Rendements cibles de 10 à 15 % par an, totalement indépendants des cycles économiques. Le litigation funding transforme les procédures judiciaires en opportunités patrimoniales.
Le litigation funding (ou tiers financement de procédures) désigne un mécanisme par lequel un investisseur tiers finance les frais d'une procédure judiciaire ou arbitrale en échange d'une part des sommes obtenues en cas de victoire. Concrètement, le financeur prend en charge l'ensemble des coûts : honoraires d'avocats, frais d'expertise, émoluments d'arbitres et dépens. En contrepartie, il perçoit un pourcentage des dommages et intérêts obtenus, généralement compris entre 20 et 40 % selon la complexité et la durée du dossier. Ce mécanisme existe depuis plusieurs décennies dans les pays anglo-saxons, et s'implante progressivement en France et en Europe continentale.
Ce mécanisme repose sur un principe fondamental : le non recours. Si la procédure échoue, le financeur supporte seul la perte de son investissement. Le demandeur ne doit rien rembourser. Ce transfert intégral du risque financier constitue la pierre angulaire du modèle et explique la sélectivité extrême des financeurs dans le choix des dossiers. Pour l'entreprise ou le particulier qui porte la procédure, cette garantie signifie qu'il peut engager une action en justice sans mobiliser ses propres ressources financières et sans craindre de devoir assumer les coûts en cas de résultat défavorable.
Le processus de sélection se déroule en deux étapes distinctes. Dans un premier temps, l'équipe d'analyse du fonds examine le fondement juridique du dossier, la qualité des preuves disponibles, la solvabilité du défendeur et le rapport entre les coûts prévisionnels et les gains espérés. Le ratio minimum exigé est généralement de 1 pour 10 : pour chaque million d'euros investi, les dommages et intérêts attendus doivent atteindre au moins dix millions. Cette exigence garantit que le rendement potentiel justifie le risque pris par le financeur. Dans un second temps, un avocat spécialisé ou un arbitre indépendant réalise un audit approfondi (due diligence) avant la signature du contrat. Cet audit porte sur la recevabilité de l'action, la solidité des arguments juridiques, les précédents jurisprudentiels pertinents et les perspectives d'exécution effective du jugement ou de la sentence arbitrale.
Le taux d'acceptation des dossiers reste très faible. Les principaux acteurs du marché ne retiennent qu'environ 5 % des dossiers soumis. Le fonds Juridica, l'un des pionniers du secteur, investissait dans seulement 2,5 % des litiges présentés. Cette sélectivité rigoureuse constitue paradoxalement un atout pour les investisseurs : elle garantit que seuls les dossiers présentant les meilleures probabilités de succès et les rendements potentiels les plus élevés intègrent le portefeuille du fonds. La qualité du filtre d'entrée détermine directement la performance du véhicule d'investissement à maturité.
France Épargne accompagne ses clients dans la compréhension de cette classe d'actifs et dans la sélection des véhicules d'investissement les mieux adaptés à leur profil patrimonial. Notre rôle est de fournir une analyse indépendante des offres disponibles sur le marché, en toute neutralité vis à vis des sociétés de gestion, afin que chaque investisseur puisse prendre une décision éclairée.

Les rendements dépendent exclusivement des décisions judiciaires. Aucun lien avec les cycles économiques, les taux d'intérêt ou la volatilité boursière. Une diversification patrimoniale authentique.
Le taux de rentabilité interne net visé se situe entre 10 et 15 % annuels. Les meilleurs fonds ciblent un multiple de 3x à 4x le capital investi sur la durée du placement.
Certains fonds souscrivent une assurance pour chaque dossier financé. En cas de défaite, l'assureur rembourse le capital investi, réduisant significativement le risque pour les porteurs de parts.
Les fonds investissent dans 30 à 40 dossiers indépendants les uns des autres. La perte sur un litige est compensée par les gains obtenus sur les autres dossiers du portefeuille.
Seuls 5 % des dossiers soumis sont retenus après une double analyse juridique et financière. Ce filtre drastique maximise les probabilités de succès pour les investisseurs.
