Avec un rendement médian de 6,5% brut et un marché atteignant 60 milliards d'euros de collecte estimée en 2025, les produits structurés occupent une place croissante dans les allocations patrimoniales. Autocall, Phoenix, capital garanti : découvrez le fonctionnement, les risques et les stratégies pour en tirer parti.
Un produit structuré est un instrument financier sur mesure qui combine une composante obligataire (la protection du capital) et une composante optionnelle (le moteur de rendement). Concrètement, lorsqu'un investisseur place 10 000 € dans un produit structuré, l'émetteur, généralement une grande banque comme BNP Paribas, Société Générale ou Natixis, décompose cette somme en deux parties. La première partie finance une obligation zéro coupon qui, grâce aux intérêts composés, vaudra exactement 10 000 € à l'échéance. La seconde partie sert à acheter des options sur un indice boursier ou un panier d'actions, créant ainsi le potentiel de gain.
Ce mécanisme permet de proposer des profils de rendement que ni les actions ni les obligations ne peuvent offrir seules. Le marché français a connu une croissance exceptionnelle : la collecte brute est passée de 23,2 milliards d'euros en 2021 à 41,8 milliards d'euros en 2023, soit une hausse de 80% en deux ans (source : cartographie AMF et ACPR, avril 2025). Les estimations pour 2025 dépassent 60 milliards d'euros selon les données de marché SRP. Cette dynamique est portée à 80% par l'assurance vie, canal de distribution dominant.
Pour l'investisseur, cette combinaison obligataire et optionnelle offre un avantage structurant : la lisibilité des scénarios. Dès la souscription, vous savez exactement quel rendement vous percevrez si les conditions sont remplies, quel est le seuil de protection de votre capital et quelle est la durée maximale de votre investissement. Cette transparence contractuelle distingue fondamentalement le produit structuré d'un fonds d'investissement classique, dont la performance dépend des décisions du gérant.
France Épargne accompagne ses clients dans la sélection et le suivi des produits structurés, en s'appuyant sur une architecture ouverte qui permet de comparer les offres de plusieurs émetteurs bancaires et de retenir les structurations les plus compétitives du marché.
Chaque produit structuré repose sur quatre paramètres fondamentaux définis à l'émission :
Le sous-jacent : l'actif de référence dont l'évolution détermine le rendement. Il peut s'agir d'un indice boursier (Euro Stoxx 50, CAC 40, SBF Top 80), d'une action individuelle, d'un panier d'actions ou d'un taux d'intérêt.
La maturité : la durée maximale du produit, généralement comprise entre 5 et 12 ans. La durée de vie effective est souvent plus courte grâce aux mécanismes de remboursement anticipé.
Le coupon : le rendement annuel versé ou capitalisé si les conditions sont réunies, typiquement entre 5% et 12% brut selon le profil de risque.
La barrière de protection : le seuil en dessous duquel le capital n'est plus protégé. Elle se situe généralement entre 50% et 70% du niveau initial de l'actif de référence.
À chaque date d'observation (trimestrielle, semestrielle ou annuelle), le produit vérifie si l'indice de référence respecte les conditions de rappel anticipé. Lorsque l'indice clôture au-dessus de son niveau initial, le produit est remboursé par anticipation avec le coupon associé. Ce mécanisme se répète jusqu'à la maturité du produit.
Prenons un autocall indexé sur l'Euro Stoxx 50, avec un coupon annuel de 8%, une barrière de protection à 50% et une maturité de 10 ans. L'Euro Stoxx 50 est à 5 000 points au moment de la souscription.
