Schneider Electric à l'heure des résultats 2025 : data centers et IA transforment le champion français de l'énergie
Schneider Electric publie ses résultats annuels 2025 le 26 février. Porté par l'explosion des data centers IA, le groupe affiche une croissance organique solide et des méga-contrats à 2,3 milliards de dollars signés aux États-Unis.
Un rendez-vous financier très attendu pour le leader mondial de la gestion de l'énergie
Schneider Electric publie ses résultats annuels 2025 ce jeudi 26 février, lors d'une webconférence animée par le directeur général Olivier Blum et la directrice financière Hilary Maxson. Ce rendez-vous est particulièrement scruté par les investisseurs : le groupe, première capitalisation industrielle du CAC 40, a traversé une année marquée par l'explosion de la demande en infrastructures numériques et en solutions d'efficacité énergétique liées à l'intelligence artificielle.
Au cours des douze mois précédant la publication, l'action Schneider Electric a progressé de +10,58 % depuis le 1er janvier 2026 pour s'établir à 262,55 € le 24 février. Le consensus des analystes fixe l'objectif de cours à 276 €, soit une appréciation potentielle supplémentaire de 5,38 % par rapport au dernier cours coté.
Les indicateurs intermédiaires : une trajectoire de croissance ininterrompue
Les chiffres disponibles pour les neuf premiers mois de 2025 dessinent une trajectoire robuste. Au premier semestre, le groupe a atteint un chiffre d'affaires de 19,34 milliards d'euros, en hausse de +7,9 % en organique par rapport aux 18,17 milliards enregistrés au premier semestre 2024. L'EBITA ajusté s'est établi à 3,5 milliards d'euros (+7 % organique), avec une marge de 18,2 %, légèrement inférieure aux 18,6 % du premier semestre 2024, en raison d'effets de change défavorables et d'une saisonnalité inhérente à l'activité.
Au troisième trimestre 2025, la dynamique s'est encore accélérée : les revenus ont progressé de +9 % en organique pour atteindre 10 milliards d'euros trimestriels. La division Gestion de l'Énergie a enregistré une croissance de +10 %, portée en premier lieu par la demande des data centers. L'Amérique du Nord s'est distinguée avec une progression de +15 %, tirée par les activités systèmes aux États-Unis.
Les data centers et l'IA : moteurs structurels de la croissance
La grande transformation de Schneider Electric en 2025 tient à son positionnement stratégique au cœur de la révolution des infrastructures numériques. L'explosion des modèles d'intelligence artificielle, qui nécessitent des puissances de calcul considérables, a entraîné une demande sans précédent en solutions de gestion de l'alimentation électrique et de refroidissement pour les data centers.
En novembre 2025, Schneider Electric a annoncé la conclusion de contrats représentant un total de 2,3 milliards de dollars avec des opérateurs américains de data centers. Le plus important, d'une valeur de 1,9 milliard de dollars, a été signé avec Switch, un opérateur privé de data centers. Cet accord porte sur la fourniture de modules d'alimentation préfabriqués et de systèmes de refroidissement Uniflair, destinés à des campus datacenter conçus pour supporter des densités allant jusqu'à 2 mégawatts par rack, directement compatibles avec les architectures NVIDIA DGX et MGX.
« En combinant alimentation modulaire, technologies de refroidissement avancées et un modèle de service à long terme, nous contribuons à créer une infrastructure qui anticipe l'avenir des charges de travail IA. »
En parallèle, lors de la GTC Paris de novembre 2025, Schneider Electric et NVIDIA ont annoncé un partenariat stratégique visant à co-développer des systèmes de refroidissement liquide, d'alimentation et de gestion de bâtiments pour les « usines IA » (AI factories) en Europe. Ce partenariat s'inscrit dans le cadre du Plan d'action IA du Continent européen et de l'initiative InvestAI de la Commission européenne, qui vise à mobiliser 200 milliards d'euros d'investissements dans l'IA.
« Ensemble avec Schneider Electric, nous bâtissons des usines IA : l'infrastructure essentielle qui apporte l'IA à chaque entreprise. »
La guidance 2025 : entre ambition maintenue et prudence sur les marges
Pour l'ensemble de l'exercice 2025, le groupe maintient une guidance de croissance organique de l'EBITA ajusté comprise entre +10 % et +15 %, avec une croissance organique du chiffre d'affaires attendue dans une fourchette de +7 % à +10 %. La marge EBITA ajustée est ciblée entre 18,7 % et 19,0 %, ce qui représente une amélioration de 50 à 80 points de base par rapport à l'exercice 2024.
À noter que cette fourchette de marge a été révisée à la baisse en cours d'année par rapport à la guidance initiale qui visait 19,2 % à 19,5 %. Au troisième trimestre, la direction a également indiqué que la croissance des revenus se situerait vers la borne inférieure de la fourchette, en raison de vents contraires liés aux effets de change.
