Fiscalité et réduction d'impôts

Loi de Finances 2026 promulguée : ce qui change pour votre épargne, vos placements et votre patrimoine

Loi de finances 2026 (loi n° 2026-103) : flat tax à 31,4 %, PER durci après 70 ans, assurance vie préservée. Décryptage des mesures pour votre épargne.

22 février 202615 min de lectureMis à jour le 30 mai 2026

La loi de finances 2026 redessine la fiscalité de l'épargne française. Promulguée sous le numéro loi n° 2026-103 du 19 février 2026 et publiée au Journal officiel le 20 février, elle alourdit la pression sur les revenus financiers, durcit le Plan d'Épargne Retraite pour les seniors et, contre toute attente, préserve l'assurance vie. Pour chaque épargnant, ces nouvelles règles imposent de revoir l'allocation de son patrimoine.

Les trois changements à retenir : la flat tax sur les placements financiers passe de 30 % à 31,4 %, les versements sur un PER après 70 ans perdent leur avantage fiscal, et l'assurance vie conserve l'intégralité de son régime de faveur. La loi de finances 2026 oriente ainsi mécaniquement les épargnants vers l'assurance vie, grande gagnante de cette réforme.

À retenir :

  • La flat tax sur les revenus financiers atteint 31,4 % depuis le 1er janvier 2026, sous l'effet d'une hausse de la CSG de 9,2 % à 10,6 % portée par la LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025).
  • Les versements sur un PER effectués à compter du 70e anniversaire du titulaire ne sont plus déductibles du revenu imposable (loi n° 2026-103, applicable aux versements depuis le 1er janvier 2026).
  • L'assurance vie sort indemne : prélèvements sociaux maintenus à 17,2 %, abattement de 152 500 € par bénéficiaire conservé, projet d'IFI improductif écarté.
  • Le barème de l'impôt sur le revenu est revalorisé de 0,9 %, avec un seuil d'entrée à 11 600 € par part (Service-Public.fr, 2026).
  • Le Livret A est tombé à 1,5 % depuis le 1er février 2026, contre 1,7 % auparavant (Banque de France, 2026).

Loi de finances 2026 : ce qui change en un coup d'œil

Le tableau ci-dessous résume l'impact de la réforme sur les principales enveloppes d'épargne et de transmission. Il distingue les mesures issues de la loi de finances elle-même de celles portées par la LFSS (loi de financement de la Sécurité sociale), deux textes votés en parallèle fin 2025 et début 2026.

Enveloppe ou dispositif Avant 2026 Après la réforme Texte porteur
Flat tax (PFU) sur placements financiers 30 % 31,4 % LFSS 2026 (CSG)
Prélèvements sociaux sur revenus financiers 17,2 % 18,6 % LFSS 2026
Assurance vie (prélèvements sociaux) 17,2 % 17,2 % (inchangé) Préservée
PER, versements après 70 ans Déductibles Non déductibles Loi de finances 2026
PER, report des plafonds inutilisés 3 ans 5 ans Loi de finances 2026
Barème de l'impôt sur le revenu Seuil 11 497 € Seuil 11 600 € (+0,9 %) Loi de finances 2026
Livret A 1,7 % 1,5 % (depuis le 1er février) Arrêté ministériel
Pacte Dutreil, engagement individuel 4 ans 6 ans Loi de finances 2026

Ce panorama montre une logique d'ensemble : le texte taxe davantage les revenus du capital financier, recentre le PER sur sa vocation retraite et consolide la place de l'assurance vie dans les stratégies patrimoniales.

Flat tax à 31,4 % : la hausse qui touche tous les placements

Le changement le plus immédiat concerne le prélèvement forfaitaire unique (PFU), aussi appelé flat tax, l'imposition forfaitaire qui frappe les revenus du capital. Sa composante sociale grimpe de 17,2 % à 18,6 %, ce qui porte le taux global de 30 % à 31,4 %. La part d'impôt sur le revenu reste fixée à 12,8 %.

Cette hausse de 1,4 point ne vient pas de la loi de finances, mais de la LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025), qui relève la CSG sur les revenus du patrimoine et les produits de placement de 9,2 % à 10,6 %. La distinction compte : les deux textes forment un seul paysage fiscal, mais ils n'ont pas la même origine législative.

