Ce que couvre l'assurance matériel électronique et informatique
L'assurance matériel électronique et informatique, appelée aussi tous risques informatiques, garantit les dommages matériels soudains et imprévus subis par le parc électronique et informatique d'une entreprise : casse, chute, maladresse, surtension, court-circuit, incendie, dégât des eaux, oxydation, vol et vandalisme. Elle fonctionne selon une logique tous risques sauf : tout dommage matériel non explicitement exclu au contrat est pris en charge, ce qui la distingue des garanties nommées de la multirisque professionnelle qui ne couvrent qu'une liste fermée d'événements. Cette différence de conception change tout le jour du sinistre, car la charge de la preuve s'inverse : ce n'est plus à l'assuré de démontrer que son dommage figure sur une liste, mais à l'assureur d'établir qu'une exclusion s'applique.
Le matériel visé est large. Il englobe les unités centrales et serveurs, les mémoires et unités de stockage, les périphériques, imprimantes, écrans et claviers, mais aussi les terminaux de paiement, les caisses enregistreuses, le matériel d'imagerie médicale, l'électronique industrielle de commande et le matériel audiovisuel. Les ordinateurs portables et le matériel nomade emporté en déplacement peuvent être couverts par extension, y compris la casse et le vol hors des locaux, un point rarement acquis dans un contrat de dommages aux biens standard. Cette étendue reflète la réalité d'entreprises où l'électronique de commande pilote désormais aussi bien la production que la relation client.
Cette couverture répond à un poids économique réel. Selon France Assureurs, les cotisations d'assurance de dommages aux biens des professionnels hors agricoles atteignent 9,4 milliards d'euros en 2024, en hausse de 8,1 % sur un an, dont 2,9 milliards pour les seuls risques industriels. Cette progression traduit à la fois l'inflation du coût des équipements et la dépendance croissante des entreprises à leur système d'information. Elle dépasse nettement les 5,1 % de croissance mesurés sur l'ensemble de l'assurance des entreprises, signe que le risque technique et matériel tire la branche vers le haut.
Un contrat complet s'organise autour de trois volets. Le premier indemnise le dommage matériel au hardware, du poste bureautique au serveur de production. Le deuxième finance la reconstitution des données et des supports lorsque le sinistre détruit ou altère les informations enregistrées : traitement, reconstitution, décontamination des fichiers atteints. Le troisième couvre les frais supplémentaires d'exploitation, à savoir la location de matériel de remplacement, le recours à un prestataire externe et les mesures conservatoires permettant de maintenir l'activité pendant la remise en état. Cette dernière garantie fait le lien avec la perte d'exploitation sans la remplacer : elle finance la continuité opérationnelle, là où la perte d'exploitation indemnise la marge et les frais fixes.
La distinction avec les garanties voisines est le premier réflexe de calibrage. La multirisque professionnelle couvre les événements extérieurs comme l'incendie, le dégât des eaux, la tempête, le vol et le vandalisme, mais laisse à découvert la casse accidentelle et la panne interne du matériel. Le bris de machines protège la panne accidentelle interne de l'outil de production, historiquement les machines industrielles lourdes. La cyber assurance, enfin, traite l'atteinte malveillante aux données et la responsabilité, pas le remplacement du hardware. L'assurance matériel électronique se place à l'intersection de ces contrats : elle protège l'appareil physique contre des périls électroniques que les autres polices excluent, tout en finançant la remise en route du système d'information.
Deux modes de souscription coexistent selon la taille de l'entreprise. Les structures modestes intègrent souvent la garantie informatique comme une extension de leur multirisque professionnelle, avec des plafonds limités et une couverture nomade réduite. Les entreprises dont le parc atteint une valeur significative optent pour un contrat dédié tous risques informatiques, aux plafonds plus élevés, aux garanties données étoffées et aux extensions géographiques adaptées au travail hors les murs. Le choix entre les deux dépend de la valeur du parc, de sa criticité pour l'activité et de la présence de matériel spécialisé comme l'imagerie ou l'électronique de commande, qu'une simple extension couvre mal.
Comprendre cette architecture évite deux erreurs opposées. La première consiste à croire sa multirisque suffisante, jusqu'au refus d'indemnisation d'un serveur grillé par une surtension. La seconde revient à empiler des contrats redondants, qui font payer deux fois le même risque. Un courtier comme France Épargne cartographie l'ensemble des garanties professionnelles avant toute souscription, pour placer chaque péril sous une seule police et fermer les trous laissés entre elles.



