Comment Négocier les Frais de Son Assurance Vie
Négociez les frais de votre assurance vie : frais d'entrée, gestion, arbitrage. Techniques, scripts et stratégies pour chaque type de distributeur.

Les frais de votre assurance vie ne sont pas gravés dans le marbre. Contrairement à ce que beaucoup d'épargnants croient, une partie significative de ces frais est négociable, et les marges de négociation peuvent être substantielles. Selon les données de l'ACPR, les frais d'entrée moyens en assurance vie varient de 0 % à 5 % selon le canal de distribution, preuve que le même produit peut coûter très différemment selon la manière dont vous le souscrivez et les conditions que vous obtenez.
Or, nous l'avons démontré dans notre article sur l'impact des frais sur la performance : chaque point de pourcentage de frais économisé se compose année après année. Sur 100 000 euros à 4 % brut pendant 20 ans, réduire vos frais totaux de 1,50 % à 0,60 % vous fait gagner 32 681 euros. La négociation des frais est donc l'un des gestes les plus rentables que vous puissiez faire pour votre épargne.
Dans ce guide pratique, nous détaillons quels frais sont négociables, quand vous disposez d'un levier de négociation, comment formuler votre demande concrètement, et quel rôle peut jouer un courtier dans cette démarche.
Quels Frais Sont Négociables ?
Tous les frais en assurance vie ne sont pas également négociables. Le tableau ci-dessous synthétise la marge de manœuvre pour chaque type de frais, selon le canal de distribution.
| Type de frais | Banque traditionnelle | Courtier en ligne | Assureur en ligne |
|---|---|---|---|
| Frais d'entrée | Très négociables (de 3-5 % à 0-1 %) | Déjà à 0-2 % (peu de marge) | Fixes à 0 % (non négociable car déjà nuls) |
| Frais de gestion contrat | Parfois négociables (de 0,85 % à 0,60-0,75 %) | Peu négociables (déjà bas : 0,50-0,60 %) | Fixes (0,50-0,75 %) |
| Frais d'arbitrage | Souvent négociables (de 0,50-1 % à 0 % ou forfait réduit) | Déjà à 0 euros (non négociable) | Déjà à 0 euros (non négociable) |
| Frais internes supports | Non négociables (fixés par la société de gestion) | Non négociables | Non négociables |
| Supplément gestion pilotée | Parfois négociable au-delà de 100 000 euros | Rarement négociable | Rarement négociable |
Les frais d'entrée : le levier principal
Les frais d'entrée sont de loin les plus négociables. En banque, ils sont fixés par le réseau commercial mais le conseiller dispose généralement d'une latitude pour les réduire, voire les supprimer. La raison est simple : les frais d'entrée sont un revenu ponctuel pour l'établissement, alors que les frais de gestion annuels génèrent un revenu récurrent et bien plus rentable à long terme. Un banquier préfère vous accorder 0 % de frais d'entrée et vous garder comme client pendant 20 ans à 0,85 % de frais de gestion, plutôt que de vous perdre pour 3 % de frais d'entrée.
Pour un contrat en ligne ou chez un courtier, les frais d'entrée sont souvent déjà nuls ou très faibles. La négociation est donc inutile, c'est l'une des raisons pour lesquelles ces canaux sont structurellement moins chers (voir notre comparatif assurance vie en ligne vs banque).
Les frais de gestion : plus difficiles mais pas impossibles
Les frais de gestion annuels sont fixés contractuellement et s'appliquent de manière identique à tous les clients d'un même contrat. En théorie, ils ne sont pas négociables au cas par cas. En pratique, deux leviers existent :
Le choix du contrat. Au sein d'une même banque, plusieurs contrats d'assurance vie coexistent, avec des grilles de frais différentes. Les contrats "haut de gamme" ou "patrimoniaux" affichent parfois des frais de gestion inférieurs (0,60 % au lieu de 0,85 %), en contrepartie d'un ticket d'entrée plus élevé (10 000 ou 25 000 euros). Demandez à accéder à ce contrat.
Le geste commercial exceptionnel. Pour les encours importants (au-delà de 100 000 euros), certains établissements accordent un rabais sur les frais de gestion, qui prend la forme d'une bonification annuelle (reversement d'une partie des frais). Ce n'est pas fréquent, mais cela se pratique en gestion privée.
Les frais d'arbitrage : faciles à supprimer
En banque, les frais d'arbitrage (0,50 % à 1 % du montant ou 15 à 25 euros par opération) sont souvent négociables, notamment sous la forme de "X arbitrages gratuits par an". Demandez systématiquement au moins 4 arbitrages gratuits par an, ce qui correspond à un rééquilibrage trimestriel. Sur les contrats en ligne, les arbitrages sont déjà gratuits.