Le nouveau taux de 31,4 % s'applique aux dividendes, aux intérêts des comptes titres, aux plus values mobilières, aux gains réalisés sur un PEA (Plan d'Épargne en Actions) lors de sa clôture, ainsi qu'aux revenus des PER. Les livrets réglementés (Livret A, LDDS, LEP) restent totalement exonérés. Les plus values immobilières et les revenus fonciers conservent quant à eux le taux de 17,2 % de prélèvements sociaux, sans être affectés par cette hausse.

À retenir : Un dividende brut de 1 000 € ne rapporte plus que 686 € net après flat tax à 31,4 %, contre 700 € auparavant. Pour les foyers modestes, l'option pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu peut rester plus avantageuse que le PFU, à arbitrer chaque année.

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PER : un tour de vis pour les plus de 70 ans

Le PER (Plan d'Épargne Retraite) subit un double ajustement avec cette réforme. La mesure la plus marquante supprime la déductibilité des versements pour les souscripteurs ayant dépassé 70 ans. Concrètement, les versements effectués à compter du 70e anniversaire du titulaire, depuis le 1er janvier 2026, ne réduisent plus le revenu imposable (Service-Public.fr, 2026). Les versements antérieurs restent déductibles, quel que soit l'âge auquel ils ont été réalisés.

L'objectif affiché par le législateur consiste à recentrer le PER sur sa vocation première, la constitution d'un complément de retraite, plutôt qu'un outil d'optimisation successorale en toute fin de vie. Les seniors encore actifs après 70 ans, en particulier les indépendants et les professions libérales, perdent ainsi un levier de défiscalisation.

Une mesure favorable accompagne ce durcissement : la période de report des plafonds de déduction non utilisés passe de trois à cinq ans. Cette disposition profite aux travailleurs indépendants et aux cadres supérieurs qui n'auraient pas saturé leurs plafonds les années précédentes. Pour comprendre le mécanisme complet d'imposition à l'entrée et à la sortie, consultez notre guide de la fiscalité du PER.

PER bancaire ou PER assurantiel : une disparité à surveiller

Le statut du PER face à la hausse de la CSG reste à clarifier par l'administration fiscale. Les PER assurantiels, adossés à un contrat d'assurance, semblent exclus de la hausse au même titre que l'assurance vie. Les PER bancaires, structurés sous forme de compte titres, pourraient en revanche y être soumis. Cette différence de traitement créerait une disparité entre les détenteurs selon la nature de leur plan. Notre analyse des prélèvements sociaux sur le PER détaille les taux applicables et la hausse de CSG.

Assurance vie : la grande rescapée de la réforme

L'assurance vie est la surprise de ce budget. Plusieurs amendements menaçaient son régime fiscal privilégié, mais le texte final les a tous écartés. Le projet le plus ambitieux visait à transformer l'IFI (Impôt sur la Fortune Immobilière) en un « Impôt sur la Fortune Improductive » qui aurait intégré les fonds en euros dans son assiette pour les patrimoines dépassant 1,3 million d'euros. Le gouvernement estimait un rendement de 500 millions d'euros par an. La version finale du texte a abandonné cette piste, et l'IFI reste centré sur les seuls actifs immobiliers, avec un seuil d'assujettissement maintenu à 1,3 million d'euros de patrimoine net taxable.

Les contrats d'assurance vie conservent donc l'ensemble de leurs avantages. Leurs prélèvements sociaux restent à 17,2 %, contre 18,6 % pour les autres placements financiers, soit un différentiel de 1,4 point en leur faveur. La fiscalité allégée après huit ans de détention demeure, tout comme l'abattement de 152 500 € par bénéficiaire en cas de succession, pour les primes versées avant 70 ans (article 990 I du Code général des impôts).

Ce statu quo renforce l'attrait comparatif de l'assurance vie. Les fonds en euros, qui ont servi un rendement moyen de l'ordre de 2,5 % à 2,6 % net de frais de gestion en 2024, deviennent d'autant plus compétitifs face à un Livret A tombé à 1,5 % depuis le 1er février 2026 (Banque de France, 2026). Pour les épargnants de plus de 70 ans, l'assurance vie s'impose désormais comme l'enveloppe de transmission de référence, à la place du PER.

