Assurance emprunteur

Droit à l'Oubli Cancer en Assurance Emprunteur : Ne Plus Déclarer Votre Maladie Passée

Droit à l'oubli cancer en assurance emprunteur : 5 ans après la fin du traitement, ne déclarez plus votre maladie passée. Conditions et démarches détaillées.

17 février 202619 min de lectureMis à jour le 29 mai 2026

Le droit à l'oubli en assurance emprunteur est le droit, pour un ancien malade du cancer ou de l'hépatite virale C, de ne plus déclarer cette pathologie dans le questionnaire de santé une fois un certain délai écoulé après la guérison. Concrètement, si la fin de votre protocole thérapeutique remonte à plus de 5 ans et que vous n'avez subi aucune rechute, vous souscrivez votre assurance de prêt comme si vous n'aviez jamais été malade. Vous répondez « non » à la question « Avez-vous eu un cancer ? » sans commettre de fausse déclaration. Ce délai unique de 5 ans découle de la loi Lemoine du 28 février 2022, qui l'a abaissé depuis les 10 ans fixés par la loi de santé de 2016 (article L1141-5 du Code de la santé publique).

Cette protection met fin à la discrimination que subissaient les anciens malades, longtemps condamnés à des refus d'assurance ou à des surprimes prohibitives alors que leur risque de santé était redevenu comparable à celui de la population générale. Selon l'Institut National du Cancer (INCa), 433 136 nouveaux cas de cancer ont été diagnostiqués en France métropolitaine en 2023, et près de 3,8 millions de personnes vivent aujourd'hui avec un antécédent de cancer (Panorama des cancers, INCa, 2024). Le droit à l'oubli ouvre à des centaines de milliers d'entre elles l'accès au crédit immobilier sans que leur passé médical ne soit un obstacle.

À retenir :

  • Le droit à l'oubli s'applique 5 ans après la fin du protocole thérapeutique, sans rechute, pour tous les cancers et pour l'hépatite virale C (loi Lemoine du 28 février 2022).
  • Trois conditions cumulatives : fin du traitement depuis plus de 5 ans, absence de rechute, et échéance du prêt avant le 71e anniversaire de l'emprunteur.
  • L'assureur ne peut légalement pas exiger la déclaration d'un cancer couvert par le droit à l'oubli (article L1141-5 du Code de la santé publique).
  • 433 136 nouveaux cancers diagnostiqués en France en 2023 et 3,8 millions de personnes avec un antécédent (INCa, Panorama 2024).
  • En cas de refus injustifié, la saisine de La Médiation de l'Assurance est gratuite et tranche dans la majorité des cas en faveur de l'assuré.

Qu'est-ce que le Droit à l'Oubli : Principe et Fondements Juridiques

Le droit à l'oubli permet à un ancien malade de certaines pathologies graves de ne plus les déclarer lors de la souscription d'une assurance, passé un délai légal après la guérison. Il repose sur un constat statistique : au bout de 5 ans sans rechute, le risque de décès ou d'invalidité de l'ancien malade redevient équivalent à celui de la population générale, ce qui ne justifie plus aucune surprime ni exclusion de garantie.

Définition et objectif du dispositif

L'objectif est de supprimer la discrimination subie par des personnes guéries. Un exemple chiffré illustre l'enjeu.

Avant le droit à l'oubli. Une personne ayant eu un cancer du sein à 35 ans, guérie depuis 10 ans, devait encore déclarer ce cancer en souscrivant une assurance emprunteur à 45 ans. L'assureur appliquait fréquemment une surprime de 100 % à 200 %, voire refusait la couverture, alors que le risque médical était redevenu identique à celui d'une personne jamais malade.

Avec le droit à l'oubli. Cette même personne souscrit aujourd'hui sans déclarer son cancer passé. Elle obtient le tarif standard, sans surprime ni exclusion. Son antécédent est juridiquement « oublié ».

Base juridique : l'article L1141-5

Le droit à l'oubli a été introduit par la loi de modernisation du système de santé du 26 janvier 2016 (dite « loi de santé »). Il est codifié à l'article L1141-5 du Code de la santé publique, qui interdit à l'assureur de recueillir une information médicale sur un ancien cancer dès lors que le délai de référence est écoulé et que l'échéance du prêt intervient avant un âge déterminé.

En pratique, l'assureur n'a pas le droit de vous demander de déclarer un ancien cancer couvert par le droit à l'oubli. Même si la question figure dans le questionnaire, vous répondez légalement « non ». Ce dispositif s'inscrit dans le cadre de la convention AERAS (s'Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé), accord signé entre les pouvoirs publics, les fédérations professionnelles de l'assurance et de la banque, et les associations de malades.

