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Rachat d'Assurance Vie : Partiel, Total et Stratégies Optimales

Rachat partiel ou total d'assurance vie : fiscalité, formule de calcul, rachats programmés et stratégies pour optimiser vos retraits. Guide expert.

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Rachat d'Assurance Vie : Partiel, Total et Stratégies Optimales

Contrairement à une idée reçue encore trop répandue, l'assurance vie n'est pas un placement bloqué. Vous pouvez retirer votre argent à tout moment, partiellement ou en totalité, sans avoir à justifier votre demande. Avec plus de 2 107 milliards d'euros d'encours en France et près de 54 millions de contrats en cours, le rachat d'assurance vie est une opération courante que des millions d'épargnants réalisent chaque année.

Pourtant, tous les rachats ne se valent pas. Un retrait mal calibré peut vous coûter des milliers d'euros en fiscalité inutile, tandis qu'une stratégie de rachat bien pensée peut transformer votre contrat en véritable source de revenus complémentaires, tout en préservant vos avantages fiscaux. La différence entre les deux ? Une bonne compréhension des mécanismes et un accompagnement adapté.

Dans ce guide, nous détaillons les différentes formes de rachat d'assurance vie (partiel, total et programmé) ainsi que l'alternative méconnue de l'avance sur contrat. Vous découvrirez les formules de calcul de la part imposable, les abattements dont vous pouvez bénéficier et, surtout, les stratégies concrètes pour optimiser chaque retrait. Des exemples chiffrés illustrent chaque situation pour vous permettre d'agir en toute connaissance de cause.

Rachat Partiel : Retirer Sans Fermer Votre Contrat

Le rachat partiel est l'opération la plus courante et, dans la grande majorité des cas, la plus avantageuse. Son principe est simple : vous retirez une partie de votre épargne tout en maintenant votre contrat d'assurance vie ouvert. Cette distinction est fondamentale car elle vous permet de conserver l'antériorité fiscale de votre contrat, un atout majeur lorsque celui-ci a plus de huit ans.

Le principe du rachat partiel

Lorsque vous effectuez un rachat partiel, vous ne retirez pas uniquement des plus-values ou uniquement du capital versé : chaque retrait est composé d'une fraction de votre mise initiale et d'une fraction de gains. C'est cette proportion qui détermine la base imposable de votre rachat.

La formule de calcul de la part imposable est la suivante :

Part imposable = Montant du rachat x (Total des plus-values / Encours total du contrat)

Prenons un exemple concret. Vous disposez d'un contrat avec un encours de 150 000 euros, dont 50 000 euros de plus-values (vous avez versé 100 000 euros au total). Si vous effectuez un rachat partiel de 15 000 euros, la part imposable se calcule ainsi :

  • Part imposable = 15 000 x (50 000 / 150 000) = 5 000 euros

Seuls 5 000 euros de votre retrait de 15 000 euros sont donc soumis à l'impôt. Les 10 000 euros restants correspondent à la restitution de votre capital et ne sont pas imposés.

Antériorité conservée : un avantage décisif

L'atout majeur du rachat partiel réside dans la préservation de l'antériorité fiscale du contrat. Que votre contrat ait 3, 8 ou 20 ans d'ancienneté, un rachat partiel ne modifie pas cette date de souscription. Vous continuez donc à bénéficier du cadre fiscal avantageux de l'assurance vie après 8 ans, notamment de l'abattement annuel de 4 600 euros pour une personne seule ou 9 200 euros pour un couple.

À l'inverse, un rachat total met fin au contrat et vous fait perdre définitivement cette antériorité. Si vous souhaitez souscrire un nouveau contrat par la suite, le compteur fiscal repart à zéro.

Délais et procédure

Le délai légal de traitement d'un rachat partiel est fixé à deux mois maximum par le Code des assurances. En pratique, les assureurs traitent la grande majorité des demandes en une à trois semaines. Certains contrats en ligne permettent même des virements sous 72 heures pour les rachats en fonds euros.

Pour effectuer votre demande, il suffit généralement d'adresser un courrier à votre assureur ou de réaliser l'opération en ligne si votre contrat le permet. Les pièces à fournir sont un formulaire de demande de rachat, un RIB et une pièce d'identité. Aucune justification du motif du retrait n'est requise.

