3 modes de gestion expliqués. Performances récentes : Ramify +24,8%, Yomoni +19,6%, Nalo +21,8% en profil dynamique. Frais de 1,20% à 2,50% tout compris. Tout ce qu'il faut savoir pour confier votre épargne aux bons gestionnaires.
La gestion pilotée en assurance vie est un mode de délégation où un gestionnaire (humain ou algorithmique) prend en charge l'allocation de votre épargne selon un profil de risque que vous choisissez. Vous sélectionnez votre niveau de risque (prudent, équilibré ou dynamique), et le gestionnaire s'occupe de tout : construction du portefeuille, sélection des supports, arbitrages, rééquilibrage. Aucune connaissance financière approfondie n'est requise de votre part. C'est précisément ce qui en fait le mode de gestion le plus adopté en France.
Selon la Fédération Française de l'Assurance (FFA, 2025), plus de 60% des nouveaux contrats d'assurance vie multisupports sont désormais souscrits avec une option de gestion pilotée. Ce chiffre illustre un basculement profond : les épargnants français ont massivement adopté la délégation face à la complexité croissante des marchés financiers mondiaux et à la multiplication des supports disponibles (plus de 500 unités de compte dans les meilleurs contrats).
Pourquoi la gestion pilotée progresse aussi vite ?
Trois facteurs structurels expliquent cette adoption massive au cours de la dernière décennie. D'abord, la montée en puissance des ETF (Exchange Traded Funds) a permis aux robo-advisors de proposer des allocations diversifiées à des frais très réduits, descendant à 1,20% tout compris pour les meilleurs acteurs comme Ramify, contre 2,50% à 3,30% dans les banques traditionnelles. Ensuite, les performances décevantes des fonds euros (rendement moyen de 2,6% net en 2024 selon la FFA, après un pic historique à plus de 6% dans les années 2000) ont poussé les épargnants vers les unités de compte pour des rendements potentiellement plus élevés. Enfin, la Loi Industrie Verte d'octobre 2024 a intégré le private equity dans les allocations pilotées, ouvrant l'accès à une classe d'actifs historiquement réservée aux institutionnels et aux grandes fortunes.
Le marché des robo-advisors français en chiffres
Yomoni, pionnier lancé en 2015, gère désormais plus de 2 milliards d'euros pour ses clients (source : Finance Héros, 2025). Nalo, créé en 2016, dépasse les 500 millions d'euros sous gestion avec une approche multi-projets unique. Ramify, né en 2020, a rapidement conquis la tête des classements de performance grâce à 728 combinaisons d'allocation possibles et une intégration précoce du Private Equity. Ces trois acteurs, auxquels s'ajoutent Goodvest (spécialiste ISR), Caravel et d'autres entrants récents, forment un marché dynamique qui force les banques traditionnelles à revoir leurs offres et leurs tarifs.
Ce guide compare les 6 meilleures gestions pilotées du marché sur la base de leurs performances réelles, de leur structure de frais complète (les 3 couches à additionner) et de la qualité de leurs supports sous-jacents. France Épargne a analysé les rapports de gestion publics, les sites officiels des acteurs, et les comparatifs indépendants (FranceTransactions palmarès 2025, Avenue des Investisseurs, Finance Héros) pour vous livrer une analyse factuelle et actionnable.
Les profils proposés et leur signification concrète
La terminologie varie selon les gestionnaires (prudent, défensif, équilibré, modéré, dynamique, offensif, agressif) mais la structure sous-jacente est homogène. Un profil prudent alloue généralement 70% à 80% de l'épargne sur des actifs défensifs (fonds euros, obligations d'État, obligations investment grade) et 20% à 30% sur des actifs de croissance (actions). Un profil équilibré répartit à 40% à 60% sur chaque catégorie. Un profil dynamique alloue 70% à 90% sur les actions et actifs de croissance. Depuis la Loi Industrie Verte d'octobre 2024, les profils équilibrés et dynamiques incluent en plus une poche obligatoire de private equity. La révision de votre profil est désormais obligatoire tous les 2 à 4 ans pour s'assurer que votre allocation reste cohérente avec l'évolution de votre situation patrimoniale et de vos objectifs.
