Assurance · aviation commerciale et aéroports

Assurance Aviation Commerciale et Aéroports

Le plancher légal se calcule sur la masse, jamais sur les vies embarquées

L'article 7 du règlement (CE) n° 785/2004 fixe la couverture minimale envers les tiers selon la seule masse maximale au décollage, de 0,75 million de DTS sous 500 kilogrammes à 700 millions au delà de 500 tonnes. La strate objective de la convention de Montréal, elle, se multiplie par le nombre de sièges. Deux masses de risques, deux variables sans rapport, et aucun plancher européen pour qui travaille au sol.

A

700 millions de DTS envers les tiers, soit environ 830 millions d'euros

Le barème de l'article 7 déroule dix catégories par tranche de masse maximale au décollage : 18 millions de DTS sous 12 tonnes, 80 millions sous 25 tonnes, 300 millions sous 200 tonnes, 700 millions au delà de 500 tonnes. Le nombre de sièges et la densité des zones survolées n'entrent pas dans ce calcul.

B

151 880 DTS par passager, puis plus aucun plafond

L'Organisation de l'aviation civile internationale a relevé d'environ 18 % les limites de la convention de Montréal avec effet au 28 décembre 2024 : 151 880 DTS par passager décédé ou blessé contre 128 821 auparavant, 6 303 DTS pour le retard, 1 519 DTS pour les bagages, 26 DTS par kilogramme de fret. Au delà de la première strate, la responsabilité du transporteur est illimitée.

C

Aucun montant minimal pour l'exploitant d'aérodrome

Le règlement européen vise les transporteurs aériens et les exploitants d'aéronefs, pas les gestionnaires de plateformes, les assistants en escale, les ateliers de maintenance ni les avitailleurs. Ces acteurs manipulent pourtant des appareils dont la valeur unitaire dépasse couramment 100 millions de dollars, et leur responsabilité se règle au droit commun, sans limitation légale.

D

La fréquence est au sol, la sévérité en l'air

L'IATA chiffre le coût mondial des dommages au sol à environ 5 milliards de dollars par an, avec une projection proche de 10 milliards d'ici 2035 sans modernisation des équipements de piste. Une franchise se travaille sur ce régime de fréquence, une limite se travaille sur la sévérité en vol. Les deux logiques ne se négocient pas ensemble.

E

Zéro taxe sur les conventions d'assurance

Le 4° de l'article 995 du Code général des impôts exonère les contrats sur corps, marchandises transportées et responsabilité civile du transporteur, des aéronefs souscrits contre les risques de toute nature de navigation aérienne, périmètre précisé au BOFiP sous la référence BOI-TCAS-ASSUR-10-40-30-30. Une police de responsabilité de droit commun supporte 9 % au titre du 6° de l'article 1001.

Fonctionnement

Notre méthode sur un dossier aéronautique

01

Bilan de l'exposition réelle

Relevé de la flotte exploitée ou reçue, masse maximale au décollage appareil par appareil, capacité en sièges, tonnage de fret traité, nombre de mouvements annuels et périmètre géographique. Lecture des conventions d'occupation aéroportuaire et des contrats d'assistance en escale déjà signés.

02

Chiffrage des trois masses de risques

Corps en valeur agréée avec franchises distinctes par phase de vol, responsabilité combinée passagers, bagages, fret et tiers sous limite unique par événement, responsabilité au sol envers les aéronefs confiés. La limite se cale sur l'aéronef le plus lourd et le plus dense concerné, jamais sur le chiffre d'affaires.

03

Mise en concurrence des porteurs aviation

Le marché aéronautique compte un nombre restreint d'assureurs, chacun avec son appétit propre selon la flotte et la nature de l'activité au sol. Le dossier leur est présenté sur une base strictement identique : limites, sous limites, franchises et périmètre risques de guerre, pour que la comparaison porte sur le périmètre réel.

04

Attestations et suivi des sinistres

Production des certificats reprenant les montants réglementaires libellés en DTS et ventilés entre passagers, bagages, fret et tiers, alignement des assurés additionnels et des dates d'effet entre les sections corps, responsabilité et guerre. Un interlocuteur unique pilote ensuite les sinistres jusqu'au règlement.

Comparatif

Trois niveaux de couverture, trois zones d'exposition résiduelle

CritèreRC générale d'entreprisePolice aviation dédiéeProgramme aéronautique complet
Dommages aux aéronefs confiés au solExclus du périmètreCouverts sur limite dédiéeCouverts, limite calée sur l'appareil le plus lourd reçu
Responsabilité envers les passagersHors périmètrePlancher de 250 000 DTS par siègeLimite combinée unique au delà de la première strate
Risques de guerre et terrorismeExclusSection séparée à souscrireSection alignée en dates et en périmètre sur le corps
Responsabilité produits et travaux aéronautiquesHors périmètreOptionnelleIncluse pour les ateliers et les sous traitants
Taxe sur les conventions d'assurance9 % au titre du 6° de l'article 10010 % si la qualification aérienne est retenue0 %, qualification vérifiée à la rédaction
Attestations exigées par un concédantNon conformesMontants globauxMontants ventilés en DTS, assurés additionnels alignés
Pour qui