L'évolution du délai : de 10 ans à 5 ans

Le délai a été réduit par étapes pour élargir le nombre de bénéficiaires, comme le récapitule le tableau suivant.

Année Évolution du droit à l'oubli Délai applicable
2016 Création par la loi de santé 10 ans (5 ans pour les cancers diagnostiqués avant 18 ans)
2019 Révision de la convention AERAS 5 ans pour certains cancers ciblés (sein, prostate, testicule, etc.)
2022 Loi Lemoine du 28 février 5 ans pour tous les cancers et l'hépatite virale C
2026 Maintien du délai unique 5 ans, sans distinction de pathologie

La loi Lemoine (loi n° 2022-270 du 28 février 2022 portant sur l'accès plus juste à l'assurance emprunteur) a généralisé le délai de 5 ans à l'ensemble des cancers et a inclus l'hépatite virale C dans le même régime. Entrée en vigueur le 1er juin 2022, elle a également supprimé le questionnaire de santé pour une partie des emprunts (voir plus bas). En 2026, le délai reste fixé à 5 ans. Plusieurs associations de patients plaident pour son extension à d'autres pathologies chroniques, mais aucune évolution législative n'est intervenue à ce jour (mai 2026).

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Les Trois Conditions pour Bénéficier du Droit à l'Oubli

Le droit à l'oubli ne joue pas automatiquement. Trois conditions cumulatives doivent être réunies au jour de la demande d'assurance.

Condition 1 : fin du protocole thérapeutique depuis plus de 5 ans

Le point de départ du délai est la date de fin du protocole thérapeutique, et non la date du diagnostic.

Le protocole thérapeutique regroupe l'ensemble des traitements actifs du cancer : chirurgie d'exérèse de la tumeur, chimiothérapie, radiothérapie, hormonothérapie, immunothérapie et thérapies ciblées. La date retenue est celle de la dernière administration d'un traitement actif.

Les traitements de surveillance ne comptent pas dans ce protocole. Les examens de contrôle (scanner, IRM, mammographie, prises de sang), les consultations de suivi oncologique et les traitements purement préventifs n'entrent pas dans le calcul du délai de 5 ans, à une nuance près détaillée ci-dessous.

Exemple 1. Vous avez été diagnostiquée d'un cancer du sein en janvier 2018, opérée en février, traitée par chimiothérapie de mars à septembre, puis par radiothérapie en octobre 2018. Le dernier traitement actif (la radiothérapie) s'achève en octobre 2018 : le délai démarre alors. Vous bénéficiez du droit à l'oubli à partir d'octobre 2023.

Exemple 2. Même situation, mais une hormonothérapie par tamoxifène vous est prescrite de novembre 2018 à novembre 2023. L'hormonothérapie étant un traitement actif, le délai démarre à la fin de cette prise, soit novembre 2023. Le droit à l'oubli s'ouvre alors en novembre 2028.

En cas de doute sur la date de fin de protocole, votre oncologue peut vous délivrer une attestation précisant ce point.

Condition 2 : absence de rechute

Aucune rechute, récidive locale ou métastase à distance ne doit avoir été constatée depuis la fin du protocole. Si une rechute survient, le délai de 5 ans repart de zéro à compter de la fin du nouveau protocole mis en œuvre pour la traiter.

Exemple. Vous avez eu un cancer du côlon en 2017, traité par chirurgie et chimiothérapie jusqu'en décembre 2017. En 2021, une métastase hépatique est détectée et traitée par chirurgie et chimiothérapie jusqu'en juin 2021. Le délai repart de juin 2021 : le droit à l'oubli s'ouvre en juin 2026, et non en décembre 2022.

Les examens de surveillance servent précisément à détecter une éventuelle rechute. Poursuivre votre suivi oncologique régulier reste donc essentiel, à la fois pour votre santé et pour sécuriser votre éligibilité.

Condition 3 : échéance du prêt avant le 71e anniversaire

Le droit à l'oubli ne s'applique que si la date de fin de remboursement du prêt intervient avant votre 71e anniversaire. C'est l'âge atteint à la dernière mensualité qui compte, pas l'âge à la souscription.

Exemple 1. Vous avez 50 ans et empruntez sur 20 ans : l'échéance tombe à vos 70 ans. Vous bénéficiez du droit à l'oubli (si les autres conditions sont remplies).

