
Ouvrir sa première assurance vie en 5 étapes. Documents, choix du contrat, première allocation et versements programmés. Guide débutant complet.
Vous envisagez d'ouvrir votre première assurance vie mais vous ne savez pas par où commencer ? Vous n'êtes pas seul : chaque année, des centaines de milliers de Français franchissent ce pas. Selon France Assureurs, l'assurance vie totalise plus de 1 950 milliards d'euros d'encours et demeure le placement préféré des Français, devant le Livret A et l'immobilier. Et pourtant, la souscription est souvent entourée de questions pratiques restées sans réponse : quel montant minimum ? Quels documents fournir ? Faut-il choisir un contrat monosupport ou multisupport ? Comment répartir son premier versement ? Ce guide vous accompagne pas à pas, de la réflexion initiale au premier versement, pour que votre souscription se déroule en toute confiance. Même si vous ne disposez que de 100 euros pour démarrer, ouvrir un contrat aujourd'hui est une décision pertinente, ne serait-ce que pour faire démarrer le compteur fiscal de 8 ans qui conditionne les avantages fiscaux de l'assurance vie.
L'un des arguments les plus convaincants pour ouvrir une assurance vie sans attendre, même avec un versement modeste, est la notion de "prise de date". La fiscalité avantageuse de l'assurance vie (notamment l'abattement annuel de 4 600 euros sur les plus-values pour une personne seule, ou 9 200 euros pour un couple) ne s'applique qu'après 8 ans de détention du contrat. Ce délai court à compter de la date d'ouverture, et non de la date de chaque versement.
Concrètement, si vous ouvrez un contrat aujourd'hui avec 100 euros, le compteur démarre immédiatement. Dans 8 ans, tous les versements que vous aurez effectués entre-temps bénéficieront de cette fiscalité allégée lors des retraits. Si vous attendez 3 ans de plus pour ouvrir votre contrat, vous retardez d'autant l'accès à ces avantages. C'est pourquoi les conseillers en gestion de patrimoine recommandent unanimement d'ouvrir un contrat le plus tôt possible, même avec un versement symbolique.
L'assurance vie n'est pas un produit d'épargne figé. C'est une enveloppe fiscale polyvalente qui vous permet de poursuivre plusieurs objectifs simultanément : constituer une épargne de précaution sur le fonds euros, préparer un projet immobilier à moyen terme, investir pour la retraite sur le long terme, ou organiser la transmission de votre patrimoine grâce à la clause bénéficiaire. Pour comprendre l'ensemble des mécanismes, nous vous recommandons notre guide complet de l'assurance vie.
Toute personne physique, résident fiscal français, peut souscrire un contrat d'assurance vie. Il n'existe pas de condition d'âge minimum pour être titulaire d'un contrat : un mineur peut en bénéficier, à condition que la souscription soit effectuée par ses représentants légaux (les deux parents doivent signer). Il n'y a pas non plus de limite d'âge maximale, même si certains assureurs fixent un âge limite de souscription (généralement entre 80 et 85 ans). Vous pouvez détenir autant de contrats d'assurance vie que vous le souhaitez, auprès d'autant d'assureurs différents, sans plafond de versement réglementaire.
Avant de choisir un contrat, posez-vous les bonnes questions. Elles détermineront votre choix de contrat et votre première allocation.
Quel est votre objectif principal ?
Quel est votre horizon de placement ? L'horizon conditionne directement votre capacité à investir en unités de compte. Plus il est long, plus vous pouvez accepter de volatilité à court terme en contrepartie d'un potentiel de rendement supérieur.
Quelle est votre tolérance au risque ? Acceptez-vous l'idée que votre capital puisse baisser temporairement de 10 %, 20 % ou 30 % ? Votre réponse sincère à cette question déterminera la part d'unités de compte dans votre allocation. Pour aller plus loin sur ce sujet, consultez notre article sur les profils d'investisseur en assurance vie.
Les contrats monosupport, investis à 100 % en fonds euros, ont longtemps constitué l'essentiel du marché. Aujourd'hui, plus de 95 % des nouvelles souscriptions se font sur des contrats multisupport selon les données de France Assureurs. Et pour cause : le contrat multisupport vous donne accès au fonds euros ET aux unités de compte (actions, obligations, immobilier, ETF), sans vous obliger à investir en UC. Vous pouvez tout à fait placer 100 % de votre premier versement sur le fonds euros d'un contrat multisupport.
