Les métiers de l'artisanat sont physiquement exigeants et comportent des risques d'accidents. Une prévoyance adaptée est indispensable pour protéger vos revenus.
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Les risques ci-dessous sont ceux que les contrats de prévoyance regardent en priorité quand ils tarifent un dossier artisan. Vérifiez que chacun est bien couvert, sans franchise allongée ni durée d’indemnisation réduite.
Maçon, plombier, électricien, menuisier... Chaque métier a ses risques spécifiques. Votre prévoyance doit couvrir les accidents mais aussi l'usure physique liée à votre activité.
L'artisan déclaré au régime réel BIC bénéficie pleinement de la loi Madelin : les cotisations de prévoyance complémentaire sont déductibles du revenu professionnel imposable dans la limite de 3,75 % du revenu plus 7 % du PASS, plafond global 3 % de 8 PASS. Pour un revenu de 50 000 €, la déduction maximale atteint environ 5 175 €/an. Les artisans paient des cotisations sociales nettement plus élevées que les auto-entrepreneurs (autour de 45 % du revenu net), mais bénéficient d'IJ calculées sur le revenu réel. Le risque accident est statistiquement plus élevé dans les métiers du bâtiment, ce qui justifie des cotisations majorées en prévoyance privée.
Maintien de revenus en cas d’arrêt de travail.
L'ITT est la garantie de premier rang pour un artisan, parce que le risque d'arrêt court est élevé (chutes, coupures, lombalgies aiguës) et que la SSI ne couvre que 50 à 60 % du revenu réel. Le calibrage cible une IJ totale (SSI plus privé) à 100 % du revenu net déclaré, avec une franchise de 15 jours pour les métiers à risque (couverture, maçonnerie, charpente, plomberie sanitaire) et 30 jours pour les métiers moins exposés (menuiserie intérieure, peinture, carrelage). Pour un maçon à 38 000 € de revenu net, l'IJ contractuelle privée doit se situer autour de 50 à 60 €/jour pour atteindre la cible. Trois clauses sont à exiger sans transiger. La couverture des affections dorsolombaires sans limitation de durée, parce que ces pathologies sont la première cause d'arrêt long dans le bâtiment. Le maintien de la garantie en cas de changement temporaire d'activité (arrêt partiel, mi-temps thérapeutique). La revalorisation annuelle de l'IJ indexée sur l'inflation, qui préserve le pouvoir d'achat du contrat dans le temps. Évitez les contrats avec une définition restrictive de l'ITT exigeant une incapacité totale à exercer toute activité, même non professionnelle, ce qui ferme la porte à l'indemnisation pour la majorité des sinistres réels.
Rente versée en cas d’invalidité permanente.
L'invalidité est le risque le plus destructeur pour un artisan, parce qu'elle empêche définitivement l'exercice du métier et que la pension SSI catégorie 2 plafonnée à 1 962,50 €/mois ne représente que 40 à 50 % du revenu antérieur. La rente d'invalidité privée doit cibler 70 à 80 % du revenu net, versée jusqu'à la retraite, avec une indexation annuelle. Le seuil de déclenchement à 33 % d'invalidité est non négociable pour les métiers manuels : un artisan évalué à 35 % en barème fonctionnel (perte partielle d'usage d'une main par exemple) est en réalité incapable d'exercer son métier, donc à 80 ou 90 % en barème professionnel. Le contrat doit retenir le barème croisé professionnel et fonctionnel, en prenant le plus favorable. Le capital invalidité forfaitaire (50 000 à 250 000 € versés en une fois) finance trois besoins : reconversion professionnelle (formation, achat de fonds de commerce dans un autre secteur), adaptation du logement (escaliers, salle de bain, véhicule) et trésorerie familiale du choc initial. Pour les métiers à risque accident, une majoration du capital en cas d'invalidité d'origine accidentelle (jusqu'à 200 % du capital de base) est un levier de protection forte sans surcoût excessif.