Exemple 2. Vous avez 52 ans et empruntez sur 20 ans : l'échéance tombe à vos 72 ans. Vous ne bénéficiez pas du droit à l'oubli et devez déclarer votre ancien cancer.

Au-delà de 71 ans, les risques de santé liés à l'âge augmentent fortement, indépendamment de tout antécédent. Le législateur a donc estimé qu'à cet âge l'évaluation médicale redevenait pertinente.

Tous les types de cancers sont concernés

Depuis la loi Lemoine, le droit à l'oubli s'applique à tous les cancers, sans distinction de localisation, de stade ou de pronostic initial.

  • Cancers solides : sein, poumon, côlon-rectum, prostate, rein, mélanome, pancréas, estomac, œsophage, foie, etc.
  • Hémopathies malignes : leucémies, lymphomes (hodgkiniens et non hodgkiniens), myélomes.
  • Cancers pédiatriques : diagnostiqués avant 18 ans, ils relèvent désormais du même délai de 5 ans que les cancers de l'adulte.
  • Cancers de mauvais pronostic : même un cancer réputé agressif (pancréas, glioblastome) ouvre le droit à l'oubli après 5 ans sans rechute. Le pronostic initial n'entre pas en compte ; seul compte le délai écoulé sans rechute.

Droit à l'Oubli et Hépatite C : Le Même Délai de 5 Ans

Une erreur fréquente consiste à attribuer à l'hépatite virale C un délai de droit à l'oubli plus court que le cancer. Cette confusion mérite d'être levée.

Depuis la loi Lemoine, l'hépatite virale C guérie relève du droit à l'oubli au même délai de 5 ans que le cancer, et aux mêmes conditions (absence de rechute, échéance avant 71 ans). Une fois ce délai écoulé, vous n'avez pas à déclarer cet antécédent et bénéficiez d'une assurance sans surprime ni exclusion liée à cette pathologie.

Le délai raccourci souvent cité (24 semaines, soit environ 6 mois, contre 48 auparavant) ne relève pas du droit à l'oubli mais de la grille de référence AERAS, un mécanisme distinct. Cette grille fixe, pour des pathologies listées qui ne bénéficient pas encore du droit à l'oubli, des conditions d'assurance aux tarifs plafonnés et des délais d'accès propres à chaque maladie. Pour l'hépatite C, la grille AERAS a effectivement réduit le délai d'accès à l'assurance de 48 à 24 semaines, mais il s'agit là d'un accès facilité avec déclaration, et non d'une dispense de déclaration comme le permet le droit à l'oubli au bout de 5 ans.

À retenir : ne confondez pas le droit à l'oubli (dispense totale de déclaration après 5 ans) et la grille de référence AERAS (accès à l'assurance avec déclaration, à des conditions encadrées). Pour l'hépatite C comme pour le cancer, la dispense de déclaration intervient à 5 ans.

Une cirrhose ou toute autre complication hépatique grave reste en revanche un facteur de risque indépendant : elle doit être déclarée même après guérison de l'hépatite C, car elle n'est pas couverte par le droit à l'oubli.

Comment Exercer Concrètement Votre Droit à l'Oubli

Si vous remplissez les trois conditions, voici la marche à suivre lors de votre demande d'assurance emprunteur.

Étape 1 : vérifier votre éligibilité

Avant de remplir le questionnaire de santé, contrôlez les trois conditions.

  • Calculez le délai. Identifiez la date de fin de votre protocole (dernière séance de chimiothérapie, de radiothérapie ou dernière prise d'hormonothérapie active) et ajoutez 5 ans. Si cette date est dépassée au jour de la demande, le délai est rempli.
  • Vérifiez l'absence de rechute. Votre dernier compte rendu oncologique doit mentionner une « rémission complète » ou l'absence de signe de récidive.
  • Calculez l'âge à l'échéance. Ajoutez la durée du prêt à votre âge actuel : le résultat doit être inférieur à 71 ans.

En cas de doute, sollicitez auprès de votre oncologue une attestation précisant la date de fin de protocole et confirmant l'absence de rechute.

Étape 2 : remplir le questionnaire de santé

Lorsque le questionnaire pose la question « Avez-vous eu ou avez-vous un cancer ? », vous répondez « non », même pour un cancer guéri depuis plus de 5 ans. Vous n'avez à fournir aucune explication ni à mentionner l'existence d'un ancien cancer.

Si l'assureur vous adresse un questionnaire détaillé portant sur une période supérieure à 5 ans (par exemple « Avez-vous eu un cancer au cours des 10 dernières années ? »), deux options s'offrent à vous :

  1. Répondre « non », le droit à l'oubli vous dispensant de déclarer.
  2. Mentionner l'antécédent en précisant que vous bénéficiez du droit à l'oubli AERAS et que cette information ne peut être retenue par l'assureur.