Le contrat monosupport, en revanche, vous prive définitivement de la possibilité d'investir en unités de compte. Si vos objectifs ou votre appétence au risque évoluent dans quelques années, vous serez contraint d'ouvrir un second contrat. Notre recommandation est claire : choisissez systématiquement un contrat multisupport. Pour comprendre les nuances, consultez notre comparatif multisupport versus monosupport.
Tous les contrats multisupport ne se valent pas. Voici les critères à examiner avec attention :
| Critère | Ce qu'il faut vérifier | Repère |
|---|---|---|
| Frais sur versement | Pourcentage prélevé sur chaque versement | 0 % chez les courtiers en ligne ; jusqu'à 3-5 % en réseau bancaire traditionnel |
| Frais de gestion annuels (fonds euros) | Prélevés chaque année sur le capital | 0,5 % à 0,85 % selon les contrats |
| Frais de gestion annuels (UC) | Prélevés chaque année sur les UC | 0,5 % à 1 % selon les contrats |
| Frais d'arbitrage | Prélevés lors du transfert entre supports | 0 % (de nombreux contrats en ligne) à 1 % |
| Rendement du fonds euros | Performance nette de frais de gestion | 2,5 % à 4,5 % en 2024 (source ACPR) |
| Nombre et qualité des UC | Diversité des supports accessibles | 200 à 1 000+ selon les contrats ; vérifiez la présence d'ETF et de SCPI |
| Solidité de l'assureur | Notation financière, ancienneté, encours | Privilégiez les assureurs notés A ou supérieur par les agences de notation |
| Qualité du service client | Disponibilité, espace en ligne, réactivité | Testez l'espace de démonstration si disponible |
| Versement initial minimum | Montant minimum pour ouvrir le contrat | De 100 EUR à 1 000 EUR selon les contrats |
Le choix de l'intermédiaire (banque, assureur direct, courtier) a un impact direct sur les frais et l'offre de supports. Pour comprendre les différences, consultez notre article sur les avantages de passer par un courtier en assurance vie.
La souscription d'une assurance vie est encadrée par la réglementation en matière de lutte contre le blanchiment (LCB-FT) et de devoir de conseil. Vous devrez fournir :
Documents d'identité et de situation :
Informations fiscales :
Pour les versements importants (au-delà de certains seuils, variables selon les assureurs) :
L'ensemble de ces documents peut généralement être transmis par voie électronique. La souscription en ligne est désormais la norme pour la majorité des contrats distribués par les courtiers.
Depuis la directive MIF 2 (Marchés d'Instruments Financiers), tout intermédiaire financier a l'obligation de vérifier l'adéquation entre les supports proposés et le profil du client. Vous devrez remplir un questionnaire portant sur :
Répondez avec sincérité. Ce questionnaire n'est pas un examen : il permet à votre intermédiaire de vous proposer une allocation adaptée à votre réalité. Une réponse trop "optimiste" sur votre tolérance au risque pourrait vous conduire vers une allocation trop dynamique qui vous ferait paniquer à la première baisse.
C'est le moment décisif. Vous devez déterminer deux choses : le montant du versement initial et sa répartition entre les supports.
Le montant du versement initial : il dépend de votre capacité d'épargne et de vos objectifs. Le minimum est souvent de 100 à 1 000 euros selon les contrats. Il n'y a pas de montant "idéal" : l'essentiel est de commencer, quitte à alimenter progressivement votre contrat par la suite.
La première allocation pour un débutant : si vous découvrez l'assurance vie et que la notion de risque de perte en capital vous inquiète, une répartition prudente de type 80 % fonds euros / 20 % UC est un point de départ raisonnable. Les 80 % en fonds euros sécurisent la majorité de votre capital (rendement de 2,5 % à 4,5 % en 2024 selon l'ACPR, capital garanti). Les 20 % en UC vous exposent au potentiel de rendement des marchés (les UC ont affiché +8 % à +12 % en moyenne en 2024 selon France Assureurs) tout en limitant votre risque global. Pour comprendre le fonctionnement du fonds euros, retrouvez notre guide complet du fonds euros.