Qui relève de ce programme

Compagnies aériennes et exploitants d'aéronefs, seuls destinataires directs du règlement européen, qui achètent en pratique une limite combinée unique très supérieure au plancher de 250 000 DTS par siège.
Exploitants d'aérodromes et gestionnaires d'aéroports, tenus par l'arrêté du 13 juin 2024 à un programme complet de prévention du risque animalier, et exposés au public d'une aérogare devenue lieu de commerce.
Sociétés d'assistance en escale, dont l'exposition contractuelle se lit escale par escale dans l'annexe B du Standard Ground Handling Agreement de l'IATA, jamais dans un document unique.
Ateliers de maintenance et organismes agréés, dont la responsabilité survit à la restitution de l'appareil et se joue en vol, des semaines après l'intervention.
Avitailleurs, écoles de pilotage et exploitants d'aviation d'affaires, exposés à un risque de contamination en série pour les premiers, aux catégories basses du barème pour les deuxièmes, à une valeur de corps élevée pour les troisièmes.
★★★★★

« Notre limite avait été calée sur le nombre de mouvements annuels. Le jour où un long courrier s'est dérouté chez nous, nous avons compris que la question n'était pas combien d'avions nous recevons, mais lequel. Un seul appareil suffit à changer d'ordre de grandeur, et le règlement européen ne nous impose rien. »

Directeur d'exploitation · Aéroport régional, façade Atlantique
Questions

Questions fréquentes

Non. Le règlement (CE) n° 785/2004 vise les transporteurs aériens et les exploitants d'aéronefs. Les gestionnaires de plateformes, assistants en escale, ateliers et avitailleurs ne se voient imposer aucun montant minimal par le droit de l'Union, alors qu'ils manipulent les mêmes appareils. Leur limite se négocie contractuellement et se cale sur l'aéronef le plus lourd accueilli.

Seulement sur la première strate. Jusqu'à 151 880 DTS, elle est objective et le transporteur ne s'en exonère pas. Au delà, elle est illimitée et il ne s'exonère qu'en prouvant l'absence de négligence de sa part ou la faute exclusive d'un tiers. Le règlement communautaire 2027/97, modifié par le règlement 889/2002, interdit toute limitation contractuelle inférieure.

Non. La résiliation infra annuelle de la loi Hamon ne vise que les contrats souscrits par un particulier hors activité professionnelle. Une police aviation relève de ses conditions particulières et de l'article L113-12 du Code des assurances, avec un préavis de deux mois avant l'échéance annuelle, sauf stipulation plus favorable.

Le droit de tirage spécial est l'unité de compte du Fonds monétaire international, adossée à un panier de cinq devises. Le règlement européen et la convention de Montréal l'emploient pour neutraliser les effets de change entre États parties. Une limite libellée en euros décroche du plancher réglementaire dès que le DTS s'apprécie.

La High Court a jugé le 11 juin 2025 que les 116 avions et 23 moteurs d'AerCap étaient perdus et couverts au titre de la section risques de guerre, le bailleur étant fondé à recevoir 1,035 milliard de dollars. La décision a tranché la ligne de partage entre section tous risques et section guerre, point sur lequel se joue le règlement du sinistre.

Sur la valeur agréée du corps pour la section dommages, et sur la combinaison de la masse maximale au décollage, du nombre de sièges, des mouvements et du périmètre géographique pour la responsabilité. Le chiffre d'affaires n'entre pas dans la tarification d'une police au sol : c'est l'aéronef le plus exigeant reçu qui commande l'ordre de grandeur.

Pour aller plus loin

Trois masses de risques, un seul appareil

L'assurance aviation commerciale et aéroports couvre trois masses de risques distinctes : le corps de l'aéronef, c'est à dire la cellule, les moteurs et les équipements embarqués, la responsabilité envers les personnes transportées et les tiers, et la responsabilité des opérateurs au sol qui touchent l'avion sans jamais le piloter. Le règlement (CE) n° 785/2004 du 21 avril 2004, modifié par le règlement (UE) n° 285/2010 du 6 avril 2010, fixe pour les transporteurs aériens et les exploitants d'aéronefs une couverture minimale de 250 000 DTS par passager, de 1 131 DTS de bagages par passager et de 19 DTS par kilogramme de fret en exploitation commerciale. Envers les tiers non transportés, l'article 7 déroule un barème par accident calé sur la seule masse maximale au décollage, de 0,75 million de DTS sous 500 kilogrammes à 700 millions au-delà de 500 tonnes.

Le DTS (droit de tirage spécial) est l'unité de compte du Fonds monétaire international, adossée à un panier de cinq devises. Au 27 juillet 2026, un dollar valait 0,737214 DTS, ce qui place un DTS aux alentours de 1,19 euro compte tenu d'une parité euro dollar de 1,144 sur le mois. Les 250 000 DTS de couverture passagers représentent donc environ 296 000 euros par siège occupé, et le plafond haut de 700 millions de DTS environ 830 millions d'euros par accident.

Ce barème produit un effet contre intuitif que peu d'exploitants mesurent : le plancher légal se calcule sur la masse de la machine, jamais sur la valeur de ce qu'elle transporte. Un appareil régional de 22 tonnes emportant 78 passagers relève de la catégorie 6, soit 80 millions de DTS envers les tiers, alors que la seule responsabilité envers ses passagers dépasse structurellement ce montant dès que les indemnisations sortent de la première strate de la convention de Montréal. La masse ne dit rien de la densité humaine à bord, ni de la valeur des bâtiments survolés au décollage.

