Déclaration de revenus 2025 : ouverture le 9 avril, ce qui change pour les épargnants
La campagne de déclaration des revenus 2025 s'ouvre le 9 avril sur impots.gouv.fr. PFU relevé à 31,4 %, barème revalorisé de 0,9 %, plafond Coluche doublé : toutes les nouveautés qui concernent votre épargne et vos placements.

La campagne fiscale 2026 débute demain
À compter du 9 avril 2026, les 40 millions de foyers fiscaux français pourront accéder au service de déclaration en ligne sur impots.gouv.fr pour déclarer leurs revenus perçus en 2025. Cette campagne fiscale intervient dans un contexte marqué par plusieurs réformes significatives : hausse du prélèvement forfaitaire unique, revalorisation du barème de l'impôt sur le revenu et reconduction de la contribution différentielle sur les hauts revenus.
Pour les épargnants et investisseurs, les changements de cette année méritent une attention particulière. Le PFU passe de 30 % à 31,4 %, ce qui modifie l'équation entre flat tax et barème progressif. Le plafond de la réduction d'impôt pour les dons aux associations d'aide aux personnes en difficulté a été doublé à 2 000 €. L'option pour le barème progressif devient par ailleurs révocable, offrant une flexibilité inédite aux contribuables.
Calendrier et dates limites à retenir
- 9 avril 2026 : ouverture du service de déclaration en ligne
- 19 mai 2026 : date limite pour les déclarations papier
- 21 mai 2026 à 23h59 : départements 01 à 19 et non résidents
- 28 mai 2026 à 23h59 : départements 20 à 54
- 4 juin 2026 à 23h59 : départements 55 à 976
La déclaration en ligne est obligatoire pour tous les contribuables disposant d'un accès à internet. Les avis d'imposition seront disponibles à partir de l'été 2026, et la période de correction en ligne s'étendra de mi août à mi décembre 2026.
Un barème revalorisé de 0,9 % pour compenser l'inflation
L'article 4 de la loi de finances pour 2026, promulguée le 19 février, a revalorisé les tranches du barème de l'impôt sur le revenu de 0,9 %, conformément à la hausse des prix à la consommation hors tabac enregistrée en 2025. Cette indexation vise à éviter que l'inflation ne pousse mécaniquement les contribuables vers des tranches supérieures.
Les tranches applicables aux revenus 2025 (par part fiscale)
- Jusqu'à 11 600 € : 0 %
- De 11 600 € à 29 579 € : 11 %
- De 29 579 € à 84 577 € : 30 %
- De 84 577 € à 181 917 € : 41 %
- Au delà de 181 917 € : 45 %
Le quotient familial reste plafonné avec les règles habituelles : 1 part pour un célibataire, 2 parts pour un couple marié ou pacsé, 0,5 part supplémentaire pour chacun des deux premiers enfants à charge et 1 part à partir du troisième.
PFU à 31,4 % : ce que cela change pour vos placements
Le changement le plus notable pour les épargnants concerne le prélèvement forfaitaire unique. Depuis le 1er janvier 2026, le PFU est passé de 30 % à 31,4 %, en raison d'une hausse de 1,4 point des prélèvements sociaux (la CSG passant de 9,2 % à 10,6 %). Le taux se décompose désormais en 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux.
Cette hausse touche les dividendes, les intérêts de comptes titres et les plus values mobilières. Plusieurs produits d'épargne y échappent cependant : les contrats d'assurance vie, les revenus locatifs, les plus values immobilières, les anciens PEL et CEL ouverts avant le 1er janvier 2018 conservent l'ancien taux de prélèvements sociaux à 17,2 %.
Faut il opter pour le barème progressif ?
La question se pose avec plus d'acuité cette année. Un contribuable dont le taux marginal d'imposition est de 11 % ou moins a tout intérêt à opter pour le barème progressif plutôt que de subir le PFU à 12,8 % d'impôt sur le revenu. Pour les dividendes, l'abattement de 40 % sur le barème progressif peut rendre cette option plus avantageuse jusqu'à la tranche à 30 %. Quant aux plus values sur titres acquis avant 2018, des abattements pour durée de détention s'appliquent uniquement en cas d'option pour le barème.
