Stellantis signe un redressement spectaculaire au T1 2026 : ventes en hausse sur tous les fronts
Stellantis affiche une croissance de 5 % en Europe et de 4 % aux États Unis au premier trimestre 2026, défiant le recul généralisé du secteur automobile. Le groupe issu de la fusion PSA/Fiat Chrysler confirme l'efficacité de son plan de redressement.

Le groupe automobile Stellantis, issu de la fusion entre PSA et Fiat Chrysler en 2021, affiche des résultats commerciaux en nette progression au premier trimestre 2026. Avec 696 676 véhicules immatriculés en Europe (+5 %) et 305 902 unités vendues aux États Unis (+4 %), le constructeur franco italo américain se distingue comme le seul grand constructeur mondial à avoir gagné des parts de marché sur la période. Ces chiffres, publiés entre le 6 et le 10 avril 2026, confirment le virage stratégique opéré par le nouveau directeur général Antonio Filosa depuis sa prise de fonction en juin 2025.
Une dynamique européenne portée par cinq marques phares
En Europe (périmètre EU30), Stellantis a enregistré une part de marché de 17,5 %, en hausse de 0,21 point par rapport à la même période de 2025. Ce niveau constitue la meilleure performance trimestrielle du groupe depuis le premier trimestre 2024. En y ajoutant les ventes de Leapmotor, la coentreprise sino européenne, la part de marché combinée atteint 18,1 %.
Plusieurs marques ont affiché des progressions remarquables. Fiat domine le classement avec une hausse de 25,4 %, suivie de Lancia (+15,7 %), Citroën (+12,3 %) et Opel/Vauxhall (+10,5 %). Sur le plan géographique, l'Autriche (+31,1 %), la Pologne (+18 %) et l'Allemagne (+15,2 %) constituent les marchés les plus dynamiques. L'Italie (+6,7 %) et l'Espagne (+6,1 %) complètent ce tableau favorable.
La France reste le bastion commercial du groupe
En France, Stellantis conserve une position dominante avec environ 31 % de parts de marché et cinq modèles parmi les dix meilleures ventes nationales. Cette assise commerciale demeure essentielle pour le groupe, qui emploie encore 259 000 personnes dans le monde et exploite douze usines sur le territoire français, dont cinq sites d'assemblage (Poissy, Sochaux, Mulhouse, Rennes et Hordain). La production française est estimée à 640 000 véhicules pour 2026.
Aux États Unis, Ram et Jeep portent la reconquête
Le marché américain offre un contraste saisissant avec l'ensemble du secteur. Alors que General Motors a reculé de 9,7 % (626 429 unités) et Ford de 8,8 % (457 315 unités), Stellantis a surperformé le marché d'environ dix points de pourcentage. La marque Ram s'est particulièrement illustrée avec une progression de 20 %, portée par le succès du Ram 1500 (+27 %) qui signe son meilleur premier trimestre depuis 2023.
Le Ramcharger, un pickup à autonomie prolongée combinant un moteur à essence comme générateur embarqué et un bloc électrique, incarne la nouvelle philosophie du groupe. Avec une batterie de 92 kWh offrant jusqu'à 145 kilomètres en mode 100 % électrique et une autonomie totale pouvant atteindre 1 100 kilomètres, ce véhicule répond aux préoccupations des consommateurs américains face à l'autonomie limitée des véhicules entièrement électriques.
« Ces résultats prouvent que nous activons efficacement notre remise à plat opérationnelle. Ils reflètent aussi la confiance que nous avons dans notre gamme de produits et notre réseau de concessionnaires. »
Jeff Kommor, directeur des ventes aux États Unis, Stellantis
Le pari pragmatique de la « multi énergie »
La stratégie d'Antonio Filosa rompt avec l'approche de son prédécesseur Carlos Tavares, qui avait misé sur une électrification accélérée. Le nouveau patron privilégie une approche dite « multi énergie » : hybrides, hybrides rechargeables, moteurs thermiques et véhicules électriques coexistent au sein de la gamme, en fonction des préférences de chaque marché.
Cette réorientation se traduit par des résultats concrets. En Europe, les véhicules hybrides (légers, complets et rechargeables) représentent désormais 21,6 % des ventes du groupe. Sur le segment des véhicules utilitaires légers (Stellantis Pro One), le groupe conserve sa position de leader avec 28,7 % de part de marché.
