Investir en dette privée : le placement non coté qui rapporte, et son coût réel
Investir en dette privée : rendement net (5 à 9 %), risques, fiscalité et véhicules FCPR et ELTIF 2.0 pour diversifier votre épargne, par France Épargne.
- La dette privée regroupe des prêts directs aux entreprises non cotées, pour un rendement net historique de 5 à 8 % par an, jusqu'à 12 % sur la dette mezzanine (Laplace, Sapians, 2026).
- En 2025, les particuliers ont apporté 3,1 milliards d'euros au capital-investissement français, en hausse de 8 % sur un an, dont 2,6 milliards via l'assurance vie (+25 %), selon France Invest.
- Le premier ELTIF 2.0 agréé en France est CIC Private Debt Opportunités (2025) ; Apollo a obtenu l'agrément de la CSSF pour trois ELTIF evergreen en septembre 2025.
La dette privée désigne les prêts accordés directement par des fonds d'investissement à des entreprises non cotées, en dehors du circuit bancaire. Investir en dette privée, c'est donc prêter à une PME ou à une entreprise de taille intermédiaire et percevoir des intérêts réguliers, avec un rendement net historique de 5 à 8 % par an selon Laplace (2026). Longtemps réservée aux investisseurs institutionnels, cette classe d'actifs s'ouvre aux particuliers en 2026, poussée par la loi Industrie Verte et par une génération de fonds semi-liquides. Investir en dette privée devient ainsi une option concrète pour l'épargnant averti. Ce guide reconstitue le rendement réel après frais, détaille les véhicules pour investir en dette privée, et dit clairement à quel profil cette diversification convient, et à qui elle ne convient pas.
À retenir :
- La dette privée regroupe des prêts directs aux entreprises non cotées, pour un rendement net historique de 5 à 8 % par an, jusqu'à 12 % sur la dette mezzanine (Laplace, Sapians, 2026).
- En 2025, les particuliers ont apporté 3,1 milliards d'euros au capital-investissement français, en hausse de 8 % sur un an, dont 2,6 milliards via l'assurance vie (+25 %), selon France Invest.
- La loi Industrie Verte (n°2023-973) impose une part de non coté dans la gestion pilotée par défaut de l'assurance vie et du PER d'ici le 31 décembre 2026 : 4 % minimum en profil équilibré, 8 % en dynamique.
- Le premier ELTIF 2.0 agréé en France est CIC Private Debt Opportunités (2025) ; Apollo a obtenu l'agrément de la CSSF pour trois ELTIF evergreen en septembre 2025.
- Contrepartie du rendement : illiquidité (blocage de 5 à 10 ans en fonds fermé, fenêtres de rachat trimestrielles en fonds evergreen), frais empilés et risque de perte en capital sur les unités de compte.
Pourquoi la dette privée entre dans l'épargne des particuliers cette année
Le mouvement n'est pas une mode passagère, c'est une bascule réglementaire et industrielle. En 2025, les particuliers ont apporté 3,1 milliards d'euros au capital-investissement français, en hausse de 8 % sur un an, selon France Invest. La progression est portée par l'assurance vie, dont les souscriptions ont bondi de 25 % pour atteindre 2,6 milliards d'euros. Côté marché, les fonds de dette privée français ont levé 14,8 milliards d'euros en 2025, soit 74 % de plus qu'en 2024, et investi 15,9 milliards sur 379 opérations, d'après l'étude Deloitte réalisée avec France Invest et publiée le 27 mars 2026.
Deux forces expliquent cette ouverture. La première est la loi Industrie Verte (loi n°2023-973), qui rend obligatoire une part d'actifs non cotés dans la gestion pilotée par défaut des contrats d'assurance vie et des plans d'épargne retraite. Les assureurs ont jusqu'au 31 décembre 2026 pour s'y conformer, l'obligation s'appliquant dès le 30 juin 2026 pour les PER collectifs. La dette privée figure explicitement parmi les actifs éligibles, aux côtés du private equity et des infrastructures.