Nouveauté 2026 : l'option pour le barème progressif devient révocable. Auparavant irrévocable, elle peut désormais être modifiée dans le délai de réclamation de trois ans, y compris pour les revenus perçus à partir du 1er janvier 2026. Cette flexibilité permet de revenir sur son choix si l'on constate a posteriori que le PFU aurait été plus avantageux.
Contribution différentielle sur les hauts revenus : un an de plus
Instaurée par la loi de finances pour 2025, la contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR) garantit un taux d'imposition minimal de 20 % pour les foyers les plus aisés. La loi de finances pour 2026 a reconduit ce dispositif pour une année supplémentaire.
Sont concernés les contribuables domiciliés en France dont le revenu fiscal de référence corrigé dépasse 250 000 € pour un célibataire ou 500 000 € pour un couple. Lorsque le cumul de l'impôt sur le revenu et de la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus reste inférieur à 20 % du revenu du foyer, une contribution complémentaire s'applique pour atteindre ce seuil.
Les contribuables ayant versé un acompte de 95 % entre le 1er et le 15 décembre 2025 doivent veiller à reporter correctement ce versement dans leur déclaration afin d'éviter toute double imposition.
Plafond Coluche doublé : une incitation renforcée aux dons
La loi de finances pour 2026 a porté de 1 000 € à 2 000 € le plafond des dons ouvrant droit à la réduction d'impôt de 75 % au titre du dispositif « Coluche ». Ce relèvement s'applique aux dons effectués depuis le 14 octobre 2025 au profit d'associations d'aide aux personnes en difficulté (repas, soins, hébergement) ou de lutte contre les violences domestiques.
Concrètement, un contribuable qui a versé 2 000 € à une association éligible bénéficiera d'une réduction d'impôt de 1 500 €. Au delà de ce plafond, les dons continuent d'ouvrir droit à une réduction de 66 %, dans la limite de 20 % du revenu imposable. Le plafond global des avantages fiscaux reste fixé à 10 000 € pour les réductions et crédits d'impôt standards.
Déclaration automatique : trois pièges à éviter
Environ 12 millions de foyers sont éligibles à la déclaration automatique, qui valide les informations préremplies sans action du contribuable. Si ce dispositif simplifie les démarches, il comporte des risques bien identifiés par la Direction générale des finances publiques.
Des données préremplies parfois inexactes
Les informations transmises par les employeurs et organismes sociaux peuvent contenir des erreurs. Des écarts de 30 % à 60 % sur les revenus déclarés ont été constatés pour certaines professions. Un contrôle ligne par ligne avec les bulletins de paie et justificatifs de 2025 reste indispensable.
Une perte d'éligibilité passée inaperçue
Un mariage, un divorce, une naissance ou un déménagement peut exclure le contribuable du dispositif automatique sans notification explicite. L'absence de déclaration qui en résulte expose à des majorations de 10 % à 40 % selon les cas.
Des avantages fiscaux ignorés par le système
La déclaration automatique ne prend pas en compte les dons aux associations, les frais de garde d'enfants, l'emploi à domicile, les investissements immobiliers défiscalisants ni les travaux de rénovation énergétique. Les contribuables doivent basculer en mode complet pour saisir ces éléments et récupérer parfois plusieurs centaines d'euros.
Optimisation : les leviers à actionner avant de valider
Utilisez le simulateur officiel de la DGFiP
Disponible depuis le 10 mars 2026, le simulateur en ligne de la DGFiP (simulateur-ir-ifi.impots.gouv.fr) permet de calculer gratuitement l'impôt 2026 sur les revenus 2025. L'outil intègre le barème revalorisé, les décotes et les principaux crédits d'impôt. Deux versions existent : simplifiée et complète.
