Assurance-vie

Unités de Compte en Assurance Vie : Investir pour Performer

Guide complet sur les unités de compte en assurance vie : OPCVM, ETF, SCPI, private equity. Performances, risques, stratégies d'allocation et exemples concrets pour optimiser votre contrat.

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Unites de Compte en Assurance Vie : Investir pour Performer

Les unités de compte (UC) représentent aujourd'hui près de 40 % des cotisations versées sur les contrats d'assurance vie en France, un niveau historique qui témoigne de la maturité croissante des épargnants. Et pour cause : alors que les fonds euros ont longtemps suffi à générer du rendement avec une garantie en capital, la réalité des marchés impose désormais de diversifier pour viser une performance réelle positive sur le long terme. En 2024, les supports en unités de compte ont affiché des performances allant de +8 % à +12 % en moyenne, avec un indice MSCI World en hausse de +19 % sur l'année.

Mais les unités de compte ne se limitent pas aux fonds actions classiques. ETF, SCPI, SCI, private equity, produits structurés : l'univers des UC s'est considérablement enrichi ces dernières années, offrant aux épargnants un accès simplifié à des classes d'actifs autrefois réservées aux investisseurs institutionnels. Ce guide vous donnera toutes les clés pour comprendre, sélectionner et combiner les unités de compte au sein de votre assurance vie, en fonction de votre profil et de vos objectifs patrimoniaux.

Que Sont les Unités de Compte ?

Définition et mécanisme

Contrairement au fonds euros où l'assureur garantit le capital, les unités de compte sont des supports d'investissement dont la valeur fluctue à la hausse comme à la baisse. Lorsque vous investissez en UC, vous ne détenez pas directement les actifs sous-jacents : vous achetez des "parts" dont la valeur évolue en fonction des marchés financiers ou immobiliers. L'assureur s'engage sur le nombre de parts (et non sur leur valeur), ce qui signifie que le risque de perte en capital est porté par l'épargnant.

Concrètement, si vous investissez 10 000 euros sur un support UC dont la part vaut 100 euros, vous détenez 100 parts. Si la valeur de la part passe à 120 euros, votre investissement vaut 12 000 euros. Si elle descend à 85 euros, il ne vaut plus que 8 500 euros. C'est cette oscillation qui constitue à la fois le risque et le potentiel de performance des UC.

Le cadre fiscal de l'assurance vie : un avantage majeur

L'intérêt d'investir en UC via l'assurance vie plutôt qu'en direct réside dans le cadre fiscal. À l'intérieur de l'enveloppe assurance vie :

  • Aucune imposition sur les arbitrages : vous pouvez arbitrer entre supports (vendre un ETF pour acheter des SCPI) sans déclenchement de fiscalité, tant que vous ne procédez pas à un rachat
  • Fiscalité allégée après 8 ans : lors d'un rachat, seule la part de plus-value est taxée, avec un abattement annuel de 4 600 euros (9 200 euros pour un couple)
  • Transmission avantageuse : les capitaux transmis bénéficient d'un abattement de 152 500 euros par bénéficiaire pour les versements effectués avant 70 ans

Ce cadre fait de l'assurance vie un véritable "compte-titres fiscal" : vous investissez en bourse, en immobilier ou en private equity, mais dans un environnement fiscalement optimisé. Pour approfondir la fiscalité, consultez notre guide fiscal de l'assurance vie.

Les grandes familles d'UC

L'univers des unités de compte se décompose en plusieurs grandes familles :

  • OPCVM (fonds classiques) : fonds actions, fonds obligataires, fonds diversifiés, gérés activement par des sociétés de gestion
  • ETF (trackers) : fonds indiciels cotés qui répliquent un indice (MSCI World, S&P 500, CAC 40) à frais réduits
  • SCPI (pierre-papier) : sociétés civiles de placement immobilier, investissant dans de l'immobilier physique (bureaux, commerces, logistique)
  • SCI et OPCI : véhicules immobiliers diversifiés combinant immobilier physique, foncier coté et poche de trésorerie
  • Private equity : fonds d'investissement en entreprises non cotées (FCPR, fonds evergreen)
  • Produits structurés : instruments financiers offrant une formule de remboursement prédéterminée (capital garanti sous conditions, coupons conditionnels)