La convention de Montréal du 28 mai 1999 organise la responsabilité du transporteur envers ses passagers en deux strates. La première est objective et plafonnée : depuis le 28 décembre 2024, l'Organisation de l'aviation civile internationale a porté cette limite de 128 821 à 151 880 DTS par passager décédé ou blessé, soit environ 180 100 euros, dans le cadre de la révision quinquennale automatique prévue par l'article 24. Au-delà de ce seuil, la responsabilité du transporteur n'est plus plafonnée : il ne s'exonère qu'en démontrant l'absence de négligence de sa part ou la faute exclusive d'un tiers. Le retard du passager est limité à 6 303 DTS, les bagages à 1 519 DTS et le fret à 26 DTS par kilogramme, tous montants relevés d'environ 18 % lors de la même révision.

La troisième masse est celle que le règlement européen ignore. Un exploitant d'aérodrome, un assistant en escale, un atelier de maintenance, un avitailleur ou un prestataire de dégivrage ne sont ni transporteurs aériens ni exploitants d'aéronefs au sens du texte. Aucun montant minimal ne leur est imposé par le droit de l'Union. Ils engagent pourtant leur responsabilité sur des appareils dont la valeur unitaire dépasse couramment 100 millions de dollars, et sur les passagers qui s'y trouvent. Un tracteur de repoussage qui enfonce une porte de soute, une passerelle mal manœuvrée qui déforme un cadre de fuselage, un carburant hors spécification qui contamine deux réacteurs : la facture se règle au droit commun, sans plafond, augmentée de l'immobilisation de l'appareil.

La police aviation répond à cette architecture par des sections indépendantes. La garantie corps indemnise l'aéronef en valeur agréée, en vol, au roulage et au parking, avec des franchises distinctes selon la phase. La responsabilité civile combinée regroupe passagers, bagages, fret et tiers sous une limite unique par événement, dite limite combinée unique. La section risques de guerre couvre les actes de terrorisme, le détournement, la confiscation et la saisie, souvent souscrite auprès d'un marché séparé. La responsabilité produits et travaux aéronautiques protège les ateliers pour les conséquences d'une intervention après restitution de l'appareil. Enfin la responsabilité d'exploitant au sol couvre les aires, les pistes, les aérogares, l'avitaillement et l'assistance.

Deux notions techniques commandent le règlement du sinistre corps. La valeur agréée fixe par avance le montant versé en cas de perte totale, sans discussion sur la cote du marché au jour du dommage : elle protège l'exploitant contre la dépréciation d'un type d'appareil devenu difficile à revendre. La franchise par phase distingue le vol, le roulage et le parking, parce que la sinistralité n'y a ni la même fréquence ni la même gravité. Un appareil endommagé au parking par un engin de piste relève d'un régime de franchise différent de celui d'un atterrissage dur, alors que le montant de la réparation peut être identique.

Ces sections ne se substituent pas les unes aux autres. Un exploitant d'aérodrome qui souscrit une responsabilité civile générale d'entreprise découvre, au moment du sinistre, que la police exclut les dommages aux aéronefs sous sa garde, exactement le risque pour lequel il pensait être assuré. France Épargne construit le programme section par section, en calant chaque limite sur une valeur réellement présente sur la plateforme.

Aéronef long courrier stationné au poste avec ses équipements de piste autour
Le règlement européen 785/2004 fixe la couverture minimale envers les tiers par tranche de masse maximale au décollage, de 0,75 à 700 millions de DTS.

Conformité au règlement européen prouvée à tout moment

L'article 5 du texte européen autorise les autorités de chaque État membre à exiger la preuve de la couverture, y compris par un dépôt d'attestation. Une police correctement libellée porte les montants article par article, en DTS, ce qui évite la contestation d'un contrôle sur la seule rédaction du certificat.

Une limite combinée unique qui absorbe le cumul

Passagers, bagages, fret et tiers relèvent d'une même limite par événement. Un accident touche les quatre postes simultanément, et une police à limites séparées laisse le poste le plus lourd s'épuiser seul. La limite combinée unique évite cette rupture de charge au pire moment.

Les risques de guerre traités comme une section propre

Le jugement de la High Court de Londres du 11 juin 2025 dans les Russian Aircraft Lessor Policy Claims a retenu la couverture au titre de la section risques de guerre pour 116 avions et 23 moteurs bloqués en Russie, AerCap étant fondé à recevoir 1,035 milliard de dollars. La qualification de la section décide du sort du sinistre.

L'immobilisation prise en compte, pas seulement la réparation

Une avarie au sol immobilise l'appareil bien au delà du temps de réparation, avec repositionnement des équipages, location de remplacement et indemnisations de retard. L'IATA chiffre le coût annuel mondial des dommages au sol à environ 5 milliards de dollars, dont une large part de coûts indirects.

Zéro taxe sur les conventions d'assurance

Le 4° de l'article 995 du Code général des impôts exonère les contrats sur corps, marchandises transportées et responsabilité civile du transporteur souscrits contre les risques de toute nature de navigation aérienne. Une police de responsabilité de droit commun supporte 9 % au titre du 6° de l'article 1001.

Les opérateurs au sol couverts pour ce que la loi ne plafonne pas

Assistance en escale, avitaillement, dégivrage, maintenance et gestion de plateforme ne relèvent d'aucun minimum du règlement 785/2004. Leur responsabilité envers l'aéronef confié et envers les passagers se règle au droit commun, sans limitation légale, et se dimensionne sur l'appareil accueilli.

Une limite calée sur l'aéronef le plus lourd reçu

Le bon dimensionnement d'une police au sol se lit sur la machine la plus lourde et la plus dense qui se présente sur l'aire, pas sur le chiffre d'affaires de l'entreprise. Un seul long courrier de passage suffit à porter l'exposition d'une plateforme régionale à un autre ordre de grandeur.