L'option 2 est plus transparente et limite les malentendus, mais l'option 1 reste parfaitement légale.

Étape 3 : aucun document médical à fournir

Vous n'avez aucun justificatif à transmettre pour prouver votre éligibilité au droit à l'oubli : ni attestation de guérison, ni compte rendu médical. Le dispositif protège votre vie privée et l'assureur ne peut exiger la preuve que vous n'avez jamais eu de cancer.

Dans le cas rare où un questionnaire détaillé réclame des documents médicaux récents, un certificat de votre médecin traitant attestant de votre bon état de santé général actuel suffit, sans mention de l'ancien cancer.

Étape 4 : conserver vos documents personnels

Même si vous ne les transmettez pas, conservez vos preuves d'éligibilité pendant toute la durée du prêt : attestation de fin de protocole délivrée par l'oncologue, dernier compte rendu mentionnant la rémission complète, et tout document établissant la date de fin de traitement et l'absence de rechute. En cas de litige lors d'un sinistre, ils établiront que vous bénéficiiez légitimement du droit à l'oubli.

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Cas Pratique : Sécuriser un Achat Immobilier Après un Cancer

Prenons une situation concrète pour relier les conditions au calcul du coût.

Le profil. Claire, 48 ans, traitée pour un cancer du sein dont la radiothérapie s'est achevée en mars 2020, sans rechute depuis. Elle souhaite emprunter 250 000 € sur 20 ans pour acheter sa résidence principale, avec une demande d'assurance en septembre 2026.

L'analyse des conditions. La fin de protocole (mars 2020) remonte à plus de 5 ans au jour de la demande : condition remplie. Aucune rechute : condition remplie. Échéance du prêt à ses 68 ans, donc avant 71 ans : condition remplie. Claire bénéficie du droit à l'oubli sur les trois critères.

L'impact financier. Sans le droit à l'oubli, un ancien cancer du sein entraînait couramment une surprime de 100 % à 200 % sur le tarif de l'assurance. Pour un coût d'assurance standard de l'ordre de 0,34 % du capital par an (soit environ 850 € par an pour 250 000 € assurés à 100 %), une surprime de 150 % aurait porté la cotisation annuelle à environ 2 125 €, soit un surcoût d'environ 25 500 € sur 20 ans. Grâce au droit à l'oubli, Claire souscrit au tarif standard et économise cette surprime intégralement. Les pourcentages de surprime varient selon les contrats ; cet exemple illustre l'ordre de grandeur de l'enjeu, pas un tarif garanti.

Le simulateur d'assurance emprunteur de France Épargne permet d'estimer cette cotisation standard selon votre âge, le capital et la durée, afin de comparer plusieurs offres avant souscription.

Protection Juridique : Si l'Assureur Conteste Votre Droit à l'Oubli

Le droit à l'oubli est protégé par la loi. Plusieurs recours existent si un assureur tente de le contester.

En cas de refus injustifié

Si l'assureur refuse votre assurance après avoir eu connaissance de votre ancien cancer alors que vous remplissez les conditions, ce refus est illégal.

  • Rappel à la loi. Adressez à l'assureur un courrier recommandé rappelant le bénéfice du droit à l'oubli au titre de l'article L1141-5 du Code de la santé publique. Précisez la date de fin de protocole, le délai de 5 ans écoulé et l'absence de rechute, puis demandez le réexamen de votre dossier.
  • Saisine du médiateur. Si le refus persiste, saisissez gratuitement La Médiation de l'Assurance via le formulaire en ligne sur mediation-assurance.org. Le médiateur rend un avis, généralement sous 90 jours, et tranche dans la grande majorité des cas en faveur de l'assuré bénéficiant du droit à l'oubli.
  • Recours judiciaire. En dernier ressort, le tribunal judiciaire peut être saisi pour faire reconnaître votre droit. Les juges appliquent strictement la loi en faveur des assurés éligibles.

En cas de sinistre : pas de fausse déclaration

Si un sinistre survient (décès, invalidité) et que l'assureur découvre l'ancien cancer lors de l'instruction, il ne peut invoquer une fausse déclaration pour refuser la prise en charge. La loi vous dispensait de déclarer cet antécédent : l'absence de déclaration n'est donc pas une fausse déclaration au sens de l'article L113-8 du Code des assurances.

