Avec un TRI net de 16,5% sur 10 ans (France Invest / EY), les fonds d'infrastructure constituent la classe d'actifs la plus performante du capital investissement. Un record mondial de 200 milliards de dollars a été levé en 2025 (McKinsey). Désormais accessibles dès 1 000 euros via l'assurance vie et le PER, ils financent les parcs éoliens, les data centers, les réseaux de fibre optique et les autoroutes qui structurent l'économie de demain.
Un fonds d'infrastructure est un véhicule de capital investissement qui finance la construction, l'acquisition ou l'exploitation d'actifs physiques essentiels à l'économie. Contrairement aux actions cotées, ces investissements portent sur des biens tangibles : réseaux de transport, centrales solaires et éoliennes, data centers, réseaux d'eau potable, installations de traitement des déchets. Chez France Épargne, nos conseillers accompagnent les épargnants dans la sélection et l'intégration de cette classe d'actifs au sein d'une stratégie patrimoniale globale.
Ces actifs partagent quatre caractéristiques fondamentales qui expliquent leur attrait croissant auprès des investisseurs institutionnels comme des particuliers.
Les infrastructures génèrent des flux de trésorerie réguliers, encadrés par des contrats de long terme. Un parc éolien vend son électricité via un contrat d'achat garanti sur 15 à 20 ans. Une autoroute à péage perçoit des redevances régulées par l'État. Un data center loue ses emplacements à des clients technologiques sur des baux de 5 à 15 ans. Cette visibilité des revenus distingue l'infrastructure de la plupart des autres classes d'actifs et explique pourquoi 79% des capitaux levés proviennent de caisses de retraites, d'assureurs et de fonds de fonds (source : Baromètre Bird & Bird / France Invest 2025).
La majorité des concessions et contrats d'infrastructure intègrent des clauses d'indexation sur l'inflation. Quand les prix augmentent, les péages, les tarifs de raccordement ou les loyers d'antennes relais suivent mécaniquement. Cette caractéristique est particulièrement précieuse en période de hausse des prix : là où les obligations à taux fixe perdent de la valeur réelle, les actifs d'infrastructure voient leurs revenus progresser en parallèle de l'indice des prix à la consommation. Selon France Invest / EY (2025), le segment Infrastructure a dégagé un TRI net de 16,5% sur 10 ans (à fin 2022), en tête de l'ensemble des segments du private equity, devant le capital transmission (15,3%) et le venture & growth (14,3%).
Construire un réseau ferroviaire, un pipeline gazier ou un centre de données nécessite des capitaux massifs, des autorisations réglementaires complexes et des années de développement. Un parc éolien offshore mobilise plusieurs centaines de millions d'euros et nécessite cinq à sept ans de développement avant la première injection d'électricité sur le réseau. Un data center hyperscale représente un investissement de 500 millions à plus d'un milliard d'euros. Ces barrières créent des positions quasi monopolistiques pour les opérateurs en place et protègent durablement la rentabilité des fonds qui les détiennent.
À l'échelle mondiale, les actifs d'infrastructure sous gestion atteignaient 1 600 milliards de dollars au premier semestre 2025 (source : McKinsey Global Private Markets Report 2026), soit un quadruplement en dix ans. La levée de fonds infrastructure a atteint un record mondial de 200 milliards de dollars en 2025, dépassant le précédent record de 180 milliards de dollars établi en 2022 (source : McKinsey). En France, les fonds d'infrastructure ont levé 13,7 milliards d'euros en 2024, en hausse de 16% par rapport à 2023 (source : Baromètre Bird & Bird / France Invest 2025). Au premier semestre 2025, 4,6 milliards d'euros ont été investis dans 111 projets. L'internationalisation du marché est marquée : 80% des capitaux levés par les gestionnaires français proviennent d'investisseurs étrangers, signe de la reconnaissance internationale de l'expertise française.