Barème de l'impôt sur le revenu : les nouveaux seuils

La loi revalorise le barème progressif de l'impôt sur le revenu de 0,9 %, une indexation calée sur l'inflation. Le seuil d'entrée dans l'imposition passe de 11 497 € à 11 600 € de revenu net imposable par part. Les autres tranches suivent : 29 579 € pour le seuil de la tranche à 30 %, 84 577 € pour celui de la tranche à 41 % et 181 917 € pour celui de la tranche à 45 % (Service-Public.fr, 2026).

Initialement, le projet de loi prévoyait un gel du barème, qui aurait fait basculer environ 200 000 foyers modestes dans l'impôt du seul fait de l'inflation. La revalorisation de 0,9 %, fruit d'un compromis parlementaire, neutralise cet effet, tout en restant légèrement inférieure à l'inflation prévue pour 2026.

Donations et successions : des ajustements ciblés

La loi crée un nouvel abattement de 15 932 € pour les donations aux beaux-enfants, c'est-à-dire les enfants du conjoint ou du partenaire de PACS, sous condition d'une prise en charge effective et continue par le beau-parent. Cette mesure reconnaît pour la première fois sur le plan fiscal la réalité des familles recomposées. En l'absence de cette prise en charge, le régime des personnes non parentes, sans abattement et taxé à 60 %, reste applicable.

En matière de dons aux associations, le plafond ouvrant droit à la réduction d'impôt de 75 %, le dispositif dit « Coluche », est doublé : il passe de 1 000 € à 2 000 € par an. Cette réduction étant convertie en crédit d'impôt, elle bénéficie même aux foyers non imposables.

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Hauts revenus et holdings patrimoniales : la pression se renforce

La CDHR (Contribution Différentielle sur les Hauts Revenus), instaurée à titre temporaire pour 2025, est pérennisée par le texte. Elle s'applique jusqu'à ce que le déficit du budget général repasse sous la barre des 3 % du PIB. Le dispositif vise les contribuables dont le revenu fiscal de référence dépasse 250 000 € pour une personne seule, ou 500 000 € pour un couple soumis à imposition commune, en garantissant un taux d'imposition effectif minimal de 20 %.

Une nouvelle taxe de 20 % frappe par ailleurs les actifs non opérationnels détenus par les holdings patrimoniales familiales dont le patrimoine dépasse 5 millions d'euros, lorsque les revenus passifs représentent plus de 50 % de leurs produits. Environ 4 000 foyers seraient concernés. Cette taxe annuelle vise des actifs non affectés à une activité opérationnelle, tels que yachts, aéronefs, bijoux, chevaux de course, vins de collection ou résidences à usage personnel. La trésorerie d'entreprise et les participations dans des filiales opérationnelles en sont expressément exclues.

Pacte Dutreil : des conditions resserrées

L'exonération de 75 % des droits de mutation à titre gratuit offerte par le Pacte Dutreil, le dispositif de faveur pour la transmission d'entreprises familiales, est maintenue mais durcie. L'engagement individuel de conservation des titres passe de 4 à 6 ans, ce qui porte la durée totale de l'engagement, collectif puis individuel, à 8 ans minimum.

Les actifs dits « somptuaires », résidences personnelles, yachts, bijoux, œuvres d'art ou chevaux de course, sont désormais exclus du bénéfice de l'exonération, sauf s'ils sont exclusivement affectés à l'activité professionnelle depuis au moins trois ans avant la transmission. Ces nouvelles conditions s'appliquent aux transmissions, donations ou successions, intervenant depuis le 21 février 2026.

