent souvent.

Jusqu'à 95 % du capital exposé chez Bpifrance Assurance Export. La part non couverte, le risque conservé, maintient votre intérêt à gérer prudemment l'exposition. La quotité s'ajuste selon le pays et l'opération.

Principalement du risque pays. L'OCDE classe chaque pays sur une échelle de 0 à 7, du plus faible au plus élevé, ce qui sert de base pour fixer les primes minimales. La prime va de 0,2 à 0,8 % du capital assuré par an.

De 3 à 20 ans chez Bpifrance, jusqu'à 15 ans sur le marché privé et 20 ans pour les grands projets d'infrastructure et d'énergie. La durée épouse celle de votre exposition et de vos prêts de financement de projet.

Oui. Elle constitue une charge d'exploitation déductible du résultat imposable, dès lors qu'elle couvre un risque professionnel. L'indemnité perçue est en principe traitée symétriquement à la perte qu'elle compense.

Pour aller plus loin

Qu'est-ce que l'assurance risque politique ?

L'assurance risque politique protège une entreprise ou un financeur contre les pertes financières provoquées par les décisions des autorités d'un pays étranger ou par la violence politique. Elle couvre quatre familles de risques : l'expropriation et la nationalisation, l'inconvertibilité de la monnaie locale et le non-transfert de fonds, la violence politique (guerre, émeute, terrorisme) et la rupture d'un contrat par un État ou une entité publique. En cas de sinistre, l'assureur indemnise le capital investi ou la créance impayée, à hauteur de la quotité garantie, souvent 95 % du montant exposé.

Cette garantie s'adresse à toute organisation dont la valeur dépend d'un environnement politique qu'elle ne contrôle pas. Un groupe industriel qui détient une usine à l'étranger, un exportateur qui vend à une entreprise publique, une banque qui finance une infrastructure dans un marché émergent : tous portent une exposition qui ne figure sur aucune ligne comptable tant qu'elle ne se matérialise pas, puis efface d'un coup un actif entier. Selon les sondages relayés par Risk & Insurance, 74 % des entreprises internationalisées classent le risque politique dans leur top cinq des risques en 2025.

En France, le dispositif de référence est l'Assurance Investissement de Bpifrance Assurance Export, qui agit pour le compte de l'État. Elle couvre les investissements durables réalisés par des sociétés françaises dans des filiales étrangères, ainsi que les prêts consentis par les banques qui les accompagnent. La quotité garantie atteint 95 % au maximum, la prime se situe entre 0,2 % et 0,8 % du capital assuré selon le pays d'accueil, et la durée de garantie s'étend de 3 à 20 ans (source : Bpifrance). À côté de ce dispositif public, un marché privé profond, animé par les syndicats du Lloyd's de Londres et les assureurs spécialisés, propose des capacités complémentaires : leur capacité combinée approchait 4 milliards de dollars en 2025 (Statista, WTW).

Le principe économique est celui de toute assurance : convertir un risque binaire et rare, mais catastrophique, en un coût annuel connu et budgété. Une nationalisation ou un blocage des changes est peu probable une année donnée, mais son coût peut représenter la totalité d'un investissement. La prime, une fraction de pourcent du capital, permet de porter ce risque sans immobiliser de provision équivalente et sans renoncer au marché. C'est ce qui distingue une stratégie d'expansion internationale assurée d'un pari sur la stabilité d'un régime.

Il faut distinguer cette garantie de l'assurance-crédit à l'exportation classique, avec laquelle elle se combine souvent. L'assurance-crédit protège l'exportateur contre le non-paiement de son acheteur, qu'il soit d'origine commerciale (insolvabilité de l'acheteur privé) ou politique (blocage des transferts, moratoire d'un État). En cas de sinistre d'origine politique, l'indemnisation atteint fréquemment 80 % à 95 % du montant de l'opération (source : economie.gouv.fr). L'assurance risque politique au sens strict va plus loin : elle protège non seulement les flux commerciaux, mais aussi le capital investi durablement, l'actif immobilisé et les revenus futurs d'une filiale. Elle couvre l'entreprise qui construit une présence, pas seulement celle qui vend un lot.