La seconde force est l'arrivée de véhicules conçus pour le grand public. CIC Private Debt Opportunités, géré par La Française, a été le premier fonds ELTIF 2.0 (European Long-Term Investment Fund) agréé en France en 2025, dans un format evergreen dédié à l'épargne retraite. En septembre 2025, le géant américain Apollo a obtenu de la CSSF (le régulateur luxembourgeois) l'agrément de trois ELTIF evergreen, dont l'Apollo European Private Credit ELTIF. Investir en dette privée ne suppose donc plus un ticket institutionnel : le format s'est démocratisé.
Cette ouverture s'accompagne d'un afflux de capitaux. Les encours des fonds evergreen et ELTIF accessibles aux particuliers ont bondi de 73 % entre fin 2024 et septembre 2025, pour atteindre 93,4 milliards d'euros, selon Scala Patrimoine (2026). D'ici 2030, ces véhicules pourraient représenter plus de 60 % des investissements en actifs privés destinés à cette clientèle. Investir en dette privée s'inscrit donc dans une tendance de fond, portée par la réglementation et par l'offre, pas dans un simple effet d'aubaine.
Cette dynamique répond à une logique de diversification. Hassen Ouartani, responsable Debt & Capital Advisory chez Deloitte et auteur de l'étude 2026, souligne que les refinancements ont représenté 42 % des montants financés en 2025, contre 23 % en 2024 : le marché s'installe dans la durée. Pour l'épargnant, l'enjeu est de comprendre le mécanisme avant d'y placer une partie de son capital.
Qu'est-ce que la dette privée, et en quoi diffère-t-elle du private equity
Investir en dette privée revient à occuper la place du prêteur, là où le private equity occupe celle de l'actionnaire. Le fonds de dette privée prête de l'argent à une entreprise non cotée et perçoit des intérêts ; le fonds de private equity achète des parts et parie sur la revente à plus-value. Cette distinction change tout : le créancier est remboursé avant l'actionnaire en cas de difficulté, ce qui réduit la volatilité et le risque de perte total, au prix d'un potentiel de gain plafonné.
Le direct lending est la stratégie la plus répandue : un fonds prête directement à une PME ou à une entreprise de taille intermédiaire, sans passer par une banque ni par un marché obligataire. La dette senior occupe le premier rang de remboursement et sert un rendement indicatif d'Euribor plus 200 à 400 points de base, soit environ 4 à 6 % dans l'environnement de taux du début 2026, selon Sapians. L'unitranche fusionne dette senior et junior en un seul instrument, pratique pour les opérations de taille moyenne.
La dette mezzanine se situe à un rang inférieur : remboursée après la dette senior, elle supporte plus de risque et vise en contrepartie jusqu'à 12 % par an. La dette décotée, ou distressed, rachète les créances d'entreprises en difficulté avec une décote, stratégie la plus spéculative du spectre. Chaque cran de subordination ajoute du rendement et du risque : c'est la grille de lecture de base pour investir en dette privée en connaissance de cause.
La forme du fonds compte autant que sa stratégie. Un fonds fermé lève des capitaux sur une période donnée, les déploie, puis les rembourse à échéance, ce qui crée une courbe en J : la performance est négative les premières années, le temps que les prêts produisent leurs intérêts. Un fonds evergreen, à capital permanent, déploie l'argent dès la souscription et supprime cet effet, au prix d'une exposition immédiate au portefeuille existant. Le premier convient à l'investisseur patient, le second à celui qui veut une montée en puissance rapide.
Le marché a atteint une taille qui légitime son entrée dans une allocation patrimoniale. À l'échelle mondiale, l'encours de la dette privée avoisine 1 700 milliards de dollars et pourrait dépasser 2 000 milliards en 2026, l'Europe pesant environ 30 % du total, selon Scala Patrimoine (2026). Cette profondeur de marché nourrit une offre de fonds désormais accessible via l'assurance vie, sujet que nous détaillons dans notre pilier FCPR et FPCI pour ouvrir votre patrimoine au non coté.
Quel rendement réel espérer, et avec quelle dispersion
Le chiffre à retenir est une fourchette, pas une promesse. Le rendement net historique de la dette privée s'établit entre 5 et 8 % par an selon Laplace (2026), la dette senior délivrant 4 à 6 % et la mezzanine jusqu'à 12 %. Les fonds evergreen, qui réinvestissent en continu, visent 6 à 9 % en stratégie équilibrée et au-delà de 12 % pour les profils les plus risqués, d'après Scala Patrimoine. Ces niveaux dépassent nettement le fonds euros de l'assurance vie, mais s'accompagnent d'un risque et d'une illiquidité que le fonds euros ne connaît pas. Investir en dette privée suppose donc de raisonner en rendement attendu, jamais en rendement acquis.
