Les actifs immatériels représentent 92% de la valeur du S&P 500 en 2025. Brevets, royalties musicales, marques et droits d'auteur génèrent des rendements de 7 à 17% par an, décorrélés des marchés traditionnels. Un segment d'investissement alternatif en pleine structuration, désormais accessible aux particuliers.
Un portefeuille de droits de propriété intellectuelle (PI) est un ensemble structuré d'actifs immatériels qui confèrent à leur détenteur des droits exclusifs d'exploitation, de licence ou de cession. Ces actifs génèrent des flux de revenus récurrents sous forme de redevances (royalties), de licences ou de plus-values à la revente. C'est une classe d'actifs que France Épargne intègre de plus en plus dans ses recommandations de diversification patrimoniale.
Contrairement aux actions ou aux obligations, ces droits ne dépendent pas directement des cycles boursiers. Leur valeur repose sur l'utilisation commerciale d'une invention, d'une création artistique ou d'une marque, ce qui les rend naturellement décorrélés des marchés financiers traditionnels. L'Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (WIPO) estime la valeur mondiale de ces actifs incorporels à 80 000 Md$ en 2025, en hausse de 40% depuis 2022. Cette croissance spectaculaire reflète la transformation profonde de l'économie mondiale vers un modèle où la connaissance prime sur la matière.
Un portefeuille bien diversifié peut combiner plusieurs types d'actifs, chacun avec ses propres caractéristiques de rendement, de durée et de risque :
Les brevets d'invention : protection de 20 ans sur une innovation technique. Les brevets pharmaceutiques, technologiques et industriels constituent le segment le plus capitalistique, avec un marché de monétisation estimé à 10 Md$ par an à l'échelle mondiale. Un seul brevet de médicament blockbuster peut générer des centaines de millions en redevances sur sa durée de vie.
Les droits d'auteur et royalties : protection allant jusqu'à 70 ans après le décès de l'auteur. Ce segment couvre la musique, le cinéma, la littérature, les logiciels et les contenus audiovisuels. Le marché mondial des catalogues musicaux a atteint 12,3 Md$ en 2024, contre 5,4 Md$ en 2020, soit une progression de 128% en quatre ans seulement.
Les marques déposées : protection renouvelable indéfiniment (tous les 10 ans en France). L'industrie mondiale du licensing de marques représente 369,6 Md$ en 2025 (source : Licensing International), portée par les franchises de divertissement, le luxe et le sport.
Les dessins, modèles et secrets commerciaux : protection de 5 à 25 ans selon les juridictions. Un segment de niche mais stratégique dans la mode, le design industriel et la technologie. Les secrets commerciaux (formules, processus, algorithmes) n'ont pas de limite de durée tant qu'ils restent confidentiels.
L'étude 2025 d'Ocean Tomo révèle que les actifs immatériels (dont la PI est le pilier) constituent désormais 92% de la capitalisation boursière du S&P 500, contre seulement 17% en 1975. Cette « inversion économique », selon les termes d'Ocean Tomo, traduit une transformation fondamentale : la valeur économique a migré de ce qui peut être « touché » vers ce qui peut être « pensé ». L'accélération a été particulièrement marquée entre 1985 et 2005, période durant laquelle la part des immatériels est passée de 32% à 79%, soit un bond de 47 points en deux décennies.
Fait remarquable : cette domination des actifs immatériels s'est maintenue à environ 90% même durant le cycle de resserrement monétaire le plus agressif en quatre décennies (2022 à 2025), démontrant la résilience structurelle de cette classe d'actifs face aux chocs macroéconomiques. En une seule génération humaine, les brevets, marques et droits d'auteur sont passés de simples postes comptables marginaux à la première et principale source de richesse des plus grandes entreprises mondiales.
Source: Ocean Tomo Intangible Asset Market Value Study, 2025
Le segment le plus capitalistique du marché de la PI. Les fonds spécialisés acquièrent des portefeuilles de brevets pour les licencier à des entreprises qui utilisent les technologies protégées. Le coût d'acquisition d'un portefeuille de brevets de qualité se situe entre 10 et 50 millions de dollars (source : TransactionsIP), mais les rendements internes (IRR) dépassent régulièrement les 15%, avec des protections à la baisse fiables.
