
Prévoyance en France : baisse des IJSS à 1,4 SMIC, PSC fonction publique, obligation cadres 1,50 % T1, plafonds Madelin. Guide complet et chiffres à jour.
La prévoyance regroupe l'ensemble des garanties qui protègent le revenu et la famille en cas d'incapacité de travail, d'invalidité ou de décès. Depuis le 1er avril 2025, le plafond des indemnités journalières de la Sécurité sociale (IJSS) a été abaissé de 1,8 à 1,4 SMIC, réduisant l'IJ maladie maximale à 41,95 € par jour (source : Service-public.fr). Ce recul de l'indemnisation légale renforce le rôle de la prévoyance complémentaire pour maintenir le niveau de vie des salariés, des fonctionnaires et des travailleurs indépendants. La Loi de Financement de la Sécurité Sociale (LFSS) pour 2026 ajoute plusieurs mesures structurantes : plafonnement de la durée des prescriptions d'arrêts, contribution exceptionnelle des organismes complémentaires et gel tarifaire. Ce guide détaille chaque changement et ses conséquences pratiques pour paramétrer efficacement votre contrat de prévoyance.
À retenir :
- Le plafond IJSS maladie est passé à 1,4 SMIC au 1er avril 2025, portant l'IJ maximale à 41,95 €/jour (source : Service-public.fr)
- Le PASS 2026 s'établit à 48 060 € (+2 % par rapport à 2025), impactant tous les calculs de prévoyance (source : Urssaf)
- La fonction publique territoriale bénéficie d'une prévoyance obligatoire depuis janvier 2025 (7 €/mois par l'employeur)
- L'obligation cadres 1,50 % Tranche 1 reste le socle à optimiser après la baisse des IJSS
- Les plafonds Madelin prévoyance/santé atteignent 11 534,40 € en 2026 (3 % × 8 PASS)
Le décret du 20 février 2025 a modifié le calcul des IJSS maladie en abaissant le plafond de salaire pris en compte de 1,8 SMIC à 1,4 SMIC. Cette mesure, inscrite dans le cadre du PLFSS 2025, vise à réduire les dépenses d'assurance maladie tout en incitant les entreprises à renforcer leur prévoyance complémentaire.
| Indicateur | Avant réforme (1,8 SMIC) | Après réforme (1,4 SMIC) |
|---|---|---|
| Salaire mensuel plafonné (base 2026) | ~3 243 € | 2 552 € |
| IJ maladie maximale par jour | ~53,31 € | 41,95 € |
| Perte mensuelle maximale sur 30 jours | Référence | 340 € de moins |
Pour un salarié rémunéré à 2 800 € brut mensuel, l'IJSS journalière plafonne désormais sur la base de 2 552 € au lieu de ses 2 800 € réels. L'écart entre le salaire net habituel et l'indemnisation de la Sécurité sociale se creuse, et seule la prévoyance complémentaire (garantie incapacité temporaire de travail, dite ITT) comble cette différence.
Pour les employeurs : l'obligation légale de maintien de salaire (articles L.1226-1 et D.1226-1 du Code du travail) implique un complément plus élevé lorsque les IJSS diminuent. Le contrat de prévoyance collectif doit être révisé pour ajuster les plafonds de garantie ITT et éviter un surcoût non anticipé (source : Harmonie Mutuelle, 2025).
Pour les salariés : il est essentiel de vérifier le « net cible » garanti par le contrat de prévoyance. Un objectif de maintien entre 75 % et 90 % du salaire net constitue la fourchette recommandée. En dessous de 75 %, le risque de fragilisation financière en cas d'arrêt prolongé devient significatif.
À retenir : la baisse du plafond IJSS concerne tous les arrêts maladie débutant à compter du 1er avril 2025. Les arrêts en cours avant cette date conservent l'ancien plafond de 1,8 SMIC (source : Éditions Tissot, mars 2025).
La loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 (LFSS pour 2026), validée par le Conseil constitutionnel, introduit plusieurs dispositions directement liées à la prévoyance (source : KLESIA, janvier 2026).