La loi DDADUE du 30 avril 2025 et le décret du 10 décembre 2025 offrent un cadre juridique solide au financement de litiges par des tiers en France, renforçant la sécurité des investisseurs.
| Caractéristique | Détail | Commentaire |
|---|---|---|
| Rendement cible (TRI net) | 10 à 15 % par an | Variable selon le millésime et la durée des procédures |
| Multiple cible | 3x à 4x le capital investi | Sur un horizon de 4 à 8 ans |
| Horizon de placement | 4 à 8 ans | Illiquide : pas de marché secondaire organisé |
| Ticket d'entrée minimum | À partir de 100 000 € | Fonds professionnels (Article 423-27 AMF) |
| Décorrélation | Totale | Aucune corrélation avec les marchés actions, obligataires ou immobiliers |
| Risque principal | Perte partielle ou totale | Atténué par la diversification et l'assurance |
| Fiscalité | Flat tax 30 % ou barème progressif | Régime des plus values mobilières applicable |
| Régulation | AMF pour certains fonds | IVO Capital Partners : seul acteur régulé AMF en France |
Le paysage juridique du financement de litiges par des tiers en France a connu une transformation majeure avec l'adoption de textes structurants. Pendant des années, cette pratique s'est développée sans cadre législatif spécifique, reposant uniquement sur les principes du droit civil des contrats et la liberté contractuelle. L'absence de réglementation dédiée n'interdisait pas la pratique mais créait une incertitude juridique qui freinait l'entrée de nouveaux acteurs et l'engagement des investisseurs institutionnels.
La loi DDADUE du 30 avril 2025 (Diverses Dispositions d'Adaptation au Droit de l'Union Européenne) marque un tournant historique. Pour la première fois, le droit français reconnaît explicitement l'existence du tiers financement de procédures judiciaires. L'article 16 I-D de cette loi autorise le financement des actions de groupe sous trois conditions cumulatives : la transparence sur l'identité des financeurs et les termes des accords, la publicité de ces informations sur le site internet de l'entité porteuse de l'action, et l'absence d'influence indue du financeur sur la conduite de la procédure. Cette transposition de la directive européenne 2020/1828 sur les actions représentatives s'inscrit dans un mouvement plus large de reconnaissance du litigation funding à l'échelle du continent.
Le décret du 10 décembre 2025 vient compléter ce dispositif en établissant deux régimes distincts. Le premier est un financement réglementé, public et supervisé, applicable aux actions de groupe. Les tiers financeurs intervenant dans ce cadre sont soumis à des obligations de déclaration et de conformité renforcées. Le second concerne le financement qui reste non réglementé, couvrant notamment l'arbitrage international et les litiges commerciaux bilatéraux. Cette distinction a une portée pratique considérable : elle offre un cadre protecteur pour les actions collectives tout en préservant la flexibilité nécessaire aux financements de litiges complexes entre entreprises. La circulaire du 1er août 2025 précise les modalités d'application de ces dispositions et détaille les sanctions en cas de conflit d'intérêts entre le financeur et les parties à la procédure.
En amont de ces textes législatifs, le Barreau de Paris avait adopté le 21 février 2017 une résolution soutenant explicitement le tiers financement, tant au bénéfice des justiciables que des avocats, en particulier dans le contexte de l'arbitrage international. Cette position institutionnelle a contribué à légitimer la pratique auprès des professionnels du droit et à lever les réticences déontologiques initiales. La résolution souligne que le litigation funding facilite l'accès à la justice et permet aux avocats d'accepter des dossiers à fort potentiel sans exposer leurs clients à un risque financier disproportionné.
À l'échelle européenne, la Commission Européenne a publié en avril 2025 un rapport cartographiant le tiers financement en Europe et au-delà. Plusieurs pays travaillent à la création de mécanismes de supervision harmonisés, ce qui laisse entrevoir un cadre réglementaire continental à moyen terme. Pour les investisseurs, ce renforcement normatif offre des garanties croissantes. Les fonds régulés par l'AMF (Autorité des Marchés Financiers) sont soumis à des obligations de transparence, de gouvernance et de reporting. IVO Capital Partners demeure le seul acteur français régulé par l'AMF dans ce domaine, ce qui constitue un critère de sélection déterminant pour les investisseurs soucieux de sécurité. France Épargne intègre systématiquement la dimension réglementaire dans son analyse des véhicules d'investissement proposés à ses clients.