Les frais internes des supports : le seul levier est le choix du support
Les frais internes des unités de compte (OPCVM, ETF, SCPI) sont fixés par les sociétés de gestion et ne sont pas négociables par l'épargnant ni par le distributeur. Votre seul levier est de choisir des supports à faible coût : les ETF indiciels (0,10 % à 0,30 %) au lieu des OPCVM actifs (1,50 % à 2,50 %). Ce choix vous fait économiser 1 à 2 points de frais par an, soit davantage que la plupart des négociations possibles sur les autres frais.
Quand Avez-vous un Levier de Négociation ?
À l'ouverture d'un nouveau contrat
C'est le moment où votre pouvoir de négociation est le plus fort. Vous êtes un client potentiel que l'établissement souhaite capter. Les frais d'entrée peuvent être réduits à 0 % et les conditions de gestion discutées. Formulez votre demande avant de signer, pas après.
Lors d'un versement important
Un versement complémentaire significatif (20 000 euros ou plus) est l'occasion de renouer la négociation. Conditionnez votre versement à la suppression des frais d'entrée sur ce versement. Si votre banquier refuse, informez-le que vous effectuerez le versement sur un autre contrat.
Lors d'un transfert entrant (loi Pacte)
Si vous bénéficiez d'un transfert de contrat dans le cadre de la loi Pacte (transfert interne au sein du même assureur), l'établissement d'accueil peut proposer des conditions préférentielles pour attirer votre encours. Négociez l'ensemble des frais à cette occasion.
Lorsque vous menacez de partir
C'est le levier le plus puissant, à condition d'être crédible. Si vous disposez d'un encours significatif et que vous avez identifié une alternative concrète (contrat en ligne, courtier), informez votre conseiller que vous envisagez un rachat total. La plupart des établissements préféreront faire un geste commercial plutôt que de perdre les revenus récurrents de votre contrat.
Lors du renouvellement annuel
Chaque année, à la réception de votre relevé, vous pouvez contacter votre conseiller pour discuter des frais. C'est une démarche souvent négligée mais qui peut porter ses fruits, notamment si votre encours a progressé.
Comment Formuler Votre Demande : Scripts Pratiques
La négociation de frais n'a rien d'agressif ni de confrontationnel. Il s'agit simplement de formuler une demande claire, étayée par des arguments rationnels. Voici des formulations adaptées à chaque situation.
Script 1 : demander la suppression des frais d'entrée
"Je souhaite effectuer un versement de [montant] sur mon assurance vie. J'ai comparé les conditions du marché et je constate que les contrats distribués en ligne n'appliquent aucun frais d'entrée. Je suis attaché à notre relation, mais je ne peux pas justifier de payer [X] % de frais sur versements alors que des alternatives à 0 % existent. Pouvez-vous appliquer 0 % de frais d'entrée sur ce versement ?"
Script 2 : négocier les frais de gestion
"Mon contrat affiche des frais de gestion de [X] % sur les unités de compte, ce qui, combinés aux frais internes des supports, porte mon coût total annuel à [Y] %. Les contrats en ligne proposent un coût total inférieur à 1 %. Mon encours dépasse [montant] euros et j'envisage de rediriger mes futurs versements vers un contrat plus compétitif. Existe-t-il un contrat au sein de votre établissement avec des frais de gestion plus faibles, ou une bonification pour les encours importants ?"
Script 3 : obtenir des arbitrages gratuits
"Je souhaite rééquilibrer mon allocation trimestriellement, ce qui représente 4 arbitrages par an. Avec des frais d'arbitrage de [montant], cela représente un coût annuel de [total]. Pouvez-vous m'accorder au minimum 4 arbitrages gratuits par an ?"
Script 4 : négocier lors d'un versement important
"Je prévois un versement de [montant] euros. À cette occasion, je souhaite que les frais d'entrée soient à 0 %, conformément aux pratiques du marché en ligne. Si cette condition ne peut pas être satisfaite, j'effectuerai ce versement sur mon contrat [courtier en ligne / contrat complémentaire]."
