
Découvrez les risques d'une fausse déclaration dans le questionnaire santé d'assurance emprunteur, les conséquences juridiques et financières, et comment éviter ce piège.
La fausse déclaration dans le questionnaire de santé d'assurance emprunteur est l'un des pièges les plus graves et les plus méconnus du crédit immobilier. Chaque année, des centaines de familles se retrouvent confrontées à un refus de prise en charge par leur assurance suite au décès ou à l'invalidité d'un proche, non pas parce que le sinistre n'est pas couvert, mais parce qu'une omission ou une inexactitude dans le questionnaire médical initial a été détectée. Selon les données des associations de consommateurs, environ 15% des refus de prise en charge par les assureurs emprunteurs sont motivés par une réticence ou une fausse déclaration. Le drame est que dans la majorité des cas, l'oubli était involontaire : un traitement considéré comme banal non mentionné, une consultation de spécialiste oubliée, ou une hospitalisation ancienne passée sous silence.
Les conséquences d'une fausse déclaration sont dévastatrices. Selon l'article L113-8 du Code des assurances, l'assureur peut invoquer la nullité du contrat en cas de réticence ou de fausse déclaration intentionnelle, même si la pathologie dissimulée n'a aucun lien avec le sinistre survenu. Concrètement, si vous avez omis de déclarer un traitement pour l'hypertension et que vous décédez dans un accident de voiture, l'assureur peut théoriquement refuser de payer en arguant que vous avez fait une fausse déclaration, même si l'hypertension n'a joué aucun rôle dans votre décès. Votre famille se retrouve alors avec une dette de plusieurs centaines de milliers d'euros sans protection, alors qu'elle pensait être couverte.
Dans ce guide essentiel, vous découvrirez ce qu'est juridiquement une fausse déclaration, quelles en sont les conséquences légales et financières, comment les assureurs la détectent, et surtout comment l'éviter totalement grâce à une déclaration sincère et méthodique.
Le Code des assurances distingue deux types de déclarations inexactes : la réticence et la fausse déclaration intentionnelle. Comprendre cette distinction est essentiel car les conséquences juridiques diffèrent.
La réticence, définie à l'article L113-8 du Code des assurances, est une omission ou une déclaration inexacte de la part de l'assuré qui a pour effet de fausser l'appréciation du risque par l'assureur. L'élément clé est que la réticence peut être involontaire : vous avez oublié de mentionner une information sans intention de tromper l'assureur.
Exemples de réticence : Vous avez oublié de déclarer un traitement pour le cholestérol que vous prenez depuis 2 ans car vous le considérez comme un traitement banal. Vous avez omis de mentionner une consultation chez un cardiologue il y a 18 mois car elle n'a rien révélé d'anormal. Vous avez oublié un arrêt de travail de 6 semaines il y a 3 ans pour une opération bénigne car vous n'y pensiez plus.
Caractère intentionnel ou non : La réticence peut être involontaire, mais cela n'exonère pas de ses conséquences. L'assureur peut invoquer la nullité du contrat même si l'oubli était de bonne foi. Toutefois, en pratique, les tribunaux font une distinction : si la réticence était manifestement involontaire et que la pathologie omise n'a aucun lien avec le sinistre, l'assureur aura plus de difficultés à obtenir la nullité totale du contrat.
La fausse déclaration intentionnelle est une déclaration volontairement inexacte ou mensongère faite dans le but de tromper l'assureur et d'obtenir une assurance à des conditions plus avantageuses que celles auxquelles vous auriez normalement droit.
Exemples de fausse déclaration intentionnelle : Vous avez un diabète de type 2 et vous le dissim
ulez volontairement pour éviter une surprime. Vous avez été traité pour un cancer il y a 3 ans et vous répondez "non" à la question "Avez-vous eu un cancer ?". Vous fumez un paquet par jour et vous cochez la case "non fumeur" pour bénéficier d'un tarif plus bas.
Conséquences aggravées : La fausse déclaration intentionnelle est considérée comme une fraude. L'assureur peut invoquer la nullité du contrat sans avoir à prouver que la pathologie dissimulée a un lien avec le sinistre. De plus, l'assureur peut conserver les cotisations déjà payées à titre de dommages et intérêts, et vous pourriez théoriquement faire l'objet de poursuites pénales pour escroquerie, même si cela reste rare en pratique.