La dispersion des résultats est la donnée que les palmarès masquent. Le rendement affiché est une cible, pas un dû : la qualité de la sélection des emprunteurs par le gérant fait l'écart réel. Le taux de défaut européen illustre le risque sous-jacent : 1,25 % en 2025 contre 0,4 % en 2024, quand les États-Unis affichaient 5,6 % en décembre 2025, selon Scala Patrimoine. L'Europe reste moins exposée aux secteurs technologiques fragiles, ce qui explique une sinistralité plus contenue.
Le niveau des taux d'intérêt conditionne directement ce rendement. La dette privée à taux variable est le plus souvent indexée sur l'Euribor, le taux interbancaire européen, majoré d'une marge de 200 à 400 points de base. Quand les taux courts sont élevés, le rendement servi grimpe mécaniquement ; quand ils baissent, il se tasse. Investir en dette privée aujourd'hui, c'est donc capter des marges construites dans un environnement de taux encore soutenu au début de 2026, un paramètre à surveiller sur la durée du placement.
Pour situer la dette privée dans une allocation, la comparaison avec les autres briques du patrimoine s'impose. Le tableau ci-dessous confronte quatre familles de placement sur les critères qui décident vraiment : rendement net visé, liquidité, niveau de risque et horizon recommandé.
| Placement | Rendement net visé | Liquidité | Risque | Horizon |
|---|---|---|---|---|
| Fonds euros (assurance vie) | 2 à 3,5 % | Immédiate | Faible, capital garanti | Court à long terme |
| Dette privée | 5 à 9 % (jusqu'à 12 % mezzanine) | Faible, fenêtres de rachat | Modéré, rang de créancier | 5 à 10 ans |
| Private equity | 8 à 12 % (TRI net 10 ans) | Très faible | Élevé, rang d'actionnaire | 8 à 10 ans |
| Actions cotées | 6 à 8 % (long terme) | Quotidienne | Élevé, forte volatilité | Long terme |
La lecture est claire : investir en dette privée comble l'espace entre le fonds euros et le private equity. La classe offre davantage de rendement que l'obligataire traditionnel, moins de volatilité que les actions, mais impose d'immobiliser son capital. C'est un placement de diversification, pas un substitut à l'épargne de précaution.
Par quels véhicules investir en dette privée : FCPR, FPCI, evergreen et ELTIF 2.0
Le véhicule détermine le ticket d'entrée, la liquidité et la fiscalité. Quatre enveloppes dominent l'accès des particuliers pour investir en dette privée, du plus ouvert au plus fermé. Les comprendre évite de confondre un fonds bloqué dix ans avec un fonds à fenêtres de rachat trimestrielles.
- Le FCPR (fonds commun de placement à risques). C'est la porte d'entrée la plus courante. Logé en assurance vie ou en PER, un FCPR de dette privée s'ouvre dès 1 000 à 5 000 euros selon les contrats, d'après Sapians (2026). Le capital est investi dans un portefeuille de créances non cotées, avec une durée de vie souvent comprise entre 8 et 10 ans.
- Le FPCI (fonds professionnel de capital investissement). Plus sélectif, il vise les investisseurs avertis et impose fréquemment un ticket de 100 000 euros. Il donne accès à des stratégies plus pointues, mais reste illiquide sur toute la durée du fonds.
- Le fonds evergreen. À capital permanent, sans échéance fixe, il déploie l'argent dès la souscription et supprime la courbe en J des fonds fermés. Il offre des fenêtres de rachat régulières et vise 6 à 9 % par an, selon Scala Patrimoine (2026).
- L'ELTIF 2.0 (European Long-Term Investment Fund). Créé par le règlement UE 2023/606 entré en application en janvier 2024, il ouvre la dette privée semi-liquide au grand public avec un ticket réduit et des fenêtres trimestrielles. CIC Private Debt Opportunités en fut le premier exemple agréé en France.