Montant minimum et contraintes

La plupart des contrats imposent un montant minimum de rachat partiel, généralement compris entre 500 et 1 000 euros. Ils exigent également le maintien d'un solde minimum sur le contrat, souvent de 300 à 1 000 euros. Ces seuils varient selon les assureurs et les conditions générales de votre contrat.

Rachat Total : Quand et Pourquoi Clôturer Son Contrat

Le rachat total représente la clôture définitive de votre contrat d'assurance vie. L'intégralité de votre épargne vous est restituée et le contrat cesse d'exister. C'est une décision irréversible qui mérite d'être soigneusement pesée.

Ce que vous perdez avec un rachat total

La conséquence la plus lourde d'un rachat total est la perte définitive de l'antériorité fiscale. Si votre contrat avait 12 ans d'ancienneté, ces 12 années d'avantage fiscal disparaissent. Tout nouveau contrat souscrit repartira de zéro, avec un nouveau compteur de huit ans avant de bénéficier à nouveau des abattements.

Par ailleurs, l'ensemble des plus-values du contrat est soumis à l'imposition en une seule fois. Pour un contrat ayant accumulé des gains significatifs, la facture fiscale peut être considérable.

Quand le rachat total se justifie-t-il ?

Malgré ses inconvénients, certaines situations peuvent légitimer un rachat total :

  • Transfert chez le même assureur : depuis la loi PACTE, vous pouvez transférer votre contrat vers un autre contrat du même assureur en conservant votre antériorité. Ce mécanisme évite le rachat total dans de nombreux cas.
  • Frais excessifs : si votre contrat bancaire prélève des frais de gestion élevés (0,80 % à 1 % par an) sur des supports limités (50 à 200 unités de compte), la perte de performance cumulée sur 10 ou 20 ans peut justifier de clôturer pour souscrire un contrat plus compétitif. Néanmoins, évaluez toujours le coût fiscal de la clôture face aux économies de frais futures.
  • Besoin urgent de la totalité des fonds : dans certaines situations de la vie (acquisition immobilière, coup dur financier), la mobilisation de l'ensemble du capital peut s'avérer nécessaire.
  • Contrat très ancien et peu performant : certains contrats monosupport souscrits il y a plusieurs décennies offrent des rendements devenus négligeables, avec des conditions générales rigides.

L'alternative : les rachats partiels successifs

Dans la majorité des cas, la stratégie la plus judicieuse consiste à procéder par rachats partiels successifs plutôt que par un rachat total. Cette approche vous permet de :

  • Conserver votre antériorité fiscale
  • Étaler l'imposition sur plusieurs années
  • Bénéficier de l'abattement annuel à chaque exercice
  • Garder une enveloppe ouverte pour de futurs versements

Même si vous souhaitez récupérer la quasi-totalité de votre épargne, il est souvent préférable de laisser un solde minimal sur le contrat (par exemple 500 euros) pour maintenir celui-ci ouvert.

Exemple chiffré : vous détenez un contrat de 100 000 euros avec 30 000 euros de plus-values, ouvert il y a 12 ans. Un rachat total générerait une imposition de (30 000 - 4 600) x 7,5 % = 1 905 euros d'IR + 30 000 x 17,2 % = 5 160 euros de PS, soit 7 065 euros au total. En procédant par rachats partiels de 20 000 euros par an sur cinq ans, la part imposable annuelle serait de 6 000 euros (20 000 x 30 %), inférieure à l'abattement de 4 600 euros pour 1 400 euros seulement. L'impôt annuel ne serait que de 1 400 x 7,5 % = 105 euros d'IR, soit 525 euros sur cinq ans au lieu de 1 905 euros. L'économie d'IR est de près de 1 400 euros.

Rachats Programmés : Créer un Revenu Régulier

Les rachats programmés constituent l'une des utilisations les plus intelligentes de l'assurance vie, en particulier pour les personnes à la retraite ou celles qui souhaitent compléter leurs revenus de façon régulière.

Le principe des rachats programmés

Le rachat programmé est un retrait automatique, à fréquence régulière (mensuelle, trimestrielle, semestrielle ou annuelle), d'un montant que vous fixez à l'avance. L'assureur procède automatiquement aux retraits selon le calendrier défini et vire les fonds sur votre compte bancaire.