Vous définissez votre profil une fois. Le gestionnaire s'occupe des arbitrages, du rééquilibrage et de l'adaptation aux conditions de marché. Aucune surveillance quotidienne n'est requise.
Les robo-advisors comme Yomoni, Ramify et Nalo offrent une diversification sur des centaines d'actifs mondiaux via des ETF, avec un ticket d'entrée accessible à partir de 1 000 euros.
Un contrat bancaire traditionnel en gestion pilotée coûte souvent 2,50% à 3,30% par an. Les meilleurs acteurs en ligne descendent à 1,20% tout compris, soit jusqu'à 2 points de moins par an.
Quand les marchés dérivent (par exemple, les actions prennent trop de place après une hausse), le gestionnaire rééquilibre automatiquement votre allocation vers les cibles définies par votre profil.
Goodvest, Yomoni ISR et Nalo proposent des allocations intégralement responsables. Goodvest est le seul acteur 100% aligné sur l'Accord de Paris, avec exclusion totale des énergies fossiles.
Depuis octobre 2024, les profils équilibrés et dynamiques incluent une poche de private equity (4% minimum pour l'équilibré, 8% pour le dynamique), offrant accès à une classe d'actifs historiquement performante.
Quand vous ouvrez une assurance vie multisupport, vous devez choisir comment votre épargne sera gérée. Trois modes de gestion coexistent, avec des implications très différentes sur les frais, la performance et le niveau d'implication requis. Comprendre ces différences est la première étape avant de confier votre argent.
1. La Gestion Libre : vous êtes aux commandes
En gestion libre, vous choisissez vos supports d'investissement parmi le catalogue complet du contrat : fonds euros, ETF, OPCVM, SCPI, actions, obligations. Vous définissez l'allocation (quel pourcentage sur chaque support), réalisez les arbitrages (transferts entre supports) et rééquilibrez votre portefeuille quand les marchés bougent. La gestion libre exige une implication régulière : au minimum quelques heures par trimestre pour suivre votre allocation et décider des éventuels ajustements.
Avantages : contrôle total, frais les plus bas (aucun frais de mandat), liberté de sélection parmi tout le catalogue. Inconvénients : exige du temps, des connaissances financières solides et une discipline pour ne pas paniquer lors des baisses de marché. Pour qui : investisseurs expérimentés, passionnés de finance, ou ceux qui veulent apprendre activement. Frais typiques : 0,50% à 0,75% de frais UC assureur, sans couche de mandat supplémentaire.
2. La Gestion Pilotée (ou profilée) : un expert ou un algorithme gère pour vous
En gestion pilotée, vous choisissez un profil de risque parmi les options disponibles (prudent, équilibré, dynamique, offensif) et un gestionnaire se charge d'allouer votre épargne sur les supports adaptés. Les arbitrages sont automatiques, le rééquilibrage est régulier, et vous n'avez rien à faire au quotidien. La gestion pilotée est aujourd'hui accessible à partir de 300 euros (Goodvest) à 1 000 euros (Yomoni, Ramify, Nalo).
Avantages : zéro effort après la mise en place, allocation professionnelle, rééquilibrage automatique, adaptée aux débutants comme aux investisseurs occupés. Inconvénients : frais supplémentaires par rapport à la gestion libre (couche de mandat), choix de supports limité à la sélection du gestionnaire, moins de personnalisation fine. Pour qui : la grande majorité des épargnants qui veulent investir intelligemment sans y consacrer du temps. Frais typiques : 1,20% à 2,00% tout compris pour les acteurs en ligne.