Capital protégeant vos proches.
Le capital décès SSI de 9 420 € en 2025 et le capital orphelin de 2 355 € par enfant sont symboliques pour un artisan installé. La prévoyance privée doit couvrir trois enveloppes distinctes. L'enveloppe familiale (2 à 3 fois le revenu annuel net) permet au conjoint de stabiliser le foyer pendant 24 à 36 mois sans urgence financière. L'enveloppe entreprise rembourse les crédits professionnels en cours (matériel, véhicule utilitaire, prêt de fonds), typiquement 30 000 à 100 000 € pour un artisan installé depuis 5 à 10 ans. L'enveloppe immobilière complète l'assurance emprunteur sur le crédit principal et finance un éventuel remboursement anticipé. Pour un artisan de 40 ans, marié, deux enfants, 50 000 € de revenu net, une dette professionnelle de 60 000 € et un crédit immobilier de 200 000 € (déjà couvert par assurance emprunteur), le capital décès cible est de 250 000 à 350 000 €, complété d'une rente éducation (1 000 à 1 500 €/mois par enfant jusqu'à 25 ans) et d'une rente de conjoint (40 % du revenu antérieur jusqu'à la retraite du survivant). La PTIA (Perte Totale et Irréversible d'Autonomie) doit déclencher un versement anticipé du capital, et une majoration en cas de décès accidentel (souvent doublement) est généralement incluse sans surcoût.
Méthodologie
Nos préconisations s’appuient sur la grille tarifaire SSI 2025 et l’analyse comparée de six contrats référents en prévoyance TNS. Les ratios de couverture, franchises et seuils d’invalidité proposés correspondent aux profils artisan accompagnés par nos conseillers. Chaque cotation finale tient compte du revenu déclaré, de l’âge et du questionnaire de santé.
| Profil | Âge | Revenu indicatif | Cotisation |
|---|---|---|---|
| Plombier, sans antécédent | 30 | 35 000 € de revenu net | 55 à 80 €/mois EUR/mois |
| Maçon, fumeur, antécédents lombaires | 38 | 42 000 € de revenu net | 95 à 140 €/mois EUR/mois |
| Électricien, sans antécédent | 45 | 50 000 € de revenu net | 110 à 160 €/mois EUR/mois |
| Couvreur, antécédents cardio | 48 | 55 000 € de revenu net | 180 à 260 €/mois EUR/mois |
| Menuisier, profil senior | 55 | 48 000 € de revenu net | 210 à 310 €/mois EUR/mois |
Fourchettes indicatives basées sur les barèmes publics des assureurs référents en prévoyance TNS. Tarification définitive après questionnaire de santé et étude personnalisée.
C'est le piège majeur des contrats artisans low-cost. Beaucoup d'assureurs limitent l'indemnisation des affections dorsolombaires (lombalgies, hernies discales, sciatiques) à 90 ou 180 jours, alors que la durée standard ITT est de 1 095 jours. Or les affections du dos représentent près de 20 % des arrêts longs chez les maçons, plombiers et couvreurs. Un artisan victime d'une hernie discale opérée peut nécessiter 6 à 12 mois d'arrêt, ce qui sort largement du cadre de la limitation. Exigez une clause sans limitation pour les affections du rachis, quitte à payer 15 à 25 % de cotisation supplémentaire.
Les couvreurs, charpentiers, façadiers et électriciens travaillant en hauteur découvrent parfois trop tard une exclusion des chutes au-delà de 3 mètres ou des travaux sans EPI homologué. Cette clause, présente dans plusieurs contrats généralistes, transforme un accident grave en sinistre non couvert. Pour les métiers de couverture et charpente, exigez une garantie accidents professionnels sans plafond de hauteur et avec doublement du capital en cas d'invalidité supérieure à 66 %. Une attestation MASE ou un audit sécurité chantier peut justifier une cotisation préférentielle.