Perspectives et enjeux pour les investisseurs
Arguments en faveur d'une vision constructive
Les partisans d'une vision optimiste sur Schneider Electric soulignent la nature structurelle de la demande. La demande d'électricité mondiale pourrait augmenter de 60 % dans les quinze prochaines années, selon les projections présentées par Olivier Blum lors du Capital Market Day 2025. L'IA, l'automatisation et les appareils connectés constituent les principaux facteurs de cette tendance, positionnant Schneider Electric comme un bénéficiaire direct de cette mégatendance.
L'accumulation de méga-contrats commerciaux offre une visibilité exceptionnelle sur les exercices futurs. Le carnet de commandes de la division data centers, alimenté par des engagements pluriannuels, constitue un coussin de protection en cas de ralentissement économique. La politique de dividende progressif, avec 4,41 euros par action versés en 2025 (+11,43 % sur un an) et dix années consécutives de hausse, renforce l'attrait du titre pour les investisseurs à long terme.
Points de vigilance à surveiller
Les analystes plus prudents relèvent plusieurs risques à surveiller. La Chine représente 12,2 % du chiffre d'affaires du groupe, une exposition qui soumet Schneider Electric aux aléas de la guerre commerciale et aux droits de douane imposés par l'administration Trump sur les importations américaines. Depuis l'annulation partielle des tarifs IEEPA par la Cour suprême et l'entrée en vigueur de la Section 122, le taux moyen effectif des droits de douane américains s'établit à 13,7 % en février 2026, une donnée susceptible de peser sur les marges si les approvisionnements doivent être restructurés.
Par ailleurs, la marge EBITA H1 2025 de 18,2 % est restée inférieure à l'objectif initial de 19,2 %-19,5 %, signe que la croissance des volumes n'a pas été sans coût. La question de la trajectoire des marges pour 2026 constituera l'un des éléments les plus scrutés lors de la présentation de demain.
Le contexte sectoriel
Schneider Electric évolue dans un secteur très concurrentiel. ABB, Siemens, Eaton et Vertiv se disputent les mêmes marchés des data centers et de la gestion de l'énergie industrielle. Collectivement, les cinq premiers acteurs du marché de l'alimentation pour data centers détiennent entre 41 % et 43 % des parts de marché mondiales. La différenciation passe notamment par la plateforme logicielle EcoStruxure, qui permet une gestion intelligente de l'énergie et des systèmes de bâtiments, et par les partenariats technologiques noués avec des acteurs de premier plan comme NVIDIA.
Ce qu'il faut surveiller lors de la publication de demain
Le chiffre d'affaires annuel 2025 : les analystes anticipent une croissance organique vers la borne inférieure de la fourchette de +7 % à +10 %, soit un chiffre d'affaires annuel estimé entre 41 et 42 milliards d'euros (vs 38,2 milliards en 2024).
La marge EBITA annuelle : l'atterrissage entre 18,7 % et 19,0 % sera scruté de près, notamment au regard des pressions sur les coûts au second semestre.
La guidance 2026 : les investisseurs attendent des indications sur la trajectoire de croissance pour l'exercice en cours, notamment sur la poursuite de la dynamique data centers et l'évolution de l'Automation Industrielle.
L'annonce du dividende 2025 : dans la continuité de la politique progressive, une nouvelle hausse est attendue, potentiellement au-delà des 4,41 euros versés pour 2024.
Les commentaires sur les risques tarifaires : la direction devrait aborder l'impact potentiel des droits de douane américains sur les chaînes d'approvisionnement et les marges.
Schneider Electric, thermomètre de la transition énergétique mondiale
Au-delà des chiffres, la publication des résultats 2025 de Schneider Electric sera suivie avec attention comme un indicateur macroéconomique de premier plan. Le groupe est l'un des rares acteurs à bénéficier simultanément de la transition énergétique, de la numérisation de l'économie et de la révolution de l'intelligence artificielle.
Olivier Blum, qui a pris la direction du groupe en septembre 2024, a orienté sa stratégie autour d'un message clair : l'IA, loin de constituer uniquement un vecteur de dépense énergétique supplémentaire, peut devenir un outil permettant de réduire la consommation d'énergie de 30 % dans les bâtiments, les usines et les data centers. Cette vision, à la croisée de la compétitivité industrielle et de la durabilité environnementale, constitue le fondement du positionnement de Schneider Electric pour les années à venir.
« Nous portons Schneider vers le prochain niveau d'intelligence de l'énergie et de l'industrie, pour capturer les opportunités dans l'électrification, l'automatisation et la digitalisation maintenant et dans le futur. »
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