L'article 81 de la LFSS 2026 encadre la durée des prescriptions médicales d'arrêts de travail :
| Type de prescription | Durée maximale |
|---|---|
| Primo-prescription | 1 mois |
| Renouvellement | 2 mois |
Le médecin conserve la possibilité de justifier une durée plus longue au regard de la situation clinique du patient et des recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS). Cette mesure vise à réduire les arrêts de longue durée : le taux d'absentéisme a atteint 4,41 % en 2024, avec une durée moyenne de 19,85 jours par arrêt (source : Observatoire APICIL, 2025).
La même loi fixe une durée maximale d'indemnisation en IJ pour les AT-MP, avec un minimum de 3 ans (le décret d'application précisera la durée exacte). À l'issue de cette période, la CPAM organise la transition vers la pension d'invalidité après consolidation confirmée.
L'article 13 de la LFSS 2026 impose aux organismes complémentaires d'assurance maladie (mutuelles, institutions de prévoyance, assureurs) une contribution exceptionnelle de 2,05 % pour 2026, assortie d'une interdiction d'augmenter les tarifs par rapport à ceux pratiqués en 2025 (source : KLESIA, janvier 2026). Cette mesure protège temporairement les assurés contre les hausses de cotisations, mais interroge l'équilibre financier des organismes complémentaires à moyen terme.
Le Conseil constitutionnel a censuré le 30 décembre 2025 l'article 83 du PLFSS, qui visait à subordonner le versement des IJ à l'incapacité d'exercer toute activité professionnelle (et non seulement l'activité habituelle). L'appréciation de l'incapacité reste donc liée au poste occupé par l'assuré.
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Faire ma simulationLa réforme de la Protection Sociale Complémentaire (PSC) de la fonction publique, issue de la loi de transformation de la fonction publique de 2019 et du décret n° 2022-581, se poursuit avec un calendrier précis (source : Legifrance, décret n° 2025-466 du 27 mai 2025).
| Échéance | Obligation | Participation employeur minimum |
|---|---|---|
| 1er janvier 2025 | Prévoyance obligatoire (FPT) | 7 €/mois/agent (20 % de 35 €) |
| 1er janvier 2026 | Complémentaire santé obligatoire (FPT) | 15 €/mois/agent (50 % de 30 €) |
| 1er mai 2026 | PSC santé + prévoyance (Éducation nationale / FPE) | 50 % de la cotisation par l'État |
Pour les agents de la fonction publique territoriale, la prévoyance avec participation de l'employeur est une avancée majeure. Jusqu'en 2024, la souscription d'un contrat de prévoyance restait individuelle et entièrement à la charge de l'agent. Le décret n° 2025-466 du 27 mai 2025 (Legifrance) instaure l'adhésion obligatoire au contrat collectif dans la fonction publique d'État.
Actions recommandées pour les agents : vérifier la date d'ouverture de votre contrat collectif, examiner les niveaux de garanties proposés (incapacité, invalidité, décès), et évaluer si un complément individuel est nécessaire pour rehausser le capital décès ou ajouter une rente d'éducation.
L'obligation historique de prévoyance pour les cadres, issue de la Convention Collective Nationale du 14 mars 1947, impose une cotisation minimale de 1,50 % de la Tranche 1 (de 0 à 1 PMSS, soit 4 005 €/mois en 2026), intégralement à la charge de l'employeur (source : AG2R La Mondiale).
| Affectation | Part minimale | Ce qu'elle couvre |
|---|---|---|
| Décès | 0,76 % T1 (obligatoire) | Capital décès, rente de conjoint, rente d'éducation |
| Incapacité/invalidité | Solde (0,74 % T1) | ITT, invalidité permanente, complément IJSS |
En 2026, la sanction en cas de défaut de cette obligation est lourde : l'employeur doit verser aux ayants droit un capital décès égal à 3 × PASS, soit 144 180 € (source : APICIL).
La baisse du plafond IJSS à 1,4 SMIC impose une révision de la coordination entre les différentes strates d'indemnisation. Un cadre gagnant 5 000 € brut/mois doit s'assurer que la somme IJSS + maintien employeur + ITT prévoyance atteint bien son net cible (75 % à 90 %). Les paramètres à vérifier :
À retenir : les non cadres ne sont pas soumis à une obligation générale de prévoyance (sauf accords de branche ou conventions collectives). En pratique, de nombreuses entreprises proposent un régime collectif. La baisse des IJSS rend sa révision prioritaire (source : APICIL).