Qui doit prouver quoi : C'est à l'assureur de prouver qu'il y a eu réticence ou fausse déclaration. Il doit démontrer que vous n'avez pas répondu sincèrement et exactement aux questions posées, et que si vous aviez déclaré l'information omise, il n'aurait pas assuré le risque ou l'aurait assuré à des conditions différentes (tarif plus élevé, exclusions).
Comment l'assureur obtient les preuves : Lors de l'instruction d'un dossier de sinistre (décès, invalidité), l'assureur demande systématiquement le dossier médical complet de l'assuré décédé ou invalide. Il compare ensuite ce dossier médical avec le questionnaire de santé rempli lors de la souscription. Toute divergence (pathologie non déclarée, traitement omis, hospitalisation non mentionnée) peut être invoquée comme réticence ou fausse déclaration.
Accès aux données de Sécurité Sociale : Avec votre accord signé lors de la souscription, l'assureur peut accéder à vos données de remboursements de la Sécurité Sociale pour vérifier la cohérence de vos déclarations. Si vous avez déclaré ne prendre aucun traitement, mais que la Sécurité Sociale montre des remboursements mensuels pour un antihypertenseur depuis 3 ans, la fausse déclaration est avérée.
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Lancer la simulationLes conséquences d'une fausse déclaration détectée lors d'un sinistre sont dramatiques pour la famille de l'assuré.
La conséquence principale est la nullité rétroactive du contrat d'assurance. Le contrat est considéré comme n'ayant jamais existé. L'assureur refuse de prendre en charge le sinistre et ne rembourse pas le prêt à la banque.
Impact pour la famille : Si vous décédez ou êtes reconnu en invalidité totale, votre famille ou vous-même devez continuer à rembourser l'intégralité du prêt sans aucune aide de l'assurance. Sur un prêt de 300 000 € avec 200 000 € de capital restant dû au moment du sinistre, la famille se retrouve avec une dette de 200 000 € à rembourser. Si elle n'en a pas les moyens, elle devra vendre le bien, souvent à perte si le marché est défavorable, et se retrouver sans logement et potentiellement endettée.
Remboursement ou conservation des cotisations : En cas de réticence non intentionnelle, l'assureur doit normalement rembourser les cotisations déjà perçues (car le contrat est nul). En cas de fausse déclaration intentionnelle, l'assureur peut conserver les cotisations à titre de dommages et intérêts. Sur 10 ans de cotisations à 80 € par mois, cela représente 9 600 € conservés par l'assureur.
Dans certains cas, si la fausse déclaration ne porte que sur un aspect mineur du risque et n'a aucun lien avec le sinistre survenu, les tribunaux peuvent refuser la nullité totale et imposer à l'assureur une prise en charge partielle.
Exemple jurisprudentiel : Vous avez omis de déclarer un traitement pour une tendinite chronique du coude. Vous décédez dans un accident de voiture. Le tribunal estime que la tendinite n'a aucun lien avec le décès et refuse la nullité totale. L'assureur est condamné à prendre en charge le sinistre, éventuellement avec une réduction proportionnelle correspondant à la surprime que vous auriez dû payer si vous aviez déclaré la tendinite.
Difficulté : Ce type de décision favorable à l'assuré reste l'exception. La jurisprudence majoritaire valide la nullité du contrat dès lors qu'une réticence est caractérisée, même si le lien avec le sinistre est ténu. Ne comptez pas sur la clémence des tribunaux : la seule solution est de déclarer sincèrement.
Si vous empruntez à deux et que l'un des co-emprunteurs a fait une fausse déclaration dans son questionnaire, seul son contrat est frappé de nullité. Le contrat du co-emprunteur sincère reste valable.
Conséquence : Si vous empruntez à deux avec une quotité 50/50 et que votre conjoint décède après avoir fait une fausse déclaration, son assurance refuse de payer les 50% qu'elle devait couvrir. Vous devez donc continuer à rembourser 100% du prêt au lieu de 50%. Si vous aviez une quotité 100/100, son assurance refuse de payer les 100%, et vous devez également rembourser la totalité alors que vous pensiez être totalement libéré.
Impact dramatique : Une famille avec deux enfants, dont le père décède, se retrouve sans le revenu du père, avec la charge de deux enfants, et doit continuer à payer l'intégralité du prêt au lieu d'être libérée grâce à l'assurance. C'est une spirale dramatique qui peut conduire à la vente forcée du logement et à un traumatisme supplémentaire pour les enfants.