3. La Gestion Sous Mandat : la haute couture patrimoniale
La gestion sous mandat est une délégation entièrement personnalisée. Un gérant dédié (Conseiller en Gestion de Patrimoine ou société de gestion spécialisée) construit une allocation sur mesure en tenant compte de votre patrimoine global, votre tranche d'imposition, vos objectifs à court et long terme, et vos contraintes spécifiques. Contrairement à la gestion pilotée standardisée, chaque portefeuille en gestion sous mandat est unique.
Avantages : personnalisation totale, prise en compte du patrimoine global (immobilier, entreprise, autres placements), accès à des supports institutionnels, interlocuteur dédié pour toutes vos questions. Inconvénients : frais plus élevés (1,50% à 2,50%), ticket d'entrée souvent élevé (entre 50 000 et 250 000 euros selon les gestionnaires), et risque d'opacité sur les rétrocessions perçues par le gérant. Pour qui : patrimoines de plus de 100 000 euros cherchant un accompagnement patrimonial complet et personnalisé. Frais typiques : 1,50% à 2,50% tout compris.
| Gestion Pilotée | Profil Dynamique | Profil Équilibré | Profil Prudent | Frais Tout Compris | Encours |
|---|---|---|---|---|---|
| Ramify Flagship | +24,82% | +14,83% | +8,50% | 1,20% (>100K) à 1,60% | >500M euros |
| Nalo Patrimoine | +21,80% | +13,50% | +7,20% | 1,65% à 1,70% | >500M euros |
| Yomoni Profil 10/6/3 | +19,60% | +11,20% | +5,80% | 1,60% | >2 Mds euros, dizaines de milliers de clients |
| Meilleurtaux Placement | +13,42% (Audacieux) | +9,80% | +5,50% | 1,50% à 1,70% | >2 Mds euros |
| Goodvest (100% ISR) | +6,00% | +4,20% | +2,80% | 1,70% à 1,90% | >100M euros |
| Lucya Cardif GP | +15,30% | +9,50% | +5,00% | ~2,00% | N/C |
| Boursorama (Edmond de Rothschild) | +12,80% | +8,40% | +4,60% | ~2,50% | N/C |
Source: FranceTransactions, Avenue des Investisseurs, sites officiels des acteurs
Les frais d'une gestion pilotée se décomposent en trois couches qui s'additionnent silencieusement année après année. Comprendre cette mécanique est indispensable pour comparer les offres de manière éclairée et éviter de payer plusieurs dizaines de milliers d'euros de trop sur la durée.
Couche 1 : Frais de gestion de l'assureur (0,50% à 1,00%)
C'est le loyer annuel payé à l'assureur (Generali, Suravenir, Spirica, SwissLife, Cardif) pour héberger votre contrat. Ces frais s'appliquent à la totalité de vos unités de compte, quel que soit le mode de gestion choisi. Les meilleurs contrats en ligne affichent 0,50% (Linxea Spirit 2, Placement-direct Vie). Les contrats distribués par les banques traditionnelles montent à 0,80% à 1,00%. Ce premier niveau de frais est souvent le moins visible dans les brochures commerciales, mais il s'applique à chaque euro investi.
Couche 2 : Frais de mandat de gestion (0% à 0,70%)
C'est la rémunération du gestionnaire ou du robo-advisor pour piloter votre allocation. En gestion libre, cette couche est à 0%. En gestion pilotée, elle varie de 0,20% (Ramify sur les encours supérieurs à 100 000 euros) à 0,70% (Yomoni). C'est sur cette couche que se joue la vraie différence de prix entre les acteurs. La décomposition détaillée de Yomoni illustre bien la structure : assureur Suravenir 0,60% + frais de mandat Yomoni 0,70% + frais internes ETF 0,30% = 1,60% total (source : Yomoni, 2025).
Couche 3 : Frais internes des supports (0,07% à 2,00%+)
Chaque support dans lequel votre épargne est investie a ses propres frais de gestion internes, prélevés directement sur la valeur du fonds. Un ETF (fonds indiciel passif) coûte entre 0,07% et 0,30%. Un OPCVM classique géré activement coûte entre 1,50% et 2,50%. Ces frais ne sont pas toujours visibles dans la performance affichée car ils sont déjà déduits de la valeur liquidative. Selon l'étude SPIVA de S&P (2024), 92% des fonds actifs sous-performent leur indice de référence sur 20 ans, ce qui rend l'utilisation d'ETF dans les gestions pilotées un avantage structurel majeur.