| Fonds | Gestionnaire | Stratégie | AUM | Format | Ticket minimum |
|---|---|---|---|---|---|
| Eiffel Infrastructures Vertes | Eiffel Investment Group | Dette infrastructure verte | 200+ M€ | FCPR ELTIF 2 evergreen | 1 000 € (assurance vie) |
| AXA Avenir Infrastructure | AXA IM | Equity infrastructure | N/C | FCPR | 1 000 € (assurance vie) |
| Schroders Capital ERIC | Schroders Capital | 100% dette infrastructure | N/C | ELTIF 2 Article 8 evergreen | Selon distributeur |
| Infranity Horizon Infrastructure | Infranity (Generali) | Equity infrastructure durable | 12,7 Md€ (groupe) | ELTIF 2 evergreen | Selon distributeur |
| Rivage Infrastructure Credit (RICE) | Rivage Investment | Dette privée infrastructure | N/C | ELTIF 2 evergreen | Selon distributeur |
Les véhicules d'investissement en infrastructure ne constituent pas un bloc homogène. Ils se répartissent en quatre grandes stratégies, classées par ordre croissant de risque et de rendement attendu. Comprendre ces stratégies permet de choisir le véhicule adapté à son profil et à son horizon patrimonial. Les experts de France Épargne utilisent cette grille pour orienter chaque investisseur vers l'allocation la plus cohérente avec ses objectifs.
Les véhicules Core investissent dans des actifs matures, en exploitation, bénéficiant de positions monopolistiques ou quasi monopolistiques. Les revenus proviennent à 80 à 100% de flux contractuels : péages autoroutiers, redevances aéroportuaires, contrats de concession d'eau. Le rendement est principalement constitué de revenus courants (dividendes, loyers), avec une appréciation du capital marginale. La volatilité est la plus faible du spectre infrastructure, comparable à celle des obligations d'entreprises investment grade.
Exemples d'actifs Core : autoroutes à péage françaises (Vinci Autoroutes, Eiffage), grands aéroports européens (Paris Charles de Gaulle, Schiphol), réseaux de distribution d'eau (Veolia, Suez), réseaux électriques régulés (RTE, Elia). La durée de vie économique de ces actifs dépasse fréquemment 30 à 50 ans.
Profil d'investisseur : épargnants prudents, institutions recherchant un rendement stable et supérieur aux obligations souveraines, investisseurs en phase de décumulation patrimoniale.
Les véhicules Core Plus ciblent des actifs essentiels, matures (brownfield), mais davantage exposés aux dynamiques de marché. Les revenus intègrent une composante liée au volume ou à l'usage : trafic passager dans un aéroport secondaire, production variable d'un parc éolien selon les conditions météorologiques, taux d'occupation d'un data center. Plus de 50% du rendement peut provenir de l'appréciation du capital. Cette stratégie représente le cœur du marché pour les épargnants patrimoniaux : elle combine la sécurité d'actifs en exploitation avec un potentiel de rendement supérieur grâce à l'optimisation opérationnelle et la croissance organique des revenus.
Exemples d'actifs Core Plus : parcs solaires et éoliens terrestres en exploitation, data centers opérationnels en zone de forte demande, réseaux de fibre optique déployés en zones rurales, ports logistiques connectés aux corridors de fret européens, tours de télécommunications louées à plusieurs opérateurs.
Profil d'investisseur : investisseurs patrimoniaux cherchant un rendement intermédiaire avec une bonne visibilité, épargnants en phase de constitution de patrimoine avec un horizon de 8 à 12 ans.
Les véhicules Value Add acquièrent des actifs nécessitant des améliorations significatives ou financent des projets greenfield (construction). La création de valeur repose sur l'augmentation de capacité, l'optimisation opérationnelle ou le repositionnement d'actifs sous utilisés. Le revenu courant est secondaire par rapport à la plus value réalisée lors de la revente de l'actif transformé. Le risque d'exécution est significatif : retards de chantier, dépassements de budget et aléas réglementaires peuvent affecter le rendement final.
Exemples d'actifs Value Add : construction de nouveaux parcs éoliens offshore, extension de réseaux de bornes de recharge électrique, modernisation d'infrastructures ferroviaires régionales, développement de centrales solaires au sol sur des friches industrielles.
Profil d'investisseur : investisseurs avertis, prêts à accepter un risque opérationnel et un calendrier de retour sur investissement plus incertain en échange d'un potentiel de rendement supérieur.