Historiquement, ce produit est né du besoin des États d'accompagner leurs entreprises à l'international sans exposer les finances publiques à des créances irrécouvrables. Les grands acteurs institutionnels sont l'Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA), filiale du Groupe de la Banque mondiale, et la Berne Union (International Union of Credit and Investment Insurers), qui fédère plus de cinquante membres, assureurs publics et privés. En France, Bpifrance Assurance Export a repris en 2017 les garanties publiques auparavant gérées par la Coface. Comprendre cette architecture, publique et privée, est essentiel pour construire une couverture qui combine la solidité des dispositifs d'État et la souplesse du marché privé.

La pertinence de cette garantie s'est accrue avec le retour de la fragmentation géopolitique. Les épisodes récents, du conflit en Ukraine aux tensions commerciales entre grandes puissances, ont rappelé qu'un actif parfaitement géré peut être détruit par une décision politique sur laquelle son propriétaire n'a aucune prise. Une entreprise peut optimiser sa chaîne logistique, sécuriser ses contrats et diversifier ses clients : elle ne peut pas empêcher un État de nationaliser un secteur, d'imposer un contrôle des changes ou de fermer une frontière. Face à ce type de risque, la seule réponse rationnelle est le transfert à un assureur, car il échappe par nature à la maîtrise opérationnelle. C'est cette caractéristique, l'impossibilité de le prévenir par la bonne gestion, qui fait du risque politique un candidat idéal à l'assurance, au même titre que la catastrophe naturelle.

Schéma des quatre familles de risques politiques couverts par l'assurance
Les quatre socles de la couverture : expropriation, inconvertibilité, violence politique, rupture de contrat souverain.

Expropriation et confiscation

Couvre la saisie de vos actifs par un État, la nationalisation ou toute mesure d'effet équivalent qui vous prive de votre investissement. C'est la garantie CEND (confiscation, expropriation, nationalisation, deprivation), socle historique du produit.

Inconvertibilité et non-transfert

Indemnise l'impossibilité de convertir la monnaie locale en devises ou de rapatrier capital et dividendes du fait d'une restriction imposée par l'État hôte. Le délai de carence est souvent de 180 jours pour ce risque (marché).

Violence politique

Protège vos actifs contre les dommages causés par la guerre, la guerre civile, la révolution, l'émeute ou le terrorisme. La couverture vise la violence à motivation politique, distincte des dommages accidentels.

Rupture de contrat souverain

Couvre la rupture ou l'annulation d'un contrat commercial par un État ou une entreprise publique (contract frustration), ainsi que le non-paiement d'une garantie souveraine (non-honoring).

Quotité jusqu'à 95 %

La quotité garantie atteint 95 % du capital exposé chez Bpifrance Assurance Export. La franchise résiduelle maintient un intérêt de l'assuré à limiter le risque, conformément à la logique de l'assurance investissement.

Durée longue, jusqu'à 20 ans

La garantie court de 3 à 20 ans chez Bpifrance, jusqu'à 15 ans en moyenne sur le marché privé. Cette durée épouse celle des prêts de financement de projet, ce qui sécurise infrastructures et actifs énergétiques.

Un large éventail d'actifs garantis

Sont couverts la participation en capital, le prêt d'actionnaire, le prêt bancaire long terme, les cautions sur prêt, les redevances et les revenus de l'investissement (source : Bpifrance).

Public et privé combinés

Le dispositif public Bpifrance et le marché privé du Lloyd's se complètent. Un conseiller articule les deux pour maximiser la capacité et optimiser le coût selon le pays et la nature de l'opération.

Votre exposition pays est-elle mesurée ?

Avant de chiffrer une prime, il faut connaître le capital réellement exposé au risque politique. Faites le point avec un conseiller France Épargne.