Le tiers financement de procédures couvre un spectre large de litiges, chacun présentant des caractéristiques de risque et de rendement spécifiques. La compréhension de ces catégories est essentielle pour évaluer la composition d'un portefeuille et apprécier le profil de risque global d'un véhicule d'investissement.
L'arbitrage international constitue historiquement le segment le plus développé en France. Les procédures d'arbitrage, souvent administrées sous l'égide de la Chambre de Commerce Internationale (CCI) basée à Paris, impliquent des montants élevés (généralement supérieurs à 10 millions d'euros) et des parties solvables. La durée moyenne d'un arbitrage international se situe entre 12 et 36 mois. Paris, en tant que première place mondiale de l'arbitrage international, confère à la France un avantage structurel dans ce segment. Les sentences arbitrales bénéficient d'une exécution facilitée par la Convention de New York, ratifiée par plus de 170 pays, ce qui sécurise la récupération effective des sommes allouées. Les financeurs privilégient les arbitrages impliquant des entreprises de taille significative, disposant d'actifs identifiables et localisables pour garantir l'exécution de la sentence.
Les contentieux commerciaux représentent le second pilier du marché. Litiges entre actionnaires, différends post acquisition (M&A), ruptures de contrats commerciaux et concurrence déloyale : ces dossiers offrent des perspectives d'indemnisation significatives lorsque les préjudices sont quantifiables et documentés. La durée moyenne en première instance est de 12 à 24 mois en juridiction commerciale française. Les contentieux post acquisition sont particulièrement prisés par les financeurs car ils reposent sur des garanties contractuelles précises (garanties de passif, clauses d'ajustement de prix) dont le non-respect est objectivement démontrable. Les litiges entre actionnaires, souvent liés à des abus de majorité ou de minorité, offrent également un terrain favorable au tiers financement lorsque le montant en jeu justifie les coûts de la procédure.
Les actions privées en droit de la concurrence (private enforcement antitrust) connaissent une croissance rapide en Europe. Suite aux décisions de la Commission Européenne sanctionnant des cartels, les entreprises victimes de pratiques anticoncurrentielles peuvent réclamer des dommages et intérêts devant les juridictions nationales. Le tiers financement de ces actions est particulièrement pertinent car les procédures sont longues (24 à 48 mois) et coûteuses, mais les montants en jeu sont considérables. La directive européenne 2014/104 sur les actions en dommages pour infraction au droit de la concurrence facilite ces recours en instaurant une présomption de préjudice.
Les actions de groupe (class actions), désormais encadrées par la loi DDADUE, ouvrent un nouveau champ pour le tiers financement en France. Les associations habilitées peuvent porter ces actions au nom de groupes de consommateurs ou d'investisseurs lésés, avec un tiers financement autorisé sous conditions de transparence et d'indépendance. Les domaines couverts incluent la consommation, la santé, l'environnement, la protection des données et les pratiques anticoncurrentielles.
Enfin, les contentieux en propriété intellectuelle (brevets, marques, contrefaçon) et les contentieux fiscaux internationaux complètent le spectre des litiges finançables. France Épargne analyse la composition des portefeuilles de litiges de chaque fonds pour évaluer le profil de risque global et la pertinence de l'allocation proposée à ses clients.
Le tiers financement de procédures affiche des performances historiques supérieures à la plupart des classes d'actifs traditionnelles, mais avec des caractéristiques spécifiques qu'il convient de bien comprendre avant de s'engager.
Le taux de rentabilité interne (TRI) net visé par les principaux fonds se situe entre 10 et 15 % par an. Ce rendement s'apprécie sur la durée totale du fonds, généralement 6 à 8 ans. Les fonds les plus performants visent un multiple de 3x à 4x le capital investi, ce qui signifie qu'un investissement de 100 000 euros pourrait rapporter entre 300 000 et 400 000 euros à maturité. Ces projections reposent sur des taux de succès historiques légèrement inférieurs à 50 % sur les dossiers individuels, compensés par l'ampleur des gains obtenus sur les dossiers gagnés. La logique asymétrique du modèle fait qu'il suffit de gagner un nombre limité de dossiers à très forte valeur pour compenser les pertes subies sur les autres.