Les Différents Types de Supports UC

Tableau comparatif des principaux supports

Critère OPCVM classiques ETF / Trackers SCPI Private Equity
Rendement potentiel 5 % - 10 % / an 7 % - 12 % / an 4 % - 6 % / an 8 % - 15 % / an
Frais de gestion 1,50 % - 2,50 % 0,20 % - 0,50 % 0,50 % - 1,00 % * 1,50 % - 3,00 %
Liquidité Quotidienne (J+1) Quotidienne (J+1) Mensuelle (J+30) Faible (5-10 ans)
Risque de perte Modéré à élevé Modéré à élevé Modéré Élevé
Ticket d'entrée 50 - 100 euros 50 - 100 euros 500 - 1 000 euros 1 000 - 10 000 euros
Complexité Faible Faible Moyenne Élevée

Frais de gestion du contrat d'assurance vie ; les SCPI ont en outre des frais de souscription intégrés dans le prix de la part (8-12 %).

OPCVM : la gestion active traditionnelle

Les OPCVM (Organismes de Placement Collectif en Valeurs Mobilières) constituent la catégorie historique des unités de compte. Un gérant professionnel compose et ajuste un portefeuille d'actifs en fonction d'une stratégie prédéterminée (actions Europe, obligations internationales, diversifié équilibré, etc.).

Avantages : expertise d'un gérant, stratégies thématiques pointues, capacité à surperformer en marchés complexes, large gamme disponible.

Inconvénients : frais de gestion élevés (1,50 % à 2,50 % par an), performance nette souvent inférieure aux indices de référence sur longue période (selon les études SPIVA, environ 85 % des fonds actifs sous-performent leur indice de référence sur 10 ans en Europe), manque de transparence sur la composition exacte du portefeuille.

ETF : la révolution indicielle

Les ETF (Exchange-Traded Funds) sont des fonds indiciels cotés en bourse qui répliquent fidèlement un indice de référence. Un ETF MSCI World, par exemple, reproduit la performance de plus de 1 500 actions de 23 pays développés, pour un coût annuel de 0,20 % à 0,50 % seulement.

Leur percée en assurance vie est récente mais fulgurante. Les principaux courtiers en ligne proposent désormais 50 à 200 ETF dans leurs contrats. Les frais totaux (frais de gestion du contrat + frais de l'ETF) s'établissent entre 0,50 % et 0,80 %, contre 1,50 % à 2,50 % pour un OPCVM classique logé dans le même contrat. Sur 20 ans, cet écart de frais représente une différence de performance cumulée considérable. Consultez notre guide complet des ETF en assurance vie pour approfondir ce sujet.

SCPI : l'immobilier dématérialisé

Les SCPI (Sociétés Civiles de Placement Immobilier) permettent d'investir dans de l'immobilier physique (bureaux, commerces, santé, logistique) sans les contraintes de la gestion locative. En 2024, le rendement moyen des SCPI s'est établi à 4,52 %, avec les meilleures SCPI distribuant entre 5 % et 7 %.

Loger des SCPI en assurance vie présente des avantages spécifiques : vous évitez l'imposition au barème progressif de l'impôt sur le revenu sur les loyers (puisque la fiscalité est celle de l'assurance vie), et les frais de souscription sont souvent réduits par rapport à un achat en direct. Pour un guide détaillé, consultez notre article SCPI en assurance vie.

Private equity : l'accès aux entreprises non cotées

Le capital-investissement (private equity) fait son entrée dans l'assurance vie grâce aux fonds FCPR (Fonds Communs de Placement à Risques) et aux fonds evergreen. Ces supports investissent dans des entreprises non cotées à différents stades de développement (capital-risque, capital-développement, LBO, capital-transmission).

Le potentiel de rendement est élevé (8 % à 15 % par an sur longue durée) mais le risque l'est également : illiquidité des parts, risque de perte totale sur certaines lignes, et frais de gestion élevés (1,50 % à 3,00 %). Le private equity convient aux épargnants expérimentés disposant d'un horizon d'investissement long (8 à 12 ans) et d'un patrimoine suffisamment diversifié pour absorber une éventuelle perte.

Performance et Risques des UC

Les performances 2024

L'année 2024 a été globalement favorable aux marchés financiers, avec des performances solides sur la plupart des classes d'actifs :

Classe d'actifs Performance 2024
MSCI World (actions mondiales) +19 %
S&P 500 (actions US) +23 %
Euro Stoxx 50 (actions zone euro) +8 %
SCPI (rendement moyen) +4,52 %
Obligations investment grade +3 % à +5 %
Fonds euros (moyenne) +2,50 %

Sources : MSCI, S&P Global, ASPIM, France Assureurs

Les supports UC en assurance vie ont logiquement bénéficié de ce contexte favorable, avec une performance moyenne estimée entre +8 % et +12 % selon la composition des allocations. Les profils les plus exposés aux actions américaines et mondiales ont naturellement tiré leur épingle du jeu.