Les règles d'or de la négociation
- Préparez-vous : connaissez les frais de votre contrat et ceux des alternatives
- Restez factuel : citez des chiffres, pas des opinions
- Soyez prêt à agir : la menace de partir n'est crédible que si vous avez réellement identifié une alternative
- Demandez par écrit : formalisez la demande par email pour créer une trace
- Ne cédez pas sur l'essentiel : les frais d'entrée à 0 % sont un minimum non négociable. S'il est refusé, changez d'établissement
Le Rôle du Courtier : un Négociateur Structurel
Pourquoi un courtier obtient de meilleures conditions
Un courtier en assurance vie négocie les conditions auprès des assureurs non pas pour un seul client, mais pour l'ensemble de sa clientèle. Son volume de collecte lui confère un pouvoir de négociation incomparable avec celui d'un épargnant individuel. C'est pourquoi les contrats distribués par les courtiers affichent systématiquement des frais inférieurs à ceux des réseaux bancaires.
Concrètement :
- Frais d'entrée : 0 % chez la plupart des courtiers, contre 2 % à 5 % en banque
- Frais de gestion : 0,50 % à 0,60 % sur les UC, contre 0,70 % à 1,00 % en banque
- Frais d'arbitrage : 0 euros, contre 0,50 % à 1 % ou 15-25 euros en banque
- Accès aux ETF : catalogue généralement plus large, permettant de réduire les frais internes des supports
Le courtier ne coûte-t-il pas plus cher ?
Non. La rémunération du courtier est intégrée dans les frais de gestion du contrat (via les rétrocessions de l'assureur). Il n'y a pas de couche de frais supplémentaire : le courtier remplace le réseau bancaire comme distributeur, et sa rémunération se substitue à celle du réseau. L'épargnant ne paie pas plus ; il paie souvent moins, car le courtier répercute une partie des économies de distribution dans des frais plus bas.
Exemple Concret : Philippe Renégocie Son Contrat Bancaire
La situation
Philippe, 52 ans, directeur financier, possède un contrat d'assurance vie dans sa banque depuis 15 ans. L'encours atteint 185 000 euros. Les conditions actuelles :
- Frais d'entrée : 3 % sur chaque versement
- Frais de gestion UC : 0,85 %
- Supports : OPCVM actifs (frais internes moyens : 1,80 %)
- Frais d'arbitrage : 0,50 % par opération
- Total annuel récurrent : 2,65 %
- Pas de gestion pilotée (gestion libre par défaut)
Philippe prévoit de verser 50 000 euros supplémentaires et effectue habituellement 3 arbitrages par an.
La démarche de Philippe
Étape 1 : la préparation. Philippe calcule son coût total annuel (2,65 %) et le compare avec un contrat en ligne (0,70 %). Il simule l'impact sur 13 ans (jusqu'à sa retraite à 65 ans) sur un capital total de 235 000 euros :
- Contrat actuel (2,65 %) : capital estimé à 13 ans : 310 400 euros
- Contrat optimisé (0,70 %) : capital estimé à 13 ans : 397 200 euros
- Écart : 86 800 euros
Philippe sait maintenant exactement ce que lui coûtent les frais excessifs de son contrat.
Étape 2 : la négociation avec son banquier. Philippe prend rendez-vous avec son conseiller et présente ses calculs :
"Mon contrat me coûte 2,65 % par an en frais totaux. Les contrats en ligne proposent un coût total de 0,70 %. Sur 13 ans, la différence représente près de 87 000 euros. Je souhaite rester dans votre établissement, mais j'ai besoin que les conditions évoluent. Concrètement, je demande : 0 % de frais d'entrée sur mon versement de 50 000 euros, la suppression des frais d'arbitrage, et l'accès à votre contrat patrimonial à 0,60 % de frais de gestion UC."
Étape 3 : le résultat. Après discussion avec sa hiérarchie, le conseiller accorde :
- Frais d'entrée : 0 % sur le versement de 50 000 euros (économie immédiate : 1 500 euros)
- Frais de gestion UC : migration vers le contrat patrimonial à 0,60 % (au lieu de 0,85 %)
- Frais d'arbitrage : 4 arbitrages gratuits par an (au lieu de 0,50 % par opération)
En revanche, les frais internes des supports restent inchangés (1,80 % pour les OPCVM actifs). Le total annuel passe de 2,65 % à 2,40 %.