Des attestations alignées sur les contrats d'exploitation

Conventions de concession aéroportuaire, contrats d'assistance de type IATA, baux de hangar et contrats de maintenance exigent chacun des attestations aux libellés propres. Un décalage de date d'effet ou d'assuré additionnel suffit à ouvrir un recours contractuel après sinistre.

Votre plafond est-il calé sur le bon appareil ?

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Du plancher réglementaire à la limite réellement utile

Le mécanisme réglementaire se lit en trois temps, et chacun corrige le précédent. Premier temps, le règlement (CE) n° 785/2004 oblige tout transporteur aérien et tout exploitant d'aéronef circulant dans, vers, hors ou au dessus du territoire de l'Union à détenir une assurance. Son article 4 énonce que « les risques assurés couvrent les actes de guerre, le terrorisme, la piraterie aérienne, les actes de sabotage, la capture illicite d'aéronefs et les troubles civils », et que les transporteurs et exploitants « veillent à ce que tout vol soit couvert par une assurance ». L'article 5 permet aux États membres d'exiger la preuve de la couverture. La France applique le texte par l'arrêté du 29 juillet 2005, qui fixe à 100 000 DTS le minimum passagers pour l'exploitation non commerciale des aéronefs dont la masse maximale au décollage n'excède pas 2 700 kilogrammes.

Deuxième temps, la convention de Montréal fixe le niveau réel de l'indemnisation due au passager. La révision entrée en vigueur le 28 décembre 2024 a porté la première strate à 151 880 DTS par passager décédé ou blessé, le retard à 6 303 DTS, les bagages à 1 519 DTS et le fret à 26 DTS le kilogramme. L'Organisation de l'aviation civile internationale a notifié 140 États parties de cette hausse d'environ 18 % et leur a demandé d'adapter leur droit interne. Le règlement communautaire 2027/97, modifié par le règlement 889/2002, transpose ce régime pour les transporteurs communautaires et interdit toute limitation contractuelle inférieure.

Troisième temps, le contrat. C'est lui qui décide de ce qui se passe réellement au moment du sinistre, car ni le règlement européen ni la convention internationale ne disent quelle limite acheter. Le plancher de 250 000 DTS par passager, soit environ 296 000 euros, correspondait au niveau des indemnisations de 2004. Il n'a jamais été relevé, alors que la première strate de Montréal a progressé deux fois depuis. Sur un appareil de 180 sièges rempli, le cumul de la seule strate objective représente déjà environ 32 millions d'euros, sans compter la seconde strate illimitée, les tiers au sol et le corps de l'appareil.

La méthode de dimensionnement suit donc trois valeurs mesurables, jamais un pourcentage de chiffre d'affaires. La première valeur est la masse maximale au décollage, qui détermine la catégorie de l'article 7 et donc le plancher tiers. La deuxième est la capacité en sièges, qui multiplie la strate objective de Montréal. La troisième est la valeur agréée du corps, qui détermine la garantie dommages et le montant du recours de l'exploitant contre celui qui a abîmé la machine. Sur une police au sol, ces trois valeurs se lisent sur l'aéronef le plus exigeant reçu, pas sur la moyenne du trafic.

Côté opérateurs au sol, un mécanisme contractuel supplémentaire entre en jeu : le Standard Ground Handling Agreement de l'IATA, contrat cadre de l'assistance en escale. Son article 8 organise une renonciation à recours du transporteur envers l'assistant, assortie d'exceptions et de plafonds négociés dans l'annexe B propre à chaque escale. La lecture de cette annexe conditionne le montant à assurer : un plafond relevé par le client, une exception pour faute lourde ou une clause d'assuré additionnel modifient l'exposition sans qu'aucune ligne du bilan ne bouge. Un contrat d'assistance signé sans relecture du volet responsabilité produit une exposition invisible jusqu'au premier dossier.

La transparence méthodologique s'impose ici. Les conversions en euros retenues dans cette page utilisent le taux du Fonds monétaire international du 27 juillet 2026, un dollar valant 0,737214 DTS, et une parité euro dollar de 1,144 constatée en moyenne sur juillet 2026, soit environ 1,19 euro pour un DTS. Ces montants bougent avec le panier de devises : une police libellée en DTS suit automatiquement le plancher réglementaire, une police libellée en euros décroche dès que le DTS s'apprécie. Le choix de la devise de la limite est un paramètre de conformité, pas une préférence de présentation.

Dernier maillon, la preuve de couverture. Le certificat d'assurance aviation reprend, ligne par ligne, les montants exigés par le règlement et les périmètres géographiques couverts. Les autorités de contrôle, les concédants aéroportuaires et les donneurs d'ordre lisent ce document plus souvent qu'ils ne lisent la police. Une attestation qui mentionne une limite globale sans détailler la ventilation passagers, bagages, fret et tiers expose l'exploitant à un refus d'accès à la plateforme, quelle que soit la qualité réelle du contrat souscrit. France Épargne fait produire ces attestations dans le format attendu par chaque destinataire avant la première rotation.

1

Bilan de l'exposition réelle

Relevé de la flotte exploitée ou reçue, masse maximale au décollage appareil par appareil, capacité en sièges, tonnage de fret traité, nombre de mouvements annuels et périmètre géographique d'exploitation. Lecture des conventions d'occupation aéroportuaire et des contrats d'assistance en vigueur.