Les versements programmés : en complément du versement initial, mettre en place des versements programmés (mensuels, trimestriels) est la stratégie la plus efficace pour construire votre patrimoine dans la durée. Le prélèvement automatique élimine le risque de procrastination et vous fait bénéficier du lissage du prix d'achat sur les UC (en investissant régulièrement, vous achetez parfois haut, parfois bas, ce qui réduit votre prix moyen d'entrée).
Répondez à quelques questions sur vos objectifs et découvrez quel type de contrat correspond à votre profil.
Faire le quizAvant de valider votre souscription, passez en revue cette checklist :
| Point de vérification | Question à se poser | Réponse attendue |
|---|---|---|
| Frais sur versement | L'assureur prélève-t-il des frais à chaque versement ? | Idéalement 0 % |
| Frais de gestion annuels | Quel pourcentage est prélevé chaque année ? | Inférieur à 0,75 % sur les UC |
| Frais d'arbitrage | Les transferts entre supports sont-ils facturés ? | Idéalement 0 % ou un nombre d'arbitrages gratuits |
| Rendement du fonds euros | Quel a été le rendement net en 2024 ? | Au moins 2,5 %, idéalement 3 % et plus |
| Offre d'UC | Le contrat propose-t-il des ETF, des SCPI, des fonds diversifiés ? | Au moins 200 supports, dont des ETF à frais réduits |
| Clause bénéficiaire | Avez-vous désigné un ou plusieurs bénéficiaires ? | Rédigée avec précision (noms, dates de naissance, quotes-parts) |
| Délai de renonciation | Connaissez-vous votre droit de renonciation de 30 jours ? | Oui, vous avez 30 jours calendaires pour renoncer après réception des documents contractuels |
| Conditions de rachat | Les rachats partiels sont-ils possibles à tout moment ? | Oui, sans pénalité |
| Versement minimum programmé | Quel est le montant minimum des versements réguliers ? | Généralement 50 à 100 EUR par mois |
Léa a 26 ans, elle est développeuse web à Bordeaux. Son salaire net est de 2 800 euros par mois. Elle a constitué une épargne de précaution de 8 000 euros sur son Livret A et souhaite commencer à investir pour le long terme. Elle n'a jamais possédé de produit d'investissement en dehors de ses livrets réglementés.
Étape 1, Objectifs : Léa souhaite faire fructifier son épargne sur le long terme, sans projet spécifique à court terme. Son horizon est de 15 ans minimum. Elle accepte l'idée d'une perte temporaire de 10 à 15 % sur ses UC, mais pas davantage.
Étape 2, Choix du contrat : après comparaison, Léa choisit un contrat multisupport distribué par un courtier en ligne, avec 0 % de frais sur versement, 0,5 % de frais de gestion annuels sur les UC, un fonds euros qui a servi 3,2 % net en 2024, et plus de 600 UC accessibles dont une trentaine d'ETF.
Étape 3, Dossier : Léa rassemble sa carte d'identité, une facture d'électricité récente, son RIB et son dernier avis d'imposition. Elle transmet le tout en ligne en 15 minutes.
Étape 4, Questionnaire : le questionnaire la classe en profil "équilibré", ce qui correspond à sa tolérance au risque modérée et à son horizon long.
Étape 5, Premier versement et allocation : Léa effectue un versement initial de 1 000 euros avec la répartition suivante :
Elle met en place un versement programmé de 150 euros par mois, avec la même répartition.
| Élément | Valeur estimée |
|---|---|
| Versement initial | 1 000 EUR |
| Versements programmés mensuels | 150 EUR |
| Total des versements sur 15 ans | 28 000 EUR |
| Rendement annuel moyen pondéré estimé | 4,8 % |
| Capital estimé à 15 ans | ~41 000 EUR |
| Plus-values estimées | ~13 000 EUR |
Si Léa décide à 30 ans d'augmenter ses versements programmés à 300 euros par mois (grâce à une évolution de salaire), son capital à 41 ans pourrait atteindre environ 68 000 euros, dont 41 000 euros de versements et 27 000 euros de plus-values. À ce stade, son contrat aura plus de 15 ans d'ancienneté fiscale, et elle bénéficiera pleinement de l'abattement de 4 600 euros sur les plus-values lors des retraits.