Le calcul de l'impact réel sur 20 ans
L'impact des frais sur la durée est considérable. Voici l'effet concret sur 100 000 euros investis pendant 20 ans à 7% brut annuel, selon le niveau de frais : avec 1,20% de frais (Ramify, meilleur scénario), votre capital atteint 255 000 euros. Avec 1,60% de frais (Yomoni, scénario médian), il atteint 237 000 euros. Avec 2,50% de frais (banque mid-market), il n'atteint que 195 000 euros. Avec 3,30% de frais (banque traditionnelle avec OPCVM et rétrocessions), il tombe à 163 000 euros. La différence entre le meilleur et le pire scénario atteint 92 000 euros, uniquement due aux frais, sur le même capital de départ et la même performance brute de marché.
Le piège des frais cachés dans les OPCVM
Certains gestionnaires affichent des frais apparemment bas en couche 2, mais sélectionnent des OPCVM coûteux (couche 3) sur lesquels ils perçoivent des rétrocessions (commissions versées par la société de gestion du fonds à l'intermédiaire). Cette pratique est légale mais peu transparente pour l'épargnant. Pour la détecter, consultez le Document d'Information Clé (DIC) de chaque fonds sous-jacent dans votre allocation : si la majorité des fonds affichent des frais internes supérieurs à 1%, méfiez-vous. Les acteurs vertueux (Ramify, Yomoni, Nalo) n'utilisent que des ETF à bas frais et publient la liste complète de leurs supports avec les frais internes sur leur site institutionnel. Cette transparence totale sur la composition du portefeuille est l'un des critères de sélection retenus par France Épargne pour ce comparatif.

Le choix entre gestion libre et gestion pilotée n'est pas une question de compétence ou d'intelligence financière. C'est une question de temps disponible, d'appétence pour la finance, et surtout de discipline émotionnelle face aux variations des marchés. Des études comportementales (DALBAR, 2024) montrent que l'investisseur particulier en gestion libre obtient en moyenne 3 à 4 points de moins par an que l'indice qu'il tente de répliquer, précisément à cause de ses décisions émotionnelles. Voici un cadre de décision clair pour choisir.
Optez pour la gestion pilotée si :
Vous n'avez pas le temps ni l'envie de suivre les marchés financiers régulièrement (au moins quelques heures par trimestre). Vous êtes débutant et ne savez pas encore comment construire une allocation diversifiée entre ETF, obligations et actifs réels. Vous reconnaissez honnêtement que vous risqueriez de paniquer et de vendre au pire moment lors d'un krach boursier (comme beaucoup l'ont fait lors du krach de mars 2020, vendant au plus bas juste avant le rebond). Vous voulez une approche clé en main avec rééquilibrage automatique et sans surveillance quotidienne. Votre capital financier est inférieur à 50 000 euros (en dessous de ce seuil, l'écart de frais avec la gestion libre représente moins de 300 euros par an en valeur absolue, ce qui rend la délégation très justifiée).
Optez pour la gestion libre si :
Vous avez des connaissances financières solides : vous savez ce qu'est un ETF, vous comprenez la notion de ratio de Sharpe, vous savez construire une allocation stratégique et la rééquilibrer. Vous êtes discipliné et démontrez que vous ne touchez pas à votre allocation quand les marchés corrigent de 20% (la véritable compétence de l'investisseur particulier). Vous voulez les frais les plus bas possibles (0,60% à 1,00% contre 1,20% à 1,60% en pilotée), et votre capital dépasse 50 000 euros, là où la différence annuelle en valeur absolue devient significative. Vous aimez piloter vous-même et consacrez du temps à votre formation financière régulière.