Évaluer mon exposition

Comment fonctionne la couverture du risque politique

Le mécanisme repose sur trois paramètres : l'assiette assurée, la quotité garantie et le taux de prime. L'assiette correspond au capital exposé, c'est-à-dire l'investissement déclaré ou la créance à protéger. La quotité est la part de ce capital que l'assureur accepte de couvrir, jusqu'à 95 % chez Bpifrance. Le taux de prime, de 0,2 % à 0,8 % du capital assuré par an, dépend du pays d'accueil et des caractéristiques de l'opération. Le calcul de la prime chez Bpifrance suit la formule assiette déclarée multipliée par le taux multiplié par la quotité garantie (source : Bpifrance).

Le taux de prime n'est pas arbitraire : il reflète le risque pays. L'OCDE publie, dans le cadre de son Arrangement sur les crédits à l'exportation, une classification du risque pays sur une échelle de 0 à 7, où 0 désigne le risque le plus faible et 7 le plus élevé (source : OCDE). Cette grille, fondée sur la stabilité politique, la performance économique, la position financière externe et l'expérience de paiement, sert de référence aux assureurs pour fixer les primes minimales. Un même montant investi dans un pays de catégorie 6 coûte donc bien plus cher à assurer que dans un pays de catégorie 2, parce que le capital réellement exposé y est plus élevé.

En cas de sinistre, l'indemnisation n'est pas immédiate. La police prévoit un délai de carence (waiting period), généralement de 90 à 180 jours, pendant lequel l'assuré doit démontrer que la perte est effective et irréversible. Pour l'inconvertibilité, ce délai atteint souvent 180 jours ; pour le non-paiement d'une garantie souveraine, il descend à 90 ou 120 jours (source : marché, Price Forbes, MIGA). Ce délai évite d'indemniser un blocage temporaire qui se résout de lui-même.

La durée de la garantie épouse celle de l'exposition. Un investissement industriel amorti sur quinze ans ou un prêt de financement de projet remboursé sur vingt ans exigent une couverture longue, que le marché de l'assurance risque politique sait offrir là où l'assurance classique s'arrête. La garantie Bpifrance est irrévocable pour l'assureur mais résiliable par l'assuré, ce qui protège l'entreprise contre un retrait de couverture au moment où le risque monte, tout en lui laissant la main si l'investissement est cédé.

Enfin, la couverture s'articule souvent avec un financement. Les banques exigent fréquemment une assurance risque politique avant d'engager des fonds sur un projet d'infrastructure ou de ressources dans un marché émergent. La police devient alors une condition du crédit, et l'assurance un instrument de mobilisation du capital autant qu'un bouclier.

Le périmètre des actifs garantis est plus large qu'on ne l'imagine. Chez Bpifrance, sont couverts la participation en capital dans une société étrangère, le prêt d'actionnaire, le prêt bancaire long terme, la caution sur prêt bancaire, les redevances et les revenus de l'investissement (source : Bpifrance). Autrement dit, la garantie ne protège pas seulement la brique initiale, mais aussi le flux de retour attendu. Un investisseur qui craint moins la saisie de son usine que l'impossibilité d'en rapatrier les bénéfices trouve dans cette couverture une réponse ciblée sur le non-transfert de dividendes.

Le choix de la quotité relève d'un arbitrage. Assurer 95 % du capital offre la protection maximale, mais la part non couverte, appelée franchise ou risque conservé, maintient l'intérêt de l'assuré à gérer prudemment son exposition et évite l'aléa moral. Une entreprise peut aussi choisir une quotité plus faible pour réduire sa prime, si elle estime pouvoir absorber une part du choc. Cet arbitrage entre coût de la prime et niveau de rétention est au cœur de la conception d'un programme d'assurance risque politique bien calibré.

La structuration peut enfin combiner plusieurs porteurs. Sur une opération importante, la capacité d'un seul assureur ne suffit pas toujours : la couverture est alors répartie entre un dispositif public, un ou plusieurs syndicats du Lloyd's et des assureurs privés, chacun prenant une tranche du risque. Cette syndication du risque, courante sur les grands projets, exige une coordination que seul un courtier spécialisé comme France Épargne maîtrise, pour aligner les définitions de sinistre, les délais de carence et les exclusions entre porteurs.