La déduction Madelin est plafonnée à 3,75 % du revenu plus 7 % du PASS, soit environ 6 547 € en 2025 pour un revenu de 70 000 €. Au-delà, la cotisation versée n'est plus déductible et perd son avantage fiscal. Certains courtiers vendent des contrats premium à 400 ou 500 €/mois en présentant l'intégralité de la cotisation comme déductible, alors que seule une partie l'est. Pour optimiser, il faut calibrer la cotisation au plafond Madelin et compléter par un contrat hors Madelin si nécessaire, ou par un contrat couple qui mutualise les plafonds.
Les contrats utilisent deux barèmes : fonctionnel (capacité physique générale) et professionnel (capacité d'exercer le métier précis). Un artisan qui perd partiellement l'usage d'une main sera évalué à 25 % en barème fonctionnel mais à 80 % en barème professionnel, car il ne peut plus exercer. Un contrat qui ne retient que le barème fonctionnel sous-indemnise massivement les invalidités spécifiques au métier manuel. Exigez un barème croisé qui retient le plus favorable des deux, ou un barème professionnel pur, ce qui change radicalement l'indemnisation pour les métiers manuels.
L'IJ se calcule comme 1/730 du revenu d'activité annuel moyen des trois dernières années, plafonné au PASS de 47 100 € en 2025, ce qui donne un maximum de 64,52 €/jour. Un maçon avec un revenu net déclaré de 38 000 € touchera environ 52 €/jour, soit 1 560 €/mois après franchise de 3 jours. Pour la plupart des artisans, cela correspond à 50 à 60 % du revenu réel, ce qui ne couvre pas les charges fixes (URSSAF, locaux, véhicule, matériel). La prévoyance privée complète cette IJ jusqu'à atteindre 100 % du revenu net, condition pour préserver la trésorerie de l'entreprise pendant l'arrêt.
Oui, à condition d'être déclaré au régime réel BIC, ce qui est le cas par défaut pour les artisans inscrits au répertoire des métiers avec un CA supérieur aux seuils micro. La loi Madelin permet de déduire les cotisations de prévoyance, retraite et santé du revenu professionnel imposable. En prévoyance, le plafond est de 3,75 % du revenu plus 7 % du PASS, soit environ 5 175 € pour un revenu de 50 000 € en 2025. Pour un artisan en TMI 30 %, une cotisation de 1 800 €/an coûte réellement 1 260 € après économie d'impôt, soit 30 % de réduction effective.
Pour les métiers à risque accident élevé (couverture, maçonnerie, charpente), une franchise de 15 jours est fortement recommandée. Statistiquement, 75 % des accidents du bâtiment génèrent un arrêt de moins de 30 jours, et une franchise de 90 jours laisse ces sinistres non couverts. Le surcoût d'une franchise courte (environ 25 à 35 % de cotisation supplémentaire par rapport à une franchise de 90 jours) est largement justifié par la fréquence des sinistres courts. Pour les métiers moins risqués (peintre, carreleur, menuisier intérieur), une franchise de 30 jours offre un bon compromis.
La pension dépend de la catégorie d'invalidité. En catégorie 2 (invalidité de 50 à 66 %), elle équivaut à 50 % du revenu annuel moyen plafonné à 1 962,50 €/mois en 2025. Pour un artisan déclarant 45 000 € de revenu net, la pension réelle sera autour de 1 875 €/mois, soit 50 % du revenu antérieur. Sans complémentaire, l'artisan perd définitivement la moitié de son revenu, ce qui devient critique pour rembourser un emprunt immobilier ou financer la scolarité d'enfants encore à charge. Une rente d'invalidité privée de 70 à 80 % du revenu net comble ce déficit jusqu'à la retraite.