Ce dispositif transforme votre contrat d'assurance vie en source de revenus récurrents, à la manière d'une rente, mais avec une flexibilité incomparable : vous pouvez modifier le montant, la fréquence ou interrompre les rachats à tout moment, sans frais ni pénalité.

Optimiser l'abattement annuel : le calcul décisif

La clé de l'optimisation des rachats programmés réside dans le calibrage des retraits pour exploiter pleinement l'abattement fiscal annuel de 4 600 euros (célibataire) ou 9 200 euros (couple) sans le dépasser.

Rappelons que cet abattement porte uniquement sur la part de plus-values contenue dans le rachat, et non sur le montant total retiré. Il est donc possible de retirer des sommes bien supérieures à 4 600 euros par an sans payer d'impôt sur le revenu, dès lors que la part imposable reste sous l'abattement.

Profil Encours Plus-values Ratio gains/encours Rachat annuel maximal exonéré d'IR Rachat mensuel correspondant
Célibataire 200 000 EUR 60 000 EUR 30 % 15 333 EUR 1 278 EUR
Célibataire 300 000 EUR 100 000 EUR 33 % 13 800 EUR 1 150 EUR
Couple 200 000 EUR 60 000 EUR 30 % 30 667 EUR 2 556 EUR
Couple 300 000 EUR 100 000 EUR 33 % 27 600 EUR 2 300 EUR
Couple 500 000 EUR 200 000 EUR 40 % 23 000 EUR 1 917 EUR

Note : ces montants correspondent à un rachat dont la part de plus-values reste sous l'abattement. Les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus sur les gains, même sous l'abattement.

Mise en place pratique

Pour mettre en place des rachats programmés, adressez-vous à votre assureur ou à votre conseiller en gestion de patrimoine. La plupart des contrats multisupport proposent cette option. Vous devrez définir :

  • Le montant de chaque rachat (fixe ou variable)
  • La fréquence (mensuelle conseillée pour un complément de revenus)
  • Les supports sur lesquels puiser en priorité (fonds euros d'abord pour plus de stabilité, ou au prorata de votre allocation)
  • Le compte bancaire de destination

Revoyez ce calibrage chaque année, car le ratio plus-values/encours évolue avec chaque rachat et avec les performances de vos supports.

Rachats programmés et prélèvements sociaux

Un point de vigilance : même lorsque la part de gains de vos rachats reste sous l'abattement de 4 600 ou 9 200 euros, les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus. L'abattement ne concerne que l'impôt sur le revenu. Concrètement, si vous retirez 15 000 euros par an dont 5 000 euros de gains, vous ne payez pas d'IR mais vous devez acquitter 5 000 x 17,2 % = 860 euros de prélèvements sociaux.

Il est important d'intégrer cette charge dans votre calcul de revenu net. Par ailleurs, pour les fonds euros, une partie des prélèvements sociaux a déjà été prélevée annuellement lors de l'inscription en compte des intérêts. L'assureur effectue une régularisation au moment du rachat pour éviter la double imposition.

Rachats programmés vs rente viagère

Certains épargnants hésitent entre les rachats programmés et la conversion de leur contrat en rente viagère. Les deux mécanismes ont des logiques très différentes :

  • La rente viagère garantit un revenu à vie, même si vous vivez très longtemps, mais le capital est définitivement aliéné (vous ne pouvez plus le récupérer ni le transmettre)
  • Les rachats programmés préservent la propriété de votre capital, vous permettent de modifier ou stopper les retraits à tout moment, et le solde restant sur le contrat reste transmissible via la clause bénéficiaire

Dans la majorité des cas, les rachats programmés offrent une flexibilité supérieure à la rente. La rente viagère n'est pertinente que pour les épargnants sans héritiers ou ayant une forte aversion au risque de longévité.

L'Avance sur Contrat : L'Alternative Méconnue

Avant d'effectuer un rachat d'assurance vie, il existe une option que beaucoup d'épargnants ignorent : l'avance sur contrat. Ce mécanisme peut vous permettre d'accéder à des liquidités sans aucun impact fiscal.

Qu'est-ce qu'une avance sur contrat ?

L'avance est un prêt que votre assureur vous accorde en utilisant votre contrat d'assurance vie comme garantie. À la différence d'un rachat, l'avance n'est pas un retrait : votre épargne reste investie, continue de générer des intérêts ou des plus-values, et aucune fiscalité n'est déclenchée.