Le caractère irrévocable de la garantie publique constitue un avantage souvent sous-estimé. Chez Bpifrance, la couverture est irrévocable pour l'assureur et résiliable par l'assuré (source : Bpifrance). Concrètement, l'entreprise conserve la protection même si la situation du pays d'accueil se dégrade fortement après la souscription, au moment précis où un assureur privé pourrait être tenté de se retirer ou de renchérir sa prime. Cette asymétrie protège l'investisseur contre le risque de se retrouver sans couverture au pire moment. En contrepartie, l'assuré garde la liberté de résilier s'il cède son investissement ou si le risque disparaît, ce qui lui évite de payer une prime devenue inutile. Cette combinaison, engagement ferme de l'assureur et liberté de l'assuré, est l'une des raisons pour lesquelles les dispositifs publics restent le socle privilégié des couvertures de long terme.

1

Bilan de l'exposition pays

Nous cartographions vos actifs, contrats et créances à l'étranger, pays par pays, et identifions les risques dominants : expropriation, inconvertibilité, violence politique ou rupture de contrat.

2

Stratégie de couverture

Nous déterminons l'assiette à assurer, la quotité pertinente et les garanties à retenir, en arbitrant entre le dispositif public Bpifrance et le marché privé selon le pays et la nature de l'opération.

3

Mise en concurrence des assureurs

Nous sollicitons les porteurs spécialisés, les syndicats du Lloyd's et les dispositifs publics pour caler le taux de prime, le délai de carence et les exclusions au plus juste de votre exposition.

4

Souscription et suivi

Nous formalisons la police, l'articulons avec votre financement le cas échéant, et assurons le suivi de la couverture sur toute sa durée, ajustée au rythme de vos investissements.

Illustration du processus de souscription d'une assurance risque politique
Du bilan d'exposition à la souscription : un parcours structuré autour du risque pays.

Quelle voie de couverture choisir ?

Assurance Investissement publique (Bpifrance)

  • Quotité jusqu'à 95 % du capital exposé
  • Prime de 0,2 à 0,8 % selon le pays d'accueil
  • Durée de 3 à 20 ans, adaptée au long terme
  • Réservée aux investissements durables de sociétés françaises et à leurs banques

Marché privé (Lloyd's et assureurs spécialisés)

  • Capacité combinée proche de 4 milliards USD en 2025 (Statista, WTW)
  • Lignes political and financial risk relevées de 50 % par le Lloyd's en juin 2025
  • Durée courante de 1 à 15 ans, jusqu'à 20 ans sur l'énergie
  • Souplesse sur le périmètre et les pays hors champ public

Assureur multilatéral (MIGA, Groupe Banque mondiale)

  • Effet dissuasif du statut multilatéral sur les États hôtes
  • Couverture des grands projets d'infrastructure et d'énergie
  • Durées longues alignées sur le financement de projet
  • Rôle central dans le derisking des marchés en développement

Chiffres clés de l'assurance risque politique

CritèreDonnéeSource
Quotité garantie maximale95 % du capital exposéBpifrance
Taux de prime indicatif0,2 % à 0,8 % par anBpifrance
Durée de garantie3 à 20 ansBpifrance
Capacité du marché privéProche de 4 milliards USD en 2025Statista, WTW
Part des dispositifs publics (ECA)78 % de l'émission PRI sur la décennieUNCTAD 2025
Projets assurés 2018-2022Environ 150 milliards USD dans les pays en développementUNCTAD, White & Case
Classification risque pays OCDEÉchelle de 0 (faible) à 7 (élevé)OCDE
Entreprises citant le risque politique en top 574 % en 2025Risk & Insurance

Comparer public et privé sur votre projet

Selon le pays et la nature de votre opération, le dispositif Bpifrance ou le marché privé sera plus adapté. Un conseiller France Épargne compare les deux voies pour vous.