Comprendre la volatilité

La volatilité est la contrepartie du potentiel de performance. Le MSCI World, par exemple, a connu des baisses de plus de 30 % en 2008 et de plus de 20 % en 2020, avant de se redresser et d'atteindre de nouveaux sommets. Cette réalité impose de respecter un principe cardinal : l'horizon d'investissement doit être cohérent avec le niveau de risque des UC sélectionnées.

En règle générale :

  • Horizon inférieur à 3 ans : privilégiez les fonds euros et les fonds obligataires court terme
  • Horizon 3 à 5 ans : vous pouvez intégrer des UC équilibrées (mixtes actions/obligations) et des SCPI
  • Horizon 5 à 8 ans : la part en actions peut représenter 40 à 60 % de l'allocation
  • Horizon supérieur à 8 ans : une exposition significative aux actions (60 à 80 %) est historiquement payante

Le risque de perte en capital

Contrairement au fonds euros, les UC n'offrent aucune garantie en capital. Vous pouvez perdre une partie, voire la totalité, de votre investissement sur un support donné. Ce risque doit être assumé en connaissance de cause, et plusieurs mécanismes permettent de le maîtriser :

  • La diversification : ne jamais concentrer plus de 10 à 15 % de son allocation sur un seul support UC
  • L'investissement progressif : lisser les points d'entrée via des versements programmés plutôt qu'un investissement en une seule fois
  • Le rééquilibrage périodique : revenir à l'allocation cible une à deux fois par an pour éviter les déséquilibres liés aux mouvements de marché
  • La sécurisation automatique : arbitrer les gains vers le fonds euros lorsque certains seuils de plus-value sont atteints

ETF en Assurance Vie : La Révolution Low-Cost

Pourquoi les ETF changent la donne

L'irruption des ETF dans l'assurance vie française constitue un changement de paradigme pour l'épargnant. Pendant des décennies, investir en UC signifiait payer des frais de gestion de 1,50 % à 2,50 % par an à un gérant actif dont la performance, dans la majorité des cas, ne justifiait pas ce surcoût. Les ETF proposent une alternative radicale : une exposition aux marchés financiers mondiaux pour un coût divisé par 3 à 5.

L'impact concret des frais

La différence peut sembler minime en pourcentage, mais l'effet cumulé sur le long terme est spectaculaire. Prenons l'exemple d'un investissement de 50 000 euros sur 20 ans avec une performance brute de 8 % par an :

Fonds actif (frais 2,00 %) ETF (frais 0,50 %) Écart
Performance nette annuelle 6,00 % 7,50 % +1,50 %
Capital après 10 ans 89 542 euros 105 387 euros +15 845 euros
Capital après 20 ans 160 357 euros 222 073 euros +61 716 euros
Capital après 30 ans 287 175 euros 468 236 euros +181 061 euros

Sur 20 ans, l'écart de frais de 1,50 % par an génère une différence de plus de 61 000 euros sur un investissement initial de 50 000 euros. Sur 30 ans, l'écart dépasse 181 000 euros. Ce calcul illustre à quel point les frais sont l'ennemi numéro un de la performance à long terme.

Utilisez notre simulateur d'impact des frais pour évaluer l'effet des frais sur votre propre situation.

Les ETF incontournables en assurance vie

Pour construire une allocation diversifiée et peu coûteuse, quelques ETF clés suffisent :

  • ETF MSCI World : exposition à plus de 1 500 actions de 23 pays développés. Le cœur de toute allocation actions. Frais : 0,20 % à 0,45 % / an.
  • ETF MSCI Emerging Markets : actions des pays émergents (Chine, Inde, Brésil, Corée du Sud). Complément de diversification géographique. Frais : 0,18 % à 0,55 % / an.
  • ETF obligations aggregate : obligations d'État et d'entreprises pour la poche sécurisée de l'allocation. Frais : 0,10 % à 0,30 % / an.
  • ETF S&P 500 : exposition aux 500 plus grandes capitalisations américaines. Pour les épargnants souhaitant surpondérer les États-Unis. Frais : 0,07 % à 0,15 % / an.

