
Tout savoir pour obtenir une assurance emprunteur avec une maladie chronique : diabète, hypertension, asthme. Convention AERAS, surprimes et solutions adaptées.
Vivre avec une maladie chronique ne doit pas vous empêcher de réaliser votre projet immobilier. Diabète, hypertension artérielle, asthme, hypothyroïdie, maladies auto-immunes, pathologies cardiovasculaires stabilisées : ces affections concernent des millions de Français qui souhaitent légitimement emprunter pour devenir propriétaires. Pourtant, l'accès à l'assurance emprunteur pour ces profils reste complexe. Les assureurs perçoivent les maladies chroniques comme des facteurs de risque augmentant la probabilité de décès prématuré, d'invalidité ou d'arrêts de travail prolongés. Résultat : surprimes pouvant atteindre 50% à 200%, exclusions de garanties, voire refus purs et simples de la part des bancassurances classiques.
Heureusement, le cadre réglementaire a considérablement évolué. La convention AERAS (S'Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé), la loi Lemoine qui supprime le questionnaire santé sous conditions, et l'émergence d'assureurs spécialisés dans les profils médicaux complexes ont ouvert l'accès à l'assurance pour de nombreux malades chroniques. De plus, de nombreuses pathologies chroniques bien équilibrées n'entraînent qu'une surprime modérée, voire aucune surprime si elles figurent dans la grille de référence AERAS.
Dans ce guide complet, vous découvrirez comment les assureurs évaluent les maladies chroniques, quelles sont les conséquences pour votre assurance emprunteur, comment activer la convention AERAS, et surtout comment obtenir une couverture adaptée au meilleur tarif malgré votre pathologie.
Les assureurs ne traitent pas toutes les maladies chroniques de la même manière. Leur évaluation repose sur plusieurs critères précis qui déterminent l'acceptation, le niveau de surprime, et les exclusions éventuelles.
Certaines maladies chroniques sont considérées comme bénignes et bien contrôlables par les assureurs, tandis que d'autres sont jugées graves avec des complications potentiellement létales.
Pathologies bénignes : Hypothyroïdie sous traitement substitutif, asthme léger à modéré, syndrome du côlon irritable, migraine chronique, eczéma, psoriasis modéré. Ces pathologies entraînent généralement une acceptation sans surprime ou avec une surprime faible (0% à 20%) si elles sont bien contrôlées.
Pathologies modérées : Diabète de type 2 équilibré, hypertension artérielle contrôlée, hypercholestérolémie traitée, polyarthrite rhumatoïde stable, maladie de Crohn en rémission. Ces pathologies entraînent des surprimes de 30% à 100% selon l'équilibre et la présence ou non de complications.
Pathologies graves : Diabète de type 1 avec complications microangiopathiques, insuffisance rénale chronique, sclérose en plaques évolutive, maladies cardiovasculaires sévères, insuffisance cardiaque, bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) sévère. Ces pathologies entraînent des surprimes élevées (100% à 300%), des exclusions de garanties, ou des refus d'assurance chez les assureurs classiques.
Pour une même pathologie, un malade bien équilibré sous traitement efficace présente un risque bien inférieur à un malade mal contrôlé avec des déséquilibres fréquents.
Diabète de type 2 : Un diabétique avec une HbA1c (hémoglobine glyquée) à 6,5% sous metformine, sans complication, obtiendra une surprime modérée (30% à 50%). Un diabétique avec une HbA1c à 9%, nécessitant de l'insuline, avec début de rétinopathie et de néphropathie, subira une surprime de 150% à 200% ou un refus.
Hypertension artérielle : Une hypertension contrôlée à 130/80 mmHg sous un seul antihypertenseur, sans atteinte d'organes cibles (cœur, reins, yeux), entraîne une surprime de 20% à 40%. Une hypertension résistante nécessitant trois médicaments avec début d'hypertrophie ventriculaire gauche entraîne une surprime de 80% à 120%.
Asthme : Un asthme intermittent léger nécessitant seulement un traitement de fond par corticoïdes inhalés est généralement accepté sans surprime. Un asthme sévère avec hospitalisations récentes pour crises aigues entraîne une surprime de 50% à 100% ou une exclusion des garanties respiratoires.
Plus une maladie chronique est diagnostiquée depuis longtemps et reste stable sans aggravation, plus l'assureur est rassuré.
Recul favorable : Un diabète de type 2 diagnostiqué il y a 10 ans, bien équilibré depuis 10 ans sans aucune complication, rassure l'assureur. La surprime sera modérée.