| Type | Mécanisme | Versement des coupons | Rappel anticipé | Protection du capital | Profil type |
|---|---|---|---|---|---|
| Autocall classique | Remboursement si sous-jacent supérieur ou égal au niveau initial | À l'échéance ou au rappel | Oui (annuel ou trimestriel) | Barrière 50% à 70% | Investisseur équilibré |
| Phoenix | Coupons conditionnels périodiques + rappel | Périodique (même sans rappel) | Oui | Barrière 50% à 70% | Investisseur recherchant des revenus réguliers |
| Athéna | Coupons mémorisés + rappel | Au rappel (tous coupons cumulés) | Oui (avec effet mémoire) | Barrière 50% à 70% | Investisseur patient à horizon moyen |
| Capital garanti | Protection 100% à l'échéance + participation | À l'échéance | Rare | 100% à l'échéance | Investisseur prudent |
| Credit Linked Note | Indexé sur le risque de crédit d'entités | Coupons fixes périodiques | Non (sauf événement de crédit) | Conditionnelle (absence de défaut) | Investisseur cherchant décorrélation |
| Twin Win | Gain que le sous-jacent monte ou baisse | À l'échéance | Non | Barrière 50% à 60% | Investisseur anticipant une volatilité modérée |
L'autocall (abréviation de «automatically callable») représente la grande majorité des produits structurés commercialisés en France. Son principe est simple : à chaque date d'observation, si l'indice de référence clôture au-dessus de son niveau initial (ou d'un seuil de rappel dégressif), le produit est automatiquement remboursé avec le coupon associé. Un produit autocall offrant 8% par an sur l'Euro Stoxx 50, rappelé au bout de 2 ans, verse 116% du capital initial (100% + 2 x 8%).
La durée de vie moyenne effective d'un autocall se situe autour de 2 à 3 ans sur les produits commercialisés en France entre 2021 et 2023 (source : cartographie AMF et ACPR 2025), bien en deçà de leur maturité contractuelle de 8 à 12 ans. Cette durée courte est favorable à l'investisseur : le capital est mobilisé moins longtemps que prévu et le rendement annualisé est identique au coupon contractuel.
Certains autocall intègrent un mécanisme de rappel dégressif : le seuil de rappel diminue de quelques points chaque année (par exemple, 100% la première année, 95% la deuxième, 90% la troisième). Cette dégressivité augmente la probabilité de rappel anticipé lorsque les marchés stagnent ou corrigent légèrement, ce qui réduit la durée de vie du produit et bénéficie à l'investisseur.
Le produit Phoenix se distingue par le versement de coupons conditionnels périodiques, indépendamment du mécanisme de rappel. Même si l'indice n'atteint pas le seuil de rappel, l'investisseur perçoit un coupon à chaque observation tant que l'actif de référence reste au-dessus de la barrière de coupon (souvent fixée à 60% ou 70% du niveau initial).
Exemple : un Phoenix sur le CAC 40 avec un coupon trimestriel de 2% (soit 8% annualisé), une barrière de coupon à 60% et une barrière de protection à 50%. Le CAC 40 perd 30% après un an : l'investisseur perçoit quand même ses coupons trimestriels (l'indice reste au-dessus de 60%). Ce mécanisme fait du Phoenix le produit de choix pour les investisseurs recherchant des revenus réguliers, comme les retraités ou les détenteurs de contrats de capitalisation.
La barrière de coupon est distincte de la barrière de protection du capital. Un Phoenix peut avoir une barrière de coupon à 70% (le coupon n'est versé que si l'indice n'a pas perdu plus de 30%) et une barrière de protection à 50% (le capital est restitué si l'indice n'a pas perdu plus de 50% à l'échéance). Cette double barrière offre une granularité supplémentaire dans la gestion du risque.
L'Athéna est une variante de l'autocall dans laquelle les coupons ne sont pas versés périodiquement mais capitalisés et versés en bloc au moment du rappel. Son avantage principal réside dans l'effet mémoire : si un coupon ne peut pas être versé à une date d'observation parce que l'indice est trop bas, il est conservé en mémoire et sera intégralement versé dès que les conditions de rappel seront réunies.
Exemple : un Athéna offrant 7% par an, non rappelé les deux premières années car l'indice est en dessous du niveau initial, puis rappelé la troisième année. L'investisseur perçoit 121% de son capital (100% + 3 x 7%), récupérant l'ensemble des coupons mis en mémoire. L'Athéna est particulièrement adapté aux investisseurs patients qui acceptent de ne pas percevoir de revenus intermédiaires en échange d'un potentiel de gain cumulé supérieur.
