Compte Épargne Logement 2026 : rémunération, droit à prêt et arbitrage
Le Compte Épargne Logement (CEL) est un produit d'épargne réglementé qui permet à la fois de placer de l'argent disponible à tout moment et d'obtenir un prêt immobilier à taux réglementé. Avec un plafond de versement de 15 300 €, une rémunération brute de 1,25 % depuis le 1er août 2026, et un droit à prêt plafonné à 23 000 € sur 15 ans, le CEL est l'un des placements les plus anciens et les plus simples du catalogue français. Moins puissant que le PEL en termes de droit à prêt (23 000 € contre 92 000 €) et de rémunération, il se distingue par la disponibilité totale des fonds, sans durée minimale de détention pour les retraits. En 2026, le Livret A sert 1,70 % et le LEP 2,50 % ; le CEL reste pertinent pour les profils qui préparent un achat immobilier tout en gardant la possibilité de mobiliser leur épargne en cas de besoin. Il s'utilise le plus souvent avec d'autres prêts aidés (PEL, PTZ) pour abaisser le coût global d'une opération immobilière.
Comment fonctionne précisément le CEL
Le CEL se compose de deux phases distinctes : la phase d'épargne (illimitée en durée) et la phase de prêt (facultative, déclenchée à la demande). Pendant la phase d'épargne, le titulaire effectue des versements libres, à partir de 75 € à l'ouverture puis 75 € minimum par versement, dans la limite du plafond de 15 300 €. Les intérêts sont calculés par quinzaine selon le même mécanisme que le Livret A (règle de la quinzaine) et capitalisés chaque 31 décembre.
Une fois 18 mois d'ancienneté atteints, le titulaire peut demander l'ouverture de la phase de prêt. La banque calcule alors le droit à prêt du CEL selon une formule officielle : droit à prêt = intérêts acquis × coefficient multiplicateur. En 2026, ce coefficient est de 1,5 pour les CEL ouverts récemment. Le droit à prêt est plafonné à 23 000 € et la durée du prêt à 15 ans maximum.
Le CEL est cumulable avec le PEL du même titulaire, à condition que les deux contrats soient ouverts dans la même banque. Ce cumul est un élément de négociation majeur : les droits à prêt s'additionnent, permettant d'emprunter jusqu'à 92 000 + 23 000 = 115 000 € à taux réglementé sur une seule banque, en complément d'un prêt principal classique.
Les taux CEL en 2026
Le taux du CEL est égal aux deux tiers du taux du Livret A, arrondi au quart de point le plus proche (arrêté du 27 janvier 2021 relatif aux taux d'intérêt des produits d'épargne réglementée, Banque de France). Depuis le 1er août 2026, avec un Livret A à 1,70 %, le CEL rémunère donc à 1,25 % brut. Du 1er février au 31 juillet 2026, il servait 1,00 %. Les intérêts des CEL ouverts depuis 2018 supportent le prélèvement forfaitaire unique de 30 % (12,8 % d'impôt et 17,2 % de prélèvements sociaux) ; ceux des CEL antérieurs sont exonérés d'impôt sur le revenu et soumis aux seuls prélèvements sociaux de 17,2 %.
- Taux de rémunération CEL : 1,25 % brut depuis le 1er août 2026 (1,00 % du 1er février au 31 juillet 2026)
- Taux prêt CEL : 2,75 % hors assurance (rémunération + 1,5 point)
- Fiscalité intérêts CEL ouvert depuis 2018 : PFU 30 % dès la 1re année
- Fiscalité intérêts CEL ouvert avant 2018 : exonéré d'IR, soumis aux prélèvements sociaux 17,2 %
- Plafond de versement : 15 300 € (hors capitalisation des intérêts)
Calcul du droit à prêt en pratique
Le droit à prêt CEL dépend du volume d'intérêts accumulés sur toute la durée de détention, ce qui le rend difficile à estimer de tête. Voici trois exemples chiffrés pour visualiser la mécanique :
CEL ouvert il y a 5 ans avec un solde moyen de 5 000 € : environ 125 à 150 € d'intérêts cumulés. Droit à prêt : 125 à 150 € × 1,5 = 190 à 225 €. Insuffisant pour le minimum légal de 3 000 €. Il faut attendre davantage ou alimenter plus.
CEL rempli au plafond (15 300 €) pendant 10 ans : environ 1 500 € d'intérêts cumulés. Droit à prêt : 2 250 €. Encore insuffisant pour le seuil plancher du prêt CEL.
CEL rempli au plafond pendant 15 ans : environ 2 400 € d'intérêts cumulés. Droit à prêt : 3 600 €. Premier seuil où le prêt CEL devient effectivement mobilisable, loin du plafond maximum de 23 000 €.
Pour obtenir le droit à prêt maximum de 23 000 €, il faudrait accumuler environ 1 534 € d'intérêts, ce qui suppose un CEL maintenu au plafond pendant une longue durée. En pratique, le droit à prêt réel du CEL est souvent inférieur à 5 000 €, ce qui limite fortement son impact dans un projet immobilier.
CEL vs autres prêts aidés
Face au PEL (plafond 92 000 €), au PTZ (jusqu'à 138 000 € en zone A) ou au PAS (sans plafond mais soumis à conditions de revenus), le CEL sert de dispositif d'appoint dans un plan de financement. Il rend service dans quatre situations :
- Compléter un PTZ + prêt principal pour atteindre le budget d'achat cible sans tendre la conformité HCSF
- Financer exclusivement des travaux d'amélioration ou d'agrandissement quand le montant est inférieur à 23 000 €
- Financer l'acquisition d'un terrain à bâtir en complément d'un prêt construction
- Servir de prêt de dépannage ponctuel sur un achat de petite surface (studio, parking, box)
Quand ouvrir un CEL en 2026
Avec une rémunération de 1,25 % brut, soumise au PFU de 30 %, le CEL rapporte moins que le Livret A à 1,70 % net, qui offre aussi un plafond plus élevé et une exonération totale. Son intérêt tient au droit à prêt acquis progressivement.
Ouvrir un CEL en 2026 se justifie surtout si vous prévoyez un projet immobilier à court ou moyen terme (3 à 10 ans), si vous avez déjà un PEL dont vous souhaitez compléter le droit à prêt, ou si vous êtes un primo accédant qui accumule des droits sur tous les dispositifs aidés. Pour tout autre usage, le Livret A ou le LEP (si éligible) sont préférables.
À noter : la prime d'État du CEL (1 144 € maximum) a été supprimée pour les CEL ouverts depuis le 1er janvier 2018. Les CEL antérieurs en bénéficient encore à condition d'effectuer un prêt d'un montant minimum de 5 000 €.