À la SSI, non : un accident survenu sur chantier est traité comme une maladie ordinaire, sans majoration, contrairement aux salariés couverts par la branche AT/MP du régime général. Un artisan tombé d'un échafaudage perçoit la même IJ plafonnée à 64,52 €/jour qu'un artisan en arrêt pour grippe. C'est un trou de protection majeur. La prévoyance privée comble ce trou par une garantie accidents professionnels qui peut doubler ou tripler l'indemnité dès le premier jour, et par un capital invalidité majoré (jusqu'à 200 % du capital de base) en cas d'accident du travail.
Le capital décès doit couvrir trois enveloppes. D'abord l'enveloppe familiale : 2 à 3 fois le revenu annuel net pour permettre au conjoint de stabiliser le foyer pendant 24 à 36 mois. Ensuite l'enveloppe entreprise : remboursement des dettes professionnelles (crédits matériel, véhicule utilitaire, locaux), souvent 30 000 à 80 000 € pour un artisan installé. Enfin l'enveloppe immobilière : remboursement du crédit principal si non couvert par l'assurance emprunteur, ou complément de capacité de remboursement pour le conjoint survivant. Pour un artisan avec 50 000 € de revenu, deux enfants et un crédit immobilier, le capital cible est typiquement de 200 000 à 350 000 € hors immobilier.
Oui, et c'est fortement recommandé. Le conjoint collaborateur déclaré dispose d'une protection sociale propre via la SSI mais aux niveaux très bas (IJ minorées et pension d'invalidité réduite). Un contrat couple chez le même assureur permet de mutualiser les plafonds Madelin, de bénéficier d'une remise commerciale (généralement 10 à 15 %) et d'aligner les garanties. En cas de décès du conjoint collaborateur, le chef d'entreprise touche un capital qui finance le remplacement du temps de travail (embauche d'un salarié) sans déstabiliser l'entreprise. Pour un couple à 80 000 € de revenu cumulé, l'économie annuelle se chiffre en centaines d'euros.
Pour les artisans actuels, l'exposition à l'amiante est résiduelle (chantiers de désamiantage encadrés). En revanche, les pathologies liées aux solvants, peintures, poussières de bois (cancer naso-sinusien) ou ciment sont plus fréquentes. Les contrats de prévoyance couvrent ces pathologies au titre de la maladie ordinaire, sans surprime, à condition qu'elles ne soient pas mentionnées comme antécédent au questionnaire de santé. Si une pathologie professionnelle est déjà diagnostiquée, l'assureur peut appliquer une exclusion ou une surprime de 25 à 100 %. Pour les métiers exposés (peintres, carrossiers, ébénistes), un suivi médical régulier et une déclaration anticipée sont indispensables.
Trois étapes successives. D'abord, la SSI verse les IJ pendant 1 095 jours maximum (3 ans), puis bascule en pension d'invalidité catégorie 1, 2 ou 3. Ensuite, à l'âge légal de la retraite, la pension d'invalidité se transforme automatiquement en pension de retraite anticipée pour invalidité, sans décote. Enfin, la prévoyance privée verse une rente d'invalidité contractuelle qui complète le revenu jusqu'à la retraite, et un capital forfaitaire d'invalidité (50 000 à 250 000 €) versé en une fois pour financer la reconversion, l'adaptation du logement ou la trésorerie familiale. Un artisan invalide à 45 ans avec un bon contrat préserve 80 % de son revenu jusqu'à 64 ans.
Le questionnaire de santé est l'élément clé du tarif. Pour un maçon de 40 ans en bonne santé, la cotisation se situe autour de 100 €/mois pour une couverture standard. Avec des antécédents lombaires (hernie opérée, lombalgies récurrentes), elle peut grimper à 140 ou 180 €/mois et inclure une exclusion temporaire ou permanente sur les affections dorsales. Avec des antécédents cardiaques ou un IMC supérieur à 30, la surprime atteint 50 à 100 % et certaines garanties peuvent être exclues. Pour les profils complexes, faire jouer la concurrence entre 3 à 5 assureurs spécialisés TNS est indispensable, car les politiques de souscription varient fortement d'un acteur à l'autre.
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