
Découvrez le déficit foncier illimité de la loi Monuments Historiques : déduction totale des travaux, subventions DRAC et exonération de succession en détail.
La loi Monuments Historiques offre le régime fiscal le plus puissant de l'immobilier français : le déficit foncier illimité. Là où le déficit foncier classique plafonne la déduction à 10 700 € par an sur le revenu global, ce dispositif permet de déduire 100 % des charges de restauration et d'entretien directement du revenu global imposable, sans plafond de montant ni de durée de report. Pour un contribuable imposé dans la tranche marginale à 45 % engageant 1,5 M€ de travaux, l'économie fiscale atteint 675 000 €, ramenant le coût réel net à 825 000 € après impôts. Combinée aux subventions DRAC, la facture finale peut descendre sous 30 % du coût nominal des travaux. Ce guide complet détaille le mécanisme du déficit foncier illimité, les conditions d'éligibilité, les dépenses déductibles, les stratégies d'optimisation et les obligations réglementaires.
À retenir :
- La déduction des charges de restauration s'impute sur le revenu global sans aucun plafond (article 156 II 1° ter du CGI)
- Le déficit non absorbé se reporte sans limite de durée sur les revenus des années suivantes
- L'avantage est exclu du plafonnement global des niches fiscales (10 000 €/an)
- Les subventions DRAC couvrent jusqu'à 40 % du montant HT des travaux pour un monument classé (source : Ministère de la Culture, 2025)
- L'exonération totale des droits de succession est possible sous convention avec l'État
Le déficit foncier illimité des monuments historiques repose sur l'article 156 II 1° ter du Code général des impôts, qui dispose que les charges de propriété déductibles pour la détermination du revenu net foncier des immeubles classés monuments historiques ou inscrits à l'inventaire supplémentaire sont déduites « pour leur montant total du revenu global » (source : Légifrance, article 156 CGI). Cette formulation établit deux principes fondamentaux.
Le premier principe est la déduction du revenu global. Les charges foncières ne se déduisent pas uniquement des revenus fonciers comme pour un bien classique : elles s'imputent directement sur le revenu global imposable, qu'il s'agisse de salaires, de bénéfices industriels et commerciaux (BIC), de bénéfices non commerciaux (BNC) ou de revenus de capitaux mobiliers.
Le second principe est l'absence de plafond. Contrairement à l'article 156 I 3° du CGI, qui limite le déficit foncier standard à 10 700 € par an, l'article 156 II 1° ter ne comporte aucune limitation de montant. Un contribuable percevant 400 000 € de revenus professionnels et engageant 600 000 € de travaux en année N verra son revenu imposable réduit à zéro, avec un déficit reportable de 200 000 € sur les exercices suivants.
| Critère | Déficit foncier standard (art. 156 I 3° CGI) | Déficit foncier MH (art. 156 II 1° ter CGI) |
|---|---|---|
| Plafond annuel déductible | 10 700 € maximum sur le revenu global | Aucun plafond : 100 % déductible |
| Excédent de déficit | Imputable uniquement sur revenus fonciers futurs (10 ans) | Imputable sur le revenu global des années futures, sans limite |
| Durée de report du déficit | 10 ans maximum | Illimitée |
| Biens éligibles | Tout immeuble locatif (hors meublé) | Monument historique classé ou inscrit uniquement |
| Dépenses déductibles | Travaux d'entretien, réparation, intérêts, taxes | Idem + travaux de restauration du patrimoine |
| Condition de location | Engagement de location 3 ans minimum | Aucune obligation de location (usage personnel autorisé) |
| Économie maximale à TMI 45 % | 4 815 € par an | Illimitée (ex. : 675 000 € pour 1,5 M€ de travaux) |
| Plafonnement des niches fiscales | Soumis au plafond de 10 000 € | Exclu du plafonnement |
Régime standard (immeuble locatif classique) :
Année 1 : 400 000 € de travaux engagés. Déduction sur le revenu global : 10 700 €. Économie fiscale à TMI 45 % : 4 815 €. Le solde de 389 300 € se reporte uniquement sur les revenus fonciers futurs pendant 10 ans au maximum.
Année 2 : même schéma. Économie fiscale immédiate totale sur les deux années : 9 630 €.