L'approche hybride : combiner les deux modes
Plusieurs contrats (Linxea Spirit 2, Lucya Cardif) permettent de combiner gestion libre et gestion pilotée sur le même contrat. Vous pouvez par exemple placer 70% de votre capital en gestion libre (ETF MSCI World + fonds euros) et 30% en gestion pilotée sur un profil dynamique. Une stratégie pertinente pour les investisseurs en phase d'apprentissage, qui veulent pratiquer sans risquer la totalité de leur épargne.
Nouveauté : les contrats multi-compartiments en 2026
Plusieurs assureurs proposent désormais des contrats segmentés en jusqu'à 10 compartiments, chacun avec son propre profil de risque et son propre horizon de placement. Cette innovation permet de gérer plusieurs projets dans un seul contrat : un compartiment prudent pour un apport immobilier prévu dans 5 ans, un compartiment dynamique pour la retraite dans 20 ans, un compartiment équilibré pour une épargne de précaution. Chaque poche est gérée indépendamment par le gestionnaire, avec son propre rééquilibrage automatique. France Épargne peut vous aider à structurer cette approche multi-projets selon votre situation patrimoniale.
Les erreurs les plus fréquentes à éviter
La première erreur est de choisir son niveau de risque en fonction de la performance de la dernière année : des milliers d'épargnants ont basculé vers un profil dynamique en fin d'année 2023 (après une hausse de 20%) pour subir une correction immédiate. La deuxième erreur est de ne pas comparer les frais des trois couches, en se limitant au chiffre affiché sur la brochure. La troisième erreur est de sous-estimer l'importance du rééquilibrage automatique : sans cette discipline mécanique, les études DALBAR montrent que les investisseurs particuliers perdent en moyenne 3 à 4 points de performance annuelle par rapport à l'indice. La gestion pilotée élimine ces trois erreurs par construction.
La Loi Industrie Verte, promulguée en 2023 et entrée en application le 24 octobre 2024, représente la réforme structurelle la plus importante pour la gestion pilotée depuis la loi Pacte de 2019. Elle oblige les gestionnaires à intégrer une poche de Private Equity dans les allocations pilotées, avec pour objectif de financer l'économie réelle française.
Le calendrier réglementaire
L'obligation s'applique aux contrats d'assurance vie individuels et aux PER individuels depuis le 24 octobre 2024. Les assurances vie et PER collectifs ont jusqu'en juin 2026 pour se mettre en conformité. La révision du profil client est désormais obligatoire tous les 2 à 4 ans au maximum, forçant les gestionnaires à s'assurer que votre allocation reste adaptée à votre situation.
Les quotas minimaux d'actifs non cotés
Profil équilibré : minimum 4% en actifs non cotés (Private Equity, dette privée, infrastructure). Profil dynamique et offensif : minimum 8% en actifs non cotés. Profil prudent : exempté de l'obligation. Ces quotas s'appliquent sur la part investie en unités de compte, pas sur l'ensemble du contrat (la part en fonds euros est exclue du calcul).
L'impact macroéconomique attendu
Avant la loi, les PER français totalisaient environ 119 milliards d'euros d'encours, dont seulement 3,5 milliards (moins de 3%) investis en actifs non cotés (source : Banque Populaire, 2025). Plus de 80% des entreprises dans le monde sont non cotées (source : Natixis Investment Managers, 2025), un univers d'investissement que les épargnants particuliers ne pouvaient jusqu'alors pas atteindre facilement. La loi devrait orienter entre 1 et 2 milliards d'euros supplémentaires par an vers le Private Equity et les PME/ETI françaises, contribuant au financement de la reindustrialisation du territoire.