Les stratégies Opportunistic ont le profil risque/rendement le plus élevé de l'univers infrastructure. Elles portent sur des actifs à construire intégralement (greenfield pur), dans des géographies émergentes ou des secteurs à faible historique de données. L'objectif est la croissance du capital, avec peu ou pas de revenus courants pendant la phase de construction, qui peut durer trois à sept ans. Selon Preqin (2025), le top 25% des gestionnaires d'infrastructure dégage un TRI net de 17,5%, tandis que le quartile inférieur peut afficher des performances négatives. Cette dispersion illustre l'importance critique du choix du gestionnaire.
Exemples d'actifs Opportunistic : projets de data centers hyperscale alimentés par des sources d'énergie renouvelables, infrastructures de stockage d'énergie par batteries à grande échelle, nouveaux réseaux de transport ferroviaire à grande vitesse, développement d'infrastructures portuaires dans les marchés émergents.
Profil d'investisseur : investisseurs qualifiés, family offices, institutionnels avec une tolérance élevée au risque, un horizon de 10 à 15 ans minimum et une capacité à absorber des pertes partielles.
Source: France Invest / EY, Études de performance 2016 à 2025. TRI net calculé sur des horizons glissants de 10 ans.
L'investissement en infrastructure se concentre sur six grands secteurs, portés par des mégatendances structurelles qui garantissent des besoins de financement considérables sur les deux prochaines décennies. L'analyse sectorielle constitue un élément clé de la sélection de fonds chez France Épargne, car la répartition sectorielle détermine à la fois le profil de risque et la corrélation avec les cycles économiques.
Les énergies renouvelables captent 50% des investissements infrastructure en France (source : Baromètre Bird & Bird / France Invest 2025). Au premier semestre 2025, 2,5 milliards d'euros ont été investis dans 68 projets de production d'énergie verte. En 2026, le soutien public aux énergies renouvelables atteint 7,2 milliards d'euros (source : projet de loi de finances 2026, Sénat), en hausse de 67,4% par rapport à 2025. La Commission de Régulation de l'Énergie a validé en février 2026 un programme d'investissement de 4,3 milliards d'euros pour RTE, en hausse de 22% par rapport à 2025, afin d'adapter les réseaux à l'afflux de nouvelles capacités renouvelables. Le solaire photovoltaïque domine les investissements, suivi par l'éolien terrestre et, dans une moindre mesure, la méthanisation et l'hydrogène vert.
La France a capté 109 milliards d'euros d'investissements annoncés pour de nouveaux data centers (source : annonces Sommet de l'IA, Paris, février 2025). Fin 2024, la France comptait 714 MW de capacité installée dans 322 à 350 centres de données opérationnels (source : Mission Open Data 2026), soit une croissance de 40% sur un an. L'objectif national est d'atteindre 500 data centers et 2,3 GW de capacité d'ici 2030. L'explosion de l'intelligence artificielle générative multiplie les besoins en puissance de calcul, créant un cycle d'investissement sans précédent. Les data centers représentent désormais 20% de toutes les sociétés en portefeuille des fonds d'infrastructure mondiaux (source : McKinsey 2026), contre 15% en 2020.
Le déploiement de la fibre optique à l'échelle nationale reste une priorité d'investissement. Les réseaux de fibres constituent l'ossature numérique des territoires et génèrent des revenus récurrents via les abonnements des opérateurs. Les tours de télécommunications, louées à plusieurs opérateurs mobiles simultanément, offrent un modèle économique particulièrement résilient : chaque antenne ajoutée sur une tour existante augmente les revenus sans investissement supplémentaire significatif. Les investisseurs en infrastructure ont financé la majorité du déploiement de la fibre en zones rurales, où les opérateurs privés ne trouvaient pas de rentabilité suffisante.
Le ferroviaire, les bornes de recharge pour véhicules électriques et les infrastructures de logistique urbaine attirent des capitaux croissants. L'Union européenne vise 1 million de bornes de recharge publiques d'ici 2030, contre environ 600 000 fin 2024. Le réseau autoroutier concédé, les terminaux portuaires et les plateformes logistiques intermodales complètent l'univers investissable. Ces actifs de transport bénéficient de barrières réglementaires fortes (concessions d'État, autorisations préfectorales) et de revenus indexés sur l'inflation via les formules de révision tarifaire.