Comparer mes options

Analyse d'expert : un marché tendu par la géopolitique

Le marché de l'assurance risque politique traverse une phase de tension durable, portée par le retour du risque géopolitique au premier plan. La guerre en Ukraine a rappelé brutalement l'ampleur des pertes possibles : selon les estimations de marché relayées par la presse spécialisée, seulement 1 % environ des 130 milliards de dollars de dommages d'infrastructure consécutifs au conflit était assuré. Cet écart illustre le sous-assurance chronique du risque politique, malgré une demande qui s'intensifie.

La réponse des assureurs a été double : hausse des primes sur les zones exposées et augmentation des capacités. En juin 2025, le Lloyd's de Londres a relevé de 50 % ses lignes political and financial risk, portant la capacité par risque de 20 à 30 millions de dollars pour absorber la demande (source : marché). La capacité combinée du marché privé approchait 4 milliards de dollars en 2025, en progression sur 2024 (Statista, WTW). Cette expansion traduit une conviction : le risque politique n'est plus un aléa de long terme, c'est un paramètre courant de la décision d'investissement.

Les contentieux nourrissent cette dynamique. La décision rendue en juin 2025 sur les avions immobilisés en Russie, reconnaissant plus de 1 milliard de dollars dus aux propriétaires au titre de polices war risks (source : Lewis Brisbois, marché), a rappelé que ces garanties se paient effectivement en cas de sinistre majeur. Elle a aussi confirmé la complexité de l'exécution, qui exige une rédaction précise des clauses et un accompagnement expert à la souscription comme au sinistre.

Sur le plan structurel, les agences de crédit-export (ECA) fournissent 78 % de l'émission mondiale de PRI sur la décennie, les multilatéraux 7 % et les assureurs privés 15 % (source : UNCTAD 2025). Cette prépondérance publique reflète le rôle de la PRI comme instrument de politique économique, destiné à sécuriser les investissements nationaux à l'étranger. En France, Bpifrance Assurance Export incarne cette logique, en couvrant pour le compte de l'État les investissements durables des entreprises françaises.

L'enjeu de couverture reste pourtant considérable. Le ratio entre l'émission de PRI et les flux d'investissement direct vers les pays en développement s'établissait autour de 7 % sur 2020-2023 (source : Banque mondiale, Shifting Shores). Autrement dit, plus de neuf dixièmes des investissements exposés ne sont pas assurés contre le risque politique. Entre 2018 et 2022, la PRI a néanmoins couvert environ 150 milliards de dollars de projets dans les pays en développement (UNCTAD, White & Case), preuve de son rôle croissant dans le financement des infrastructures, de l'énergie et des ressources naturelles.

Une tendance de fond redessine par ailleurs la carte du risque : le rapatriement et la relocalisation des investissements (friendshoring, nearshoring). Le rapport Shifting Shores de la Banque mondiale (2024) documente la réorientation des flux d'investissement direct vers des juridictions perçues comme plus sûres ou politiquement alignées. Cette recomposition ne supprime pas le risque, elle le déplace : les entreprises qui restent sur les marchés exposés y trouvent moins de concurrents mais un environnement plus incertain, et cette garantie devient l'outil qui leur permet de tenir ces positions quand d'autres se retirent.

La classification du risque pays joue un rôle déterminant dans cette économie. La grille de l'OCDE, révisée au moins une fois par an par un groupe d'experts des agences de crédit-export, sert de socle commun à la tarification. Un pays qui glisse de la catégorie 4 à la catégorie 6 voit mécaniquement le coût d'assurance de tout investissement qui s'y trouve augmenter, indépendamment de la qualité de l'actif lui-même. Suivre cette classification permet à une direction financière d'anticiper l'évolution du coût de sa couverture et d'arbitrer, le cas échéant, entre renforcement de la protection et désengagement progressif.

Pour l'investisseur français, la conclusion est double. D'une part, la profondeur du marché, entre le dispositif public de Bpifrance et la capacité privée du Lloyd's, offre aujourd'hui des solutions pour presque toutes les géographies et toutes les tailles d'opération. D'autre part, la technicité du produit, la précision requise dans la rédaction des clauses et la complexité de l'indemnisation en cas de sinistre majeur imposent un accompagnement expert, tel que celui de France Épargne. Souscrire une assurance risque politique sans conseil, c'est risquer de découvrir au moment du sinistre que la définition retenue de l'expropriation ou le délai de carence ne correspondaient pas à la réalité de la perte subie.