Régime monuments historiques :
Année 1 : 400 000 € de travaux. Déduction sur le revenu global : 400 000 € (intégralité). Pour un contribuable percevant 300 000 € de revenus, le revenu imposable tombe à zéro. L'économie fiscale atteint 135 000 € (300 000 € × 45 %). Le déficit de 100 000 € se reporte.
Année 2 : 400 000 € de travaux + report de 100 000 €. Le total déductible atteint 500 000 €. Économie fiscale : 135 000 €. Report cumulé : 200 000 €.
Années 3 et 4 : absorption du report de 200 000 €. Économie fiscale complémentaire : 90 000 €.
Économie fiscale totale sous le régime MH : 360 000 €, soit un gain de 350 370 € par rapport au régime standard.
Le régime MH n'impose aucune obligation de location du bien, contrairement au déficit foncier standard qui exige un engagement locatif de 3 ans minimum (source : article 156 I 3° CGI, Légifrance). Le propriétaire conserve la liberté d'occuper le monument à titre personnel, d'en faire une résidence secondaire familiale ou de le transmettre à ses héritiers tout en bénéficiant de l'intégralité des déductions fiscales. Cette flexibilité rend le dispositif particulièrement adapté aux projets patrimoniaux à vocation familiale et intergénérationnelle.
Au 31 décembre 2024, la France compte 45 223 immeubles protégés au titre des monuments historiques, dont 14 333 classés et 30 890 inscrits (source : Ministère de la Culture, bilan de la protection au titre des MH, chiffres clefs au 1er janvier 2025). Les deux catégories ouvrent droit au déficit foncier illimité, selon des niveaux de contrainte différenciés.
Monument Historique Classé (MH Classé)
Un monument classé présente un intérêt majeur du point de vue de l'histoire ou de l'art justifiant une conservation dans l'intérêt national (article L621‑1 du Code du patrimoine). La protection est la plus stricte : tous les travaux, tant intérieurs qu'extérieurs, sont soumis à l'autorisation de l'Architecte des Bâtiments de France (ABF). Le propriétaire s'engage à une ouverture au public selon des modalités convenues avec la DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles). Les modifications non autorisées sont passibles de sanctions pénales pouvant atteindre 75 000 € d'amende et 6 mois d'emprisonnement (article L621‑4 du Code du patrimoine).
Monument Historique Inscrit (anciennement ISMH)
Un monument inscrit présente un intérêt suffisant pour justifier la préservation, sans atteindre le niveau d'intérêt national du classement (article L621‑25 du Code du patrimoine). Seuls les travaux extérieurs et structurels sont soumis à l'autorisation de l'ABF. Les travaux intérieurs restent libres sauf sur les parties spécifiquement classées. L'obligation d'ouverture au public ne s'applique pas sauf accord volontaire. Les délais d'instruction sont plus courts : 3 à 6 mois contre 6 à 18 mois pour un monument classé.
Les immeubles situés en zone de protection du patrimoine (périmètre de 500 mètres autour d'un MH) mais non classés ni inscrits ne bénéficient pas du déficit foncier illimité. Ils restent soumis au plafond standard de 10 700 € par an. Toute demande de déduction illimitée sur un bien non protégé entraîne un redressement systématique avec majoration de 40 % et intérêts de retard.
La vérification de la protection d'un immeuble passe par quatre sources officielles complémentaires :
Les documents à exiger du vendeur comprennent la copie de l'arrêté de classement ou d'inscription (Préfecture), l'historique des autorisations ABF accordées, le dossier DRAC complet avec plans et descriptions, et une attestation fiscale de l'expert comptable du vendeur confirmant l'éligibilité au déficit foncier illimité.

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Lancer la simulationLe régime MH se distingue par une définition extensive des charges déductibles, qui dépasse largement le périmètre du déficit foncier standard. L'ensemble des travaux visant à maintenir, restaurer ou remettre en état le monument sont éligibles, sous réserve d'obtenir l'autorisation de l'ABF lorsqu'elle est requise.
Gros œuvre et structure : réfection complète de la toiture (charpente, couverture ardoise ou tuile, zinguerie), restauration des façades (ravalement, rejointoiement pierre, enduits chaux), consolidation des fondations (reprises en sous œuvre, drainage, étanchéité), réparation des murs porteurs (maçonnerie, pierre de taille, chaînages) et restauration des planchers (solivage, parquets anciens, carrelages d'époque).