Immobilier : le nouveau statut Jeanbrun

La loi crée un statut de bailleur privé baptisé dispositif Jeanbrun, qui ouvre droit à un amortissement fiscal progressif sur neuf ans en contrepartie d'un engagement locatif à loyers plafonnés. Les taux d'amortissement varient de 3 % à 5,5 % par an selon le niveau de loyer pratiqué, intermédiaire, social ou très social, et selon la nature du bien, neuf ou rénové. Le déficit foncier généré par cet amortissement devient déductible de l'ensemble des revenus du contribuable, et non plus des seuls revenus fonciers. Ce dispositif remplace le Pinel, dont l'extinction avait été actée fin 2024. Pour un calcul détaillé des taux et des conditions de sortie, consultez notre guide pratique du dispositif Jeanbrun.

Quelle stratégie adopter face à la loi de finances 2026 ?

Les nouvelles règles appellent des arbitrages concrets selon le profil de chaque épargnant. Trois situations types se dégagent.

Pour les détenteurs de comptes titres ou de PEA, la hausse de la flat tax à 31,4 % réduit le rendement net des placements financiers. Comparer chaque année le PFU avec l'option pour le barème progressif devient un réflexe utile, en particulier pour les foyers faiblement imposés.

Pour les plus de 70 ans, la disparition de l'avantage fiscal du PER fait perdre tout intérêt à la stratégie d'optimisation successorale par cette enveloppe. L'assurance vie, qui conserve son abattement de 152 500 € par bénéficiaire, devient l'outil de transmission à privilégier à cet âge.

Pour les détenteurs d'assurance vie, le maintien du régime de faveur représente une opportunité. Le différentiel de prélèvements sociaux, 17,2 % contre 18,6 % sur les autres placements, conforte l'attrait de cette enveloppe, que l'on peut articuler avec un PER pour ceux qui restent imposés pendant leur vie active. Notre comparatif PER ou assurance vie aide à doser les deux.

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FAQ : loi de finances 2026 et épargne

Quand la loi de finances 2026 a-t-elle été promulguée ?

La loi de finances pour 2026 a été promulguée le 19 février 2026 sous le numéro loi n° 2026-103, après validation par le Conseil constitutionnel dans sa décision n° 2026-901 DC du même jour. Elle a été publiée au Journal officiel le 20 février 2026. La plupart de ses dispositions s'appliquent de manière rétroactive aux revenus de l'année 2025 et aux opérations réalisées depuis le 1er janvier 2026.

La flat tax passe-t-elle vraiment à 33 % en 2026 ?

Non. Les scénarios à 33 % ou 36 % évoqués à l'automne 2025 n'ont pas été retenus. Le taux du PFU s'établit à 31,4 % depuis le 1er janvier 2026, soit 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, sous l'effet de la hausse de la CSG portée par la LFSS 2026.

L'assurance vie est-elle touchée par la hausse de la flat tax ?

Non. L'assurance vie conserve ses prélèvements sociaux à 17,2 %, contre 18,6 % pour les autres placements financiers. Son abattement après huit ans et son abattement successoral de 152 500 € par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans sont également maintenus. Le projet d'intégrer les fonds en euros dans un IFI élargi a été abandonné.

Peut-on encore verser sur un PER après 70 ans ?

Oui, les versements restent possibles, mais ils ne sont plus déductibles du revenu imposable pour les sommes versées à compter du 70e anniversaire du titulaire, depuis le 1er janvier 2026. Les versements antérieurs conservent leur déductibilité. Au-delà de 70 ans, l'assurance vie devient généralement plus pertinente pour la transmission.

Le Livret A a-t-il baissé en 2026 ?

Oui. Le taux du Livret A est passé de 1,7 % à 1,5 % au 1er février 2026, sur préconisation du gouverneur de la Banque de France. Le LEP est fixé à 2,5 % et le LDDS à 1,5 % pour la même période.

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Conclusion

La loi de finances 2026 opère un rééquilibrage fiscal clair : plus de pression sur les revenus financiers via la flat tax à 31,4 %, un PER recentré sur la retraite et une assurance vie préservée. Pour les particuliers, la priorité consiste à revoir l'allocation de leur épargne à la lumière de ces nouvelles règles, en tenant compte de leur situation, de leur horizon de placement et de leurs objectifs de transmission. Un arbitrage entre flat tax et barème progressif, et entre PER et assurance vie, permet de limiter l'impact de la réforme et, dans bien des cas, d'en tirer parti.


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