Les produits à capital garanti offrent une protection à 100% du capital investi à l'échéance, quel que soit le comportement de l'actif de référence (hors défaut de l'émetteur). En contrepartie, le potentiel de rendement est plus modeste et souvent plafonné. À fin 2023, 41% des encours de produits structurés relevaient d'un SRI entre 1 et 3, traduisant une recherche de solutions sécurisées, portés par la hausse des taux qui rendait la structuration économiquement viable (source : cartographie AMF et ACPR 2025).
Leur fonctionnement repose sur un mécanisme élémentaire : l'émetteur achète une obligation zéro coupon pour un montant inférieur au capital investi (par exemple, 92 € pour 100 € investis). Les 8 € restants financent l'achat d'options qui génèrent le potentiel de gain. Plus les taux d'intérêt sont élevés, moins l'obligation zéro coupon coûte cher, et plus le budget disponible pour les options est important. Avec la stabilisation des taux de la BCE à 2,00% de taux de dépôt depuis juin 2025, la part de ces produits pourrait évoluer selon les anticipations de politique monétaire.
Source: Cartographie AMF et ACPR (avril 2025) ; données 2024 et 2025 : estimations SRP
La confusion entre capital garanti et capital protégé est l'une des erreurs les plus fréquentes chez les investisseurs en produits structurés. Ces deux notions recouvrent des réalités très différentes en termes de risque, et cette distinction doit être comprise avant toute souscription.
Un produit à capital garanti s'engage à restituer 100% du capital investi à l'échéance, indépendamment de l'évolution de l'actif de référence. Si l'indice perd 80%, l'investisseur récupère néanmoins l'intégralité de son capital. La seule limite est le risque de défaut de l'émetteur : si la banque émettrice fait faillite, la garantie tombe. C'est pourquoi le choix de l'émetteur et sa notation financière constituent un critère primordial.
À fin 2023, les produits à fort niveau de sécurité (SRI 1 à 3) représentaient 41% des encours de produits structurés (source : AMF et ACPR 2025), portés par la hausse des taux qui rendait la structuration économiquement viable. Leur rendement typique se situe entre 3% et 5% brut, soit un niveau supérieur au fonds euros (2,65% en moyenne en 2025, source : ACPR) sans prise de risque sur le capital.
Un produit à capital protégé offre une protection conditionnelle via une barrière, typiquement fixée entre 50% et 70% du niveau initial de l'actif de référence. Tant que l'indice ne franchit pas cette barrière, le capital est intégralement restitué. En revanche, si la barrière est franchie, la perte est proportionnelle à la baisse de l'indice.
Exemple concret : un produit avec barrière à 60% sur le CAC 40, niveau initial à 8 000 points. Le CAC 40 termine à 5 000 points (baisse de 37,5%) : le capital est restitué à 100% car le seuil de 4 800 points (60% de 8 000) n'est pas franchi. Le CAC 40 termine à 4 000 points (baisse de 50%) : l'investisseur subit la totalité de la baisse et ne récupère que 50% de son capital.
L'avantage du capital protégé par rapport au capital garanti est un rendement plus élevé. Les produits à capital protégé offrent typiquement des coupons de 6% à 10%, contre 3% à 5% pour les produits à capital garanti. La barrière constitue la «prime de risque» que l'investisseur accepte en échange de ce surplus de rendement.
Il existe deux types de barrières dont la distinction a un impact considérable sur le profil de risque du produit :
Barrière à maturité (la plus courante en France) : seul le niveau de l'actif de référence à la date d'échéance finale est pris en compte. Même si l'indice franchit la barrière en cours de vie du produit, cela n'a aucun impact tant que l'indice est remonté à l'échéance. Cette configuration est très protectrice car les marchés connaissent régulièrement des corrections temporaires de 20% à 30% qui se résorbent en quelques trimestres.