Fortress Investment Group, le plus grand investisseur institutionnel en brevets au monde, a engagé 2,9 Md$ dans ce secteur et gère au total 53 Md$ d'actifs (août 2025). Sa filiale VLSI Technology a obtenu des verdicts de jury totalisant plus de 3 Md$ dans des litiges contre Apple et Intel, illustrant le potentiel de monétisation exceptionnel des portefeuilles de brevets technologiques de premier rang.
Les brevets pharmaceutiques présentent un profil particulier : un seul brevet de médicament blockbuster peut générer des centaines de millions de redevances sur sa durée de vie. Le secteur pharma représente à lui seul 25% de l'ensemble des revenus mondiaux de licences de brevets. La R&D pharmaceutique nécessite entre 1 et 1,5 milliard d'euros d'investissement sur 8 à 12 ans pour développer un nouveau médicament, ce qui rend les brevets indispensables pour protéger cet investissement considérable.
Plus de 50% des entreprises du Fortune 500 participent au licensing de brevets, ce qui confirme la maturité de ce marché. Le marché global des licences de brevets, évalué à 2,79 Md$ en 2026, devrait atteindre 5,48 Md$ d'ici 2035 (CAGR de 7,77%), selon Business Research Insights.
Le segment le plus accessible aux investisseurs particuliers et l'un des plus dynamiques en termes de croissance. Le marché mondial de la musique a atteint 105 Md$ en 2024 et devrait approcher 200 Md$ d'ici 2035 (CAGR de 6%). Goldman Sachs projette une croissance de 74% des revenus musicaux entre 2022 et 2030, portée principalement par le streaming qui représente désormais la majorité des revenus de l'industrie.
Le marché des catalogues musicaux a connu une expansion fulgurante, passant de 5,4 Md$ en 2020 à 12,3 Md$ en 2024, soit +128% en quatre ans. Les grandes transactions illustrent l'appétit institutionnel pour cette classe d'actifs : Blackstone a racheté le fonds coté Hipgnosis Songs Fund pour 1,58 Md$ en juillet 2024, tandis que Concord a acquis Round Hill Royalty Fund pour 468 millions de dollars. Ces opérations signalent la transition du marché vers une maturité institutionnelle.
Plusieurs plateformes permettent d'investir directement dans des catalogues de droits musicaux :
Royalty Exchange (États Unis) : plus de 30 000 investisseurs inscrits, 2 300 transactions réalisées pour un volume cumulé supérieur à 200 millions de dollars. Le rendement annualisé moyen dépasse 13%, avec des royalties musicales offrant des retours de 10 à 17% par an. Un catalogue acheté 219 603 dollars en 2023 a été revendu 350 000 dollars début 2025, soit un rendement total de 66,4% en 1,66 an.
Bolero : accessible dès 25 dollars, la plateforme annonce des rendements de 7,5 à 20% par an, avec une moyenne réaliste autour de 10 à 11%. Son modèle permet de fractionner les droits sur des titres individuels.
ANote Music (Luxembourg) : plateforme européenne régulée, active en France via un partenariat avec EL Éditions. Rendement moyen documenté de 7,5% depuis le lancement. Elle propose un marché secondaire permettant la revente de parts, améliorant la liquidité.
L'industrie mondiale du licensing de marques a généré 369,6 Md$ en 2025 (source : Licensing International), en progression vers un objectif de 419 Md$ d'ici 2030 (CAGR 5,8%). Les catégories les plus dynamiques en 2024 étaient le non profit (+16,8%), la musique (+11,6%), les célébrités (+8,8%) et la mode (+8,1%).
Ce segment est principalement accessible via des fonds spécialisés ou des participations dans des entreprises de licensing. Les marques de luxe, les franchises de divertissement (Disney, Pokémon, Warner) et les marques sportives (Nike, General Motors) constituent les piliers de ce marché. L'extension dans les écosystèmes numériques (jeux vidéo, métaverse, NFT) ouvre de nouvelles voies de monétisation pour les marques établies.
Le marché de la PI en semi conducteurs représente une opportunité de revenus de 11 Md$ d'ici 2026 (CAGR de 15% depuis 2020). Des entreprises comme Imagination Technologies (portefeuille Fortress, investissement de 100 millions de dollars) développent et licencient des conceptions de puces protégées par des brevets, alimentant les processeurs graphiques et les technologies de traitement visuel utilisés dans les smartphones, l'automobile et l'intelligence artificielle.