Le vieillissement des réseaux d'eau en Europe crée un besoin de renouvellement estimé à plusieurs dizaines de milliards d'euros par décennie. En France, le taux de perte moyen des réseaux d'eau potable dépasse 20% dans de nombreuses communes rurales, ce qui rend les investissements de rénovation indispensables. Le traitement des déchets et le recyclage offrent des revenus régulés et indexés, portés par les obligations européennes d'économie circulaire.
Hôpitaux, centres de soins, maisons de retraite et crèches : le vieillissement démographique en Europe soutient une demande structurelle pour les décennies à venir. La France comptera 5 millions de personnes de plus de 85 ans en 2050, contre 2,3 millions aujourd'hui (source : INSEE). Les concessions et partenariats publics privés (PPP) génèrent des revenus contractuels stables, adossés à des financements publics ou parapublics.

| Stratégie | TRI cible | Source du rendement | Risque | Horizon | Exemples d'actifs |
|---|---|---|---|---|---|
| Core | 4 à 6% | 80 à 100% revenu courant | Faible | 10+ ans | Autoroutes, aéroports, réseaux d'eau |
| Core Plus | 8 à 12% | 50% revenu + 50% appréciation | Modéré | 8 à 12 ans | Parcs éoliens, data centers, fibre |
| Value Add | 12 à 15% | Principalement plus value | Élevé | 7 à 10 ans | Éolien offshore, bornes de recharge |
| Opportunistic | 15%+ | Croissance du capital | Très élevé | 10+ ans | Data centers hyperscale, stockage énergie |
Les contrats de concession, les baux et les tarifs réglementés intègrent des clauses d'indexation sur l'inflation. Quand les prix augmentent, les revenus de vos actifs d'infrastructure suivent mécaniquement, préservant le pouvoir d'achat de votre investissement.
Avec un TRI net de 16,5% sur 10 ans (France Invest / EY, fin 2022), le segment Infrastructure surpasse le capital transmission (15,3%), le venture & growth (14,3%) et le CAC 40 (8,9%). La levée record de 200 milliards de dollars en 2025 confirme l'engouement mondial (McKinsey).
Les fonds Core et Core Plus distribuent des rendements courants de 4 à 8% par an, alimentés par des péages, des loyers, des contrats d'achat d'électricité et des redevances. Cette visibilité des revenus est unique parmi les actifs alternatifs.
Les infrastructures affichent une faible corrélation avec les actions et les obligations cotées. En 2022, quand le CAC 40 chutait de 6,7% et les obligations de 17%, les fonds d'infrastructure ont dégagé un TRI positif de 14,2%.
Transition énergétique (7,2 Md€ de soutien public en France en 2026), explosion du numérique (109 Md€ investis en data centers), urbanisation mondiale, vieillissement démographique : ces forces garantissent des besoins d'investissement massifs sur les 20 prochaines années.
Construire un réseau ferroviaire ou un centre de données nécessite des capitaux massifs, des autorisations réglementaires et des années de développement. Ces barrières créent des monopoles naturels qui protègent durablement la rentabilité de vos investissements.
Nos experts en gestion de patrimoine analysent votre situation et identifient les fonds d'infrastructure adaptés à votre profil, votre horizon et votre enveloppe fiscale. Bilan patrimonial gratuit et sans engagement.
Demander un bilan patrimonialLes fonds d'infrastructure sont des investissements de long terme. L'horizon recommandé est de 8 ans minimum, idéalement 10 à 15 ans. Si votre objectif est un complément de revenus régulier, orientez vous vers les stratégies Core ou Core Plus. Si vous visez la croissance du capital, les stratégies Value Add offrent un potentiel supérieur.
L'assurance vie est le véhicule le plus adapté : elle offre la liquidité du contrat (rachats possibles à tout moment), la fiscalité avantageuse après 8 ans et l'accès à des FCPR et ELTIF en tant qu'unités de compte. Le PER est pertinent si vous souhaitez déduire vos versements de votre revenu imposable. Depuis la loi industrie verte, les PER en gestion pilotée doivent intégrer jusqu'à 15% d'actifs non cotés selon le profil de risque.
Privilégiez les fonds labellisés (Greenfin, Article 8 ou 9 SFDR) pour la transparence ESG. Vérifiez le format : les ELTIF 2 evergreen offrent une meilleure liquidité que les fonds fermés classiques. Diversifiez entre dette infrastructure (rendement plus stable, risque moindre) et equity infrastructure (rendement plus élevé, volatilité supérieure).