Dans les cas de fausse déclaration intentionnelle caractérisée et grave, l'assureur peut théoriquement porter plainte pour escroquerie à l'assurance, délit pénal puni de 5 ans d'emprisonnement et 375 000 € d'amende selon l'article 313-1 du Code pénal.
En pratique : Ces poursuites pénales restent rares. Les assureurs se contentent généralement de refuser la prise en charge et de conserver les cotisations. Toutefois, en cas de fraude organisée ou de montants très importants, des plaintes pénales peuvent être déposées.
Les assureurs disposent de plusieurs moyens pour vérifier la sincérité de vos déclarations, surtout lors de l'instruction d'un sinistre.
Lors de la souscription, l'assureur réalise déjà quelques vérifications pour les profils présentant des incohérences manifestes.
Questionnaire détaillé : Si vos réponses au questionnaire simplifié révèlent des antécédents médicaux, l'assureur vous envoie un questionnaire détaillé avec des questions très précises sur les dates, les traitements, les hospitalisations, les résultats d'examens. Toute incohérence entre le questionnaire simplifié et le questionnaire détaillé sera relevée.
Examens médicaux : Pour les montants élevés ou les profils à risque, l'assureur peut demander des examens médicaux (prise de sang, ECG, examen cardiovasculaire). Les résultats de ces examens peuvent révéler des pathologies non déclarées (diabète détecté par la glycémie, hypertension détectée lors de l'examen, etc.).
Consultation du médecin conseil : L'assureur peut demander l'autorisation de contacter votre médecin traitant pour obtenir des informations complémentaires sur votre état de santé. Si votre médecin mentionne une pathologie que vous n'avez pas déclarée, la fausse déclaration est immédiatement détectée.
C'est lors de l'instruction du sinistre (décès, invalidité) que la majorité des fausses déclarations sont détectées.
Demande du dossier médical complet : L'assureur demande systématiquement le dossier médical complet de l'assuré décédé ou invalide auprès de tous les médecins et établissements hospitaliers qui l'ont suivi. Ce dossier révèle l'intégralité de l'historique médical : consultations, hospitalisations, traitements, diagnostics, examens.
Comparaison avec le questionnaire initial : L'assureur compare ligne par ligne le dossier médical avec le questionnaire de santé rempli lors de la souscription. Toute pathologie, traitement, ou hospitalisation présente dans le dossier médical mais absente du questionnaire constitue une réticence ou fausse déclaration potentielle.
Consultation des données de Sécurité Sociale : L'assureur accède aux données de remboursements de la Sécurité Sociale (avec votre autorisation signée lors de la souscription) pour vérifier les traitements et consultations remboursés. Ces données sont très précises et révèlent tous les médicaments remboursés, toutes les consultations de spécialistes, tous les actes médicaux.
Enquête auprès du médecin traitant : L'assureur peut interroger le médecin traitant du défunt pour obtenir des informations sur les antécédents médicaux, les traitements prescrits, et l'état de santé général. Le médecin est tenu au secret médical, mais en cas de décès, il peut répondre aux questions de l'assureur avec l'autorisation des ayants droit.
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Calculer mes économiesLa seule manière d'éviter une fausse déclaration est d'adopter une approche méthodique et rigoureuse lors du remplissage du questionnaire de santé.
Avant de remplir le questionnaire, prenez rendez-vous avec votre médecin traitant et demandez lui de vous établir un récapitulatif complet de votre dossier médical sur les 5 à 10 dernières années.
Informations à demander : Liste de tous les traitements que vous avez pris ou prenez actuellement (avec noms des médicaments, posologies, dates de début et de fin). Liste de toutes les consultations de spécialistes (cardiologue, endocrinologue, psychiatre, etc.) avec dates et motifs. Liste de toutes les hospitalisations avec dates, durées, et causes. Liste de tous les arrêts de travail de plus de 15 jours avec dates et durées. Résultats des principaux examens médicaux (analyses de sang, ECG, radiographies, IRM, etc.).
Consultation de votre compte Ameli : Connectez-vous à votre compte Ameli (Sécurité Sociale) et consultez l'historique de vos remboursements sur les 3 dernières années. Vous y verrez tous les médicaments remboursés, toutes les consultations, tous les actes médicaux. Cela vous permet de ne rien oublier.