Les exemples concrets illustrent la variabilité des résultats. Dans l'affaire Bayer Monsanto relative au glyphosate (Roundup), un fonds de litigation funding a réalisé une performance de 80 % grâce à un accord transactionnel obtenu aux États Unis. Ce résultat exceptionnel ne saurait constituer une référence annualisable : le même fonds a affiché une croissance annuelle proche de 8 % les années suivantes, plus représentative de la performance courante. Cette variabilité souligne l'importance de raisonner en multiple sur l'ensemble de la durée du fonds plutôt qu'en performance annualisée, qui peut être trompeuse.
La société de gestion Auris Gestion indique que son fonds de litigation finance perçoit une rémunération annuelle pour le capital prêté, complétée par des commissions de performance occasionnelles lors de la résolution favorable des dossiers, avec un objectif de multiple de 3x sur 4 ans. IVO Capital Partners, principal acteur français, a financé près de 90 dossiers depuis son premier millésime et affiche un track record documenté auprès de l'AMF. Le dernier véhicule lancé, IVO Legal Strategies Fund IV, cible 150 millions d'euros d'encours et prévoit d'investir dans une quarantaine de litiges en Europe.
Le marché mondial du litigation funding a été évalué à 19,3 milliards de dollars et devrait atteindre 53,2 milliards en dix ans, soit un taux de croissance annuel composé de 10,7 % (source : Research Nester). En Europe, le marché du contentieux représente 125 milliards d'euros avec un taux de pénétration de seulement 0,8 % et une croissance prévue de 8,8 % par an. Ce taux de pénétration historiquement bas indique un potentiel de développement considérable, en particulier dans les pays où le cadre réglementaire se structure comme c'est le cas en France.
France Épargne fournit à ses clients une analyse détaillée des track records des différents fonds, en distinguant les performances réalisées des performances projetées, afin de construire des anticipations fondées sur des données vérifiables. Nous mettons en perspective ces rendements avec ceux des autres classes d'actifs alternatifs (capital investissement, infrastructure, immobilier non coté) pour une vision patrimoniale globale.

Le marché français du tiers financement de procédures est structuré autour de quelques acteurs spécialisés, complétés par des financeurs internationaux opérant depuis Londres et New York. La connaissance de ces acteurs est indispensable pour tout investisseur souhaitant évaluer les véhicules d'investissement disponibles.
IVO Capital Partners occupe une position unique sur le marché français. Fondée à Paris, cette société de gestion est le seul acteur du litigation funding régulé par l'AMF en France. Elle gère plus de 2,3 milliards d'euros d'actifs (au 31 décembre 2025) et a lancé quatre millésimes successifs de fonds dédiés. Le dernier en date, IVO Legal Strategies Fund IV, vise 150 millions d'euros et prévoit d'investir dans une quarantaine de litiges, principalement en Europe (France, Allemagne, Espagne, Portugal, Pays Bas). Depuis son premier millésime, IVO a financé près de 90 dossiers à travers le monde pour un montant total supérieur à 200 millions d'euros. Le fonds IVO Legal Strategies Fund III était accessible à partir de 100 000 euros, ce qui en fait l'un des véhicules les plus accessibles du marché pour les investisseurs avertis.
Alter Litigation, fondée en 2013 et basée à Bruxelles avec une activité significative en France, se positionne sur le financement de litiges commerciaux et d'arbitrage en Europe continentale. Son approche met l'accent sur l'accès à la justice et la défense des droits des entreprises disposant de dossiers solides mais manquant de ressources pour les mener à terme. Alter Litigation intervient comme un partenaire stratégique des directions juridiques, en fournissant non seulement le financement mais aussi une expertise en évaluation des litiges.
