Le passage à la nouvelle année s'accompagne traditionnellement d'un cortège de modifications réglementaires et fiscales. Ce 1er janvier 2026 ne fait pas exception, avec des changements significatifs touchant les salaires, les retraites, l'épargne et la fiscalité. Tour d'horizon des mesures qui entreront en vigueur et de leur impact sur le budget des ménages français.
Salaires et revenus : une revalorisation mesurée
Le SMIC augmente de 1,18 %
Le salaire minimum interprofessionnel de croissance (SMIC) est revalorisé de 1,18 % à compter du 1er janvier 2026. Le taux horaire brut passe ainsi de 11,88 € à 12,02 €, portant le SMIC mensuel brut à 1 823,03 € pour un temps plein (contre 1 801,80 € précédemment).
En net, les salariés au SMIC percevront environ 1 443,11 € par mois, soit une hausse d'environ 17 € mensuels. Cette augmentation, indexée sur l'inflation, ne comporte pas de coup de pouce gouvernemental supplémentaire.
Plafond de la Sécurité sociale en hausse
Le plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS) augmente de 2 % pour s'établir à 48 060 € par an, soit 4 005 € par mois. Ce seuil sert de référence pour le calcul de nombreuses cotisations sociales et prestations.
Gratification des stagiaires
La gratification minimale des stagiaires passe de 4,35 € à 4,50 € de l'heure, représentant 15 % du plafond horaire de la Sécurité sociale pour les stages d'au moins deux mois.
Retraites : suspension confirmée de la réforme
L'âge légal gelé à 62 ans et 9 mois
Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, définitivement adopté le 16 décembre 2025, officialise la suspension de la réforme des retraites d'Élisabeth Borne jusqu'à l'élection présidentielle de 2027.
Concrètement, l'âge légal de départ à la retraite sera maintenu à 62 ans et 9 mois pour les départs effectifs à partir du 1er septembre 2026, et ce jusqu'en janvier 2028. Les générations 1963 et 1964 sont les principales bénéficiaires de ce gel.
Revalorisation des pensions de 0,9 %
Les pensions de retraite de base seront revalorisées de 0,9 % au 1er janvier 2026, contre 2,2 % l'année précédente. Cette modération reflète le ralentissement de l'inflation. Pour une pension mensuelle de 1 200 €, cela représente un gain d'environ 10,80 € par mois.
Les retraites complémentaires Agirc-Arrco ne bénéficient d'aucune revalorisation pour l'instant, dans l'attente d'un accord entre partenaires sociaux.
Épargne réglementée : le PEL remonte à 2 %
Livret A et LEP : stabilité temporaire
Au 1er janvier 2026, le taux du Livret A reste fixé à 1,70 %, tout comme celui du LDDS (Livret de développement durable et solidaire). Le Livret d'épargne populaire (LEP) maintient son taux à 2,70 %.
Toutefois, une nouvelle baisse est attendue dès le 1er février 2026. Selon les projections basées sur la formule de calcul officielle, le Livret A pourrait descendre à 1,40 %, compte tenu d'une inflation limitée à 0,9 % sur un an et de taux interbancaires stables autour de 1,90 %.
PEL : le taux remonte à 2 %
Bonne nouvelle pour les épargnants : les Plans d'épargne logement (PEL) ouverts à partir du 1er janvier 2026 seront rémunérés à 2 %, contre 1,75 % pour ceux ouverts en 2025. Cette décision, officialisée par un avis au Journal officiel du 20 décembre, porte le taux du prêt associé à 3,20 %.
Le PEL reste le deuxième produit d'épargne réglementée en France avec un encours de 207,1 milliards d'euros. Attention toutefois : après application de la flat tax de 30 %, le rendement net des nouveaux PEL s'établit à 1,40 %.