Du point de vue juridique et fiscal, l'avance se distingue radicalement du rachat :

  • Pas d'événement fiscal : aucune imposition n'est due puisqu'il ne s'agit pas d'un retrait de fonds
  • Pas d'impact sur l'antériorité : le contrat n'est en rien modifié
  • Le capital continue de travailler : vos fonds restent investis et génèrent des rendements

Conditions de l'avance

Le montant de l'avance est généralement plafonné à 60 % à 80 % de la valeur de rachat de votre contrat. Le taux d'intérêt appliqué varie de 2 % à 4 % selon les assureurs, ce qui reste compétitif face à un crédit à la consommation classique.

La durée initiale est de trois ans, renouvelable. À l'échéance, vous pouvez rembourser l'avance de trois manières :

  1. Par un remboursement en espèces (virement bancaire)
  2. Par compensation avec un rachat partiel
  3. Par renouvellement de l'avance pour une nouvelle période

Si l'avance n'est pas remboursée et que les intérêts cumulés deviennent trop importants par rapport à l'encours du contrat, l'assureur peut procéder à un rachat partiel forcé pour solder la dette.

Quand préférer l'avance au rachat ?

L'avance est particulièrement pertinente dans les situations suivantes :

  • Besoin de trésorerie temporaire : vous avez besoin de fonds pour quelques mois (travaux, apport immobilier en attente de vente, etc.) et prévoyez de rembourser rapidement
  • Contrat fortement capitalisé en plus-values : si la part de gains dans votre contrat est élevée, un rachat générerait une imposition significative ; l'avance permet d'éviter ce déclenchement fiscal
  • Contrat de moins de 8 ans : l'avance évite la fiscalité défavorable des rachats avant 8 ans (30 % de PFU contre 2-4 % d'intérêts sur l'avance)

Exemple chiffré : vous disposez d'un contrat de 200 000 euros avec 80 000 euros de plus-values, ouvert depuis 5 ans. Vous avez besoin de 40 000 euros pour 18 mois. Un rachat partiel de 40 000 euros générerait une part imposable de 16 000 euros (40 000 x 80 000 / 200 000), soit 4 800 euros d'impôt au PFU de 30 %. Avec une avance à 3 %, le coût sur 18 mois serait de 1 800 euros d'intérêts. L'économie est de 3 000 euros.

Fiscalité des Rachats : Synthèse Complète

La fiscalité du rachat d'assurance vie dépend de deux facteurs principaux : l'ancienneté du contrat et la date des versements. Voici une synthèse pour vous y retrouver. Pour un traitement approfondi, consultez notre guide complet de la fiscalité de l'assurance vie.

Tableau récapitulatif de la fiscalité des rachats

Critère Contrat de moins de 8 ans Contrat de 8 ans et plus (versements < 150 000 EUR) Contrat de 8 ans et plus (versements > 150 000 EUR)
Taux d'imposition (PFU) 12,8 % 7,5 % 12,8 %
Prélèvements sociaux 17,2 % 17,2 % 17,2 %
Fiscalité totale 30 % 24,7 % 30 %
Abattement annuel Aucun 4 600 EUR (célibataire) / 9 200 EUR (couple) 4 600 EUR (célibataire) / 9 200 EUR (couple)
Option barème IR Oui, si plus avantageux Oui, si plus avantageux Oui, si plus avantageux

Note : le seuil de 150 000 euros s'apprécie sur l'ensemble des contrats d'assurance vie détenus, tous assureurs confondus.

L'option pour le barème progressif

Le prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 12,8 % est appliqué par défaut, mais vous pouvez opter pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu si celui-ci est plus favorable. Cette option est globale : elle s'applique à l'ensemble de vos revenus de capitaux mobiliers de l'année (intérêts, dividendes, plus-values). Elle est intéressante si votre taux marginal d'imposition est inférieur à 12,8 %, c'est-à-dire pour les contribuables situés dans les tranches à 0 % ou 11 %.