Second œuvre et finitions : électricité complète (mise aux normes, tableaux, éclairages), plomberie et sanitaires, chauffage (chaudière, radiateurs, plancher chauffant basse température), menuiseries extérieures (fenêtres bois sur mesure, portes, volets) et isolation thermique par l'intérieur avec matériaux perspirants (chanvre, laine de bois).
Éléments patrimoniaux spécifiques : restauration de boiseries murales XVIIIe ou XIXe siècle (lambris, panneaux décoratifs), réfection de parquets anciens (Versailles, point de Hongrie), restauration de gypseries et stucs (plafonds, corniches, moulures), consolidation de cheminées monumentales (pierre, marbre, décors sculptés), restauration de ferronneries (rampes d'escalier, grilles, balcons forgés) et réfection de vitraux.
Aménagements réglementaires et sécurité : accessibilité PMR (obligatoire pour les ERP), sécurité incendie, mise aux normes électriques et contrôle d'accès.
Espaces extérieurs historiques : restauration de jardins à la française, réfection d'allées et de terrasses, restauration de bassins et fontaines, consolidation de murs d'enceinte et portails monumentaux, élagage et traitement d'arbres remarquables centenaires.
Les travaux d'aménagement intérieur « modernes » (cuisine équipée, dressing) sont déductibles s'ils s'intègrent dans un projet global de restauration autorisé par l'ABF. Il est préférable de privilégier les factures globales « restauration et aménagement » plutôt que des devis séparés « équipement mobilier ».
Au delà des travaux, l'ensemble des charges de propriété sont déductibles du revenu global sans limite :
| Catégorie | Dépenses déductibles | Montant annuel typique (château 800 m²) |
|---|---|---|
| Taxes foncières | Taxe foncière bâti + non bâti | 12 000 à 25 000 € |
| Assurances | MRH spécialisée MH, RC, dommages ouvrage | 15 000 à 30 000 € |
| Frais financiers | Intérêts d'emprunt acquisition + travaux | 40 000 à 120 000 € (selon dette) |
| Frais de gestion | Comptable, CGP, syndic SCI | 3 000 à 8 000 € |
| Honoraires professionnels | Architecte, avocat, notaire (frais annuels) | 5 000 à 15 000 € |
| Entretien courant | Jardinage, nettoyage, petites réparations | 15 000 à 40 000 € |
| Énergie | Électricité, gaz, fioul | 10 000 à 30 000 € |
| Salaires | Gardien, jardinier, personnel d'entretien + charges sociales | 35 000 à 100 000 € |
Total des charges courantes annuelles pour un château de 800 m² avec personnel : 135 000 à 368 000 €.
Certaines dépenses ne sont jamais déductibles : le prix d'acquisition du monument (uniquement amortissable en SCI à l'IS), les constructions nouvelles créant de la surface (aile moderne, piscine, garage neuf), les améliorations non patrimoniales sans lien avec le caractère historique, le mobilier et la décoration (sauf restauration de meubles classés MH intégrés au bâti) et les dépenses personnelles.
La distinction entre restauration (déductible) et amélioration (non déductible) est cruciale. La réfection d'une toiture en ardoise à l'identique relève de la restauration. Le passage d'une couverture tuile à une couverture ardoise constitue une amélioration de matériau. La restauration de fenêtres bois à l'identique est déductible, le remplacement par du double vitrage PVC moderne ne l'est pas.
À retenir : Pour les projets de travaux dépassant 500 000 €, il est recommandé de demander un rescrit fiscal (article L80 B du LPF) auprès de la DGFIP pour valider la déductibilité avant l'engagement des dépenses. La réponse, rendue sous 3 mois, est opposable à l'administration.

Le calendrier de facturation des travaux constitue un levier d'optimisation majeur selon le profil de revenus du contribuable.