Les limites des ETF en assurance vie

Malgré leurs avantages évidents, les ETF en assurance vie présentent certaines limites. L'offre reste moins large qu'en compte-titres ordinaire (50 à 200 ETF contre plusieurs milliers), et certains contrats n'en proposent tout simplement pas. Par ailleurs, la gestion indicielle n'offre aucune protection en cas de baisse généralisée des marchés : si l'indice chute de 20 %, votre ETF chute de 20 %. C'est précisément pour cette raison que l'allocation globale (répartition entre fonds euros, ETF, SCPI, etc.) reste plus importante que le choix d'un support individuel.

Il est également important de vérifier la méthode de réplication de l'ETF : les ETF à réplication physique détiennent réellement les actions de l'indice, tandis que les ETF synthétiques utilisent des contrats de swap avec une contrepartie bancaire. Les deux méthodes sont valables et réglementées, mais la réplication physique est généralement préférée pour sa transparence. Enfin, privilégiez les ETF capitalisant (qui réinvestissent les dividendes) plutôt que les ETF distribuant, afin de maximiser l'effet des intérêts composés à l'intérieur de l'enveloppe fiscale de l'assurance vie.

SCPI en Assurance Vie : L'Immobilier Sans Contrainte

Pourquoi loger ses SCPI en assurance vie

Investir en SCPI via l'assurance vie plutôt qu'en direct présente plusieurs avantages décisifs :

1. Fiscalité optimisée

En direct, les revenus fonciers distribués par les SCPI sont imposés au barème progressif de l'impôt sur le revenu (jusqu'à 45 %) plus les prélèvements sociaux de 17,20 %, soit une fiscalité pouvant dépasser 62 %. En assurance vie, les mêmes revenus sont capitalisés dans le contrat et ne sont taxés qu'au moment du rachat, selon la fiscalité avantageuse de l'assurance vie (7,50 % après abattement pour les contrats de plus de 8 ans).

2. Frais de souscription réduits

Les SCPI affichent des frais de souscription élevés en direct (8 à 12 % du montant investi). En assurance vie, ces frais sont souvent réduits à 4 à 6 %, voire supprimés sur certains contrats en ligne.

3. Ticket d'entrée abaissé

En direct, l'achat de parts de SCPI nécessite généralement un investissement minimum de 1 000 à 5 000 euros. En assurance vie, il est possible d'investir à partir de 500 euros, voire moins, ce qui facilite la diversification sur plusieurs SCPI.

Rendement 2024 des SCPI

Le rendement moyen des SCPI s'est établi à 4,52 % en 2024 (source : ASPIM), un niveau qui reste attractif par rapport aux fonds euros (2,50 %) et aux obligations. Les SCPI investies en santé, logistique et bureaux premium ont affiché les meilleurs rendements, certaines dépassant les 6 %.

Points de vigilance

Investir en SCPI au sein de l'assurance vie impose néanmoins quelques précautions :

  • Liquidité limitée : les SCPI sont des placements peu liquides. Les délais de rachat peuvent atteindre 1 à 3 mois dans le cadre de l'assurance vie, contre quelques jours pour un ETF.
  • IFI (Impôt sur la Fortune Immobilière) : les SCPI détenues en assurance vie entrent dans l'assiette de l'IFI. Si votre patrimoine immobilier net dépasse 1,3 million d'euros, cette composante doit être intégrée dans votre calcul.
  • Reversement partiel des loyers : certains assureurs ne reversent que 85 à 100 % des loyers perçus par la SCPI, conservant une partie au titre des frais de gestion du contrat. Vérifiez ce taux avant d'investir.

Pour une analyse détaillée, consultez notre article SCPI en assurance vie : guide complet.

Construire Son Allocation en UC

Les trois profils types

La répartition entre fonds euros et unités de compte dépend avant tout de votre profil investisseur, défini par votre horizon d'investissement, votre tolérance au risque et vos objectifs patrimoniaux.

Profil Prudent (horizon 3-5 ans ou faible tolérance au risque)

Support Allocation
Fonds euros 70 %
ETF obligataires 10 %
SCPI / SCI 15 %
ETF actions (MSCI World) 5 %

Rendement cible : 3 à 4 % / an. Volatilité faible.

Profil Équilibré (horizon 5-10 ans, tolérance modérée)

Support Allocation
Fonds euros 40 %
ETF MSCI World 25 %
SCPI / SCI 15 %
ETF obligataires 10 %
ETF thématiques / PE 10 %

Rendement cible : 5 à 7 % / an. Volatilité modérée.