Les prélèvements sociaux : toujours dus

Quelle que soit l'ancienneté du contrat et le mode d'imposition choisi, les prélèvements sociaux de 17,2 % s'appliquent sur les plus-values. Il n'existe pas d'abattement ni d'exonération sur cette composante. Sur les fonds euros, les prélèvements sociaux sont prélevés chaque année lors de l'inscription des intérêts en compte. Sur les unités de compte, ils sont dus au moment du rachat.

Exemple chiffré complet

Prenons le cas de Sophie, célibataire, qui détient un contrat d'assurance vie de plus de 8 ans :

  • Encours total : 180 000 euros
  • Total des versements : 120 000 euros
  • Total des plus-values : 60 000 euros
  • Elle effectue un rachat partiel de 30 000 euros

Calcul étape par étape :

  1. Part imposable = 30 000 x (60 000 / 180 000) = 10 000 euros
  2. Abattement applicable = 4 600 euros
  3. Base taxable après abattement = 10 000 - 4 600 = 5 400 euros
  4. Impôt sur le revenu (PFU 7,5 % car versements < 150 000 EUR) = 5 400 x 7,5 % = 405 euros
  5. Prélèvements sociaux sur la totalité des gains = 10 000 x 17,2 % = 1 720 euros
  6. Fiscalité totale = 2 125 euros, soit 7,1 % du montant retiré

Si Sophie avait effectué le même rachat sur un contrat de moins de 8 ans, sans abattement et au PFU de 30 %, la facture aurait été de 10 000 x 30 % = 3 000 euros, soit 41 % de plus.

Stratégies d'Optimisation des Rachats

Au-delà de la simple compréhension des mécanismes, plusieurs stratégies permettent de réduire significativement la fiscalité de vos rachats d'assurance vie.

Stratégie 1 : étaler les rachats sur plusieurs années civiles

L'abattement de 4 600 ou 9 200 euros se renouvelle chaque année au 1er janvier. Si votre besoin de liquidités le permet, répartissez vos rachats sur deux ou trois années consécutives pour multiplier les abattements. Un besoin de 40 000 euros retiré en une seule fois peut générer une imposition bien supérieure au même montant retiré en deux tranches de 20 000 euros à cheval sur deux années fiscales.

Stratégie 2 : calibrer les rachats sous l'abattement

Comme nous l'avons vu dans la section sur les rachats programmés, il est souvent possible de retirer des sommes conséquentes tout en restant sous l'abattement, grâce à la formule de calcul au prorata. Plus le ratio de plus-values par rapport à l'encours est faible, plus le montant que vous pouvez retirer sans impôt sur le revenu est élevé.

Stratégie 3 : arbitrer avant de racheter

Si votre contrat contient des unités de compte en moins-value latente, une stratégie consiste à arbitrer ces supports vers le fonds euros avant d'effectuer votre rachat. Cette opération cristallise les moins-values et réduit le montant total des plus-values du contrat, ce qui diminue mécaniquement la part imposable de votre rachat.

Stratégie 4 : utiliser plusieurs contrats

Si vous détenez plusieurs contrats d'assurance vie, privilégiez les rachats sur le contrat dont le ratio plus-values/encours est le plus faible. Le contrat où vous avez réalisé le moins de gains est celui où vos rachats seront les moins imposés.

Stratégie 5 : optimiser le choix PFU vs barème

Chaque année, évaluez si le barème progressif de l'IR ne serait pas plus avantageux que le PFU. C'est le cas notamment pour les retraités dont le taux marginal d'imposition est à 11 % : ils économisent 1,8 point de fiscalité en optant pour le barème (11 % au lieu de 12,8 %, ou 7,5 % après 8 ans contre 12,8 %).

Exemple Concret : La Stratégie de Michel et Catherine

Mettons toutes ces notions en pratique avec un cas concret.

Profil : Michel et Catherine, 65 ans, fraîchement retraités. Ils disposent d'un contrat d'assurance vie multisupport ouvert il y a 15 ans.