Étape 4 : la décision. Philippe est satisfait des gestes obtenus, mais constate que le coût total reste élevé à cause des frais internes des OPCVM. Il décide alors d'adopter une stratégie en deux temps :
- Conserver son contrat bancaire avec les nouvelles conditions (antériorité fiscale de 15 ans, au-delà du seuil de 8 ans)
- Ouvrir un nouveau contrat chez un courtier en ligne pour y diriger ses futurs versements et accéder à des ETF à faible coût
Le bilan après négociation et ouverture du second contrat
| Avant négociation | Après négociation + nouveau contrat | |
|---|---|---|
| Frais d'entrée | 3 % | 0 % |
| Frais gestion UC (ancien contrat) | 0,85 % | 0,60 % |
| Frais gestion UC (nouveau contrat) | . | 0,50 % |
| Frais internes supports (ancien) | 1,80 % | 1,80 % (inchangé) |
| Frais internes supports (nouveau) | . | 0,20 % (ETF) |
| Total ancien contrat | 2,65 % | 2,40 % |
| Total nouveau contrat | . | 0,70 % |
| Frais d'arbitrage | 0,50 %/opération | 0 euros (4 gratuits/an + nouveau contrat gratuit) |
L'économie est double : le contrat historique est amélioré, et les futurs versements sont orientés vers un contrat structurellement optimisé.
Les Frais Cachés : ce Qu'il Faut Vérifier
Les rétrocessions
Les rétrocessions sont des commissions versées par les sociétés de gestion de fonds aux distributeurs (banques, assureurs, courtiers). Elles sont incluses dans les frais internes des supports. Un OPCVM affichant 2 % de frais internes reverse généralement 0,80 % à 1 % au distributeur. C'est un revenu invisible pour l'épargnant, mais bien réel pour la banque. C'est aussi la raison pour laquelle certains établissements ne proposent pas d'ETF (qui ne génèrent quasiment pas de rétrocessions).
Les frais de garantie plancher
Certains contrats incluent une "garantie plancher décès" qui protège les bénéficiaires en cas de baisse de la valeur du contrat au moment du décès. Cette garantie a un coût (0,05 % à 0,20 % par an) qui est parfois inclus automatiquement. Vérifiez si elle est active et si vous en avez réellement besoin.
Les frais de rachat
Quelques anciens contrats appliquent des pénalités de sortie (frais de rachat) pendant les premières années. Vérifiez les conditions générales avant toute opération.
Comment France Épargne Vous Accompagne
Chez France Épargne, la négociation des frais est notre cœur de métier. En tant que courtier indépendant, nous ne dépendons d'aucune banque ni d'aucun assureur : nous sélectionnons et négocions les meilleures conditions pour nos clients.
- 0 % de frais d'entrée garantis : sur l'ensemble de nos contrats partenaires, sans exception et sans condition de montant
- Frais de gestion optimisés : 0,50 % à 0,60 % sur les unités de compte, parmi les plus bas du marché
- Audit comparatif gratuit : nous comparons le coût total de votre contrat actuel avec nos solutions et estimons l'économie réalisable sur votre horizon
- Stratégie de transition : si votre contrat actuel est trop coûteux, nous vous aidons à définir la meilleure approche (conserver pour l'antériorité fiscale, ouvrir un nouveau contrat pour les futurs versements, transfert interne si possible)
- Négociation pour votre compte : si vous souhaitez rester chez votre assureur actuel, nous pouvons vous accompagner dans la formulation de votre demande de réduction de frais
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Conclusion
Négocier les frais de votre assurance vie est un exercice concret, accessible et potentiellement très rentable. Les frais d'entrée sont le premier levier : exigez 0 %, c'est le standard du marché en ligne et une demande parfaitement légitime en banque. Les frais d'arbitrage sont le second levier : demandez leur suppression ou l'octroi d'arbitrages gratuits. Les frais de gestion sont plus difficiles à faire bouger, mais un changement de contrat au sein du même établissement ou la menace crédible de transfert peut débloquer la situation.
Cependant, la négociation a ses limites. Si votre contrat est structurellement coûteux (OPCVM à frais élevés, pas d'accès aux ETF, frais de gestion supérieurs à 0,80 %), aucune négociation ne le rendra compétitif face à un contrat en ligne optimisé. Dans ce cas, la meilleure stratégie est d'ouvrir un second contrat chez un courtier pour y diriger vos futurs versements, tout en conservant l'antériorité fiscale de l'ancien.
Ne laissez pas l'inertie vous coûter des dizaines de milliers d'euros. La différence entre un contrat à 0,60 % et un contrat à 2,65 % de frais totaux est tout simplement trop importante pour être ignorée.
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Sources : ACPR (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution, rapport annuel sur les pratiques commerciales et les frais des contrats d'assurance vie), France Assureurs (données de marché sur les frais moyens par canal de distribution), loi Pacte (dispositions relatives à la transférabilité et à la transparence des frais en assurance vie), directive MIF 2 (obligations de transparence sur les coûts et charges)
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