Deminor, acteur belge historique, propose des services de financement couvrant l'ensemble de l'Europe. Sa couverture géographique étendue et son expertise en droit de la concurrence (actions follow on après décisions de la Commission Européenne) en font un partenaire de référence pour les contentieux transfrontaliers. Deminor se distingue par sa capacité à structurer des financements collectifs regroupant plusieurs entreprises victimes d'un même préjudice anticoncurrentiel.
Burford Capital, coté au NYSE et au LSE, est le leader mondial incontesté avec un portefeuille de 7,5 milliards de dollars. Sa présence en France passe principalement par les équipes d'arbitrage international des grands cabinets parisiens. Son envergure financière lui permet de financer les litiges les plus importants, y compris des portefeuilles entiers de contentieux pour un même client corporate. L'action Burford Capital offre une exposition au litigation funding avec la liquidité d'un titre coté, bien que le cours soit alors influencé par des facteurs boursiers.
D'autres acteurs complètent le paysage : La Française IC2 (pionnière en France depuis 2009), DES Third Party Funding (spécialisé dans les accidents du travail et maladies professionnelles pour les entreprises de plus de 150 salariés), Profile Investment (basé à Paris), Nivalion (acteur européen) et Fortress (fonds américain intervenant en arbitrage). France Épargne maintient une cartographie à jour de l'ensemble de ces acteurs pour orienter ses clients vers les solutions les plus adaptées à leur profil et surveille l'arrivée de nouveaux entrants sur le marché français.
France Épargne réalise un bilan complet de votre patrimoine, de vos objectifs de rendement et de votre tolérance au risque. Le litigation funding s'adresse aux investisseurs disposant d'un horizon de placement long (4 à 8 ans) et acceptant l'illiquidité.
Nous analysons les fonds disponibles sur le marché : régulation AMF, track record, composition du portefeuille de litiges, politique d'assurance, frais de gestion et conditions de sortie. Chaque fonds fait l'objet d'une fiche d'analyse indépendante.
En fonction de votre profil, nous recommandons une allocation cible au sein de votre patrimoine global. Le litigation funding représente généralement 5 à 15 % d'un portefeuille diversifié. La souscription se fait directement auprès de la société de gestion sélectionnée.
France Épargne assure un suivi régulier de vos investissements : évolution des dossiers en cours, résolutions obtenues, valorisation du portefeuille. Nous organisons des points annuels pour ajuster votre stratégie en fonction des résultats et des nouvelles opportunités.
Le litigation funding offre des rendements attractifs mais comporte des risques spécifiques que chaque investisseur doit évaluer avant de s'engager. La transparence sur ces risques est une exigence fondamentale de France Épargne dans son devoir de conseil. Aucun placement ne peut être recommandé sans une compréhension claire de ses limites.
Le risque de perte en capital constitue le premier facteur à considérer. En cas de défaite judiciaire, le financeur ne perçoit aucune rémunération et ne récupère pas les sommes investies dans le dossier concerné. Avec un taux de succès proche de 50 % sur les dossiers individuels, ce risque est bien réel. La mutualisation sur un portefeuille de 30 à 40 dossiers et la souscription d'assurances spécifiques permettent de l'atténuer significativement, sans l'éliminer totalement. Un scénario de pertes successives sur plusieurs dossiers majeurs pourrait dégrader la performance globale du fonds en dessous de ses objectifs initiaux.
L'illiquidité représente le second risque majeur. Les fonds de litigation funding ne disposent pas de marché secondaire organisé. Le capital investi est bloqué pendant toute la durée du fonds (4 à 8 ans), voire au-delà si des procédures sont encore en cours à l'échéance prévue. Un investisseur ayant besoin de liquidités avant terme ne pourra pas céder ses parts dans des conditions favorables. Cette contrainte impose de n'investir que des capitaux dont on peut se passer sur un horizon long, sans impact sur son train de vie ni sur ses projets à moyen terme.
Le risque de non déploiement du capital survient lorsque le fonds ne parvient pas à identifier suffisamment de dossiers répondant à ses critères de sélection. Dans ce scénario, le capital reste non investi pendant une durée prolongée, ce qui pèse mécaniquement sur le rendement global du fonds. Ce risque est accentué dans les phases de création de nouveaux fonds, avant que le dealflow ne soit pleinement constitué. Les millésimes ultérieurs bénéficient généralement d'un réseau de sourcing plus mature.