Les éditeurs de logiciels génèrent également des revenus substantiels via la licence de leur PI, notamment dans l'intelligence artificielle, le cloud computing et la cybersécurité. Les brevets liés à l'IA connaissent une croissance exponentielle des dépôts et constituent une frontière d'investissement prometteuse.
Segment émergent et en forte croissance, la titrisation consiste à structurer et vendre des parts représentant un pourcentage de propriété dans un brevet, une marque ou une œuvre créative. L'investisseur perçoit des paiements réguliers issus des royalties, tandis que le détenteur original des droits obtient un financement immédiat.
Dans le secteur pharmaceutique et biotechnologique, la titrisation a pris un essor significatif : un seul brevet de médicament peut être adossé à des titres générant des centaines de millions en redevances. IP Group plc a vu sa valeur nette d'actif (NAV) progresser de 13% en 2025 (110,4 pence par action) et a levé 68 millions de livres par des cessions. Le groupe vise plus de 250 millions de livres de cessions entre 2025 et 2027, confirmant la montée en puissance de ce véhicule d'investissement.
| Segment | Rendement annuel | Ticket d'entrée | Horizon | Liquidité | Risque |
|---|---|---|---|---|---|
| Royalties musicales | 7% à 17% | Dès 25 € | 5 à 30 ans | Moyenne | Modéré |
| Brevets pharma | 15%+ (IRR) | 10 M€+ | 10 à 20 ans | Faible | Élevé |
| Brevets technologiques | 12% à 20%+ | 1 M€+ | 5 à 15 ans | Faible | Élevé |
| Licensing de marques | 6% à 12% | Variable | 10+ ans | Moyenne | Modéré |
| IP semi-conducteurs | 10% à 15% | 100 K€+ | 5 à 10 ans | Faible | Moyen-Élevé |
| Titrisation PI | 8% à 14% | Dès 1 000 € | 3 à 10 ans | Moyenne | Moyen |
| Droits d'auteur littéraires | 5% à 10% | Dès 100 € | Jusqu'à 70 ans post mortem | Faible | Modéré |
Les données historiques confirment que les actifs de propriété intellectuelle offrent un profil rendement/risque attractif par rapport aux classes d'actifs traditionnelles. L'indice Ocean Tomo 300 Patent Index, qui suit la performance boursière des entreprises à fort portefeuille de brevets, a surperformé le S&P 500 de 1 620 points de base depuis sa création. Cette surperformance s'explique par un principe simple : les entreprises qui innovent et protègent leur innovation par des brevets créent davantage de valeur à long terme que celles dont la compétitivité repose uniquement sur des actifs matériels.
Mais c'est surtout la décorrélation qui rend la PI attrayante pour la diversification patrimoniale, un atout que France Épargne recommande d'exploiter dans toute stratégie d'allocation équilibrée. Les recherches académiques montrent que la performance des actifs incorporels est largement décorrélée de celle des actifs financiers traditionnels et de l'immobilier. En période de turbulence boursière, les royalties musicales continuent de générer des revenus stables car la consommation de streaming ne ralentit pas en période de récession. Les abonnements à des services comme Spotify, Apple Music ou Deezer font partie des dernières dépenses que les consommateurs réduisent en cas de crise économique.
Royalties musicales : les données de Royalty Exchange sur 12 mois montrent un rendement moyen supérieur à 10%, pouvant atteindre 17%. Le fonds Tempo Music Investments affiche un rendement annuel moyen de 7 à 12% selon les catégories d'œuvres. Sur ANote Music, un investisseur a documenté une performance totale de 28% sur deux ans (13% annualisé), malgré un contexte géopolitique instable.
Brevets et licensing institutionnel : les fonds spécialisés affichent un taux de rendement interne (IRR) régulièrement supérieur à 15%, parfois bien au delà, avec des protections à la baisse fiables (source : TransactionsIP). Le marché annuel de la monétisation de brevets pèse environ 10 Md$. Les entreprises qui déposent des brevets ont une probabilité de fusion, rachat ou introduction en bourse 3,75 fois supérieure à celles sans titre de propriété industrielle (étude France Brevets : 30% contre 8%).
Licensing de marques : le secteur a généré 369,6 Md$ de revenus en 2025, avec les segments musique (+11,6%) et mode (+8,1%) en tête de la croissance. La digitalisation des licences (gaming, métaverse, collectibles numériques) crée de nouvelles sources de revenus que les gestionnaires de portefeuille intègrent progressivement dans leurs projections.