Stratégie de lissage sur 4 à 6 ans (revenus stables de 200 000 à 400 000 € par an) : cette approche consiste à répartir les travaux pour absorber progressivement le déficit sans générer de reports excessifs. Pour un contribuable percevant 300 000 € par an et engageant 1,8 M€ de travaux répartis en quatre tranches annuelles de 450 000 €, l'absorption complète prend 6 ans. Le contribuable ne paie aucun impôt sur le revenu pendant cette période, avec une économie fiscale totale de 810 000 € (45 % × 1,8 M€).
Stratégie de concentration sur 1 à 2 ans (hauts revenus ou revenus exceptionnels) : cette stratégie maximise les travaux sur une période courte pour absorber un revenu exceptionnel (cession d'entreprise, plus value de portefeuille, exercice de stock options). Un contribuable percevant habituellement 400 000 € par an et réalisant une cession d'entreprise de 2,5 M€ en année 2 aurait intérêt à concentrer 2,2 M€ de travaux sur les années 1 et 2. L'économie fiscale totale atteint 990 000 € (45 % × 2,2 M€), soit une réduction d'impôt de 780 000 € sur la seule année de la cession.
Recommandation : si vous anticipez une cession d'entreprise, une plus value immobilière ou un héritage dans les 2 à 3 ans, programmez les travaux du château l'année de réalisation du revenu exceptionnel pour une compensation maximale.
Pour un projet combinant patrimoine personnel et exploitation commerciale (hôtel, événementiel), le choix entre SCI à l'IR (déficit foncier illimité) et SCI à l'IS (amortissement) est stratégique.
| Critère | SCI à l'IR (déficit foncier) | SCI à l'IS (amortissement) |
|---|---|---|
| Optimisation fiscale | Déficit illimité sur le revenu global des associés | Amortissement + charges = réduction de l'IS société |
| Taux d'imposition | TMI des associés (0 à 45 %) | IS société (15 % puis 25 %) |
| Déductibilité des travaux | 100 % l'année du paiement | Amortissement linéaire 20 à 50 ans |
| Usage personnel | Libre, sans fiscalité supplémentaire | Taxation de l'avantage en nature (loyer théorique) |
| Revenus locatifs | Imposés à l'IR via la quote part SCI | Imposés à l'IS (15 à 25 %) |
| Distribution des bénéfices | Transparence fiscale (pas de dividendes) | Dividendes taxés au PFU de 30 % |
| Plus value à la revente | Régime des plus values immobilières des particuliers (abattement pour durée) | Plus value professionnelle + taxation des dividendes distribués |
La SCI à l'IR est recommandée lorsque les revenus personnels des associés dépassent 250 000 € par an (TMI 41 à 45 %), que les travaux prévus sont importants (800 000 € à 5 M€), que l'usage personnel est dominant et que l'exploitation commerciale reste modérée (moins de 100 000 € de CA par an). L'optimisation est massive : 45 % du montant total des travaux revient sous forme d'économie fiscale.
La SCI à l'IS est pertinente lorsque le projet prévoit une exploitation commerciale intensive (hôtel de 10 chambres ou plus, 30 événements par an), un chiffre d'affaires prévisionnel supérieur à 300 000 € par an, et des revenus personnels modérés ne justifiant pas un déficit foncier.
Le régime du déficit foncier illimité, qui autorise des déductions de plusieurs centaines de milliers d'euros, fait l'objet d'une attention soutenue de l'administration fiscale. Les contrôles portent sur cinq axes principaux.
1. Réalité de la classification MH : l'administration exige l'arrêté préfectoral de classement ou d'inscription (copie certifiée), la fiche Mérimée et l'attestation DRAC. Toute déduction illimitée sur un bien situé en zone de protection mais non classé lui même entraîne un redressement systématique avec majoration de 40 % et intérêts de retard.
2. Nature et réalité des travaux : les factures doivent être détaillées (artisan, matériaux, main d'œuvre), accompagnées de devis préalables comparatifs, de l'autorisation ABF, de photos avant et après et de procès verbaux de réception de chantier. Les travaux de construction neuve, les améliorations non patrimoniales et les factures globales imprécises (« travaux divers 200 000 € » sans détail) sont systématiquement refusés.
3. Paiement effectif des dépenses : les charges sont déductibles l'année du paiement, pas de l'engagement. Un devis accepté en décembre N mais réglé en janvier N+1 est déductible en N+1. L'administration exige des relevés bancaires, des attestations de paiement et l'échéancier des subventions DRAC le cas échéant.