Le choix de l'enveloppe pèse autant que le choix du fonds. Logée dans un contrat, la dette privée profite de la fiscalité de l'assurance vie et de la mutualisation de la liquidité par l'assureur, sujet que nous approfondissons dans notre fiche sur un FCPR logé en assurance vie. Détenu en direct, le même actif offre un accès plus large aux stratégies, mais sans amortisseur de liquidité. Pour un dirigeant, loger la dette privée dans un PER ajoute un levier de déduction à l'entrée, à arbitrer avec son conseiller.
Risques, illiquidité et frais : ce que la dette privée coûte vraiment
Le rendement de la dette privée a un prix, et ce prix se paie en liquidité. Un fonds fermé bloque le capital 5 à 10 ans, sans sortie anticipée. Un fonds evergreen ou un ELTIF 2.0 propose des fenêtres de rachat trimestrielles ou semestrielles, mais l'assureur peut activer des limites de retrait (gates) et imposer des périodes de blocage de 1 à 5 ans, selon Scala Patrimoine (2026). Avant d'investir en dette privée, il faut donc n'y placer qu'une épargne dont on n'aura pas besoin à moyen terme. Ce point rejoint l'analyse de l'illiquidité d'un FPCI et un capital immobilisé.
Le deuxième risque est le défaut. Un fonds de dette privée prête à des dizaines d'entreprises ; si l'une d'elles ne rembourse pas, la performance du fonds en pâtit. Le rang de créancier protège partiellement, la dette senior étant remboursée avant la mezzanine et avant les actionnaires, mais il ne garantit pas le capital. Placée en unités de compte dans un contrat, la dette privée expose l'épargnant à un risque de perte en capital : la valeur de rachat suit celle du fonds, sans plancher garanti.
Le troisième point de vigilance concerne les frais et la valorisation. Les frais s'empilent : frais du contrat d'assurance vie, frais de gestion du fonds, parfois commission de surperformance. Un empilement mal maîtrisé peut absorber une part significative du rendement brut. La valeur liquidative (le prix de la part) est par ailleurs calculée périodiquement, souvent chaque trimestre, et non en continu : l'épargnant ne dispose donc pas d'un prix de marché instantané, ce qui complique le pilotage.
Reconstituer le rendement net demande d'additionner chaque strate de frais. Prenons un fonds affichant 8 % de rendement brut : après 1 % de frais de gestion du fonds, 0,8 % de frais du contrat d'assurance vie et une éventuelle commission de surperformance, le rendement net servi peut retomber vers 5,5 à 6 %. L'écart entre le brut vanté et le net perçu se joue précisément là. Exiger la reconstitution complète des frais avant de signer est la première protection de l'épargnant qui veut investir en dette privée sans mauvaise surprise.
Un dernier biais mérite d'être nommé. La faible volatilité affichée de la dette privée tient en partie à cette valorisation décalée : les prix ne bougent pas chaque jour, ce qui lisse artificiellement la courbe. Cette stabilité apparente ne doit pas faire oublier le risque réel de crédit sous-jacent. Reconnaître cette limite, c'est distinguer l'analyse de la promesse commerciale.
Quelle fiscalité selon l'enveloppe : direct, assurance vie ou PER
La fiscalité pour investir en dette privée dépend entièrement du contenant choisi. Détenue en direct via un FCPR, la dette privée peut ouvrir droit à une exonération d'impôt sur le revenu des plus-values, sous condition de conserver les parts au moins 5 ans et de réinvestir les distributions. Les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus dans tous les cas. Ce régime récompense la patience, cohérent avec l'horizon long de la classe d'actifs.
Logée en assurance vie, la dette privée suit la fiscalité de l'enveloppe, plus lisible pour la plupart des épargnants. Après 8 ans de détention du contrat, les rachats bénéficient d'un abattement annuel de 4 600 euros pour une personne seule, 9 200 euros pour un couple, avant application du prélèvement forfaitaire et des prélèvements sociaux. Cette antériorité fiscale se construit dès l'ouverture du contrat : prendre date tôt a une valeur en soi, même avec un versement modeste.