Fiscalité : hausse ciblée de la CSG sur les revenus du capital
Le prélèvement forfaitaire unique passe à 31,4 %
La CSG sur les revenus du patrimoine augmente de 1,4 point, passant de 9,2 % à 10,6 %. Cette hausse s'inscrit dans le cadre de la création de la Contribution Financière pour l'Autonomie (CFA), destinée à financer le recrutement de 4 500 professionnels dans les EHPAD.
En conséquence, le Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU ou flat tax) passe de 30 % à 31,4 %, comprenant désormais 18,6 % de prélèvements sociaux et 12,8 % d'impôt sur le revenu. Cette mesure devrait rapporter entre 2,66 et 2,8 milliards d'euros en 2026.
Quels placements sont concernés ?
La hausse de la CSG s'applique aux dividendes et plus-values mobilières détenus hors enveloppes fiscales. En revanche, plusieurs produits sont explicitement exclus de cette augmentation :
- Les revenus fonciers et plus-values immobilières
- Les contrats d'assurance-vie
- Les Plans et Comptes épargne logement (PEL et CEL)
- Les Plans d'épargne populaire
- Les livrets réglementés (Livret A, LDDS, LEP)
Logement et énergie : le DPE rééquilibré
850 000 logements sortent du statut de passoire thermique
Le coefficient de conversion de l'électricité dans le calcul du Diagnostic de performance énergétique (DPE) passe de 2,3 à 1,9, conformément à l'arrêté du 13 août 2025. Cette mesure technique a des conséquences concrètes : entre 700 000 et 850 000 logements chauffés à l'électricité sortiront automatiquement du statut de passoire thermique.
Les DPE réalisés avant 2026 restent valides, mais les propriétaires peuvent télécharger gratuitement une nouvelle étiquette actualisée sur le site de l'ADEME.
Bonus écologique renforcé, malus durci
Le bonus écologique pour l'achat d'un véhicule électrique neuf augmente de 1 500 € pour atteindre 5 700 € maximum pour les ménages les plus modestes. Avec le surbonus pour les batteries fabriquées en Europe (1 200 à 2 000 €), un ménage précaire peut cumuler jusqu'à 7 700 € d'aides.
En contrepartie, le malus CO2 se durcit : le seuil de déclenchement s'abaisse de 113 à 108 g/km, et le montant maximal passe de 70 000 € à 80 000 €. Le malus au poids s'applique désormais dès 1 500 kg (contre 1 600 kg auparavant).
Ce qui va coûter plus cher en 2026
Assurances : la facture climatique
L'assurance habitation devrait augmenter de 7,5 % à 8 % en moyenne selon le cabinet Addactis, après des hausses de 11 % en 2025 et 6,6 % en 2024. En trois ans, la facture aura progressé de près de 30 %.
Cette inflation s'explique principalement par l'explosion des sinistres climatiques : 4,6 millions de sinistres indemnisés pour 8 milliards d'euros en 2024. La surprime catastrophes naturelles, passée de 12 % à 20 % depuis janvier 2025, pèse également sur les cotisations.
Autres hausses à prévoir
- Mutuelles santé : +4 % à +4,7 %
- Tarifs postaux : +7,4 % en moyenne (lettre verte à 1,52 €)
- Péages autoroutiers : +0,86 %
- Gaz et électricité : +3,5 % (estimation Engie)
- Tabac : jusqu'à +0,50 € par paquet
Ce qu'il faut retenir
Ce 1er janvier 2026 apporte son lot de bonnes et de moins bonnes nouvelles pour les épargnants français. Côté positif : la revalorisation du SMIC, la suspension de la réforme des retraites, la hausse du taux du PEL et le rééquilibrage du DPE pour les logements chauffés à l'électricité.
Côté contraintes : la hausse de la CSG sur certains revenus du capital, l'augmentation généralisée des assurances et des tarifs réglementés, ainsi que la baisse attendue du Livret A début février.
Pour optimiser leur situation, les épargnants ont intérêt à privilégier les enveloppes fiscales protégées (assurance-vie, PEA, PEL) et à anticiper les évolutions de taux sur les livrets réglementés.