Barrière continue (dite «américaine») : la barrière est observée chaque jour pendant toute la durée de vie du produit. Si l'indice franchit la barrière ne serait-ce qu'un seul jour de cotation, la protection est définitivement perdue. Ce type de barrière est plus risqué mais offre généralement un coupon supérieur de 1 à 2 points.
Sur le marché français, la barrière à maturité est largement dominante, ce qui constitue un avantage pour les investisseurs. Lors de la correction de mars 2020 (Covid), le CAC 40 a perdu 40% en quelques semaines avant de rebondir : les détenteurs de produits avec barrière à maturité n'ont subi aucune conséquence, tandis que ceux avec barrière continue ont potentiellement vu leur protection disparaître. France Épargne privilégie systématiquement les produits avec barrière à maturité pour ses clients.

La cartographie conjointe de l'AMF et de l'ACPR, publiée en avril 2025, établit un bilan officiel des performances : le rendement annuel médian brut des produits structurés remboursés entre 2021 et 2023 s'échelonne entre 6% et 7%, avec une médiane à 6,5% (hors impact des frais de distribution et de la fiscalité). Ce chiffre positionne les produits structurés parmi les classes d'actifs les plus rémunératrices de cette période.
Fait remarquable : moins de 1% des produits remboursés sur la période 2021 à 2023 ont entraîné une perte en capital pour l'investisseur. Ce taux de perte extrêmement faible s'explique par la combinaison de marchés actions globalement haussiers et de barrières de protection calibrées pour absorber les corrections de marché.
Pour mettre ces chiffres en perspective : sur la même période, le fonds euros a servi en moyenne 1,3% à 2,60% par an. En 2025, le rendement moyen des fonds euros s'établit à 2,65% (source : ACPR 2026), nettement supérieur au Livret A abaissé à 1,50% début 2026. Le CAC 40 a progressé de 12% par an en moyenne sur 2021 à 2023 (dividendes réinvestis). Le produit structuré offre donc un rendement intermédiaire entre le fonds euros et les actions en direct, avec un profil de risque mieux encadré que l'investissement boursier direct.
Le rendement brut de 6,5% ne correspond pas au rendement effectivement perçu par l'investisseur. Plusieurs couches de frais viennent le réduire, et la transparence sur ces frais est un enjeu majeur pour le marché.
Les frais de structuration (intégrés au prix d'émission) : ils représentent la marge de l'émetteur, typiquement 1% à 3% du montant investi, répartis sur la durée de vie du produit. En pratique, l'émetteur se couvre sur les marchés en achetant les obligations et les options nécessaires, et sa marge correspond à la différence entre le prix payé par l'investisseur et le coût réel de la couverture.
La rétrocession au distributeur : le courtier ou le CGP qui commercialise le produit perçoit une commission, généralement de 1% à 3% du montant souscrit. Depuis février 2026, l'AMF exige que sept informations clés soient obligatoirement communiquées dans les documents commerciaux, dont la nature et le montant des frais.
Les frais de gestion sur UC (en assurance vie) : de 0,50% à 0,75% par an selon le contrat, prélevés annuellement sur la valeur du support. Sur un produit conservé 3 ans, ces frais représentent 1,5% à 2,25% du capital initial.
Au total, le rendement net (après frais et fiscalité) d'un produit structuré investi en assurance vie se situe typiquement entre 3,5% et 5,5% par an pour les produits autocall classiques remboursés entre 2021 et 2023. Ce rendement net reste supérieur à celui du fonds euros et comparable aux meilleures SCPI, tout en offrant un profil de risque différent.
L'AMF et l'ACPR ont identifié un point de vigilance important : les indices à décrément représentaient encore environ un tiers des produits en 2023, mais leur part est en décroissance sensible depuis 2021 (source : cartographie AMF et ACPR, avril 2025). Un indice à décrément (comme le SBF Top 80 EW Decrement 50 points) est un indice synthétique dont la performance est amputée d'un dividende fixe (50 points par an), indépendamment des dividendes réels distribués par les entreprises composant l'indice.