Contrairement aux obligations à taux fixe, les revenus de licence et de royalties sont indexés sur l'utilisation commerciale des droits protégés. Lorsque les prix augmentent, les revenus de licence tendent à suivre mécaniquement l'inflation car les redevances sont souvent calculées en pourcentage du chiffre d'affaires du licencié. Si un fabricant augmente ses prix de 5%, les royalties versées au détenteur du brevet augmentent proportionnellement.
Les royalties musicales bénéficient également de la croissance structurelle du streaming, qui progresse indépendamment du cycle économique. Fait significatif : durant la période de hausse agressive des taux de 2022 à 2025, les actifs immatériels ont maintenu leur part de la capitalisation du S&P 500 à environ 90 à 92% (source : Ocean Tomo), démontrant une résilience remarquable face au resserrement monétaire.

Les revenus de PI dépendent de l'utilisation commerciale des droits protégés, pas des indices boursiers. Les royalties musicales continuent de générer des revenus stables même en période de récession, car la consommation de streaming est résiliente face aux cycles économiques.
Contrairement à l'immobilier ou aux actions à dividendes, les royalties de PI ne nécessitent aucune gestion active une fois l'acquisition réalisée. Les droits d'auteur génèrent des flux de revenus sur plusieurs décennies, jusqu'à 70 ans après le décès de l'auteur pour les œuvres littéraires et musicales.
Les droits de PI sont protégés par des cadres juridiques internationaux (WIPO, accords ADPIC de l'OMC). Un brevet confère un monopole d'exploitation de 20 ans, une marque est renouvelable indéfiniment, et les droits d'auteur perdurent bien au delà de la vie de l'investisseur.
Le streaming musical, les licences logicielles SaaS et la digitalisation des contenus créatifs alimentent une demande croissante pour les droits de PI. Goldman Sachs projette +74% de croissance des revenus musicaux entre 2022 et 2030.
En France, le régime IP Box permet aux entreprises de soumettre les revenus de brevets et de logiciels à un taux d'imposition réduit de 10% au lieu du taux standard de 25%. Les droits d'auteur bénéficient d'un taux de TVA réduit à 10% et d'un abattement forfaitaire pour frais de 10%.
Les plateformes comme Bolero (dès 25 $), ANote Music et Royalty Exchange ont démocratisé l'accès aux investissements en droits de PI. La tokenisation et la titrisation des droits ouvrent de nouvelles portes aux investisseurs particuliers, avec des tickets d'entrée historiquement réservés aux institutionnels.
Nos conseillers vous accompagnent dans la construction d'un portefeuille de droits de PI adapté à votre profil de risque et vos objectifs patrimoniaux. Bilan gratuit et sans engagement.
Demander un bilan patrimonialLe dispositif IP Box (anciennement Patent Box) constitue le principal avantage fiscal pour les investisseurs en propriété intellectuelle en France, et France Épargne accompagne ses clients dans l'optimisation de ce levier fiscal. Ce régime optionnel permet de soumettre le résultat net des licences et cessions de brevets, logiciels et actifs incorporels assimilés à un taux préférentiel de 10%, contre 25% pour le taux normal de l'impôt sur les sociétés. L'économie fiscale est donc de 15 points de base sur chaque euro de revenu éligible.
Actifs éligibles au régime IP Box :
Actifs exclus : les marques, dessins, modèles et noms commerciaux ne sont pas éligibles au régime IP Box. Cette exclusion est un paramètre important à intégrer dans la construction d'un portefeuille, car elle oriente naturellement l'optimisation fiscale vers les brevets et les logiciels.
L'application du régime repose sur l'approche nexus, conforme aux directives de l'OCDE : l'avantage fiscal est proportionnel aux dépenses de R&D réalisées en interne par rapport aux dépenses totales. Plus l'entreprise réalise elle même la recherche à l'origine de l'actif, plus le bénéfice fiscal est élevé. Concrètement, si 80% des dépenses de R&D sont internalisées, 80% des revenus éligibles bénéficient du taux réduit de 10%.
Les revenus de droits d'auteur perçus par des particuliers sont imposés dans la catégorie des bénéfices non commerciaux (BNC). Deux régimes sont possibles :
La TVA applicable aux cessions de droits d'auteur bénéficie d'un taux réduit de 10%, contre 20% pour les redevances de brevets et de marques. Lorsque le preneur de licence est établi hors de France, la TVA est autoliquidée par le preneur, ce qui simplifie les transactions internationales.