2

Stratégie de limites section par section

Chiffrage séparé du corps en valeur agréée, de la responsabilité combinée passagers et tiers, de la responsabilité au sol envers les aéronefs confiés et des risques de guerre. La limite se cale sur l'aéronef le plus lourd et le plus dense concerné, jamais sur un pourcentage du chiffre d'affaires.

3

Mise en concurrence des porteurs aviation

Présentation du dossier aux assureurs et souscripteurs spécialisés sur une base strictement identique : limites, sous limites, franchises par phase de vol et par événement, périmètre guerre et terrorisme. La comparaison porte sur le périmètre réel, pas sur la seule prime affichée.

4

Attestations et conformité réglementaire

Production des certificats reprenant les montants réglementaires en DTS, alignement des assurés additionnels avec les conventions de concession et les contrats d'assistance, vérification des dates d'effet croisées entre polices corps, responsabilité et guerre.

5

Suivi des sinistres et révision annuelle

Un interlocuteur unique pilote la déclaration, l'expertise et le règlement, y compris les dossiers d'immobilisation. La révision annuelle réajuste les limites sur l'évolution de la flotte, des mouvements et des limites de Montréal, révisées tous les cinq ans par l'Organisation de l'aviation civile internationale.

Équipe d'assistance en escale positionnant une passerelle sur un avion
L'IATA évalue le coût mondial des dommages au sol à environ 5 milliards de dollars par an, avec une projection proche de 10 milliards d'ici 2035.

Quel périmètre selon votre place dans la chaîne ?

Exploitant d'aéronefs

  • Corps en valeur agréée, en vol, au roulage et au parking
  • Responsabilité passagers au minimum de 250 000 DTS par siège
  • Bagages à 1 131 DTS par passager et fret à 19 DTS le kilogramme
  • Responsabilité tiers selon la catégorie de masse de l'article 7
  • Section risques de guerre, terrorisme, détournement et saisie
  • Preuve de couverture exigible par tout État membre survolé

Exploitant d'aérodrome

  • Aucun montant minimal imposé par le règlement 785/2004
  • Responsabilité envers les aéronefs stationnés et manœuvrant
  • Dommages aux pistes, aires, balisage et installations de navigation
  • Responsabilité liée au risque animalier, encadré par l'arrêté du 13 juin 2024
  • Responsabilité envers les passagers présents en aérogare
  • Limite calée sur l'aéronef le plus lourd accueilli sur la plateforme

Prestataire au sol et atelier

  • Responsabilité envers l'aéronef confié en garde et en maintenance
  • Responsabilité produits et travaux après restitution de l'appareil
  • Périmètre déterminé par l'annexe B du contrat d'assistance IATA
  • Dommages causés par les équipements de piste et le repoussage
  • Immobilisation de l'appareil et coûts indirects associés
  • Assurés additionnels alignés sur chaque donneur d'ordre

Chiffres clés du risque aérien

CritèreDonnéeSource
Couverture minimale passagers250 000 DTS par passager, soit environ 296 000 EURRèglement (CE) n° 785/2004, article 6
Couverture minimale bagages1 131 DTS par passager, soit environ 1 340 EURRèglement (UE) n° 285/2010
Couverture minimale fret19 DTS par kilogramme, soit environ 22,50 EURRèglement (UE) n° 285/2010
Plancher tiers, catégorie la plus haute700 millions de DTS par accident au delà de 500 tonnesRèglement (CE) n° 785/2004, article 7
Strate objective décès ou lésion151 880 DTS par passager depuis le 28 décembre 2024OACI, révision de la convention de Montréal
Retard du passager6 303 DTS depuis le 28 décembre 2024OACI, révision de la convention de Montréal
Bagages sous convention de Montréal1 519 DTS par passagerOACI, révision de la convention de Montréal
Fret sous convention de Montréal26 DTS par kilogrammeOACI, révision de la convention de Montréal
Taxe sur les conventions d'assurance0 % pour les risques de navigation aérienneArticle 995, 4° du CGI
Coût mondial des dommages au solEnviron 5 milliards de dollars par anIATA, programme Enhanced GSE
Projection dommages au solPrès de 10 milliards de dollars par an d'ici 2035IATA, programme Enhanced GSE
Trafic aérien en France183 millions de passagers, en hausse de 2,8 %DGAC, bilan provisoire 2025
Trafic du Groupe ADP379 millions de passagers sur le réseau, dont 107 à ParisGroupe ADP, résultats annuels 2025
Prime nette corps et responsabilité des compagniesEnviron 1,65 milliard de dollarsGallagher et Starr Insurance, données 2024

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France Épargne met votre programme en concurrence auprès des porteurs aviation sur une base identique : limites, sous limites, franchises par phase et périmètre guerre.

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Un marché qui a réappris le prix de la sévérité

Le marché mondial de l'assurance aérienne fonctionne avec une base de prime très étroite au regard des capitaux qu'il expose. Gallagher et Starr Insurance évaluent la prime nette corps et responsabilité des compagnies aériennes à environ 1,65 milliard de dollars en 2024, pour une flotte mondiale dont la valeur assurée se compte en centaines de milliards. Cette asymétrie explique la volatilité des tarifs : un seul événement majeur consomme une fraction significative de la prime annuelle du secteur. Gallagher relève dans sa mise à jour du 10 avril 2026 que les sinistres majeurs des compagnies aériennes ont dépassé 1 milliard de dollars en 2025, le seul vol UPS 2976 mobilisant environ 800 millions de dollars de réserves.