Le risque de défaillance de l'assureur concerne les fonds ayant souscrit une couverture assurantielle. En cas d'accumulation de dossiers perdus, l'assureur pourrait réduire ses engagements ou faire défaut, exposant les investisseurs à des pertes supérieures à celles initialement prévues. La solidité financière de l'assureur constitue donc un critère d'évaluation à part entière dans l'analyse du véhicule d'investissement.
Enfin, la durée imprévisible des procédures constitue un facteur d'incertitude structurel. Un dossier prévu pour se résoudre en 18 mois peut s'étendre sur 4 à 5 ans en cas d'appels successifs. Cette extension rallonge mécaniquement la période de détention et réduit le TRI annualisé, même si le multiple final reste conforme aux attentes. Certains fonds intègrent des clauses prévoyant la restitution du capital par l'assureur si un dossier n'est pas débouclé après un nombre d'années déterminé, offrant ainsi une meilleure visibilité sur les flux de trésorerie.
France Épargne recommande de ne jamais allouer plus de 15 % de son patrimoine financier au litigation funding et de s'assurer que cette allocation ne compromet pas les besoins de liquidité à moyen terme. Notre conseil patrimonial intègre systématiquement un test de résistance simulant des scénarios défavorables.

Le tiers financement de procédures ne s'adresse pas uniquement aux investisseurs : il constitue un outil stratégique puissant pour les entreprises confrontées à des litiges de grande valeur. En faisant financer leur procédure par un tiers, les entreprises transforment une charge judiciaire en opportunité sans impact sur leur trésorerie. Cette approche modifie fondamentalement la manière dont les directions financières et juridiques appréhendent le contentieux.
Pour une PME ou une ETI, engager un contentieux commercial de grande ampleur peut représenter un investissement de plusieurs centaines de milliers d'euros en honoraires d'avocats et frais d'expertise. Ce coût, souvent incompatible avec les contraintes budgétaires d'une entreprise de taille intermédiaire, conduit de nombreuses sociétés à renoncer à des procédures pourtant fondées juridiquement. Le litigation funding supprime cet obstacle en transférant l'intégralité du risque financier au tiers financeur. L'entreprise récupère alors sa capacité à défendre ses droits sans compromettre son équilibre financier ni ralentir ses projets de développement.
L'entreprise financée bénéficie de plusieurs avantages concrets et mesurables. Sa trésorerie est préservée : les frais de procédure n'impactent ni le besoin en fonds de roulement ni les capacités d'investissement. Le risque est externalisé : en cas de défaite, l'entreprise ne doit rien au financeur, conformément au principe de non recours. Le contentieux est transformé en actif : la procédure, jusqu'alors inscrite au passif des comptes (provisions pour litiges), devient une créance potentielle valorisable qui peut même être mentionnée dans les notes aux états financiers. Enfin, les ressources internes sont libérées : la direction juridique peut se concentrer sur ses missions stratégiques plutôt que sur la gestion financière du litige.
Les directions juridiques des grands groupes utilisent de plus en plus le litigation funding comme outil de pilotage de leur portefeuille de contentieux. Cette approche, qualifiée de « contentieux piloté » par opposition au « contentieux subi », s'inscrit dans la maturité croissante des Legal Operations en France. En externalisant le financement des procédures les plus coûteuses, les directions juridiques optimisent leur budget tout en maintenant une pression judiciaire proportionnée à l'enjeu des dossiers. L'étude Burford Capital de novembre 2022 évaluait le marché mondial des litiges finançables à plus de 900 milliards de dollars, avec plus de 2 000 milliards de dollars de réclamations en arbitrage pendantes dans les 30 premiers pays. Ce réservoir massif de litiges non financés représente le potentiel de croissance le plus significatif pour le secteur.