Les récentes évolutions fiscales de 2024 ont maintenu l'abattement forfaitaire pour frais de 10% applicable aux revenus des droits d'auteur, renforçant l'attractivité fiscale de cette classe d'actifs pour les investisseurs particuliers.
Les redevances versées par un licencié français à un concédant étranger sont soumises à une retenue à la source, dont le taux de droit commun peut atteindre 25% mais est fréquemment réduit à 0 à 10% par les conventions fiscales bilatérales. La France a signé plus de 120 conventions de ce type. Inversement, les redevances reçues de l'étranger par un résident fiscal français sont intégrées à l'assiette de l'impôt sur le revenu (IR) ou de l'impôt sur les sociétés (IS), avec possibilité de crédit d'impôt pour la retenue à la source acquittée à l'étranger.
Le programme SME Fund (« Ideas Powered for Business »), mis en œuvre par la Commission européenne et l'EUIPO en 2026, offre aux PME européennes un remboursement pouvant atteindre 7 320 euros sur leurs frais de dépôt de titres de propriété intellectuelle. Ce dispositif réduit significativement le coût d'entrée pour les petites entreprises souhaitant constituer un portefeuille et représente un levier supplémentaire pour les entrepreneurs innovants.
Le Crédit d'Impôt Recherche (CIR) constitue un dispositif complémentaire à l'IP Box pour les entreprises qui investissent dans la création de PI. Le CIR rembourse 30% des dépenses de R&D jusqu'à 100 millions d'euros de dépenses annuelles. Les frais de dépôt et de maintenance de brevets sont éligibles au CIR, ce qui réduit le coût effectif de constitution d'un portefeuille de brevets. Pour une entreprise qui combine CIR (réduction du coût de R&D) et IP Box (réduction de l'imposition des revenus de PI), l'optimisation fiscale couvre l'ensemble du cycle de vie de l'actif : de sa création à sa monétisation. La France offre ainsi l'un des environnements fiscaux les plus attractifs d'Europe pour l'investissement en propriété intellectuelle, un atout que France Épargne valorise dans ses stratégies de gestion patrimoniale pour ses clients entrepreneurs et innovateurs.
| Type de revenu | Régime applicable | Taux d'imposition | TVA | Conditions |
|---|---|---|---|---|
| Redevances de brevets (IS) | IP Box | 10% | 20% | Approche nexus : R&D réalisée en interne |
| Redevances de brevets (IS) | Droit commun | 25% | 20% | Sans option IP Box |
| Cession de brevets (IS) | IP Box | 10% | 20% | Plus-values de cession |
| Droits d'auteur (IR particulier) | Micro BNC | Barème IR (abattement 34%) | 10% | Recettes < 77 700 €/an |
| Droits d'auteur (IR particulier) | Déclaration contrôlée | Barème IR (frais réels) | 10% | Recettes > 77 700 €/an |
| Redevances de marques (IS) | Droit commun | 25% | 20% | Marques exclues de l'IP Box |
| Royalties internationales entrantes | IR ou IS | Barème progressif ou 25% | Exonérée (autoliquidation) | Convention fiscale applicable |
Commencez par déterminer votre horizon d'investissement, votre tolérance au risque et le montant que vous souhaitez allouer aux actifs de PI. Pour un particulier, les royalties musicales via des plateformes accessibles (dès 25 euros) constituent un point d'entrée idéal. Pour un investisseur patrimonial, une allocation de 5 à 15% du portefeuille global en actifs de PI offre une diversification efficace sans concentration excessive.
Diversifiez entre plusieurs types de droits : royalties musicales pour les revenus récurrents et la liquidité, brevets technologiques pour le potentiel de rendement élevé, et licensing de marques pour la stabilité. La combinaison de segments à horizons différents (court terme pour la titrisation, long terme pour les droits d'auteur) renforce la résilience globale du portefeuille.
Évaluez les plateformes disponibles selon votre profil : Bolero ou ANote Music pour un accès direct aux royalties musicales, IP Group plc pour une exposition cotée en bourse à la PI technologique, ou des fonds spécialisés (type Fortress) pour les portefeuilles de brevets. Vérifiez systématiquement la réglementation applicable, la transparence des données de performance et les frais de la plateforme.
Appliquez les trois méthodes de valorisation reconnues : l'approche par les revenus (valeur actuelle des flux futurs), l'approche par le coût (coût de reproduction de l'actif) et l'approche par le marché (comparaison avec des transactions similaires). Pour les royalties musicales, analysez l'historique de revenus sur 3 à 5 ans, les tendances de streaming et la diversification géographique des écoutes.