Les experts en gestion de patrimoine recommandent d'allouer 5 à 15% de son portefeuille global aux actifs d'infrastructure. Cette proportion dépend de votre patrimoine total, de votre horizon et de votre tolérance à l'illiquidité. Commencez par 5% si c'est votre premier investissement en non coté.
Les fonds d'infrastructure publient des rapports semestriels ou annuels avec les valorisations actualisées (NAV). Suivez la performance de vos fonds, comparez la avec les benchmarks du secteur (France Invest / EY publie une étude annuelle) et rééquilibrez votre allocation chaque année si nécessaire.
Deux évolutions réglementaires majeures ont transformé l'accès des particuliers aux investissements en infrastructure depuis 2024. Elles constituent un changement structurel qui explique l'accélération de la démocratisation de cette classe d'actifs. Les conseillers de France Épargne intègrent ces nouvelles dispositions dans les recommandations d'allocation patrimoniale pour chaque client.
Le règlement ELTIF 2 (European Long Term Investment Fund) est entré en vigueur le 10 janvier 2024. Il remplace le cadre ELTIF 1 de 2015, qui n'avait suscité qu'un intérêt limité en raison de contraintes excessives (ticket minimum de 10 000 euros, restriction de l'univers investissable, interdiction des structures ouvertes). Le nouveau cadre lève ces freins : suppression du ticket d'entrée minimum, élargissement des actifs éligibles (obligations vertes, actifs titrisés, co-investissements), possibilité de formats evergreen avec des fenêtres de liquidité périodiques, et autorisation de distribution en assurance vie et en PER.
Au troisième trimestre 2025, 224 fonds ELTIF étaient enregistrés en Europe, dont 62 lancés sous le nouveau cadre ELTIF 2 (source : AFG, 2025). Parmi eux, 28 adoptent un format semi-ouvert ou evergreen, ce qui témoigne de l'attractivité de cette structure pour les gestionnaires d'infrastructure. Les normes techniques réglementaires (RTS) ont été publiées le 26 octobre 2024, permettant le lancement effectif de véhicules ELTIF 2 dès le début de l'année 2025. Schroders Capital, Infranity et Rivage Investment figurent parmi les premiers gestionnaires à avoir reçu l'agrément AMF sous ce régime.
La loi du 24 octobre 2023 relative à l'industrie verte impose une allocation minimale d'actifs non cotés dans les Plans d'Épargne Retraite (PER) en gestion pilotée. C'est la première fois qu'une législation française rend obligatoire l'exposition au private equity et à l'infrastructure dans un produit d'épargne grand public.
Grille d'allocation obligatoire selon le profil de risque et l'horizon :
Pour un profil équilibré avec un horizon de 20 ans ou plus : 8% minimum en actifs non cotés. Pour un profil dynamique avec le même horizon : 12% minimum. Pour un profil offensif : 15% minimum. Même à court terme (5 ans), un profil équilibré doit intégrer 3% d'actifs non cotés.
Cette obligation s'applique aux nouveaux PER individuels depuis le 24 octobre 2024 et aux PER collectifs et obligatoires à compter du 30 juin 2026. Un délai supplémentaire jusqu'au 31 décembre 2026 a été accordé aux entreprises et à leurs gestionnaires assureurs pour se conformer (source : Galea & Associés, mars 2026). Les investissements en infrastructure, au même titre que le private equity et la dette privée, sont éligibles à cette allocation obligatoire.
L'ordonnance française de transposition contient trois volets essentiels : la modernisation des FIA professionnels pour en faire les supports privilégiés des ELTIF 2, l'adaptation des règles applicables aux FIA ouverts aux investisseurs non professionnels (seuils, information, gouvernance), et l'autorisation pour les fonds d'épargne salariale (FCPE) d'investir dans des ELTIF 2. Cette dernière mesure ouvre potentiellement l'accès à l'infrastructure aux 12 millions de salariés français disposant d'un plan d'épargne salariale.