Ce mécanisme réduit la probabilité d'atteindre le seuil de rappel et allonge la durée de vie du produit lorsque les dividendes réels sont supérieurs au décrément fixe (ce qui est souvent le cas pour les actions françaises, avec un rendement de dividende moyen de 3% à 4%). La tendance est à la réduction progressive de l'utilisation des indices à décrément, sous la pression réglementaire et concurrentielle. France Épargne recommande de privilégier les produits indexés sur des indices classiques (Euro Stoxx 50, CAC 40) ou de vérifier que le décrément est inférieur au rendement de dividende historique de l'indice.
Avec un rendement médian de 6,5% brut sur la période 2021 à 2023 (source : AMF et ACPR 2025), les produits structurés offrent un couple rendement/risque compétitif, entre le fonds euros (2,65% en 2025, source ACPR) et les actions en direct, plus volatiles.
Les barrières de protection à maturité absorbent les corrections de marché : un produit avec barrière à 50% tolère une chute de moitié du sous-jacent sans perte en capital. Les produits à capital garanti offrent une restitution à 100% (hors défaut de l'émetteur).
Contrairement aux actions, le rendement cible est fixé dès l'émission. L'investisseur connaît précisément les scénarios possibles : montant du coupon, conditions de rappel, niveau de la barrière et durée maximale. Cette lisibilité facilite la planification patrimoniale.
Les produits structurés peuvent être indexés sur des classes d'actifs variées : indices actions, taux d'intérêt, crédit investment grade, matières premières. Les Credit Linked Notes offrent une décorrélation des marchés actions tout en captant des rendements de 4% à 5% par an.
Logés en assurance vie, les produits structurés bénéficient de la capitalisation sans imposition, de l'abattement de 4 600 € après 8 ans et de la transmission hors succession. Les coupons ne sont imposés qu'au moment du rachat, pas à chaque versement.
Marchés haussiers, latéraux ou modérément baissiers : les produits structurés génèrent du rendement dans la majorité des configurations. Seule une chute violente et durable du sous-jacent en dessous de la barrière entraîne une perte en capital.
Nos conseillers analysent votre situation patrimoniale et identifient les produits structurés adaptés à votre profil de risque, votre horizon d'investissement et vos objectifs fiscaux. Bilan personnalisé et sans engagement.
Demander un bilan patrimonialTout investissement comporte des risques, et les produits structurés ne font pas exception. Comprendre ces risques avant de souscrire est indispensable pour calibrer correctement la part allouée à cette classe d'actifs dans votre portefeuille.
C'est le risque principal. Lorsque l'actif de référence franchit la barrière de protection à l'échéance (pour une barrière à maturité) ou à tout moment (pour une barrière continue), l'investisseur subit une perte proportionnelle à la baisse. Sur un produit avec barrière à 50%, une chute de l'indice de 60% entraîne une perte de 60% du capital. Les données de l'AMF et de l'ACPR sont néanmoins rassurantes : moins de 1% des produits remboursés entre 2021 et 2023 ont entraîné une perte en capital (source : cartographie AMF et ACPR, avril 2025).
Pour limiter ce risque, France Épargne recommande de privilégier les produits avec barrière à 50% sur des indices diversifiés (Euro Stoxx 50, CAC 40) plutôt que sur des actions individuelles. Un indice composé de 40 à 80 valeurs a statistiquement moins de chances de perdre 50% qu'une action isolée.
Le produit structuré est un titre de créance : l'investisseur prête de l'argent à la banque émettrice. Si celle-ci fait faillite, le capital n'est plus garanti, quelle que soit la performance de l'actif de référence. Ce risque est comparable à celui d'une obligation d'entreprise. En pratique, les principaux émetteurs français (BNP Paribas, Société Générale, Natixis) disposent de notations financières solides (A+ à AA) et de ratios de solvabilité confortables. Société Générale représente à elle seule environ 30% des montants souscrits en France (source : données de marché SRP 2025).