Le rôle croissant de ces garanties dans le financement du développement mérite enfin d'être souligné. Les bailleurs multilatéraux et les banques de développement conditionnent de plus en plus leurs engagements dans les infrastructures et la transition énergétique des pays émergents à l'existence d'une couverture du risque politique. La garantie devient ainsi un instrument de mobilisation du capital privé vers des projets qui, sans elle, resteraient non financés faute d'appétit pour le risque pays. Le rapport de l'UNCTAD de 2025 souligne précisément ce rôle de dérisquage, en montrant que la couverture réduit l'incertitude et facilite les engagements de long terme dans les économies en développement. Pour une entreprise française candidate à ces marchés, comprendre cet écosystème, où assureurs publics, multilatéraux et banques agissent de concert, permet de se positionner sur des projets structurants et de bénéficier d'un effet d'entraînement qui dépasse la simple protection de son propre bilan.

Répartition de l'émission mondiale d'assurance risque politique

Source: UNCTAD, FDI derisking : Political Risk Insurance, 2025

Illustration du marché mondial de l'assurance risque politique
Un marché dominé par les dispositifs publics, complété par le Lloyd's et les assureurs privés.

Cadre juridique, exclusions et points de vigilance

L'assurance risque politique obéit à des règles précises qui délimitent son champ. La première tient à la nature politique du fait générateur. La garantie ne joue que si la perte résulte d'un acte des autorités publiques ou d'une violence à motivation politique. Une décision commerciale ordinaire du partenaire, une mauvaise gestion locale ou un aléa de marché ne relèvent pas de la couverture : c'est la frontière entre risque politique et risque commercial, que la police définit avec soin.

Les exclusions classiques portent sur la dévaluation monétaire (distincte de l'inconvertibilité, car une monnaie qui perd de la valeur reste convertible), sur les mesures non discriminatoires de portée générale (une réglementation environnementale applicable à tous n'est pas une expropriation) et sur les faits antérieurs connus de l'assuré. Les sanctions internationales et les embargos font l'objet d'un traitement spécifique, car une police ne peut couvrir une opération que le droit interdit.

La déclaration du risque engage l'assuré. Comme en droit commun des assurances, une déclaration inexacte ou incomplète du pays, de la nature de l'investissement ou de son environnement peut réduire ou annuler la garantie. La rédaction du contrat, en particulier la définition de l'expropriation rampante (une succession de mesures qui, ensemble, équivalent à une confiscation), détermine l'étendue réelle de la protection. C'est un point où l'accompagnement d'un courtier spécialisé fait la différence entre une couverture théorique et une couverture opposable.

Sur le plan du traitement du sinistre, l'assuré doit démontrer la matérialité et le caractère irréversible de la perte, à l'issue du délai de carence. Il doit aussi, dans la plupart des polices, subroger l'assureur dans ses droits contre l'État responsable : après indemnisation, l'assureur peut poursuivre le recouvrement auprès de l'État, souvent par la voie diplomatique dans le cas des dispositifs publics. Cette subrogation renforce l'effet dissuasif de la couverture multilatérale, un État hésitant davantage à exproprier un actif assuré par un organisme lié à la Banque mondiale.

La fiscalité de la prime suit le régime des charges d'exploitation : la prime d'assurance risque politique constitue une charge déductible du résultat imposable de l'entreprise, dès lors qu'elle couvre un risque professionnel. L'indemnité perçue en cas de sinistre est en principe imposable à hauteur de la perte qu'elle compense, la neutralité fiscale de l'opération étant recherchée. Ces aspects, comme l'articulation avec un financement bancaire, la comptabilisation de la prime et le traitement d'une éventuelle provision pour risque, méritent une revue au cas par cas avec un conseiller et l'expert-comptable de l'entreprise, tant les situations diffèrent selon la nature de l'actif couvert et la structure du groupe.