Le cadre réglementaire européen impose aux gestionnaires de classifier leurs véhicules selon le règlement SFDR. Trois niveaux existent : l'Article 6 (transparence de base), l'Article 8 (intégration de critères environnementaux et sociaux) et l'Article 9 (objectif d'investissement durable quantifiable). La majorité des véhicules d'infrastructure récents se classent Article 8 ou Article 9. En complément, le label Greenfin certifie les véhicules finançant la transition écologique : début 2025, 108 fonds portent ce label, pour un encours cumulé de 35 milliards d'euros (source : ministère de la Transition écologique). Le référentiel Greenfin a été renforcé en 2025 avec l'intégration de la taxonomie européenne et le relèvement du seuil d'exclusion du charbon à 1% du chiffre d'affaires.

| Enveloppe | Avantage fiscal à l'entrée | Fiscalité des gains | Conditions | Liquidité |
|---|---|---|---|---|
| Assurance vie (UC) | Aucun | PFU 7,5% + PS 17,2% après 8 ans (abattement 4 600 € / 9 200 €) | Rachat possible à tout moment | Selon le fonds et le contrat |
| PER individuel | Déduction des versements du revenu imposable | Barème IR sur le capital, PS 17,2% sur les gains à la sortie | Déblocage à la retraite (sauf cas exceptionnels) | Bloquée jusqu'à la retraite |
| Compte titres (FCPR) | Aucun | PFU 30% (12,8% IR + 17,2% PS) ou barème progressif | Détention directe, pas d'intermédiaire | Selon liquidité du fonds |
| Apport cession (150-0 B ter) | Report d'imposition de la plus value | Report permanent si conditions remplies | Remploi de 60% sous 24 mois dans actif éligible | Bloquée pendant la durée du fonds |
"L'infrastructure n'est plus une classe d'actifs réservée aux institutionnels. Avec l'ELTIF 2, 224 fonds enregistrés en Europe au troisième trimestre 2025, et la loi industrie verte rendant obligatoire l'exposition aux actifs non cotés dans les PER, les particuliers accèdent désormais à des actifs qui financent la transition énergétique, la digitalisation et les services essentiels, tout en bénéficiant d'une performance historique de 16,5% sur 10 ans.

Le marché français de l'infrastructure est dominé par des sociétés de gestion de premier plan, dont plusieurs figurent parmi les plus importants gestionnaires mondiaux. France Épargne a noué des partenariats avec les principaux distributeurs de ces véhicules pour offrir à ses clients l'accès aux meilleurs gestionnaires du marché.
Antin Infrastructure Partners affiche 22 milliards d'euros d'actifs sous gestion payant des frais (fin 2025) et a réalisé 2,5 milliards d'euros d'engagements en equity en 2025 (source : Antin Infrastructure Partners, résultats annuels 2025, mars 2026). Le deuxième semestre 2025 a été le plus fort en termes de capital déployé depuis l'introduction en bourse du groupe. Cotée sur Euronext Paris (ticker ANTIN), la société a annoncé le lancement de son fonds Mid Cap II pour le deuxième trimestre 2026. Deux nouveaux co-directeurs des investissements ont été nommés en janvier 2026 (Stéphane Ifker et Angelika Schöchlin), renforçant l'équipe dirigeante. Fondée en 2007 par Mark Crosbie et Alain Rauscher, Antin se concentre sur les secteurs de la transition énergétique, des télécommunications, des transports et de l'environnement en Europe et en Amérique du Nord.
Ardian a levé 20 milliards de dollars pour financer l'infrastructure européenne essentielle, avec une présence croissante en Amérique du Nord (Ardian Americas Infrastructure V, 2,1 milliards de dollars). Ardian est l'un des investisseurs les plus actifs dans les concessions, les télécommunications et les énergies renouvelables en Europe. La stratégie d'Ardian privilégie les actifs essentiels, régulés ou sous contrat, avec un accent marqué sur la décarbonation.
Mirova (filiale de Natixis IM) a clôturé son fonds Energy Transition V à 1,6 milliard d'euros, dépassant largement son objectif initial de 1 milliard. Ce surfinancement traduit l'appétit des investisseurs institutionnels pour les véhicules Article 9 SFDR dédiés à l'énergie propre. Vauban Infrastructure Partners cible un fonds de 3,5 milliards d'euros centré sur l'infrastructure Core en Europe, avec une distribution régulière de revenus courants.