Suivez régulièrement les performances de chaque actif : évolution des royalties, dates d'expiration des brevets, renouvellements de marques. Anticipez les événements clés (expiration de brevets pharma, changements réglementaires, évolution du marché du streaming). Réinvestissez les revenus pour profiter de l'effet de capitalisation et rééquilibrez le portefeuille annuellement.
France Épargne attache une importance particulière à la transparence sur les risques associés à chaque classe d'actifs. L'investissement en propriété intellectuelle, malgré ses atouts en termes de rendement et de décorrélation, comporte des risques spécifiques que tout investisseur doit comprendre et intégrer dans sa stratégie.
Les brevets expirent après 20 ans à compter de la date de dépôt. Cette limite temporelle constitue le risque le plus fondamental de cette classe d'actifs. Dans le secteur pharmaceutique, les ventes d'un médicament breveté peuvent chuter de 70 à 90% dans la première année suivant l'expiration du brevet, en raison de l'arrivée massive des génériques et biosimilaires à prix réduit (source : Umbrex). Le taux d'obsolescence varie considérablement selon les technologies : les brevets dans l'informatique et le logiciel deviennent obsolètes en 5 à 7 ans en moyenne, tandis que ceux dans les matériaux de base conservent leur pertinence sur la quasi totalité de leur durée légale.
Pour les droits d'auteur, ce risque est atténué par une durée de protection beaucoup plus longue (70 ans post mortem), mais la valeur commerciale d'une œuvre peut décliner si elle perd en popularité. Les catalogues musicaux bénéficient toutefois d'un effet de nostalgie qui maintient les écoutes de titres classiques sur les plateformes de streaming.
L'application des droits repose sur la capacité du détenteur à les faire respecter en justice. Le coût moyen de défense d'un procès en contrefaçon de brevet s'élève à environ 4 millions de dollars (source : Unified Patents). Les entités non pratiquantes (NPE), parfois qualifiées de « patent trolls », utilisent des stratégies agressives de litige qui peuvent éroder les rendements. Entre 1990 et 2010, les poursuites de NPE ont été associées à 500 Md$ de destruction de valeur pour les entreprises défenderesses. En 2025, les litiges liés aux brevets ont augmenté de 20%, portés notamment par l'activisme des NPE.
Plus de 52% des entreprises ciblées par des NPE entre 2017 et 2022 avaient un chiffre d'affaires inférieur à 25 millions de dollars, et 61% n'avaient aucun brevet propre, ce qui montre que les petits acteurs sont particulièrement vulnérables.
Contrairement aux actions cotées, ces actifs incorporels sont intrinsèquement illiquides. La vente d'un portefeuille de brevets peut prendre 6 à 18 mois et nécessiter des due diligences complexes. Un catalogue musical de grande valeur se négocie généralement en 3 à 6 mois. Les trois méthodes de valorisation (revenus, coût, marché) peuvent produire des résultats divergents, et l'absence de marché secondaire organisé pour de nombreuses catégories complique l'estimation de la juste valeur. Les plateformes comme ANote Music améliorent progressivement cette liquidité, mais elle reste très inférieure à celle des marchés financiers traditionnels.
Les critères de brevetabilité évoluent au gré des décisions de justice et des réformes législatives. Dans le secteur biotechnologique, des brevets sur des méthodes diagnostiques ou des découvertes génétiques peuvent perdre leur validité si les standards changent. La loi RESTORE Patent Rights Act of 2025 aux États Unis modifie les conditions d'obtention d'injonctions pour les détenteurs de brevets, ce qui influence directement la valeur de monétisation. La question de la brevetabilité des créations générées par l'intelligence artificielle reste non tranchée dans la majorité des juridictions, créant une incertitude supplémentaire pour les investisseurs dans ce segment.
Un portefeuille insuffisamment diversifié peut être exposé à un risque fatal : un seul brevet ou une seule technologie devenant obsolète peut réduire significativement la valeur de l'ensemble. La diversification entre segments (brevets, royalties, marques), entre secteurs (pharma, tech, musique, énergie) et entre géographies est la première ligne de défense. Ne jamais concentrer plus de 10% d'un portefeuille sur un seul actif ou un seul catalogue est une règle prudentielle que France Épargne recommande systématiquement.