Comparez PFU et barème progressif
Avec le PFU à 31,4 %, les contribuables dont le taux marginal ne dépasse pas 11 % ont systématiquement intérêt à opter pour le barème progressif. Pour les détenteurs de dividendes imposés à 30 %, l'abattement de 40 % combiné à la déductibilité partielle de la CSG (6,8 %) peut également rendre le barème plus favorable. La révocabilité de l'option offre un filet de sécurité inédit.
Pensez au déficit foncier et au PER
Les versements sur un plan d'épargne retraite (PER) viennent en déduction du revenu imposable, avec un impact proportionnel au taux marginal d'imposition. Le déficit foncier s'impute sur le revenu global dans la limite de 10 700 € par an, le surplus se reportant sur les revenus fonciers des dix années suivantes. Ces deux leviers nécessitent une planification sur plusieurs exercices.
Vérifiez vos frais réels
Les salariés qui supportent des frais professionnels élevés peuvent opter pour la déduction des frais réels plutôt que la déduction forfaitaire de 10 %. La distance domicile/travail est prise en compte dans la limite de 40 km pour la déduction intégrale. Les frais de repas ne sont déductibles que pour la part excédant la valeur d'un repas pris à domicile.
IFI 2026 : un seuil et un barème inchangés
L'impôt sur la fortune immobilière conserve son seuil de déclenchement à 1 300 000 € de patrimoine immobilier net au 1er janvier 2026. Le barème progressif, qui démarre à 800 000 € une fois le seuil franchi, n'a pas été modifié par le Parlement. Une décote s'applique pour les patrimoines compris entre 1 300 000 € et 1 400 000 €.
Les dons aux organismes d'intérêt général ouvrent droit à une réduction d'IFI de 75 % des montants versés, dans la limite de 50 000 € de réduction. La déclaration IFI est intégrée à la déclaration de revenus et suit les mêmes échéances.
Ce qu'il faut surveiller dans les prochaines semaines
Prochaines étapes :
- 9 avril 2026 : ouverture du service en ligne sur impots.gouv.fr
- Mi avril : mise à disposition de la déclaration préremplie pour les foyers éligibles à la déclaration automatique
- 19 mai au 4 juin : dates limites de dépôt selon le département
- Été 2026 : réception des avis d'imposition et nouveau taux de prélèvement à la source applicable en septembre
- Mi août à mi décembre : ouverture du service de correction en ligne
Si le solde d'impôt à payer est inférieur à 300 €, le prélèvement sera effectué en une seule fois en septembre. Au delà de ce montant, l'administration procédera à un étalement en quatre mensualités de septembre à décembre 2026.
Conclusion
La campagne de déclaration 2026 apporte des évolutions notables pour les épargnants et investisseurs. La hausse du PFU à 31,4 %, la révocabilité de l'option pour le barème progressif et le doublement du plafond Coluche constituent les trois changements majeurs à intégrer lors de votre déclaration. Le simulateur officiel de la DGFiP reste l'outil de référence pour comparer les différentes options avant de valider.
Sources
- impots.gouv.fr : Les modalités de la déclaration de revenus en 2026
- Service Public : Déclaration de revenus, date limite
- Meilleurtaux Placement : Campagne de déclarations des revenus 2025 et IFI 2026
- MoneyVox : Flat tax (PFU), quel taux pour l'épargne en 2026
- impots.gouv.fr : Contribution Différentielle sur les Hauts Revenus (CDHR)
- Service Public : Dons aux associations et réductions d'impôts, nouvelles règles 2026
- Le Journal de la Finance : Les pièges de la déclaration automatique
- Service Public : Tranches et taux d'imposition 2026
- LégiFiscal : Le simulateur de l'impôt sur le revenu 2026
- MoneyVox : IFI 2026, barème, seuil et calcul
Article rédigé le 8 avril 2026. Les informations peuvent évoluer avec la mise en ligne du service de déclaration.