La dimension comptable mérite également d'être soulignée. Lorsqu'une entreprise provisionne un contentieux dans ses comptes, cette provision pèse sur le résultat net et réduit la valorisation de la société. En externalisant le financement de la procédure, l'entreprise limite l'impact comptable du litige sur ses états financiers. En cas de victoire, les sommes récupérées (nettes de la part versée au financeur) viennent au contraire améliorer le résultat exceptionnel et renforcer la trésorerie disponible. Cette transformation d'une provision pour risque en produit exceptionnel constitue un levier financier que les directeurs administratifs et financiers intègrent de plus en plus dans leur réflexion stratégique.
France Épargne conseille les entreprises sur l'intégration du litigation funding dans leur stratégie contentieuse, en évaluant les dossiers éligibles et en mettant en relation les directions juridiques avec les financeurs adaptés à la nature et à l'ampleur de leurs litiges.
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Demander un audit patrimonial gratuit"Le litigation funding permet aux entreprises de conduire une bataille judiciaire sans impact sur leur trésorerie, d'externaliser le risque et de transformer le contentieux en un actif financier à forte valeur ajoutée.
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Prendre rendez vous avec un conseillerLe marché français du tiers financement de procédures entre dans une phase de structuration accélérée. Plusieurs facteurs convergent pour faire de la période actuelle un moment charnière dans le développement de cette classe d'actifs, tant du côté de l'offre que de la demande.
Le cadre réglementaire issu de la loi DDADUE et de ses décrets d'application fournit désormais une base juridique solide aux opérateurs. Cette sécurité normative est essentielle pour attirer les investisseurs institutionnels (compagnies d'assurance, caisses de retraite, fonds de dotation) qui exigent un environnement réglementaire clair avant de s'engager sur des classes d'actifs émergentes. La publication du rapport de la Commission Européenne sur le tiers financement en avril 2025 laisse entrevoir des discussions sur un cadre harmonisé à l'échelle du continent, ce qui renforcerait encore la prévisibilité pour les acteurs du marché.
L'ouverture aux actions de groupe représente un levier de croissance considérable. Jusqu'à la réforme DDADUE, les actions de groupe françaises restaient marginales en raison du cadre restrictif issu de la loi Hamon de 2014. La réforme élargit significativement le champ des entités habilitées à porter ces actions et autorise explicitement leur financement par des tiers. Les contentieux liés aux pratiques anticoncurrentielles, aux produits défectueux, aux préjudices environnementaux et aux violations du RGPD pourraient générer un flux régulier de dossiers éligibles. Les associations de consommateurs et les entités qualifiées disposeront désormais des moyens financiers nécessaires pour porter des actions collectives complexes et de longue durée.
La professionnalisation des directions juridiques en France, portée par le mouvement Legal Operations, favorise l'adoption du tiers financement comme outil de pilotage stratégique. Le passage d'un « contentieux subi » à un « contentieux piloté » transforme la fonction juridique d'un centre de coût en un centre de création de valeur. Les entreprises les plus avancées intègrent le financement par des tiers dans leur budget prévisionnel de contentieux et considèrent leurs litiges pendants comme des actifs potentiels à valoriser.
Le contexte macroéconomique, marqué par une croissance modérée et une stabilisation des taux d'intérêt, renforce l'attrait des investissements alternatifs décorrélés. Dans un environnement où les rendements obligataires restent modestes et la volatilité des marchés actions reste élevée, le litigation funding offre un profil de risque/rendement distinctif qui attire un nombre croissant d'allocataires d'actifs. La recherche de performance dans un environnement de taux stabilisés pousse les investisseurs institutionnels et patrimoniaux vers des classes d'actifs non traditionnelles offrant des primes d'illiquidité significatives.
France Épargne suit activement l'évolution de ce marché et adapte en permanence ses recommandations à ses clients. Notre conviction est que le tiers financement de procédures deviendra dans les prochaines années une composante courante de l'allocation patrimoniale des investisseurs avertis, au même titre que le capital investissement ou l'immobilier non coté. Nous accompagnons dès maintenant les investisseurs qui souhaitent prendre position sur ce segment porteur, en leur fournissant une vision complète des opportunités disponibles, une analyse critique des risques associés et un suivi personnalisé de leur allocation au sein de cette classe d'actifs en plein essor.
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