Ce que cela signifie concrètement pour votre portefeuille
Le Private Equity cible un rendement annuel de 6% à 12% sur longue période (source : Natixis Investment Managers, 2025), historiquement supérieur aux actions cotées sur les mêmes horizons. En contrepartie, deux contraintes s'imposent : l'argent investi en Private Equity est illiquide (horizon de 5 à 10 ans) et le risque est plus élevé que pour un ETF diversifié. Dans le cadre d'une gestion pilotée, le gestionnaire sélectionne les FCPR (Fonds Communs de Placement à Risque) et FPCI adaptés, gère les appels de fonds et les distributions, et s'assure que la liquidité globale du portefeuille reste cohérente avec votre profil. Vous bénéficiez ainsi d'une exposition au Private Equity sans en gérer la complexité opérationnelle.
Ramify a été précurseur
Ramify a intégré le Private Equity dans son allocation Flagship dès la mise en application de la loi, expliquant en partie sa surperformance sur ses profils les plus dynamiques. Le déploiement a toutefois été progressif pour les autres acteurs : début 2025, seul Suravenir (assureur partenaire de Linxea) avait pleinement intégré le PE dans ses mandats. Les autres assureurs se sont mis en conformité au cours du premier trimestre 2025 (source : Funds Magazine, 2025). Vérifiez avec votre gestionnaire que votre contrat est bien à jour.
Comment choisir entre FCPR et FPCI dans votre allocation ?
Dans le cadre de la Loi Industrie Verte, les gestionnaires intègrent différents véhicules d'investissement non coté : les FCPR (Fonds Communs de Placement à Risque) sont des fonds réglementés accessibles aux particuliers, avec une liquidité partielle après une période de blocage de 5 ans. Les FPCI (Fonds Professionnels de Capital-Investissement) sont réservés aux investisseurs qualifiés ou aux tickets supérieurs à 100 000 euros. Dans la majorité des gestions pilotées grand public, la poche Private Equity est construite via des FCPR. Les gestionnaires les plus avancés (Ramify, notamment) ont négocié un accès direct à des fonds de Private Equity institutionnels en classe institutionnelle, avec des frais internes inférieurs à ceux des FCPR grand public. Interrogez votre gestionnaire sur la nature précise des véhicules utilisés dans votre allocation.

L'investissement responsable en gestion pilotée couvre un spectre large et souvent mal compris, allant de l'intégration partielle de critères ESG (Environnement, Social, Gouvernance) à l'exclusion totale des secteurs controversés. La terminologie est foisonnante : ISR (Investissement Socialement Responsable), ESG, SRI, Greenfin, label ISR AMF, alignement Accord de Paris. Comprendre ces nuances permet de faire un choix en pleine connaissance des compromis entre impact environnemental et performance financière.
Goodvest : l'approche la plus radicale et la plus cohérente
Goodvest est le seul acteur français 100% ISR sur le marché, labellisé Greenfin, avec exclusion totale des énergies fossiles et alignement sur l'Accord de Paris à +2 degrés. La transparence carbone est publiée sur chaque portefeuille. Prix à payer sur la performance : frais de 1,70% à 1,90% et performance dynamique récente de seulement +6%, contre +19% à +24% pour les acteurs en ETF classiques. L'univers d'investissement restreint par les multiples filtres ESG (exclusion fossiles, armement, tabac, alcool, jeux d'argent) réduit mécaniquement l'exposition aux secteurs les plus performants à court terme (énergie, défense).
Yomoni ISR : l'équilibre entre impact et performance
Yomoni propose un profil Responsable utilisant des ETF ESG de grande qualité (iShares ESG Screened, Amundi SRI). Les frais sont identiques à la gestion classique (1,60%). La performance est légèrement inférieure au profil standard, de 1 à 2 points par an selon les conditions de marché. L'approche best-in-class sélectionne les meilleures entreprises sur les critères ESG dans chaque secteur, sans exclure des secteurs entiers : une approche qui sacrifie moins de performance que l'exclusion sectorielle.
Nalo ISR : l'option climatique progressive
Nalo propose une option Éco-responsable avec des ETF climat (Lyxor MSCI World Climate Change, Amundi MSCI Europe Climate Action) et des green bonds pour la poche obligataire. Les frais sont identiques à la version classique (1,65%). La performance est intermédiaire entre Goodvest et Yomoni standard.