Pour un dirigeant ou un travailleur non salarié, le PER (plan d'épargne retraite) ajoute un levier à l'entrée. Les versements sont déductibles du revenu imposable dans la limite des plafonds, ce qui réduit l'impôt de l'année, la fiscalité s'appliquant à la sortie. Loger de la dette privée dans un PER combine ainsi un rendement de diversification et une déduction immédiate, arbitrage à calibrer selon la tranche marginale d'imposition. Aucune de ces optimisations ne remplace un conseil personnalisé, réservé à un rendez-vous.
Pour quel profil investir en dette privée, et comment choisir son fonds
Investir en dette privée convient à un profil précis. Le candidat type dispose déjà d'une épargne de précaution, a saturé ou bien avancé ses enveloppes classiques (fonds euros, unités de compte cotées), et cherche à décorréler une poche de son patrimoine. Il accepte d'immobiliser cette poche 5 à 10 ans et tolère l'absence de valeur de marché quotidienne. Une allocation raisonnable se situe souvent entre 5 et 15 % du patrimoine financier, à ajuster selon l'âge et les besoins de liquidité.
Pour rendre concret ce raisonnement, prenons un cas représentatif. Un dirigeant de 48 ans place 50 000 euros dans un fonds evergreen de dette privée logé dans son assurance vie, sur un objectif de rendement de 7 % par an. Sur cette base, et hors fiscalité et frais, la part de dette privée viserait environ 3 500 euros d'intérêts annuels, réinvestis dans le fonds. Le capital reste immobilisé, accessible seulement lors des fenêtres de rachat trimestrielles. Ce scénario illustre le compromis : un rendement supérieur au fonds euros, en échange d'une immobilisation assumée.
Le même raisonnement se décline selon l'enveloppe. Un travailleur non salarié qui verse 20 000 euros dans un PER et y loge une poche de dette privée déduit ce versement de son revenu imposable, réduisant son impôt de l'année, tout en visant un rendement de diversification jusqu'à la retraite. La liquidité y est encore plus contrainte, le PER étant bloqué jusqu'au départ en retraite hors cas de déblocage anticipé. L'horizon long du PER épouse précisément la durée de la dette privée.
Cinq critères pour sélectionner un fonds de dette privée
- Le gérant et son track record. Privilégiez une société de gestion qui documente ses performances passées et son taux de défaut sur plusieurs millésimes, plutôt qu'un nom commercial récent.
- La stratégie de dette. Une poche senior sécurisée ne porte pas le même risque qu'une poche mezzanine ou distressed. Vérifiez la répartition réelle du portefeuille.
- La structure de frais. Additionnez frais du contrat, frais de gestion et commission de surperformance pour reconstituer le rendement net, seul chiffre qui compte.
- Les modalités de liquidité. Fréquence des fenêtres de rachat, existence de gates, durée de blocage initiale : lisez ces clauses avant de signer.
- L'indicateur de risque. Un ELTIF comme CIC Private Debt Opportunités affiche un indicateur SRI de 3 sur 7 ; comparez cet indicateur d'un fonds à l'autre.
Investir en dette privée : à qui cela ne convient pas
Ce placement n'est pas universel. L'épargnant qui pourrait avoir besoin de son capital à court terme, celui qui n'a pas encore constitué d'épargne de précaution, ou celui qui ne tolère pas l'absence de valorisation quotidienne, doit s'en écarter. La dette privée ne remplace ni le fonds euros pour la sécurité, ni le livret pour la liquidité. Elle complète un patrimoine déjà structuré, elle ne le fonde pas.
FAQ : investir en dette privée
Ces réponses synthétisent les questions que les épargnants soulèvent le plus souvent avant d'investir en dette privée.
Avec combien peut-on investir en dette privée ?
Le ticket dépend du véhicule. Un FCPR logé en assurance vie ou en PER s'ouvre dès 1 000 à 5 000 euros selon les contrats, d'après Sapians (2026). Un FPCI en direct exige souvent 100 000 euros, réservé aux investisseurs avertis. Les ELTIF 2.0 semi-liquides abaissent ce seuil pour le grand public depuis janvier 2024, sous le régime du règlement UE 2023/606.
Quel rendement net attendre de la dette privée ?