Le dossier structurant de la décennie reste le contentieux des avions bloqués en Russie. Le 11 juin 2025, la High Court de Londres a rendu son jugement dans les Russian Aircraft Lessor Policy Claims. AerCap réclamait la perte de 116 avions et 23 moteurs donnés en location à des compagnies russes et devenus irrécupérables après les contre mesures de mars 2022. La cour a jugé ces actifs perdus et couverts au titre de la section risques de guerre, AerCap étant fondé à recevoir 1,035 milliard de dollars après imputation des transactions antérieures. L'ensemble des demandes portées devant la Commercial Court représentait une valeur assurée combinée supérieure à 4,5 milliards de dollars. Le 9 octobre 2025, Fidelis, Chubb et Lloyd Insurance Company ont déposé des demandes distinctes d'autorisation d'appel.

La portée pratique de ce jugement dépasse le sort des bailleurs. Il a tranché la ligne de partage entre la section tous risques et la section guerre d'une police aviation, exactement le point sur lequel les assureurs contestaient la garantie. Pour un exploitant, la leçon est directe : la qualification de la section décide du règlement, et une police dont le périmètre guerre est mal articulé avec le périmètre tous risques laisse un espace de contestation que le sinistre révèle trop tard. Gallagher observe d'ailleurs que les taux de tête en corps guerre ont reculé de plus de 10 % au premier trimestre 2026, signe d'une capacité qui revient sur ce segment après la clarification judiciaire.

La dynamique tarifaire de 2026 se joue sur deux plans opposés. Sur le corps guerre, la concurrence rouvre. Sur la responsabilité, Gallagher anticipe des hausses techniques modérées, ciblées sur les exploitants exposés au marché américain, où l'inflation sociale, c'est à dire la dérive des indemnisations accordées par les jurys civils, pèse directement sur la sévérité des dossiers de responsabilité. Un exploitant français dont les rotations touchent les États Unis ne négocie donc pas sur le même marché qu'un exploitant purement intra européen, à flotte et à mouvements identiques.

Le volume sous jacent, lui, progresse lentement en France. La DGAC a recensé 183 millions de passagers en 2025, dont 178,1 millions en métropole, pour une croissance de 2,8 % seulement, l'une des plus faibles d'Europe. L'Allemagne a atteint près de 4 % avec 210 millions de passagers. Le trafic intérieur français a reculé de 1,5 % à 26,9 millions de passagers, tandis que l'international progressait de 3,6 % à 156 millions. La croissance vient d'Asie Pacifique, en hausse de 8,7 %, et d'Afrique, en hausse de 6,2 %. Le pavillon français a porté 38,1 % du trafic, contre 37,5 % en 2024.

Côté infrastructures, le Groupe ADP a publié le 20 février 2026 un chiffre d'affaires consolidé de 6 704 millions d'euros, en progression de 8,9 %, et un résultat opérationnel courant supérieur à 1,1 milliard d'euros, en hausse de 17,2 %. Le réseau a accueilli 379 millions de passagers, dont 107 millions à Paris. La croissance la plus forte vient des commerces et services parisiens, à 2 159 millions d'euros et 11,9 % de hausse. Ce déplacement du modèle économique vers le commercial modifie la nature du risque assuré : une aérogare est devenue un centre commercial traversé par des aéronefs, avec la responsabilité envers le public que cela emporte.

La composition du trafic français ajoute une contrainte propre aux plateformes régionales. La croissance de 2025 est venue de l'Asie Pacifique, en hausse de 8,7 %, et de l'Afrique, en hausse de 6,2 %, alors que l'Union européenne progressait de 2,1 % à 73,9 millions de passagers et les Amériques de 3,1 % à 16,6 millions. Les segments qui progressent le plus vite sont ceux opérés par les appareils les plus lourds, donc ceux qui déplacent vers le haut la catégorie de masse retenue à l'article 7 pour les plateformes qui les accueillent, même occasionnellement.

La fréquence, enfin, ne se trouve pas là où se trouve la sévérité. L'IATA chiffre à environ 5 milliards de dollars par an le coût mondial des dommages au sol, avec une projection proche de 10 milliards d'ici 2035 en l'absence de modernisation des équipements de piste. Ce coût intègre la main d'œuvre, les pièces, la location d'appareils de remplacement, le repositionnement des équipages et les indemnisations de retard. L'organisation estime que la transition vers des équipements de piste améliorés permettrait d'économiser 1 milliard de dollars par an dès 2025 et 2 milliards par an en 2030. Un programme d'assurance aéronautique bien construit traite ces deux régimes séparément : une franchise travaillée sur la fréquence au sol, une limite travaillée sur la sévérité en vol.

Le barème européen des tiers selon la masse au décollage

Couverture minimale par accident (en millions de DTS)
+0,8+1,5+3+7+18+80+150+300+500+700< 500 kg< 1 t< 2,7 t< 6 t< 12 t< 25 t< 50 t< 200 t< 500 t500 t et plus
Source : Règlement (CE) n° 785/2004, article 7
Tour de contrôle et aire de trafic d'un aéroport commercial au lever du jour
La DGAC a recensé 183 millions de passagers en France en 2025, pour une croissance de 2,8 %, l'une des plus faibles d'Europe.