Pour faire valoir ce droit, vous devrez prouver que les conditions étaient réunies à la souscription : fin de protocole datée de plus de 5 ans avant la demande, absence de rechute et échéance avant 71 ans. D'où l'importance de conserver vos documents médicaux personnels.

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FAQ : Droit à l'Oubli en Assurance Emprunteur

Quel est le délai du droit à l'oubli après un cancer ?

Le délai est de 5 ans à compter de la fin du protocole thérapeutique, sans rechute, pour tous les types de cancers. Ce délai unique résulte de la loi Lemoine du 28 février 2022, qui l'a abaissé depuis les 10 ans fixés en 2016. Au terme de ces 5 ans, vous n'avez plus à déclarer votre ancien cancer dans le questionnaire de santé.

Le droit à l'oubli s'applique-t-il aussi à l'hépatite C ?

Oui. Depuis la loi Lemoine, l'hépatite virale C guérie relève du droit à l'oubli au même délai de 5 ans que le cancer. Le délai plus court de 24 semaines parfois évoqué concerne la grille de référence AERAS, un mécanisme distinct d'accès facilité avec déclaration, et non la dispense totale de déclaration du droit à l'oubli.

Quelle est la date de départ du délai de 5 ans ?

Le délai démarre à la date de fin du protocole thérapeutique, c'est-à-dire la dernière administration d'un traitement actif (chirurgie, chimiothérapie, radiothérapie, hormonothérapie, immunothérapie ou thérapie ciblée). Les examens de surveillance et les consultations de suivi ne décalent pas ce point de départ, contrairement à une hormonothérapie active.

Que se passe-t-il en cas de rechute ?

Une rechute fait repartir le délai de 5 ans à zéro, à compter de la fin du nouveau protocole mis en œuvre pour la traiter. Vous perdez le bénéfice du droit à l'oubli acquis sur le cancer initial et devez attendre 5 ans après la fin du traitement de la rechute, sans nouvelle récidive.

Dois-je fournir des documents médicaux à l'assureur ?

Non. Le droit à l'oubli vous dispense de toute justification : aucune attestation de guérison ni compte rendu médical n'est exigé. Conservez néanmoins vos documents personnels (attestation de fin de protocole, compte rendu mentionnant la rémission) pendant toute la durée du prêt, pour vous protéger en cas de litige lors d'un sinistre.

Le droit à l'oubli fonctionne-t-il si mon prêt se termine après 71 ans ?

Non. L'une des trois conditions impose que l'échéance du prêt intervienne avant votre 71e anniversaire. C'est l'âge atteint à la dernière mensualité qui compte. Si l'échéance tombe après 71 ans, vous devez déclarer votre ancien cancer ; la convention AERAS peut alors faciliter l'accès à l'assurance.

Comment France Épargne Vous Accompagne

Exercer son droit à l'oubli soulève parfois des difficultés concrètes, notamment face à des interlocuteurs mal informés du dispositif. France Épargne sécurise chaque étape de la démarche.

Vérification de votre éligibilité

Nous analysons votre situation médicale (date de fin de protocole, absence de rechute, âge à l'échéance) pour confirmer le bénéfice du droit à l'oubli, et nous formalisons cette analyse par écrit. Chaque dossier est examiné au regard des trois conditions cumulatives de l'article L1141-5.

Accompagnement sur le questionnaire de santé

Nous vous guidons pour répondre correctement au questionnaire, sans risque de fausse déclaration au sens de l'article L113-8 du Code des assurances. La démarche est calibrée selon le montant emprunté, car la loi Lemoine supprime tout questionnaire pour les prêts dont la part assurée par personne n'excède pas 200 000 € (400 000 € pour un couple à parts égales) et dont le remboursement s'achève avant les 60 ans de l'emprunteur.

Défense de vos droits en cas de blocage

Si un assureur conteste votre droit ou refuse la couverture, nous intervenons pour rappeler la loi, puis vous assistons dans la saisine gratuite de La Médiation de l'Assurance, dont l'avis intervient en moyenne sous 90 jours.

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Conclusion

Le droit à l'oubli en assurance emprunteur met fin à la discrimination des anciens malades du cancer et de l'hépatite C. Toute personne guérie depuis plus de 5 ans, sans rechute et dont le prêt s'achève avant 71 ans, emprunte sans déclarer sa pathologie passée et obtient une assurance au tarif standard. Vérifiez les trois conditions, répondez « non » aux questions sur le cancer, conservez vos documents médicaux et faites valoir vos droits auprès de La Médiation de l'Assurance si un assureur les conteste. Un cancer passé ne doit plus freiner votre projet : le droit à l'oubli vous protège.


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