Les travailleurs non salariés (TNS) bénéficient de la déductibilité fiscale de leurs cotisations de prévoyance et santé dans le cadre de la loi Madelin. Les plafonds pour 2026, calculés sur le PASS de 48 060 €, sont les suivants (source : APICIL, calcul du disponible fiscal Madelin 2026).
Plafond = MIN [ (Revenu professionnel × 3,75 %) + (PASS × 7 %) ; 3 % × 8 × PASS ]
| Composante | Calcul | Montant |
|---|---|---|
| 7 % du PASS | 48 060 × 7 % | 3 364,20 € |
| Plafond maximum | 3 % × 8 × 48 060 | 11 534,40 € |
| Revenu professionnel | Déduction maximale santé + prévoyance |
|---|---|
| 30 000 € | 4 489 € |
| 50 000 € | 5 239 € |
| 60 000 € | 5 614 € |
| 80 000 € | 6 364 € |
| 100 000 € | 7 114 € |
| 218 000 € et plus | 11 534 € (plafond atteint) |
Actions recommandées pour les TNS : estimer le revenu cible à maintenir en cas d'arrêt (75 % à 90 % du net), positionner la franchise en cohérence avec la trésorerie disponible (60 à 90 jours recommandés), et calibrer les garanties invalidité et décès en fonction de la situation familiale. L'enveloppe de déduction représente un levier fiscal significatif : pour un TNS à la tranche marginale d'imposition de 30 %, la déduction de 5 614 € génère une économie d'impôt de 1 684 € par an.
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Lancer le simulateurLa pension d'invalidité de la Sécurité sociale est versée aux assurés dont la capacité de travail est réduite d'au moins deux tiers. Les montants varient selon la catégorie attribuée par le médecin conseil de la CPAM (source : ameli.fr).
| Catégorie | Situation | Calcul | Montant mensuel |
|---|---|---|---|
| Catégorie 1 | Capacité de travail réduite des 2/3, activité possible | 30 % du salaire annuel moyen (10 meilleures années) | 338 à 1 202 € |
| Catégorie 2 | Incapacité totale d'exercer une profession | 50 % du salaire annuel moyen | 338 à 2 003 € |
| Catégorie 3 | Incapacité totale + besoin d'assistance | 50 % du SAM + majoration tierce personne | 1 638 à 3 291 € |
Le plafond de la catégorie 2 se calcule ainsi : 50 % × (PASS / 12) = 50 % × 4 005 = 2 002,50 €/mois. Pour un cadre supérieur dont le salaire dépasse 4 005 €/mois, la pension d'invalidité ne couvre qu'une fraction du revenu. La prévoyance complémentaire en invalidité permanente (IPT/IPP) comble cette différence.
Une révision structurée de votre contrat de prévoyance permet de garantir une protection adaptée à votre situation. Voici les étapes recommandées par les experts de France Épargne.
Le marché français de la prévoyance connaît une croissance soutenue, portée par la prise de conscience des ménages et les obligations réglementaires croissantes (source : France Assureurs, 2025).
| Indicateur | Valeur 2024 | Évolution |
|---|---|---|
| Cotisations (entreprises d'assurance) | 29,2 milliards € | +4,7 % |
| Marché global (tous acteurs) | ~39,6 milliards € | +3,9 % |
| Prestations versées | 16,6 milliards € | +14,5 % |
| Ratio sinistres/cotisations | 56,9 % | +4,9 points |
La hausse des prestations (+14,5 %) très supérieure à celle des cotisations (+4,7 %) signale une dégradation de l'équilibre technique du secteur. Les arrêts de longue durée (supérieurs à 90 jours), en augmentation constante, constituent le principal facteur de cette évolution. Les pathologies psychologiques (burnout, dépression) représentent la première cause d'arrêts longs selon le baromètre Malakoff Humanis 2025.
