En tant qu'auto-entrepreneur, vous bénéficiez d'une protection sociale minimale. En cas d'arrêt de travail, vos indemnités journalières sont très faibles voire inexistantes.
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Les risques ci-dessous sont ceux que les contrats de prévoyance regardent en priorité quand ils tarifent un dossier auto-entrepreneur. Vérifiez que chacun est bien couvert, sans franchise allongée ni durée d’indemnisation réduite.
Le régime micro-social offre une couverture très limitée. Un accident ou une maladie peut rapidement mettre en péril votre activité et vos finances personnelles.
L'auto-entrepreneur dépend du régime micro-social. Les cotisations sont forfaitaires (12,3 % en vente, 21,2 % en services BIC, 21,1 % en BNC en 2025), prélevées sur le chiffre d'affaires déclaré, sans déduction de charges réelles. Conséquence directe : la loi Madelin n'est pas applicable, les cotisations de prévoyance complémentaire ne sont pas déductibles. Le Raam est calculé après abattement, ce qui pénalise mécaniquement les indemnités. Pour 2025, il faut un Raam supérieur à 4 383,20 € pour ouvrir un droit à IJ et 12 mois d'affiliation continue. Plafond de chiffre d'affaires 2026 : 77 700 € en services, 188 700 € en vente.
Source : Ameli.fr, barèmes 2025 SSI
Maintien de revenus en cas d’arrêt de travail.
L'ITT est la garantie centrale pour un auto-entrepreneur, parce que la SSI ne sécurise au mieux que 30 à 40 % du revenu réel après abattement. Le contrat privé verse une indemnité journalière fixée à la souscription, en complément ou en remplacement des IJ SSI selon les cas. Le calibrage doit partir du revenu réellement perçu (CA après abattement et après cotisations sociales), pas du chiffre d'affaires brut. Un graphiste à 40 000 € de CA en BNC perçoit environ 24 000 € nets après cotisations URSSAF de 21,2 % et abattement de 50 % : c'est cette base qui sert au calibrage, soit une cible d'IJ totale (SSI plus privé) autour de 65 €/jour. La franchise est le second levier critique : 15 jours pour les profils sans trésorerie, 30 jours pour ceux avec un mois de réserve, 90 jours pour les profils confortables. La durée d'indemnisation standard est de 1 095 jours (3 ans), au-delà desquels on bascule en invalidité. Vérifiez toujours la définition de l'ITT (totale ou partielle), la couverture des affections psychiques et du dos, et l'existence d'une clause de revalorisation indexée sur l'inflation pour préserver la valeur réelle de l'indemnité dans le temps.
Rente versée en cas d’invalidité permanente.
La pension d'invalidité SSI est calculée sur le Raam après abattement, ce qui crée un effet de double pénalisation pour l'auto-entrepreneur. Un consultant en services BNC avec 50 000 € de CA voit son Raam ramené à environ 33 500 € (abattement 34 %), et sa pension catégorie 2 atteint difficilement 1 400 €/mois quand le besoin réel est souvent du double. La garantie invalidité privée complète par une rente mensuelle (typiquement 70 à 80 % du revenu net) et un capital forfaitaire versé en une fois (50 000 à 200 000 €) destiné à financer l'aménagement du logement, la reconversion ou l'achat d'un véhicule adapté. Le seuil de déclenchement est crucial : un contrat à 33 % d'invalidité protège bien plus largement qu'un contrat à 66 %, car la majorité des invalidités évaluées en pratique se situent entre 30 et 60 %. Privilégiez aussi un barème croisé professionnel et fonctionnel, qui prend en compte à la fois la perte de capacité physique et la perte de capacité d'exercer le métier précis. Un photographe qui perd l'usage d'un œil à 40 % en barème fonctionnel sera évalué à 80 ou 90 % en barème professionnel, ce qui change radicalement l'indemnisation.
Capital protégeant vos proches.
Le capital décès SSI de 9 420 € en 2025 ne couvre que les frais d'obsèques. Pour un auto-entrepreneur avec famille à charge, la garantie décès privée doit financer trois besoins distincts. Le premier est immédiat : remboursement du crédit immobilier en cours, des dettes professionnelles et financement des obsèques, ce qui justifie un capital forfaitaire de 100 000 à 300 000 € selon la situation. Le deuxième est éducatif : une rente éducation versée jusqu'aux 25 ans des enfants, calibrée sur 800 à 2 000 €/mois et par enfant pour couvrir études, logement étudiant et permis. Le troisième est conjugal : une rente de conjoint qui maintient le niveau de vie du foyer, généralement 30 à 50 % du revenu du défunt, versée jusqu'à la retraite du survivant. Le multiplicateur classique de 2 fois le revenu annuel est insuffisant pour la plupart des situations familiales, où une approche besoins par besoins (3 ans de revenu en capital, plus rente éducation, plus rente conjoint) donne un dimensionnement plus juste. Vérifiez la définition de la PTIA (Perte Totale et Irréversible d'Autonomie), qui doit déclencher un versement anticipé du capital décès, et la couverture des décès accidentels avec doublement du capital, fréquente sans surcoût.