La France se positionne comme le deuxième pays européen et le sixième mondial en nombre de dépôts de brevets, un rang que le pays consolide année après année. En 2025, l'INPI a enregistré 16 807 brevets déposés, en hausse de près de 9% par rapport à 2024 (source : INPI, Palmarès 2025). Cette dynamique reflète un tissu innovant solide, avec des leaders industriels comme Stellantis, le CEA, Safran et L'Oréal en tête des déposants. Le nombre total de brevets en vigueur sur le territoire français dépasse les 150 000, représentant un gisement considérable de valeur potentielle pour les investisseurs.
La Direction générale du Trésor souligne que les droits de propriété intellectuelle représentent les actifs les plus facilement transférables et susceptibles de couvrir le risque de l'investissement. L'évaluation du portefeuille de droits est particulièrement utile dans toute opération de levée de fonds, de fusion ou de rachat.
Créé en 2011 avec un capital de 100 millions d'euros, France Brevets était le premier fonds d'investissement souverain français dédié à la valorisation des brevets. Sa mission consistait à acquérir et licencier des brevets issus des organismes publics de recherche et des entreprises françaises, en jouant un rôle d'intermédiaire actif entre les titulaires de brevets et les utilisateurs potentiels. Bien que ses activités aient été arrêtées en octobre 2022 suite à une réorganisation gouvernementale de la politique de propriété industrielle, France Brevets a démontré deux choses essentielles : l'intérêt d'un véhicule d'investissement dédié à la PI en France, et la complexité de sa gestion dans un cadre souverain. L'expérience a ouvert la voie à des initiatives privées et à une meilleure structuration du marché.
Le classement INPI des principaux déposants en 2025 met en lumière la concentration sectorielle de l'innovation hexagonale. L'automobile (Stellantis, Renault), l'aéronautique (Safran, Airbus), l'énergie (CEA, TotalEnergies) et les cosmétiques (L'Oréal) dominent le classement. Ces secteurs constituent autant de gisements de valorisation potentielle pour les investisseurs. La hausse de 9% des dépôts traduit une prise de conscience croissante des entreprises françaises sur la valeur stratégique de leurs actifs immatériels.
Le CNRS, premier organisme public de recherche en Europe, a développé une politique de gestion de sa PI incluant le dépôt de brevets, la négociation de licences et la création de startups issues de ses laboratoires. Selon l'étude de France Brevets, 30% des jeunes pousses ayant déposé au moins un brevet ont réussi une fusion, un rachat ou une introduction en bourse, contre seulement 8% pour celles sans titre de propriété industrielle.
La titrisation des droits de propriété intellectuelle émerge comme un nouveau mécanisme de financement en France. Les plateformes de trading se développent, permettant aux entreprises d'acheter, vendre ou échanger des droits de manière plus fluide. Cette tendance crée une liquidité nouvelle pour les actifs intellectuels et ouvre l'accès à des investisseurs qui étaient jusque là exclus de cette classe d'actifs. La tokenisation des droits, notamment dans le secteur musical, permet déjà à des investisseurs anonymes de financer des projets créatifs en échange d'une part sur les royalties futures.
Le marché mondial a enregistré 3,7 millions de demandes de brevets en 2024, en hausse de 4,9% par rapport à 2023, le rythme de croissance le plus rapide depuis 2018 (source : WIPO). Les revenus de licensing en provenance de Chine ont augmenté de 25% en 2023, témoignant de l'internationalisation croissante de la monétisation des brevets. Cette tendance mondiale profite directement à l'écosystème français, qui bénéficie de conventions fiscales avantageuses avec plus de 120 pays.
La PI représente 92% de la valeur des grandes entreprises mondiales. Découvrez comment intégrer cette classe d'actifs à votre portefeuille avec l'accompagnement de nos experts.
Prendre rendez vous avec un conseillerRoyalties musicales, brevets technologiques, licensing de marques : chaque segment offre un profil rendement/risque distinct. Nos experts identifient les véhicules adaptés à votre horizon et votre tolérance au risque.
Simuler mon allocation PI"La valeur économique a migré de ce qui peut être touché vers ce qui peut être pensé. En 2025, les actifs immatériels représentent 92% de la capitalisation du S&P 500, contre 17% en 1975. Les investisseurs qui ignorent la propriété intellectuelle passent à côté de la transformation la plus profonde de l'économie mondiale depuis un demi siècle.

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