4. Cohérence économique : l'administration peut invoquer l'abus de droit (article L64 du LPF) si le montage présente un caractère artificiel. Les schémas risqués comprennent les travaux démesurés (coût supérieur à 3 fois la valeur d'acquisition), la facturation entre sociétés liées à prix majoré, la revente immédiate en moins de 3 ans sans justification et l'absence totale de revenus patrimoniaux sur 10 ans (déficit perpétuel sans absorption).
5. Engagement de conservation (succession) : pour bénéficier de l'exonération des droits de succession, les héritiers s'engagent à conserver le bien 15 ans minimum. La vente avant cette échéance entraîne le rappel fiscal des droits de succession avec majoration de 40 %.
Pour les projets d'investissement supérieurs à 1 M€, le rescrit fiscal (article L80 B du LPF) offre une sécurité juridique totale. La procédure est gratuite : le propriétaire adresse une demande détaillée au Service des Impôts des Particuliers et à la Direction Départementale des Finances Publiques. L'administration dispose de 3 mois pour répondre ; le silence vaut acceptation tacite. La réponse est opposable à l'administration pendant toute la durée du projet, protégeant le contribuable contre tout redressement sur les points validés (source : BOFiP, BOI-SJ-RES-10, article L80 B du LPF).
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Lancer le bilanLes DRAC (Directions Régionales des Affaires Culturelles) octroient des subventions directes pour les travaux de restauration, cumulables avec le déficit foncier illimité (source : Ministère de la Culture, rubrique « Subventions et dispositifs fiscaux »).
| Classification | Taux de subvention DRAC | Conditions principales | Délai d'instruction |
|---|---|---|---|
| MH Classé | 40 % des travaux HT | Projet validé ABF + CRMH, artisans qualifiés | 9 à 18 mois |
| MH Inscrit | 20 % des travaux HT | Projet validé ABF, artisans qualifiés | 6 à 12 mois |
Les travaux éligibles aux subventions comprennent la restauration du gros œuvre (toiture, façades, structure), les éléments patrimoniaux classés (boiseries, ferronneries, vitraux), la mise en sécurité et l'accessibilité, ainsi que les travaux d'urgence en cas de péril imminent. Les aménagements intérieurs modernes, les équipements techniques standard et les espaces verts (sauf jardins classés) sont généralement exclus. Le propriétaire doit financer au minimum 20 % des travaux et les aides cumulées ne peuvent dépasser 80 % du coût total (source : Ministère de la Culture, 2025).
La subvention DRAC réduit le coût net des travaux, et le déficit foncier déductible est calculé sur le montant effectivement payé par le propriétaire (subvention déduite) :
| Poste | Montant |
|---|---|
| Travaux totaux HT | 1 000 000 € |
| Subvention DRAC 40 % (MH classé) | 400 000 € |
| Montant payé par le propriétaire | 600 000 € |
| Déficit foncier déductible | 600 000 € |
| Économie fiscale (TMI 45 %) | 270 000 € (45 % × 600 000 €) |
| Coût réel final | 330 000 € |
| Réduction totale par rapport au nominal | 67 % |
Cette triple optimisation (subvention publique + économie fiscale + report de déficit) constitue l'un des montages les plus efficaces du système fiscal français pour les contribuables fortement imposés (source : article 156 II 1° ter CGI, barème IR 2026, taux DRAC Ministère de la Culture).
Le dossier de demande de subvention comprend cinq volets : la présentation de la propriété (arrêté de classement, photos, plans cadastraux), le projet de restauration (étude préalable de l'architecte du patrimoine, descriptif par corps d'état, plans avant et après), le budget prévisionnel (devis détaillés, plan de financement, 3 devis comparatifs obligatoires pour les montants supérieurs à 100 000 €), les autorisations (avis ABF favorable, permis de construire le cas échéant) et l'engagement du propriétaire (conservation 15 ans, autorisation des visites de contrôle DRAC en cours de chantier).
Le versement de la subvention intervient après réalisation des travaux ou par tranches d'avancement (30 % d'avance, 40 % en cours de chantier, 30 % au solde). Le propriétaire doit donc préfinancer l'intégralité des travaux, ce qui nécessite un crédit travaux ou une trésorerie suffisante.