Obligations, sanctions et pièges contractuels

L'obligation d'assurance aérienne se contrôle et se sanctionne. L'article 5 du règlement européen 785/2004 autorise chaque État membre à exiger d'un transporteur ou d'un exploitant d'aéronef la preuve qu'il satisfait aux exigences de couverture, y compris par le dépôt d'un certificat. L'article 8 laisse aux États membres le soin de fixer les sanctions applicables. Le texte prévoit expressément qu'elles « peuvent comprendre le retrait de la licence d'exploitation, sous réserve des dispositions appropriées du droit communautaire », qu'elles « peuvent comprendre le refus du droit d'atterrir sur le territoire d'un État membre », et que, lorsqu'un État membre estime que les conditions du règlement ne sont pas respectées, il « interdit le décollage d'un aéronef ». Un aéronef immobilisé au sol faute d'attestation valide coûte davantage que la prime de l'année.

L'articulation avec la convention de Montréal appelle une vigilance particulière. Le règlement communautaire 2027/97, modifié par le règlement 889/2002, interdit au transporteur communautaire de fixer une limite financière à sa responsabilité en cas de décès ou de lésion corporelle. La première strate de 151 880 DTS, applicable depuis le 28 décembre 2024, est objective : le transporteur ne s'en exonère pas. Au delà, il ne s'exonère qu'en prouvant que le dommage n'est pas dû à sa négligence ou qu'il résulte exclusivement de la faute d'un tiers. Une police dont la limite passagers s'arrête au plancher réglementaire de 250 000 DTS laisse donc l'exploitant seul face à la seconde strate, qui est précisément celle qui produit les gros dossiers.

Du côté des plateformes, le règlement (UE) n° 139/2014 du 12 février 2014, applicable depuis le 6 mars 2014, impose la certification des exploitants d'aérodromes relevant de son champ, avec des exigences organisationnelles regroupées dans la partie ADR.OR de son annexe III. Le règlement délégué (UE) 2022/1645 y a ajouté la gestion des risques de sécurité de l'information ayant un impact potentiel sur la sécurité aérienne, applicable depuis le 16 octobre 2025. Ces textes ne fixent pas de montant d'assurance, mais ils créent des obligations dont le manquement nourrit la faute en cas de dommage.

Le risque animalier illustre ce mécanisme. L'arrêté du 13 juin 2024 relatif à la prévention du risque animalier sur les aérodromes, entré en vigueur le 16 juin 2024 et abrogeant l'arrêté du 10 avril 2007, impose à l'exploitant un programme de prévention qui, aux termes de son article 3, « inclut notamment une évaluation et un suivi du risque animalier sur l'aérodrome et sur les terrains voisins ». L'article 5 exige la pose et l'enfouissement partiel d'une clôture adaptée au risque, l'article 13 la présence d'au moins un agent dédié à la prévention en continu ou capable de conduire les opérations d'effarouchement et de prélèvement, l'article 20 une formation initiale avant prise de fonction. Un ingestion moteur consécutive à une collision aviaire sur une plateforme dont le programme est incomplet transforme un aléa en manquement opposable.

Les pièges contractuels se concentrent sur trois points. Le premier est la renonciation à recours de l'article 8 du Standard Ground Handling Agreement de l'IATA : elle protège l'assistant, mais son annexe B, négociée escale par escale, en fixe les exceptions et les plafonds. Un plafond relevé par un donneur d'ordre modifie l'exposition réelle sans que rien n'apparaisse au bilan. Le deuxième est la clause d'assuré additionnel : les conventions d'occupation aéroportuaire et les contrats de maintenance exigent souvent que le concédant ou le client figure comme assuré additionnel, ce que la police doit prévoir expressément. Le troisième est la date d'effet croisée entre les sections corps, responsabilité et guerre, souvent placées auprès de porteurs différents avec des échéances distinctes. Une section guerre qui expire trois mois avant la police principale crée une fenêtre non couverte que personne ne remarque avant le sinistre.

Sur le plan fiscal, la position française est favorable et souvent mal exploitée. Le 4° de l'article 995 du Code général des impôts exonère de taxe sur les conventions d'assurance « les contrats d'assurances sur corps, marchandises transportées et responsabilité civile du transporteur, des aéronefs souscrits contre les risques de toute nature de navigation aérienne ». La doctrine administrative publiée au BOFiP sous la référence BOI-TCAS-ASSUR-10-40-30-30 précise le périmètre de cette exonération. À défaut de qualification aéronautique, le contrat retombe dans le droit commun de la responsabilité civile, taxé à 9 % au titre du 6° de l'article 1001 du même code. Sur un programme dont la prime annuelle atteint plusieurs centaines de milliers d'euros, la seule qualification du contrat représente un écart budgétaire supérieur au coût du courtage.

Dernier point de vigilance, la devise de la limite. Les montants réglementaires sont libellés en DTS, unité de compte du Fonds monétaire international adossée à un panier de cinq devises. Une limite contractuelle exprimée en euros décroche mécaniquement du plancher dès que le DTS s'apprécie face à l'euro. La conformité impose donc soit une limite libellée en DTS, soit une marge de sécurité suffisante pour absorber la dérive de change sur la durée de la police. France Épargne vérifie ce point à chaque renouvellement, en même temps que la révision quinquennale des limites de Montréal, dont la prochaine échéance interviendra cinq ans après celle du 28 décembre 2024.

Questions Fréquentes sur l'Assurance Aviation et Aéroports

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Un exploitant d'aérodrome me montre son chiffre d'affaires pour justifier sa limite de responsabilité. Je lui demande plutôt quel est l'appareil le plus lourd qu'il a accueilli cette année. La réponse tient en une immatriculation, et c'est elle qui commande le montant à assurer, pas le bilan.