Le guide de décision France Épargne
Si l'impact climatique maximal est votre priorité absolue et que vous acceptez un écart de performance de 10 à 18 points par rapport aux meilleures gestions classiques : Goodvest est votre seul choix cohérent. Si vous souhaitez un investissement responsable sans trop pénaliser votre rendement : Yomoni ISR ou Nalo ISR offrent un compromis bien calibré. Si l'ESG n'est pas une priorité absolue mais reste un critère parmi d'autres : les gestions pilotées classiques en ETF (Ramify, Yomoni, Nalo) respectent déjà des filtres ESG minimum via leurs ETF sous-jacents (standards MSCI ESG Screened intégrés dans la plupart des ETF modernes).
Les labels à connaître pour comparer les offres ISR
Trois labels sont les plus reconnus en France. Le label ISR de l'AMF est le plus répandu : il certifie que le fonds intègre des critères ESG dans sa sélection de titres, sans exclure obligatoirement des secteurs entiers. Le label Greenfin (géré par le Ministère de la Transition Écologique) est plus exigeant : il exclut les énergies fossiles et le nucléaire, et garantit un financement direct de la transition énergétique. Seul Goodvest est labellisé Greenfin parmi les gestions pilotées grand public. L'Article 9 SFDR (réglementation européenne) est le niveau le plus exigeant : il certifie que le fonds a un objectif d'investissement durable mesurable et vérifiable. Interrogez votre gestionnaire sur les labels qui s'appliquent aux fonds composant votre allocation responsable avant de souscrire.
Exigez au minimum 3 ans d'historique, idéalement 5 ans. Comparez la performance nette de tous frais avec un indice de référence (MSCI World pour un profil dynamique, un mix 60/40 pour un profil équilibré). Si la gestion pilotée sous-performe systématiquement son indice, elle ne justifie pas ses frais. Sur la période 2020 à 2025, Ramify affiche +19% à +83% selon le profil, Yomoni +12% à +53%, Nalo +12% à +42% (source : Avenue des Investisseurs, 2025).
Ne vous arrêtez pas au frais affiché. Additionnez : frais de gestion assureur (0,50% à 1,00%) + frais de mandat (0% à 0,70%) + frais internes des supports (0,07% à 2,00%). Demandez le Document d'Information Clé (DIC) de chaque fonds sous-jacent. Un gestionnaire transparent affiche le total tout compris sur sa page tarifaire.
Les meilleures gestions pilotées utilisent majoritairement des ETF (frais internes 0,07% à 0,30%). Les moins bonnes empilent des OPCVM classiques (frais internes 1,50% à 2,50%), souvent parce que le gestionnaire perçoit des rétrocessions sur ces fonds. Selon l'étude SPIVA (S&P, 2024), 92% des fonds actifs sous-performent leur indice de référence sur 20 ans.
Un bon gestionnaire publie un reporting mensuel ou trimestriel détaillé : performance par profil, allocation actuelle, mouvements réalisés, commentaire de marché. Yomoni, Nalo et Ramify publient des rapports clairs et accessibles en ligne. Les banques traditionnelles envoient souvent un relevé annuel lacunaire. La fréquence et la qualité du reporting sont un indicateur de sérieux.
Vérifiez que vous pouvez basculer de gestion pilotée à gestion libre sans frais, modifier votre profil de risque à tout moment, effectuer des versements et des rachats sans pénalité, et accéder à votre espace client en ligne avec suivi en temps réel. Les meilleurs acteurs (Ramify, Yomoni, Nalo) offrent toute cette flexibilité. Les contrats bancaires imposent souvent des délais et des frais de modification.