Profil Dynamique (horizon 10+ ans, forte tolérance au risque)

Support Allocation
Fonds euros 15 %
ETF MSCI World 35 %
ETF S&P 500 15 %
ETF Emerging Markets 10 %
SCPI 10 %
Private equity 10 %
ETF thématiques 5 %

Rendement cible : 7 à 10 % / an. Volatilité significative.

Ces allocations sont indicatives et doivent être ajustées en fonction de votre situation personnelle. La gestion pilotée peut être une solution pertinente si vous ne souhaitez pas gérer vous-même la sélection et le rééquilibrage des UC.

Le rééquilibrage : une discipline essentielle

Au fil du temps, les performances différenciées des supports font dériver l'allocation par rapport à la cible initiale. Si les actions ont fortement progressé, leur poids dans le portefeuille augmente mécaniquement, ce qui accroît le risque global. Le rééquilibrage consiste à revenir périodiquement à l'allocation cible en vendant les supports qui ont le plus progressé (arbitrage vers le fonds euros ou vers d'autres UC) et en renforçant ceux qui sont en retrait.

Ce mécanisme, contre-intuitif car il implique de vendre ce qui monte pour acheter ce qui baisse, est pourtant l'un des moteurs les plus puissants de performance ajustée du risque sur le long terme. La fréquence idéale est semestrielle ou annuelle, ou déclenchée lorsqu'un support s'écarte de plus de 5 points de pourcentage de son allocation cible. Rappelons qu'en assurance vie, les arbitrages entre supports sont fiscalement neutres, ce qui facilite grandement cette discipline de rééquilibrage.

Exemple Concret

Scénario : Sophie, 42 ans, 50 000 euros à investir

Sophie est cadre, dispose d'une épargne de précaution sur Livret A et PEL, et souhaite investir 50 000 euros en assurance vie pour un horizon de 15 ans (financement des études de ses enfants et complément retraite). Elle a un profil équilibré.

Son allocation :

  • Fonds euros : 20 000 euros (40 %), rendement estimé 3,00 % (avec bonus UC)
  • ETF MSCI World : 12 500 euros (25 %), rendement estimé 8,00 %
  • SCPI diversifiées : 7 500 euros (15 %), rendement estimé 4,50 %
  • ETF obligataires : 5 000 euros (10 %), rendement estimé 3,50 %
  • ETF thématiques (tech, santé) : 5 000 euros (10 %), rendement estimé 9,00 %

Projection à 15 ans :

Support Capital initial Rendement annuel Capital à 15 ans
Fonds euros 20 000 euros 3,00 % 31 159 euros
ETF MSCI World 12 500 euros 8,00 % 39 624 euros
SCPI 7 500 euros 4,50 % 14 397 euros
ETF obligataires 5 000 euros 3,50 % 8 384 euros
ETF thématiques 5 000 euros 9,00 % 18 216 euros
Total 50 000 euros 111 780 euros

Gain total estimé : +61 780 euros, soit un doublement du capital en 15 ans.

La diversification permet à Sophie de combiner la sécurité du fonds euros (40 % de son allocation) avec le potentiel de croissance des ETF et des SCPI. En cas de baisse des marchés actions, la partie fonds euros + SCPI + obligataire (65 % de l'allocation) joue le rôle d'amortisseur.

Stratégie d'investissement dans le temps : Sophie ne verse pas les 50 000 euros en une seule fois. Elle adopte une approche progressive : 25 000 euros investis immédiatement sur le fonds euros et les SCPI (supports stables), puis 25 000 euros déployés sur 12 mois en versements programmés de 2 083 euros par mois sur les ETF. Cette méthode lui permet de lisser son point d'entrée sur les marchés actions et de réduire le risque de "mauvais timing". De plus, elle programme des versements mensuels de 300 euros pour continuer à alimenter son contrat, ce qui ajoute 54 000 euros de versements supplémentaires sur 15 ans et porte son capital final estimé à environ 185 000 euros.

Gestion de la volatilité : Sophie active deux options de gestion automatique sur son contrat. La première est une sécurisation des plus-values : lorsqu'un support ETF dépasse +15 % de performance sur un an, le gain est automatiquement transféré vers le fonds euros. La seconde est un stop-loss à -10 % : si un support chute de plus de 10 % depuis son dernier plus haut, la position est soldée vers le fonds euros. Ces garde-fous lui permettent de dormir tranquillement sans surveiller les marchés quotidiennement.