  • Encours total : 300 000 euros
  • Total des versements : 200 000 euros
  • Total des plus-values : 100 000 euros
  • Ratio gains/encours : 33,3 %
  • Besoin : un complément de retraite de 1 500 euros net par mois

Stratégie mise en place avec leur conseiller France Épargne :

  1. Rachats programmés mensuels de 2 200 euros : soit 26 400 euros par an

    • Part imposable annuelle = 26 400 x 33,3 % = 8 800 euros
    • Abattement couple = 9 200 euros
    • Part imposable après abattement = 0 euro d'impôt sur le revenu
    • Prélèvements sociaux = 8 800 x 17,2 % = 1 514 euros par an (soit 126 euros par mois)
    • Revenu net mensuel = 2 200 - 126 = 2 074 euros
  2. Arbitrage préalable : avant la mise en place des rachats, arbitrage de certaines UC en moins-value latente vers le fonds euros, ce qui a ramené le ratio de gains à 30 %, augmentant encore la marge de manœuvre sous l'abattement.

  3. Sécurisation progressive : le conseiller a orienté l'allocation vers 70 % fonds euros et 30 % UC défensives pour limiter la volatilité du capital en phase de consommation.

Résultat sur 10 ans :

  • Total retiré : environ 264 000 euros
  • Impôt sur le revenu payé : 0 euro (grâce au calibrage sous l'abattement couple)
  • Prélèvements sociaux payés : environ 15 000 euros sur 10 ans
  • Capital restant sur le contrat (hors performance) : environ 36 000 euros, mais grâce aux rendements (estimation 2,5 % net annuel moyen sur le fonds euros), le capital restant est estimé à environ 52 000 euros

Si Michel et Catherine avaient procédé à un rachat total dès le départ pour placer les fonds sur un compte courant, l'impôt aurait été de (100 000 - 9 200) x 7,5 % = 6 810 euros d'IR + 100 000 x 17,2 % = 17 200 euros de PS, soit 24 010 euros de fiscalité. La stratégie de rachats programmés optimisés leur a permis d'économiser près de 9 000 euros d'impôt sur le revenu.

Comment France Épargne Vous Accompagne

Le rachat d'assurance vie est une opération simple en apparence, mais dont les conséquences fiscales et patrimoniales peuvent être significatives. Un mauvais calibrage, un timing inadapté ou une méconnaissance des options disponibles peuvent vous coûter plusieurs milliers d'euros.

Chez France Épargne, nos conseillers en gestion de patrimoine vous accompagnent à chaque étape :

  • Diagnostic patrimonial : analyse de vos contrats existants, de la répartition gains/capital et de votre situation fiscale globale pour déterminer la stratégie de rachat la plus avantageuse
  • Calibrage optimisé : calcul précis du montant et de la fréquence de rachats pour exploiter pleinement les abattements sans les dépasser
  • Alternative avance : étude systématique de l'option avance sur contrat lorsque votre besoin de liquidités est temporaire
  • Suivi fiscal annuel : réajustement de votre stratégie de rachat chaque année en fonction de l'évolution de votre contrat et de votre fiscalité
  • Accompagnement administratif : gestion des demandes auprès de l'assureur, vérification des délais et des montants versés

En tant que courtier indépendant, France Épargne n'a aucun intérêt à vous orienter vers un rachat plutôt qu'un autre. Notre seul objectif est de maximiser votre revenu net après impôts.

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Conclusion

Le rachat d'assurance vie est un droit que vous pouvez exercer à tout moment, mais c'est aussi un levier d'optimisation patrimoniale considérable lorsqu'il est maîtrisé. Retenez les principes essentiels : le rachat partiel préserve l'antériorité et l'abattement fiscal ; les rachats programmés permettent de créer un revenu régulier sans impôt sur le revenu si correctement calibrés ; l'avance sur contrat offre une alternative non fiscalisée pour les besoins temporaires ; et le rachat total, en dernier recours, doit être réservé aux situations où aucune autre option n'est viable.

La formule de calcul de la part imposable (Montant du rachat multiplié par le ratio plus-values sur encours) est votre boussole. Plus vous la maîtrisez, plus vous pourrez ajuster vos retraits pour minimiser la fiscalité. Et si la matière vous semble technique, c'est précisément le rôle d'un conseiller en gestion de patrimoine de réaliser ces calculs pour vous et de vous proposer la stratégie la plus adaptée à votre situation.

N'attendez pas le moment du retrait pour vous interroger sur la fiscalité. Anticipez, planifiez et faites-vous accompagner.


À lire également :

Sources : Code des assurances (articles L132-21 et L132-22), Code général des impôts (article 125-0 A), France Assureurs, Bilan annuel assurance vie 2025, ACPR/Banque de France, Situation des organismes d'assurance S1 2025

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