Méthodologie
Nos préconisations s’appuient sur la grille tarifaire SSI 2025 et l’analyse comparée de six contrats référents en prévoyance TNS. Les ratios de couverture, franchises et seuils d’invalidité proposés correspondent aux profils auto-entrepreneur accompagnés par nos conseillers. Chaque cotation finale tient compte du revenu déclaré, de l’âge et du questionnaire de santé.
| Profil | Âge | Revenu indicatif | Cotisation |
|---|---|---|---|
| Femme, profession de services, sans antécédent | 30 | 30 000 € de CA | 28 à 42 €/mois EUR/mois |
| Homme, services, fumeur | 35 | 40 000 € de CA | 38 à 55 €/mois EUR/mois |
| Femme, vente avec déplacements | 42 | 60 000 € de CA | 55 à 78 €/mois EUR/mois |
| Homme, services intellectuels | 50 | 55 000 € de CA | 85 à 120 €/mois EUR/mois |
| Femme, services, antécédents lombaires | 55 | 45 000 € de CA | 120 à 165 €/mois EUR/mois |
Fourchettes indicatives basées sur les barèmes publics des assureurs référents en prévoyance TNS. Tarification définitive après questionnaire de santé et étude personnalisée.
Le piège le plus coûteux pour l'auto-entrepreneur. Le Raam (revenu annuel moyen) est calculé sur le chiffre d'affaires après abattement forfaitaire de 34 %, 50 % ou 71 % selon l'activité. Un auto-entrepreneur qui facture 50 000 € en services BIC voit son Raam ramené à 25 000 €, soit une IJ maximale d'environ 34 €/jour, très loin du plafond de 64,52 €. Beaucoup découvrent ce calcul au moment de l'arrêt, alors que le contrat de prévoyance privée doit être dimensionné sur la base de revenus déclarés réels nets, pas sur le CA brut affiché.
L'auto-entrepreneur relève du régime micro-social, qui exclut le bénéfice de la loi Madelin. Les cotisations de prévoyance complémentaire ne peuvent donc pas être déduites du revenu imposable, contrairement aux artisans et commerçants au réel. Cette règle est souvent ignorée des courtiers généralistes qui proposent par erreur des contrats Madelin à des micro-entrepreneurs. Le contrat reste valide mais l'avantage fiscal annoncé est nul, ce qui change la rentabilité réelle de la cotisation après impôt.
Pour afficher des tarifs accrocheurs (15 à 20 €/mois), certains assureurs imposent une franchise de 90 jours sur l'ITT, ce qui signifie qu'aucune indemnité n'est versée pendant les trois premiers mois d'arrêt. Or 80 % des arrêts maladie en France durent moins de 30 jours. Concrètement, la majorité des sinistres ne sera jamais indemnisée. Pour un auto-entrepreneur dont la trésorerie personnelle est faible, une franchise de 15 à 30 jours change radicalement la valeur réelle du contrat, même si la cotisation est plus élevée.
Le statut d'auto-entrepreneur cesse au-delà de 77 700 € de CA en services (188 700 € en vente) sur deux années consécutives. La bascule en entreprise individuelle au régime réel modifie le mode de calcul des cotisations sociales et des IJ, qui passent du Raam micro à un revenu professionnel net. Un contrat de prévoyance souscrit en micro doit être révisé à ce moment précis, faute de quoi les garanties ne correspondent plus au nouveau revenu déclaré et l'indemnisation peut être plafonnée par la clause de cumul.
Le calcul part du chiffre d'affaires des trois dernières années, auquel on applique l'abattement forfaitaire (34 %, 50 % ou 71 %). On obtient le Raam, divisé par 730 pour donner l'indemnité journalière, plafonnée à 64,52 € en 2025. Un graphiste qui facture 36 000 € par an touchera environ 24 €/jour, soit 720 € sur 30 jours après franchise de 3 jours. Un commerçant en vente avec 100 000 € de CA touchera autour de 45 €/jour. Dans tous les cas, le revenu réel chute de 60 à 80 %, ce qui rend une prévoyance complémentaire indispensable dès la première année d'activité.
Deux conditions cumulatives en 2025 : douze mois d'affiliation continus à la SSI au titre d'une activité indépendante, et un Raam supérieur à 4 383,20 € sur les trois dernières années. Un auto-entrepreneur qui démarre n'a donc aucune couverture maladie pendant la première année et risque d'avoir une indemnité dérisoire la deuxième année si son CA est faible. Ce trou de protection est la principale raison de souscrire une prévoyance privée dès le démarrage, avec une garantie ITT qui couvre dès le premier jour d'arrêt après la franchise contractuelle.