"La gestion pilotée résout un problème fondamental : la plupart des épargnants n'ont ni le temps, ni les connaissances, ni la discipline émotionnelle pour gérer efficacement un portefeuille diversifié. Déléguer à un algorithme qui investit en ETF à faibles frais, c'est souvent faire mieux que 90% des investisseurs particuliers et mieux que 92% des gérants de fonds actifs sur 20 ans. Le vrai enjeu n'est pas de battre le marché, c'est de ne pas se battre soi-même.
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Parler à un expert France ÉpargneFrance Épargne publie ce comparatif de gestion pilotée sur la base d'une méthodologie transparente et reproductible. Voici les critères retenus et les limites importantes à garder en tête avant de prendre une décision d'investissement.
Sources de données utilisées
Les performances présentées dans ce guide sont tirées des rapports officiels des gestionnaires et de trois sources indépendantes reconnues : le palmarès FranceTransactions (basé sur les données transmises directement par les assureurs partenaires, actualisé annuellement), le comparatif Avenue des Investisseurs (analyse indépendante avec données vérifiées trimestriellement), et Finance Héros (comparatif mis à jour chaque trimestre avec vérification des frais en direct). France Épargne ne perçoit aucune rémunération de la part des gestionnaires mentionnés dans ce guide. Notre intérêt est que vous fassiez le meilleur choix, pas que vous choisissiez un acteur spécifique.
Critères de sélection des acteurs analysés
Sont inclus uniquement les gestionnaires qui remplissent quatre conditions cumulatives : un historique de performance vérifiable d'au moins 3 ans (excluant les nouveaux entrants sans track record), la publication des frais complets avec décomposition des trois couches (excluant les acteurs opaques sur leur tarification), l'accessibilité aux particuliers avec un ticket d'entrée inférieur à 5 000 euros, et une régulation en règle auprès de l'AMF (Autorité des Marchés Financiers) ou de l'ACPR (Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution). Les acteurs qui ne publient pas leurs allocations détaillées ou leur décomposition de frais complète sont systématiquement exclus de cette analyse.
Limites et mises en garde réglementaires
Les performances passées ne préjugent pas des performances futures : c'est une obligation réglementaire, mais aussi une réalité mathématique fondamentale. Un gestionnaire ayant surperformé grâce à une forte exposition aux actions américaines en 2024 ne garantit pas de répéter cette performance si ce segment de marché sous-performe les années suivantes. La comparaison entre deux profils nominalement similaires (deux profils dits dynamiques chez deux gestionnaires différents) peut masquer des différences de construction très importantes : l'un peut avoir 90% d'actions mondiales, l'autre 65%, avec des profils de risque radicalement différents en pratique. Vérifiez toujours la composition effective de l'allocation et la volatilité historique (écart-type annualisé, perte maximale historique) avant de souscrire.
Fréquence de mise à jour
France Épargne actualise ses comparatifs de gestion pilotée tous les 6 mois, conformément aux standards de qualité pour les pages de comparaison de produits financiers en forte évolution. La présente version intègre les données du premier trimestre 2026. Pour les décisions patrimoniales importantes (engagements supérieurs à 50 000 euros, arbitrages fiscaux impliquant votre tranche marginale d'imposition, ou transferts depuis un contrat existant), consultez un conseiller France Épargne qui personnalisera l'analyse à votre situation spécifique et à vos objectifs à long terme.
Ce que ce guide ne remplace pas
Un comparatif en ligne fournit des données agrégées et des cadres de décision généraux. Il ne peut pas prendre en compte votre situation fiscale personnelle (tranche marginale d'imposition, revenus fonciers, plus-values mobilières déjà réalisées cette année), vos contrats existants (antériorité fiscale d'une assurance vie, encours PER déjà constitué), ni vos contraintes patrimoniales spécifiques (succession en cours, donation envisagée, projet immobilier à court terme). Ces éléments peuvent fondamentalement changer la recommandation optimale. C'est pourquoi France Épargne propose un bilan patrimonial gratuit : une heure avec un conseiller qualifié et indépendant pour analyser votre situation complète et établir la stratégie d'épargne la plus adaptée à vos objectifs réels et à votre horizon de placement.
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