Infranity, partenaire stratégique du groupe Generali, gère 12,7 milliards d'euros (septembre 2025) en dette infrastructure durable. Son véhicule Horizon Infrastructure Strategies (ELTIF 2 evergreen) ouvre cette expertise aux investisseurs patrimoniaux via un format ouvert avec des fenêtres de liquidité trimestrielles. Fondé par Philippe Benaroya, Alban de La Selle et Gilles Lengaigne, Infranity bénéficie de l'assise financière de Generali et d'un track record solide en financement de projets européens.
Eiffel Investment Group a rendu l'infrastructure accessible aux épargnants avec le FCPR Eiffel Infrastructures Vertes (200+ millions d'euros d'encours, mars 2025). Agréé ELTIF 2 par l'AMF en février 2025, ce fonds evergreen finance la transition énergétique (solaire, éolien, bornes de recharge, méthanisation) sous forme de dette privée. Son rendement annualisé brut de 6,6% (mai 2025) et ses 4+ millions de tonnes de CO2 évitées depuis sa création en 2022 en font un référentiel pour les investisseurs soucieux à la fois de rendement et d'impact. Il est distribué chez Suravenir, Garance, Spirica, Generali, AXA France, CNP, AG2R, Oradea et Carac.
Découvrez les fonds d'infrastructure référencés dans nos contrats partenaires et intégrez cette classe d'actifs à votre stratégie patrimoniale. Nos experts construisent l'allocation adaptée à votre profil.
Comparer les fonds d'infrastructureL'investissement en infrastructure offre un potentiel attractif, mais il s'accompagne de risques spécifiques qu'il est essentiel de comprendre et de mesurer avant de s'engager. Chez France Épargne, nous analysons ces risques dans le cadre du bilan patrimonial pour calibrer l'exposition de chaque client en fonction de sa situation personnelle.
Les parts d'investissement en infrastructure ne sont pas cotées en bourse et ne bénéficient d'aucun marché organisé garantissant leur cession immédiate. Les véhicules fermés classiques bloquent les capitaux pendant 10 à 15 ans, sans possibilité de sortie anticipée (sauf marché secondaire privé, avec une décote de 5 à 20%). Les véhicules evergreen (ELTIF 2) offrent des fenêtres de sortie trimestrielles ou semestrielles, mais sans garantie de liquidité totale : en cas de demandes de rachat massives, le gestionnaire peut activer des mécanismes de limitation des rachats à un pourcentage du portefeuille par période. En assurance vie, l'assureur compense ce risque en assurant la liquidité du contrat, mais peut temporairement suspendre les rachats sur un support spécifique en cas de tension exceptionnelle.
Les projets greenfield (en construction) sont exposés à des retards, des dépassements de coûts, des recours juridiques ou des aléas techniques. Un parc éolien offshore peut voir ses délais de raccordement au réseau multipliés par deux, repoussant de plusieurs années la première injection d'électricité. Un data center peut subir des retards de permis de construire ou des surcoûts liés à l'approvisionnement en équipements de refroidissement. Ce risque est plus marqué dans les stratégies Value Add et Opportunistic, et constitue la première cause de sous performance des véhicules spécialisés en infrastructure.
Les tarifs de nombreuses infrastructures sont fixés ou encadrés par les pouvoirs publics (prix du kilowattheure, tarifs de péage, tarifs de raccordement réseau, redevances aéroportuaires). Un changement de politique tarifaire, une renégociation de concession ou une modification des subventions publiques peut affecter significativement les revenus projetés. En Europe, la stabilité historique des cadres réglementaires atténue ce risque, mais il n'est jamais nul.
La valeur liquidative des investissements en infrastructure repose sur des modèles de flux de trésorerie actualisés (DCF) et des estimations d'experts indépendants. Le taux d'actualisation retenu, les hypothèses de croissance des revenus et la durée de vie résiduelle des actifs influencent directement la valorisation communiquée. Cette valeur peut ne pas refléter le prix auquel les actifs seraient vendus en cas de retournement brutal de marché.
Les énergies renouvelables représentent 50% des investissements en infrastructure en France. Cette concentration sectorielle expose les portefeuilles à un risque spécifique : changement de politique de soutien aux énergies propres, surcapacité de production solaire entraînant une baisse des prix de l'électricité sur les marchés spot, ou évolution technologique. Diversifier entre plusieurs sous secteurs (énergie, numérique, transport, eau, santé) et entre plusieurs géographies européennes permet de réduire cette concentration.