Emmanuel d'IbelinConseiller en Gestion de Patrimoine

À qui s'adresse ce programme

Cinq familles d'acteurs relèvent d'une police aviation, avec des expositions qui n'ont ni la même forme ni la même intensité.

Les compagnies aériennes et exploitants d'aéronefs sont les seuls destinataires directs du règlement européen 785/2004. Une compagnie régionale exploitant six turbopropulseurs de 22 tonnes et 78 sièges relève de la catégorie 6 de l'article 7, soit un plancher tiers de 80 millions de DTS par accident. Sa responsabilité passagers, elle, se calcule sur 468 sièges cumulés au sol simultanément, avec une première strate objective de 151 880 DTS par personne. Le plancher légal de 250 000 DTS par siège couvre cette première strate mais ne dit rien de la seconde, qui est illimitée. Une compagnie de cette taille achète en pratique une limite combinée unique très supérieure au plancher, dimensionnée sur le scénario du vol complet.

Les exploitants d'aérodromes et gestionnaires d'aéroports portent une exposition d'une autre nature. Ils ne pilotent rien, mais ils répondent de l'état des pistes, des aires, du balisage, de la gestion du risque animalier et de la sécurité du public en aérogare. L'arrêté du 13 juin 2024 leur impose un programme complet de prévention du risque animalier, jusqu'à la clôture enfouie de son article 5 et à l'agent dédié de son article 13. Le déplacement du modèle économique aéroportuaire vers le commercial accentue le volet responsabilité envers le public : chez le Groupe ADP, les commerces et services parisiens ont progressé de 11,9 % en 2025, à 2 159 millions d'euros, sur un chiffre d'affaires consolidé de 6 704 millions. Une aérogare moderne est un lieu recevant du public traversé par des aéronefs.

Les sociétés d'assistance en escale concentrent la fréquence. Elles manœuvrent les tracteurs de repoussage, les passerelles, les groupes de parc, les convoyeurs à bagages et les véhicules d'avitaillement, autour d'appareils dont la valeur unitaire dépasse couramment 100 millions de dollars. L'IATA situe les opérations d'équipements de piste au premier rang des causes de dommages au sol, pour un coût mondial d'environ 5 milliards de dollars par an. Leur exposition contractuelle se lit dans l'annexe B du Standard Ground Handling Agreement de l'IATA, escale par escale, et non dans un document unique. Une société présente sur douze escales peut porter douze régimes de responsabilité différents.

Les ateliers de maintenance et organismes agréés engagent une responsabilité qui survit à la restitution de l'appareil. Une intervention défectueuse sur un train d'atterrissage ou un circuit hydraulique produit ses effets des semaines plus tard, en vol, avec des passagers à bord. C'est la responsabilité produits et travaux aéronautiques, distincte de la responsabilité de garde qui couvre l'appareil pendant qu'il est dans le hangar. Un atelier qui souscrit la seconde sans la première découvre le trou de garantie au moment où il compte le plus. La valeur agréée de l'appareil confié et le nombre de sièges qu'il emporte fixent ensemble le niveau à retenir.

Les avitailleurs, écoles de pilotage et exploitants d'aviation d'affaires forment la cinquième famille. L'avitailleur porte un risque de contamination qui touche simultanément plusieurs appareils, avec un effet de série que la limite par événement doit absorber. L'école de pilotage relève, pour ses aéronefs légers, des catégories basses de l'article 7, de 0,75 à 3 millions de DTS selon la masse, et bénéficie en exploitation non commerciale sous 2 700 kilogrammes du minimum passagers réduit à 100 000 DTS fixé par l'arrêté du 29 juillet 2005. L'exploitant d'aviation d'affaires, lui, combine une valeur de corps élevée, un périmètre géographique large et une clientèle dont les indemnisations en cas de dommage corporel sortent des standards du transport de ligne.

Un point commun relie ces cinq profils : aucun ne dimensionne correctement sa couverture à partir de son bilan. Le trafic français de 183 millions de passagers en 2025, en hausse de 2,8 % selon la DGAC, se répartit sur des plateformes dont la taille varie d'un facteur cent, mais qui accueillent parfois les mêmes appareils lors d'un déroutement ou d'un vol saisonnier. Une plateforme régionale qui reçoit trois fois par an un long courrier en déroutement porte, ces jours là, une exposition sans rapport avec son activité ordinaire. La limite se cale sur ce scénario, pas sur la moyenne.

France Épargne construit chaque programme à partir de cet aéronef dimensionnant, puis remonte vers les trois masses de risques : le corps, la responsabilité envers les personnes transportées et les tiers, la responsabilité au sol. Le dossier est ensuite présenté aux porteurs aviation sur une base identique, limites, sous limites et franchises comprises, avant production des attestations dans le format attendu par chaque concédant et chaque donneur d'ordre.

Atelier de maintenance aéronautique avec un réacteur déposé sur son support
Compagnies, plateformes, assistants en escale, ateliers et avitailleurs relèvent de trois régimes de responsabilité distincts.

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France Épargne identifie l'aéronef qui dimensionne votre exposition, chiffre les trois masses de risques et met votre programme en concurrence auprès des porteurs aviation. Un conseiller vous répond sous 6h.

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Faites caler votre limite sur l'appareil, pas sur votre bilan

Un conseiller France Épargne reprend votre flotte ou la liste des aéronefs reçus, leur masse et leur capacité, chiffre séparément le corps, la responsabilité envers les passagers et les tiers et la responsabilité au sol, puis met plusieurs porteurs aviation en concurrence sur une base identique franchises comprises. Réponse sous 6h.

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