Le délai de carence mérite une attention particulière car il conditionne le moment de l'indemnisation. Négociable, il s'établit le plus souvent entre 90 et 180 jours (source : marché, Price Forbes). Pour l'inconvertibilité, il atteint souvent 180 jours, car un blocage temporaire des changes peut se résoudre ; pour le non-paiement d'une garantie souveraine, il descend à 90 ou 120 jours. Ce délai n'est pas un simple détail contractuel : il détermine la trésorerie que l'entreprise doit pouvoir mobiliser avant de percevoir son indemnité, et son ajustement fait partie de la négociation de la police.

La définition du fait générateur est le second point de vigilance juridique. Une même situation peut relever ou non de la garantie selon la manière dont le contrat qualifie l'événement. Une modification de la législation sur les investissements étrangers, un moratoire général sur les dettes, une mesure de contrôle des capitaux : chacun de ces événements peut ou non déclencher la couverture selon la rédaction retenue. C'est pourquoi la précision des définitions, plus encore que le montant du plafond, fait la valeur réelle d'une police de couverture du risque pays.

Enfin, la coordination avec le droit international des investissements renforce la protection. De nombreux États sont liés par des traités bilatéraux d'investissement qui garantissent aux investisseurs étrangers un traitement juste et équitable et une indemnisation en cas d'expropriation. L'assurance et le traité ne s'excluent pas : l'assureur qui a indemnisé peut, par subrogation, se prévaloir des droits de l'investisseur au titre du traité, y compris devant les tribunaux arbitraux internationaux. Cette combinaison entre garantie contractuelle et protection conventionnelle constitue le filet de sécurité le plus complet dont dispose aujourd'hui une entreprise investie dans une juridiction à risque.

Un dernier point de vigilance concerne les sanctions internationales, dont le régime a gagné en complexité. Une police ne peut couvrir une opération qu'un embargo ou une mesure restrictive rend illicite, et les clauses de sanctions figurent désormais systématiquement dans les contrats. Une entreprise dont un actif se trouve dans un pays frappé de sanctions après la souscription peut voir sa garantie neutralisée par ces clauses, précisément au moment où elle en aurait le plus besoin. Anticiper ce risque suppose de suivre l'évolution des régimes de sanctions et de rédiger la police en tenant compte des scénarios de durcissement. C'est un domaine où l'expertise juridique compte autant que la connaissance assurantielle, et où l'accompagnement d'un courtier averti évite de fâcheuses surprises. La revue régulière du contrat, à mesure que la situation géopolitique évolue, fait partie intégrante d'une gestion sérieuse de la couverture.

Questions fréquentes sur l'assurance risque politique

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Le risque politique n'efface pas une marge, il efface un actif entier. La bonne question n'est pas de savoir si un régime va changer, mais de connaître le capital exposé et de le transférer pour une fraction de pourcent par an. C'est ce calcul d'asymétrie qui décide d'une expansion internationale sereine.

Emmanuel d'IbelinConseiller en Gestion de Patrimoine

À qui s'adresse l'assurance risque politique

L'assurance risque politique concerne toute organisation dont la valeur dépend d'un environnement politique étranger. Le premier profil est le groupe industriel ou de services investi à l'étranger. Une entreprise qui détient une usine, un entrepôt, une filiale ou une coentreprise hors de France porte une exposition directe à l'expropriation et à la violence politique. Pour ce profil, la garantie protège la valeur de l'actif immobilisé et sécurise le rapatriement des dividendes, condition d'une rentabilité effective de l'investissement.

Le deuxième profil est l'exportateur qui contracte avec un État ou une entreprise publique. Vendre un équipement, une prestation ou un ouvrage à un acheteur souverain expose au risque de rupture de contrat, d'appel abusif de caution ou de non-paiement d'origine politique. La couverture, articulée avec l'assurance-crédit export, permet à ces entreprises de conquérir des marchés difficiles sans mettre en péril leur trésorerie. Bpifrance Assurance Export accompagne à cet égard les exportateurs de toute taille, de la PME au grand groupe.