Diagnostic récent : Un diabète de type 2 diagnostiqué il y a 6 mois inquiète davantage car le recul est insuffisant pour évaluer l'évolution à long terme et le risque de complications futures. La surprime sera plus élevée ou l'acceptation sera ajournée de 12 à 24 mois.
L'absence de complications liées à la maladie chronique est déterminante.
Diabète sans complications : Pas de rétinopathie, pas de néphropathie, pas de neuropathie, pas d'artériopathie. Surprime modérée.
Diabète avec complications : Rétinopathie diabétique nécessitant un traitement laser, début de néphropathie avec microalbuminurie, neuropathie des membres inférieurs. Surprime élevée ou refus.
Hypertension sans complications : Fonction rénale normale, échographie cardiaque normale, fond d'œil normal. Surprime modérée.
Hypertension avec atteinte d'organes : Hypertrophie ventriculaire gauche, insuffisance rénale débutante, rétinopathie hypertensive. Surprime élevée.
La nature du traitement et votre observance influencent l'évaluation.
Traitement simple et bien toléré : Un diabétique sous metformine seule, bien tolérée, avec une excellente observance (prise quotidienne régulière) présente un profil rassurant.
Traitement complexe : Un diabétique nécessitant de l'insuline avec plusieurs injections par jour, ou un hypertendu résistant sous quatre antihypertenseurs, signale une maladie plus sévère.
Observance : Les assureurs valorisent une bonne observance thérapeutique. Si vos bilans montrent un excellent équilibre depuis des années, cela prouve votre sérieux dans la gestion de votre maladie.
Calculez vos mensualités, le coût total et visualisez l'impact de l'assurance emprunteur sur votre crédit.
Lancer la simulationDiabète de type 2 équilibré : Surprime de 30% à 80% selon l'équilibre et l'ancienneté. Avec la grille AERAS, la surprime peut être plafonnée à 100% pour les profils bien contrôlés.
Diabète de type 1 : Surprime de 80% à 200% selon la qualité de l'équilibre et la présence ou non de complications. Refus fréquent en bancassurance, acceptation possible via AERAS niveau 2 ou 3.
Hypertension artérielle contrôlée : Surprime de 20% à 50% pour une hypertension simple bien contrôlée sous monothérapie. Acceptation fréquente sans surprime si la tension est parfaitement normale sous traitement et sans complication.
Hypercholestérolémie traitée : Surprime de 0% à 30% selon le niveau de LDL et la présence de facteurs de risque cardiovasculaire associés. Souvent acceptée sans surprime si le cholestérol est normalisé sous traitement.
Asthme modéré : Surprime de 0% à 40% selon la sévérité et la fréquence des crises. L'asthme léger intermittent est souvent accepté sans surprime.
Hypothyroïdie substituée : Généralement acceptée sans surprime si les hormones thyroïdiennes sont normalisées sous traitement substitutif (Levothyrox).
Polyarthrite rhumatoïde : Surprime de 50% à 150% selon l'activité de la maladie, les traitements (biothérapies), et le handicap fonctionnel résiduel.
Maladie de Crohn ou rectocolite hémorragique : Surprime de 40% à 100% si la maladie est en rémission stable. Refus ou surprime très élevée en cas de maladie active avec poussées fréquentes.
Sclérose en plaques : Surprime de 100% à 300% ou refus selon la forme (rémittente ou progressive), le handicap actuel (score EDSS), et l'évolutivité.
Insuffisance rénale chronique modérée : Surprime de 80% à 200% selon le stade (DFG entre 30 et 60 ml/min : stade 3) et la cause. Refus fréquent pour les stades 4 et 5.
Certains assureurs acceptent de vous couvrir mais excluent les sinistres directement liés à votre maladie chronique.
Exemple diabète : L'assureur exclut toute invalidité ou incapacité résultant de complications diabétiques (amputation, cécité, insuffisance rénale terminale). Cette exclusion vide largement le contrat de sa substance car les complications diabétiques sont justement le risque principal.
Exemple pathologie cardiovasculaire : L'assureur exclut tout décès ou invalidité résultant d'un infarctus, d'un AVC, ou de toute complication cardiovasculaire. Là encore, l'exclusion rend le contrat peu utile.
Ces exclusions sont à éviter absolument. Privilégiez une couverture complète avec surprime plutôt qu'une pseudo-couverture avec exclusions massives.
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Calculer mes économiesLa convention AERAS est spécifiquement conçue pour faciliter l'accès à l'assurance pour les personnes présentant un risque aggravé de santé, dont les malades chroniques. Elle prévoit un examen à trois niveaux de votre dossier, une grille de référence pour certaines pathologies, et un plafonnement des surprimes pour les emprunteurs aux revenus modestes.