Quand les embauches remplacent les coupes budgétaires
Alors que l'ère Tavares était marquée par des réductions d'effectifs massives et des tensions avec les concessionnaires, Filosa a inversé la tendance. Plus de 10 000 postes ont été créés à l'échelle mondiale, dont 4 700 en Amérique du Nord, avec 5 000 embauches supplémentaires prévues en usine sur les quatre prochaines années et 2 000 ingénieurs à recruter. L'effectif global est remonté à environ 259 000 collaborateurs.
Les cicatrices financières de 2025 restent profondes
Le redressement commercial ne doit pas occulter la situation financière encore fragile du groupe. L'exercice 2025 s'est soldé par une perte nette de 22,3 milliards d'euros, des flux de trésorerie industriels négatifs de 4,5 milliards d'euros et des charges exceptionnelles de 25,4 milliards liées à la restructuration. Le conseil d'administration a suspendu le dividende pour 2026 et autorisé l'émission de 5 milliards d'euros d'obligations hybrides.
Le second semestre 2025 avait toutefois montré des signes d'amélioration, avec un chiffre d'affaires en hausse de 10 % et des livraisons en progression de 11 % par rapport à la même période de 2024. Pour 2026, la direction anticipe une croissance modérée du chiffre d'affaires (à un chiffre moyen), une marge opérationnelle ajustée faiblement positive et un retour à des flux de trésorerie industriels positifs en 2027.
Le titre reste sous pression malgré les signaux positifs
En Bourse, l'action Stellantis (STLA au NYSE, STLAP sur Euronext Paris) s'échange autour de 8 dollars à New York (en hausse de 1,4 % récemment). Le consensus des analystes affiche un objectif médian de 9,45 dollars, avec une cible moyenne de 11,79 dollars selon cinq analystes, soit un potentiel de hausse de plus de 50 %. La recommandation moyenne est à « Acheter ».
L'assemblée générale annuelle, programmée le 14 avril 2026, sera suivie de près par les investisseurs. Le rendez vous le plus attendu reste toutefois la Journée des investisseurs du 21 mai 2026, au cours de laquelle Antonio Filosa doit dévoiler son plan industriel complet.
Les défis qui attendent le groupe au second trimestre
Plusieurs facteurs de risque subsistent. La situation géopolitique, avec le blocage persistant du détroit d'Ormuz malgré le cessez le feu entre les États Unis et l'Iran, pèse sur les coûts de l'énergie et des matières premières. Les droits de douane américains (10 % sous Section 122) augmentent les coûts de production. Selon Morgan Stanley, l'impact tarifaire pourrait amputer la marge de la division Mode et Maroquinerie de 150 points de base (estimation concernant LVMH, mais le principe s'applique à tout exportateur européen).
Le sort de certaines marques du portefeuille (Maserati, DS, Lancia hors Italie) soulève également des interrogations. Avec 14 marques internationales à piloter, la complexité organisationnelle reste un défi permanent.
« La stratégie que nous avons devant nous est solide et nous conduira vers la croissance si nous exécutons correctement. Je crois que 2026 est une année d'exécution. »
Antonio Filosa, directeur général de Stellantis, Detroit Auto Show, janvier 2026
Ce que cela signifie pour les épargnants et investisseurs français
Pour les investisseurs français, Stellantis représente un cas d'étude intéressant. Le titre, coté sur Euronext Paris, a perdu une part significative de sa valeur depuis la création du groupe en 2021. Le potentiel de revalorisation identifié par les analystes (objectif moyen à +50 %) s'accompagne de risques non négligeables : absence de dividende en 2026, exposition aux tarifs douaniers, marché chinois incertain.
Du point de vue de l'emploi et de l'économie réelle, la santé de Stellantis affecte directement l'écosystème industriel français. Les douze usines hexagonales, les fournisseurs et sous traitants associés, représentent un tissu économique dont la vitalité dépend de la réussite du plan Filosa. Le maintien de la production à 640 000 véhicules en France pour 2026, bien qu'en recul tendanciel (590 000 prévus en 2028), reste un enjeu social majeur.
Emanuele Cappellano, directeur des opérations pour l'Europe élargie, a souligné que le premier trimestre « consolide le processus de redressement déjà amorcé fin 2025, porté par une stratégie centrée sur les besoins des clients et soutenue par une offre équilibrée en termes de fonctionnalité, de design et de choix de motorisation ».
La semaine qui s'ouvre sera déterminante pour les marchés, avec le coup d'envoi de la saison des résultats du premier trimestre. Les investisseurs scruteront les publications des grandes banques américaines (Goldman Sachs le 13 avril, JPMorgan et Wells Fargo le 14) ainsi que les chiffres de LVMH le 15 avril, pour confirmer ou infirmer les signaux de résilience envoyés par Stellantis.
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