Le troisième profil est la banque ou l'institution financière qui finance du commerce international ou des projets. Un prêt consenti pour un investissement à l'étranger, une infrastructure ou une opération de ressources naturelles supporte le risque que l'emprunteur ne puisse rembourser en raison d'un blocage des changes ou d'une crise politique. L'assurance risque politique permet à ces financeurs de porter l'exposition, et devient souvent une condition de leur engagement. Les établissements de crédit accompagnant un investisseur français figurent d'ailleurs parmi les bénéficiaires éligibles du dispositif Bpifrance.

Le quatrième profil rassemble les participants au financement de projet dans l'énergie, l'infrastructure et les ressources. Ces opérations, engagées sur quinze à vingt ans dans des pays souvent classés en haut de l'échelle de risque de l'OCDE, ne se montent qu'avec une couverture longue et solide. La demande vient à 70-80 % des marchés émergents d'Asie, d'Afrique, du Moyen-Orient et d'Amérique latine (source : AIG, marché), là où le potentiel de croissance et le risque politique coexistent le plus fortement.

Un cinquième profil, plus récent, mérite d'être cité : le fonds d'investissement et le gestionnaire d'actifs exposés aux marchés émergents. Un fonds de private equity ou d'infrastructure qui prend des participations dans plusieurs juridictions à risque peut assurer son portefeuille contre l'expropriation et l'inconvertibilité, sécurisant ainsi la valeur liquidative pour ses souscripteurs. Pour ces acteurs, la couverture n'est pas seulement défensive : elle est un argument de collecte, la preuve d'une gestion rigoureuse du risque pays auprès d'investisseurs institutionnels de plus en plus attentifs à ce paramètre.

La taille de l'entreprise ne constitue pas un critère d'exclusion. Bpifrance Assurance Export accompagne les exportateurs et investisseurs de toute taille, de la PME primo-exportatrice au grand groupe industriel. Une PME qui remporte un premier contrat auprès d'une entreprise publique étrangère est parfois plus vulnérable qu'un grand groupe diversifié, car la perte d'une seule opération peut menacer sa continuité. Pour elle, la couverture n'est pas un raffinement financier mais une condition de survie, et le coût modéré de la prime, une fraction de pourcent du contrat, la met à sa portée.

À l'inverse, l'assurance risque politique n'a pas d'objet pour une entreprise dont toute l'activité se déploie en France ou dans des pays à risque politique négligeable. Elle prend son sens dès qu'un capital significatif est immobilisé dans une juridiction dont la stabilité n'est pas acquise. Le point de départ, quel que soit le profil, reste le même : mesurer le capital réellement exposé avant de décider s'il faut le transférer. C'est ce diagnostic que France Épargne réalise, en cartographiant l'exposition pays et en hiérarchisant les risques avant toute proposition de couverture. Ce bilan initial, souvent négligé, révèle fréquemment une exposition supérieure à celle que l'entreprise avait en tête, car il additionne des positions dispersées entre filiales, contrats et créances qu'aucune ligne comptable ne regroupe.

Au-delà des profils, un signal commun doit alerter le dirigeant : la concentration géographique. Une entreprise dont une part importante du chiffre d'affaires, de la marge ou des actifs dépend d'un seul pays à risque supporte une vulnérabilité systémique. Le jour où ce pays bascule, ce n'est pas une ligne du bilan qui souffre, c'est l'équilibre entier de l'entreprise. La couverture du risque politique agit alors comme une diversification synthétique : sans quitter le marché, l'entreprise en neutralise le risque extrême, et conserve le rendement supérieur qui justifiait sa présence. C'est cette logique, protéger le potentiel de croissance tout en bornant la perte maximale, qui fait de l'assurance du risque pays un outil de pilotage stratégique, et pas seulement une police rangée dans un tiroir.

Illustration des profils d'entreprises concernés par l'assurance risque politique
Groupes investis à l'étranger, exportateurs, banques et financeurs de projet : quatre profils exposés.

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Courtier immatriculé ORIAS · conseil indépendant