Pour les véhicules investissant hors zone euro (Royaume Uni, Scandinavie, Amérique du Nord), les fluctuations de change entre l'euro et les devises locales affectent la valeur des actifs et des revenus distribués. Un renforcement de l'euro de 10% réduit mécaniquement de 10% la valeur en euros des actifs libellés en devises étrangères. Certains gestionnaires couvrent partiellement ce risque via des instruments dérivés, mais la couverture a un coût annuel de 0,5 à 2% qui réduit le rendement net.
Ces risques sont compensés par une prime d'illiquidité : le rendement supérieur offert par les actifs non cotés par rapport aux marchés liquides. Cette prime, estimée à 3 à 5 points de rendement annuel supplémentaire par rapport aux obligations cotées de même qualité, justifie l'engagement de long terme et constitue la rémunération de la patience de l'investisseur.
La construction d'un portefeuille d'infrastructure efficace repose sur trois axes de diversification : la stratégie, le secteur et la géographie. Un portefeuille bien diversifié réduit la volatilité globale tout en maintenant un potentiel de rendement supérieur aux classes d'actifs traditionnelles. Les experts de France Épargne accompagnent leurs clients dans cette construction en s'appuyant sur les données les plus récentes du marché.
Une allocation équilibrée entre stratégies Core, Core Plus et Value Add constitue le socle d'un portefeuille infrastructure robuste. Pour un investisseur patrimonial type avec un horizon de 10 ans et un profil modéré, une répartition indicative pourrait être : 40% en Core (pour la génération de revenus courants de 4 à 6%), 40% en Core Plus (pour un rendement total de 8 à 12%) et 20% en Value Add (pour le potentiel de croissance du capital à 12 à 15%). Cette structure garantit une part de revenus distribués régulièrement tout en capturant la création de valeur sur les actifs en transformation.
Cette approche est cohérente avec les recommandations institutionnelles : selon les données Hamilton Lane (2025), les portefeuilles infrastructure diversifiés entre plusieurs millésimes (vintages) et plusieurs stratégies ont systématiquement surperformé les allocations monostratégie sur des horizons de 10 ans, avec une volatilité inférieure de 30 à 40%.
Si les énergies renouvelables dominent les levées avec 50% des investissements en France, une exposition exclusive à ce secteur crée un risque de concentration. Une allocation sectorielle plus équilibrée intègre les data centers et le numérique (pour capter la croissance de l'IA), les réseaux de transport et de mobilité (actifs régulés, revenus stables), et les infrastructures sociales (hôpitaux, maisons de retraite, portés par le vieillissement démographique). Cette diversification est naturellement assurée par les grands fonds Core Plus, qui investissent généralement dans cinq à dix secteurs différents au sein d'un même véhicule.
L'Europe offre le cadre réglementaire le plus stable pour l'infrastructure, avec des autorités de régulation indépendantes et un historique de respect des contrats de concession sur plusieurs décennies. Les marchés les plus actifs sont la France, le Royaume Uni, l'Allemagne, les pays nordiques et l'Italie. Pour les investisseurs souhaitant une exposition mondiale, certains fonds intègrent des actifs nord américains (États Unis, Canada) et, dans une moindre mesure, asiatiques. La diversification géographique permet de capter des dynamiques de marché différentes tout en introduisant un risque de change à gérer.
Comme pour tout investissement en private equity, la diversification temporelle (millésimes différents) est essentielle. Investir dans des fonds lancés à des moments différents du cycle économique réduit le risque de point d'entrée et lisse les performances dans le temps. La loi industrie verte, en rendant obligatoire une allocation progressive en actifs non cotés dans les PER en gestion pilotée, incite naturellement à cette approche millésimée : les versements mensuels ou annuels sur un PER sont investis dans des fonds à différentes étapes de leur vie, créant une diversification temporelle automatique.
Nos experts analysent votre profil de risque, votre horizon et vos objectifs pour construire une allocation infrastructure sur mesure. Premier rendez vous gratuit et sans engagement.
Prendre rendez vous avec un expertNos experts sont à votre disposition pour répondre à vos questions et vous guider dans vos choix.