La loi Monuments Historiques offre un avantage supplémentaire majeur : l'exonération totale des droits de donation et de succession sur les immeubles classés ou inscrits. Cette exonération est subordonnée à la conclusion d'une convention à durée indéterminée entre les héritiers, donataires ou légataires et les ministères de la Culture et des Finances (source : BOFiP, BOI-ENR-DMTG-10-20-30-60, article 795 A du CGI).
La convention précise les modalités d'entretien du bien et définit les conditions d'accès au public : soit un minimum de 60 jours par an entre le 15 juin et le 15 septembre (dimanches et jours fériés inclus), soit 80 jours par an entre mai et fin septembre. Pour un château estimé à 3 M€ transmis à deux héritiers, l'économie en droits de succession peut atteindre plusieurs centaines de milliers d'euros selon le lien de parenté et les abattements applicables.
Cette exonération est possible même si l'héritier n'appartient pas à la famille du détenteur, ce qui ouvre la voie à des schémas de transmission à des tiers passionnés de patrimoine, sous réserve du respect de la convention (source : Defrénois, « Monument historique : exonération totale des droits de succession »).
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Être rappelé sous 6hIl n'existe aucun plafond. L'article 156 II 1° ter du CGI permet de déduire 100 % des charges de restauration et d'entretien du revenu global imposable, sans limitation de montant ni de durée de report. Ce dispositif est par ailleurs exclu du plafonnement global des niches fiscales fixé à 10 000 € par an. Un contribuable engageant 2 M€ de travaux déduira l'intégralité de cette somme de ses revenus globaux sur plusieurs exercices.
Non. Contrairement au déficit foncier standard qui impose une location de 3 ans minimum, le régime MH n'exige aucune obligation locative. Le propriétaire peut occuper le bien à titre personnel, en faire une résidence secondaire ou le laisser vacant tout en déduisant la totalité des charges de son revenu global.
Seuls les immeubles bénéficiant d'une protection officielle au titre des monuments historiques sont éligibles : les monuments classés (14 333 en France au 1er janvier 2025) et les monuments inscrits (30 890). Les biens situés en simple zone de protection, à proximité d'un monument mais sans classification propre, ne bénéficient pas du déficit foncier illimité.
Non. L'avantage fiscal procuré par le régime MH est une déduction de charges, et non une réduction ou un crédit d'impôt. À ce titre, il est totalement exclu du plafonnement global des niches fiscales (10 000 € par an), ce qui le distingue fondamentalement des dispositifs Pinel, Denormandie ou Malraux.
Les héritiers bénéficient d'une exonération totale des droits de succession sous condition de signer une convention avec les ministères de la Culture et des Finances. Cette convention impose la conservation du bien, son entretien régulier et une ouverture au public de 60 à 80 jours par an. La convention est à durée indéterminée et toute rupture (vente avant 15 ans, défaut d'entretien grave) entraîne le rappel des droits avec majoration de 40 %.
Oui. Les subventions DRAC sont cumulables avec le déficit foncier illimité. Toutefois, le montant déductible correspond au montant effectivement payé par le propriétaire, après déduction de la subvention. Pour 1 M€ de travaux avec une subvention de 40 % (400 000 €), le déficit foncier déductible est de 600 000 €.
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Le déficit foncier illimité de la loi Monuments Historiques reste le dispositif d'optimisation fiscale le plus puissant du système fiscal français pour les contribuables imposés dans les tranches à 41 % et 45 %. Avec une déduction à 100 % des charges sur le revenu global, sans plafond de montant, sans obligation de location, et une exclusion totale du plafonnement des niches fiscales, ce régime autorise des économies fiscales de plusieurs centaines de milliers d'euros. Combiné aux subventions DRAC (jusqu'à 40 % pour les monuments classés) et à l'exonération des droits de succession, le coût réel d'un investissement en monument historique peut descendre sous 30 % du coût nominal des travaux.
L'étape suivante consiste à identifier un monument adapté à votre situation patrimoniale et à modéliser précisément l'impact fiscal sur votre horizon d'investissement. Les experts de France Épargne sont à votre disposition pour réaliser cette étude personnalisée.
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