Ne déclarez que ce qui est demandé, mais déclarez le intégralement.
Respect des périodes : Si le questionnaire porte sur les 5 dernières années, ne déclarez que ce qui s'est passé dans les 5 dernières années. Une pathologie survenue il y a 8 ans et totalement guérie sans séquelle n'a pas à être mentionnée.
Déclaration exhaustive : Pour chaque question, répondez de manière exhaustive. Si la question est "Prenez-vous actuellement un traitement médical ?", listez TOUS les traitements, même ceux qui vous semblent banals (vitamines, compléments alimentaires, traitements pour le cholestérol, l'hypertension, la thyroïde, etc.).
Utilisation de termes médicaux précis : Pour chaque pathologie ou traitement déclaré, utilisez les termes médicaux exacts (nom de la maladie, nom du médicament avec posologie, nom de l'intervention chirurgicale) plutôt que des descriptions vagues.
Pour chaque pathologie ou antécédent déclaré, joignez spontanément les documents médicaux récents qui attestent de votre état actuel.
Documents à joindre : Dernier bilan biologique, dernier compte rendu de consultation du spécialiste, compte rendu opératoire si intervention chirurgicale, attestation de guérison si pathologie guérie, dernier ECG si pathologie cardiaque.
Avantage : Ces documents rassurent l'assureur en montrant que votre pathologie est suivie, stable, et sous contrôle. Ils accélèrent également le traitement de votre dossier en évitant les demandes de pièces complémentaires.
Avant d'envoyer votre questionnaire, relisez le attentivement plusieurs fois, idéalement à quelques jours d'intervalle. Faites le également relire par votre conjoint ou un proche de confiance qui peut identifier des oublis.
Check-list finale : Ai-je déclaré tous mes traitements actuels ? Ai-je déclaré toutes mes hospitalisations des 5 dernières années ? Ai-je déclaré tous mes arrêts de travail de plus de 30 jours ? Ai-je déclaré toutes mes consultations de spécialistes ? Ai-je joint les documents médicaux pertinents ?
Conservez une copie complète de votre questionnaire rempli et de tous les documents joints. En cas de litige ultérieur, vous pourrez prouver ce que vous avez effectivement déclaré.
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Être rappelé sous 6hRemplir un questionnaire de santé sans risque de fausse déclaration nécessite rigueur et expertise. France Épargne vous accompagne pour sécuriser cette étape critique.
Préparation assistée de votre questionnaire : Nos conseillers vous guident dans la collecte de vos informations médicales, vous aident à identifier ce qui doit être déclaré, et vous expliquent comment formuler vos réponses de manière sincère et précise.
Vérification avant envoi : Nous relisons votre questionnaire avant envoi pour détecter les éventuels oublis ou imprécisions. Cette double vérification vous protège contre les erreurs involontaires.
Constitution du dossier médical : Nous vous aidons à constituer un dossier médical complet et cohérent à joindre à votre questionnaire, avec les documents pertinents qui rassurent l'assureur et accélèrent l'acceptation.
Accompagnement en cas de pathologie : Si vous avez des antécédents médicaux, nous identifions les assureurs les plus ouverts à votre profil et préparons votre dossier pour maximiser vos chances d'acceptation aux meilleures conditions.
Sécurisation juridique : Nous conservons une copie de votre questionnaire et des documents joints pour vous protéger en cas de contestation ultérieure.
Être accompagné pour remplir mon questionnaire santé
La fausse déclaration dans le questionnaire de santé d'assurance emprunteur est un piège gravissime aux conséquences dramatiques : nullité du contrat, refus de prise en charge du sinistre, dette familiale de plusieurs centaines de milliers d'euros. La majorité des fausses déclarations sont involontaires, résultant d'oublis ou de méconnaissances. Mais cela n'exonère pas de leurs conséquences.
La seule protection est la sincérité absolue. Préparez un récapitulatif médical complet avec votre médecin, consultez vos remboursements Sécurité Sociale, répondez précisément à chaque question, joignez les documents médicaux pertinents, et faites relire votre questionnaire avant envoi. Ces quelques heures investies peuvent éviter un drame familial et sauver votre projet immobilier.
Ne prenez aucun risque : déclarez tout, sincèrement.
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