Nos experts évaluent vos garanties actuelles et identifient les écarts de couverture à combler.
Être rappelé sous 6hLes salariés dont la rémunération brute se situe entre 1,4 et 1,8 SMIC (soit entre 2 552 € et 3 283 € brut/mois en 2026) subissent une perte directe d'indemnisation. Ceux au-delà de 1,8 SMIC voient l'écart entre leur salaire réel et les IJSS se creuser encore davantage. Dans les deux cas, la prévoyance complémentaire devient indispensable pour maintenir le niveau de vie.
Oui. Depuis le 1er janvier 2025, la fonction publique territoriale bénéficie d'un contrat collectif de prévoyance avec participation de l'employeur (7 €/mois minimum). La complémentaire santé obligatoire suit au 1er janvier 2026 (15 €/mois). La fonction publique d'État (Éducation nationale notamment) rejoint le dispositif au 1er mai 2026 avec une prise en charge de 50 % par l'État (source : décret n° 2025-466, Legifrance).
Non, cette obligation demeure inchangée. Le taux de 1,50 % de la Tranche 1, intégralement à la charge de l'employeur, reste le socle de prévoyance des cadres. L'enjeu principal en 2026 consiste à recalibrer les garanties (ITT, invalidité) pour compenser la baisse des IJSS et atteindre le net cible souhaité.
Oui, dans les plafonds actualisés avec le PASS 2026 de 48 060 €. La borne haute de déduction santé + prévoyance atteint 11 534,40 € (3 % × 8 PASS). Pour un TNS avec un revenu professionnel de 60 000 €, la déduction maximale est de 5 614 € (source : APICIL, disponible fiscal Madelin 2026).
L'article 13 de la LFSS 2026 impose un gel des tarifs des organismes complémentaires d'assurance maladie pour l'année 2026, assortie d'une contribution exceptionnelle de 2,05 %. Les cotisations de prévoyance ne peuvent donc pas dépasser les niveaux de 2025 pour les contrats collectifs ou individuels souscrits auprès des OCAM.
L'assurance vie combine protection, épargne et investissement avec la possibilité de rachat à tout moment. La prévoyance se concentre exclusivement sur la protection du revenu en cas d'incapacité, d'invalidité ou de décès. Les deux sont complémentaires dans une stratégie patrimoniale globale.
La portabilité des droits (article L.911-8 du Code de la Sécurité sociale) permet aux salariés licenciés de conserver leurs garanties de prévoyance pendant une durée égale à leur ancienneté dans l'entreprise, dans la limite de 12 mois. Un arrêt de la Cour de cassation du 22 janvier 2026 a confirmé l'obligation pour les assureurs de rétablir la portabilité même en cas de liquidation de l'entreprise.
France Épargne met à votre disposition une expertise complète en prévoyance pour sécuriser votre revenu et celui de votre famille. Nos conseillers patrimoniaux analysent votre situation personnelle (statut, revenus, charges, famille) pour calibrer précisément les garanties nécessaires : incapacité temporaire, invalidité permanente, capital décès et rente d'éducation.
Que vous soyez salarié, cadre, fonctionnaire ou indépendant, nous auditons votre couverture existante et identifions les écarts entre votre indemnisation légale et votre besoin réel de maintien de revenu. Nos simulateurs vous permettent de visualiser l'impact concret d'un arrêt de travail ou d'une invalidité sur votre budget.
La baisse du plafond IJSS à 1,4 SMIC constitue le changement le plus structurant pour la prévoyance depuis plusieurs années. Pour les salariés du privé, elle impose une révision du contrat collectif afin de maintenir le net cible. Pour les fonctionnaires, le déploiement progressif de la PSC apporte une couverture inédite mais potentiellement insuffisante sans complément individuel. Pour les TNS, l'enveloppe Madelin actualisée au PASS de 48 060 € offre un levier fiscal à exploiter pleinement. Dans tous les cas, un contrat de prévoyance bien paramétré (franchises, définitions, indexation, capital décès) constitue la meilleure protection contre l'imprévu financier.
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Sources :
Indemnités journalières, invalidité, décès : simulez vos droits et identifiez les écarts de protection à combler.