Comparaison : 100 % fonds euros vs allocation diversifiée

Pour mesurer l'impact de la diversification, comparons les deux approches sur 15 ans :

Stratégie Capital initial Rendement annuel Capital à 15 ans Gain
100 % fonds euros (2,50 %) 50 000 euros 2,50 % 72 211 euros +22 211 euros
Allocation diversifiée 50 000 euros 5,50 % * 111 780 euros +61 780 euros

Rendement moyen pondéré de l'allocation de Sophie.

L'allocation diversifiée génère près de 40 000 euros de gains supplémentaires par rapport au 100 % fonds euros, au prix d'une volatilité plus importante en cours de route. C'est la prime de risque : sur 15 ans, la probabilité historique d'une performance positive en actions est supérieure à 95 %, ce qui justifie l'exposition pour un horizon long.

Impact de la fiscalité sur les deux stratégies

Un aspect souvent négligé dans les comparaisons : la fiscalité ne s'applique qu'au moment du rachat, et uniquement sur la part de plus-value. Dans le cas de Sophie, après 15 ans de détention (plus de 8 ans), elle bénéficiera de l'abattement annuel de 4 600 euros (9 200 euros en couple) sur ses plus-values. Si elle effectue des rachats partiels étalés sur plusieurs années, une grande partie de ses gains pourra être exonérée d'impôt sur le revenu. Le prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 7,50 % (au lieu de 12,80 %) s'applique pour les versements effectués avant le seuil de 150 000 euros. À cela s'ajoutent les prélèvements sociaux de 17,20 %. La fiscalité effective de Sophie sur ses gains en UC sera donc significativement inférieure à celle qu'elle subirait sur un compte-titres ordinaire (flat tax de 30 % sans abattement).

Comment France Épargne Vous Accompagne

Investir en unités de compte requiert une approche méthodique : définition du profil de risque, sélection des supports, calibrage de l'allocation et suivi dans le temps. Chez France Épargne, nous vous accompagnons à chaque étape pour construire une allocation sur mesure.

  • Profilage investisseur détaillé : au-delà du simple questionnaire réglementaire, nous analysons votre situation patrimoniale globale (revenus, charges, épargne existante, projets de vie) pour définir l'allocation la plus pertinente entre fonds euros et UC.

  • Sélection des meilleurs supports UC : parmi les centaines de supports disponibles, nous identifions ceux qui offrent le meilleur rapport rendement/risque/frais dans chaque catégorie (ETF, SCPI, fonds diversifiés). Notre approche privilégie les supports à frais réduits et à track record solide.

  • Mise en place d'une gestion adaptée : gestion libre avec coaching, gestion pilotée ou gestion sous mandat, nous vous orientons vers le mode de gestion qui correspond à votre niveau d'implication et à votre expertise.

  • Suivi et rééquilibrage : les marchés évoluent, votre allocation dérive. Nous effectuons des points réguliers pour rééquilibrer votre contrat et ajuster la stratégie en fonction de l'évolution de vos objectifs et des conditions de marché.

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Conclusion

Les unités de compte sont devenues un outil incontournable pour tout épargnant qui souhaite construire un patrimoine performant sur le long terme. La diversité des supports disponibles (ETF à frais réduits, SCPI pour le rendement immobilier, private equity pour la recherche de surperformance) permet de construire des allocations adaptées à tous les profils, du plus prudent au plus dynamique.

L'essentiel est de respecter quelques principes fondamentaux : adapter l'exposition au risque à son horizon d'investissement, diversifier largement, maîtriser les frais (en privilégiant les ETF aux fonds actifs coûteux) et ne jamais investir de l'argent dont on pourrait avoir besoin à court terme. Le fonds euros reste le socle de sécurité indispensable, mais c'est la combinaison judicieuse avec les UC qui permet de viser une performance réelle positive sur la durée.

N'investissez pas seul : un conseil personnalisé fait la différence entre une allocation subie et une stratégie patrimoniale maîtrisée. Les conseillers France Épargne sont là pour vous aider à trouver le bon équilibre.


À lire également :

Sources : France Assureurs (rapport annuel 2024), ASPIM (Association française des Sociétés de Placement Immobilier), ACPR, MSCI, S&P Global, AMF (Autorité des Marchés Financiers), études SPIVA Europe

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