Le rendement net historique se situe entre 5 et 8 % par an selon Laplace (2026) : environ 4 à 6 % sur la dette senior, jusqu'à 12 % sur la mezzanine. Les fonds evergreen visent 6 à 9 % en stratégie équilibrée, d'après Scala Patrimoine (2026). Aucune performance n'est garantie et le capital investi en unités de compte reste exposé à un risque de perte.
La dette privée est-elle plus sûre que le private equity ?
La dette privée occupe un rang de créancier : elle est remboursée avant les actionnaires en cas de difficulté, ce qui limite la volatilité. Le taux de défaut européen s'établissait à 1,25 % en 2025 contre 0,4 % en 2024, selon Scala Patrimoine. Le risque de perte existe néanmoins si l'entreprise emprunteuse fait défaut sans garantie suffisante.
Peut-on récupérer son argent à tout moment ?
Non. Un fonds fermé (FCPR, FPCI) bloque le capital 5 à 10 ans. Un fonds evergreen ou un ELTIF 2.0 offre des fenêtres de rachat trimestrielles ou semestrielles, mais l'assureur peut appliquer des limites (gates) et des périodes de blocage de 1 à 5 ans, selon Scala Patrimoine (2026). L'illiquidité est la contrepartie du rendement.
Quelle fiscalité s'applique à la dette privée ?
En direct, un FCPR peut ouvrir droit à une exonération d'impôt sur le revenu des plus-values sous conditions de conservation des parts pendant au moins 5 ans, les prélèvements sociaux de 17,2 % restant dus. Logée en assurance vie, la dette privée suit la fiscalité de l'enveloppe : abattement annuel de 4 600 euros (9 200 euros pour un couple) après 8 ans.
Pourquoi la dette privée s'ouvre-t-elle aux particuliers maintenant ?
La loi Industrie Verte (n°2023-973) impose une part de non coté dans la gestion pilotée par défaut de l'assurance vie et du PER d'ici le 31 décembre 2026. En parallèle, le régime ELTIF 2.0 et les fonds evergreen ont fait bondir les encours accessibles de 73 % en neuf mois, à 93,4 milliards d'euros, selon Scala Patrimoine (2026).
Comment France Épargne vous accompagne sur la dette privée
France Épargne est un courtier indépendant, immatriculé à l'ORIAS sous le numéro 23001687, sans aucun lien capitalistique avec un assureur. Cette indépendance permet de comparer les fonds de dette privée et leurs enveloppes sans biais de distribution. Notre rôle est de reconstituer le rendement net réel avant d'investir en dette privée et de vérifier l'adéquation du placement à votre situation, pas de pousser un produit maison.
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Conclusion
La dette privée n'est plus l'apanage des institutionnels. Portée par la loi Industrie Verte, par le régime ELTIF 2.0 et par des fonds evergreen accessibles dès quelques milliers d'euros, elle s'installe durablement dans l'épargne des Français, avec 3,1 milliards d'euros apportés par les particuliers en 2025 selon France Invest. Pour l'épargnant averti et le dirigeant, elle comble l'espace entre le fonds euros et le private equity, à condition d'accepter l'illiquidité et de reconstituer le rendement net des frais. Investir en dette privée est une décision de diversification à long terme : bien calibrée, adossée à un fonds sélectionné avec méthode et logée dans la bonne enveloppe, elle renforce un patrimoine déjà structuré sans jamais remplacer son socle de sécurité.
À lire également :
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Sources :
- Activité des fonds de dette privée en France en 2025 : France Invest, 2026
- Dette privée en France : un rebond marqué en 2025 : Deloitte, 2026
- La dette privée evergreen : un nouveau modèle pour l'investissement non coté : Scala Patrimoine, 2026
- CIC Private Debt Opportunités, premier ELTIF 2.0 agréé en France : La Française, 2025
- Apollo Expands Wealth Platform with Three Evergreen ELTIFs : Apollo Global Management, 2025
- Loi n°2023-973 relative à l'industrie verte : Legifrance, 2023
- Assurance vie, PER : le non coté se renforce : LCL Banque Privée, 2025
- Guide complet pour investir en dette privée : Sapians, 2026
- Fonds de dette privée : rendements et risques : Laplace, 2026
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