La franchise est le levier de prix le plus efficace. À 30 ans, passer d'une franchise de 15 jours à 90 jours réduit la cotisation de 30 à 45 %. Pour un auto-entrepreneur sans épargne de trésorerie, une franchise de 15 jours est recommandée car elle couvre la grande majorité des arrêts courts. Pour un profil avec une réserve de trésorerie de 3 mois minimum, une franchise de 60 ou 90 jours optimise le coût en concentrant la garantie sur les arrêts longs, qui sont les plus dangereux financièrement. Évitez les franchises de 90 jours sans réserve adossée.
Non. Le régime micro-social ferme l'accès à la loi Madelin. Les cotisations versées sur un contrat de prévoyance ne sont ni déductibles du chiffre d'affaires (qui ne se calcule pas en charges) ni du revenu fiscal de référence. Le contrat est néanmoins fiscalement neutre côté prestations : les indemnités versées en cas d'arrêt sont imposables comme revenus de remplacement. Pour bénéficier de la déduction Madelin, il faut basculer en entreprise individuelle au régime réel, ce qui modifie aussi le calcul des cotisations sociales et peut être intéressant au-delà d'un certain niveau de marge.
Cela dépend strictement du contrat. La SSI verse des IJ pour tout arrêt prescrit par un médecin, y compris pour épuisement professionnel ou dépression, sous réserve du contrôle médical. En revanche, les contrats de prévoyance privée appliquent souvent une exclusion ou une limitation sur les affections psychiques (dépression, burn-out, troubles anxieux). Les durées d'indemnisation peuvent être limitées à 90 ou 180 jours au lieu des 1 095 jours classiques, et certains contrats imposent une hospitalisation comme condition. C'est un point à clarifier avant signature, surtout pour les professions intellectuelles.
Oui, pour deux raisons. D'abord, la SSI ne verse aucune IJ pendant les douze premiers mois d'activité, période où l'activité est pourtant la plus fragile. Ensuite, les cotisations de prévoyance sont calculées sur l'âge et l'état de santé au moment de la souscription. Souscrire à 28 ans avec une bonne santé verrouille un tarif bas pour toute la durée du contrat, alors qu'attendre 35 ou 40 ans peut majorer la cotisation de 40 à 80 % et ajouter des exclusions médicales. La logique est la même que pour l'assurance emprunteur : plus tôt vous signez, mieux c'est.
Les IJ de la SSI sont versées par la CPAM après une carence de 3 jours, plafonnées à 64,52 €/jour en 2025, pendant maximum 360 jours sur trois ans glissants. Les IJ d'un contrat privé sont versées par l'assureur après la franchise contractuelle (15, 30 ou 90 jours), au montant souscrit (par exemple 80 €/jour ou 150 €/jour selon les revenus), pendant 1 095 jours en général. Les deux se cumulent, sous réserve de la clause de cumul qui plafonne le total à 100 % du revenu déclaré, parfois 120 %. Sans contrat privé, la chute de revenu en arrêt long dépasse 70 % pour la plupart des auto-entrepreneurs.
9 420 € en 2025 pour un auto-entrepreneur non retraité, plus 2 355 € par enfant mineur ou handicapé. Ce montant n'a pas vocation à protéger une famille : il couvre à peine les frais d'obsèques (4 000 à 6 000 € en moyenne) et quelques mois de loyer. Pour un auto-entrepreneur avec un conjoint et deux enfants, le capital recommandé en prévoyance privée est de 2 à 3 fois le revenu annuel net, soit typiquement 60 000 à 150 000 €, complété d'une rente éducation jusqu'aux 25 ans des enfants et d'une rente de conjoint pour combler la baisse de revenu du foyer.
En catégorie 2 (invalidité de 50 à 66 %), la SSI verse une pension plafonnée à 1 962,50 €/mois en 2025, calculée sur 50 % du Raam après abattement. Pour un auto-entrepreneur qui déclarait 40 000 € de CA en services BIC (Raam de 20 000 € après abattement de 50 %), la pension réelle sera autour de 833 €/mois, très loin du plafond. La prévoyance privée complète cette pension par une rente d'invalidité contractuelle (souvent 70 à 80 % du revenu net) et un capital d'invalidité forfaitaire (50 000 à 200 000 €). Sans complémentaire, le risque de perte de revenu durable est massif.
Non, pas automatiquement. Les auto-entrepreneurs ne sont pas couverts par la branche AT/MP du régime général, contrairement aux salariés. Un accident survenu pendant l'activité (chute en livraison, blessure en chantier, accident de la route entre deux rendez-vous) est traité comme une maladie ordinaire, avec les mêmes IJ SSI plafonnées et la même carence de 3 jours. Pour les professions à risque physique (livraison, manuel, déplacements fréquents), une garantie accident du travail spécifique dans le contrat de prévoyance privée comble ce trou en versant un capital ou des IJ majorées dès le premier jour.
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