Rendements, frais, supports : visualisez les différences entre les meilleurs contrats du marché.
Voir le comparatifThomas, 34 ans, et Julie, 32 ans, souhaitent ouvrir une assurance vie au nom de leur fils Raphaël, âgé de 2 ans, pour financer ses études supérieures dans 16 ans. Ils disposent de 5 000 euros pour le versement initial et prévoient des versements programmés de 100 euros par mois.
L'ouverture du contrat : les deux parents signent la demande de souscription en tant que représentants légaux de Raphaël. Le contrat est ouvert au nom de l'enfant. Thomas et Julie choisissent une allocation dynamique (30 % fonds euros / 40 % ETF World / 20 % ETF Europe / 10 % SCPI), justifiée par l'horizon de 16 ans.
La projection : avec un rendement moyen pondéré estimé à 6 % par an, le capital de Raphaël pourrait atteindre environ 42 000 euros à ses 18 ans, dont 24 200 euros de versements et 17 800 euros de gains. Le contrat aura alors 16 ans d'ancienneté fiscale. Si Raphaël utilise ce capital pour ses études, les retraits seront fiscalement optimisés grâce à l'abattement annuel.
Le point de vigilance : à la majorité de Raphaël (18 ans), il deviendra le seul titulaire du contrat et pourra en disposer librement. Thomas et Julie devront s'assurer que leur fils comprend l'intérêt de conserver et de faire fructifier ce capital.
Erreur n1 : attendre d'avoir "assez" pour commencer. Le montant du premier versement n'est pas le paramètre le plus important. Ouvrir un contrat avec 100 euros pour prendre date est bien plus pertinent que d'attendre d'avoir 10 000 euros et perdre 2 ans d'ancienneté fiscale.
Erreur n2 : choisir son contrat uniquement sur le rendement du fonds euros. Un fonds euros à 4 % avec 3 % de frais sur versement est bien moins intéressant qu'un fonds euros à 3 % avec 0 % de frais sur versement, surtout si vous alimentez régulièrement votre contrat.
Erreur n3 : négliger la clause bénéficiaire. La clause bénéficiaire est ce qui fait de l'assurance vie un outil de transmission hors succession. Si vous la laissez par défaut ("mes héritiers"), vous perdez une grande partie de cet avantage. Rédigez-la avec soin dès l'ouverture.
Erreur n4 : tout mettre en fonds euros par peur du risque. Si votre horizon est de 10 ans ou plus, une part d'UC, même modeste (20 à 30 %), améliore significativement le rendement attendu de votre épargne sans vous exposer à un risque disproportionné. Les UC actions ont affiché une performance moyenne de +8 % à +12 % en 2024.
Erreur n5 : ne pas mettre en place de versements programmés. L'investissement régulier est la stratégie la plus efficace pour un épargnant débutant. Il élimine le risque de mauvais timing et construit le capital progressivement, sans effort de décision mensuel.
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Être rappelé sous 6hOuvrir sa première assurance vie est une étape importante de votre vie financière. Chez France Épargne, nous rendons cette démarche simple, transparente et adaptée à votre situation.
Prendre rendez-vous avec un conseiller
Ouvrir sa première assurance vie est une décision financière parmi les plus pertinentes que vous puissiez prendre, et elle est plus simple qu'il n'y paraît. En cinq étapes (définir vos objectifs, choisir un contrat multisupport de qualité, rassembler vos documents, remplir le questionnaire investisseur et effectuer votre premier versement), vous posez les fondations de votre patrimoine financier. Le plus important n'est pas le montant que vous investissez au départ, mais le fait de commencer. Chaque mois qui passe sans contrat ouvert est un mois de perdu sur le compteur fiscal des 8 ans. Avec un versement initial modeste et des versements programmés réguliers, vous bénéficiez du temps et de la capitalisation, les deux forces les plus puissantes pour un épargnant. Votre première allocation n'a pas besoin d'être parfaite : elle évoluera avec vous, vos connaissances et vos objectifs.
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Sources : France Assureurs (encours assurance vie, part des contrats multisupport 2024), ACPR (rendements fonds euros et UC 2024), ASPIM (rendement moyen SCPI 2024)
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