Grille de référence AERAS : De nombreuses pathologies chroniques figurent dans cette grille avec des conditions d'acceptation sans surprime ou avec surprime plafonnée. Par exemple, un diabète de type 2 avec HbA1c inférieure à 8%, sans complications, diagnostiqué depuis plus de 5 ans, peut être accepté avec une surprime plafonnée à 100%.
Trois niveaux d'examen : Si vous êtes refusé au niveau 1 (assureur standard), votre dossier passe automatiquement au niveau 2 (service médical spécialisé), puis au niveau 3 (pool de réassureurs spécialisés). Cette procédure maximise vos chances d'obtenir une couverture.
Écrêtement des surprimes : Si vos revenus sont inférieurs au plafond de la Sécurité Sociale et que votre prêt finance votre résidence principale, la surprime est plafonnée de telle sorte que votre TAEA n'excède pas 1,4%. Cela limite drastiquement le surcoût pour les emprunteurs modestes.
Les bancassurances classiques appliquent des grilles forfaitaires rigides et refusent souvent les pathologies chroniques complexes. Les assureurs spécialisés dans les risques médicaux, accessibles via la délégation d'assurance, évaluent finement chaque dossier.
Assureurs spécialisés diabète : Certains assureurs ont développé une expertise spécifique sur le diabète et proposent des tarifs adaptés tenant compte de votre équilibre réel (HbA1c, absence de complications).
Assureurs spécialisés maladies auto-immunes : Pour les pathologies comme la polyarthrite rhumatoïde, la sclérose en plaques, ou les maladies inflammatoires chroniques intestinales, des assureurs spécialisés existent.
Passer par un courtier expert en risques aggravés de santé vous permet d'identifier ces assureurs et d'obtenir les meilleures conditions.
La qualité de votre dossier médical influence directement la décision de l'assureur.
Documents à rassembler : Compte-rendu de votre dernier bilan annuel avec votre endocrinologue, diabétologue, cardiologue ou spécialiste. Résultats des examens récents (HbA1c, bilan lipidique, créatininémie, fond d'œil, ECG, échographie cardiaque selon la pathologie). Attestation de votre médecin traitant résumant votre pathologie, son ancienneté, son équilibre actuel, l'absence de complications, et votre excellente observance.
Mettre en avant les éléments positifs : Insistez sur la stabilité de votre maladie depuis X années, l'absence totale de complications, votre suivi médical régulier, votre excellent équilibre biologique, votre mode de vie sain (pas de tabac, activité physique régulière).
Une surprime n'est pas gravée dans le marbre. Selon les éléments que vous apportez, vous pouvez obtenir une réduction.
Fournir des bilans récents parfaits : Si votre dernier bilan montre une HbA1c à 6%, un LDL à 0,70 g/l, une créatininémie normale, un fond d'œil parfait, envoyez ces résultats à l'assureur. Cela peut justifier une réduction de la surprime initialement proposée.
Comparer plusieurs offres : Si l'assureur A propose une surprime de 80% et l'assureur B propose 50%, utilisez l'offre B pour négocier avec A.
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Être rappelé sous 6hFrance Épargne dispose d'une expertise spécifique pour les emprunteurs avec maladies chroniques. Nous activons systématiquement la convention AERAS pour nos clients concernés, accédons à des assureurs spécialisés dans les profils médicaux complexes, et constituons des dossiers médicaux optimisés valorisant votre profil.
Nous négocions les surprimes en mettant en avant tous les éléments positifs de votre dossier, comparons plusieurs assureurs pour identifier celui offrant les meilleures conditions pour votre pathologie spécifique, et vous accompagnons à chaque étape jusqu'à l'obtention de votre prêt.
Obtenir une assurance adaptée à ma maladie chronique
Vivre avec une maladie chronique ne doit pas vous priver de votre projet immobilier. Grâce à la convention AERAS, aux assureurs spécialisés accessibles via la délégation d'assurance, et à une approche méthodique valorisant votre équilibre et votre stabilité, vous pouvez obtenir une assurance emprunteur complète à un tarif raisonnable.
Retenez ces principes : déclarez votre pathologie avec sincérité et précision, constituez un dossier médical complet et rassurant, activez la convention AERAS, passez par un courtier spécialisé connaissant les assureurs acceptant votre pathologie, et comparez plusieurs offres pour obtenir les meilleures conditions.
Votre maladie chronique fait partie de vous, mais elle ne définit pas votre capacité à devenir propriétaire.
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