Les produits structurés ne sont pas cotés sur un marché organisé. La revente avant l'échéance se fait sur le marché secondaire auprès de l'émetteur, à un prix qui peut être significativement inférieur à la valeur à l'échéance. La décote de liquidité dépend des conditions de marché, de la durée résiduelle et de la volatilité. En assurance vie, le rachat est possible à la valeur liquidative du support, mais des pénalités indirectes (spread de marché) peuvent s'appliquer. Ne jamais investir dans un produit structuré des fonds dont vous pourriez avoir besoin avant l'échéance.
Pendant la durée de vie du produit (potentiellement 8 à 12 ans si le rappel n'est jamais déclenché), le capital est immobilisé dans un placement dont le rendement est plafonné. Si les marchés progressent de 15% par an, l'investisseur en produit structuré autocall à 8% ne capte que 8%. Ce plafonnement du gain est la contrepartie de la protection du capital. Sur un cycle boursier fortement haussier, un investissement direct en ETF sera plus performant. Les produits structurés sont conçus pour les marchés latéraux ou modérément haussiers.
Les frais de structuration sont intégrés au prix d'émission et peuvent représenter 3% à 7,5% du montant investi selon les produits (source : données AMF 2025). Depuis février 2026, l'AMF exige la communication de sept informations clés dans les documents commerciaux, dont la transparence sur les frais. Demandez systématiquement le détail des frais de structuration et des rétrocessions au distributeur avant toute souscription.
Un investisseur prudent s'orientera vers des produits à capital garanti (rendement de 3% à 5%) ou des autocall avec barrière large (50%) sur des indices diversifiés. Un investisseur dynamique pourra accepter des barrières plus hautes (70%) sur des actions individuelles pour viser des coupons de 8% à 12%. L'horizon doit correspondre à la maturité maximale du produit : si vous avez besoin de vos fonds dans 3 ans, un produit à maturité 10 ans n'est pas adapté.
L'assurance vie est l'enveloppe naturelle pour 80% des investisseurs en produits structurés. Elle offre la capitalisation sans fiscalité intermédiaire, un abattement de 4 600 € après 8 ans et la transmission hors succession. Le PER est pertinent pour les contribuables à TMI de 30% ou plus. Le compte titres reste intéressant pour les gros tickets (accès au marché primaire) ou la souplesse de gestion.
Trois paramètres déterminent 90% du profil rendement/risque : le sous-jacent (privilégiez les indices diversifiés aux actions individuelles), la barrière de protection (une barrière à 50% offre une marge de sécurité considérable) et le type de barrière (à maturité plutôt que continue). Vérifiez aussi la fréquence d'observation, le mécanisme de rappel et l'éventuel effet mémoire.
Exigez un émetteur noté A ou plus par les agences de notation. Demandez le détail des frais de structuration et la rétrocession versée au distributeur. En assurance vie, ajoutez les frais de gestion sur UC du contrat (0,50% à 0,75% par an). Un produit affichant 8% brut avec 3% de frais de structuration, 2% de rétrocession et 0,60% de frais UC ne délivre en réalité que 4% à 5% net de frais.
Les produits structurés ne doivent pas représenter plus de 20% à 30% d'une allocation patrimoniale diversifiée. Répartissez vos investissements sur plusieurs produits (différents sous-jacents, différentes maturités, différents émetteurs) pour lisser les risques. Une allocation type : 50% fonds euros, 20% ETF, 20% produits structurés, 10% SCPI.
| Enveloppe | Imposition des gains | Prélèvements sociaux | Abattements | Taux global effectif |
|---|---|---|---|---|
| Assurance vie inférieure à 8 ans | 12,8% (PFU) ou barème IR | 17,2% | Aucun | 30% sur les gains |
| Assurance vie supérieure à 8 ans (moins de 150 000 €) | 7,5% (PFU réduit) | 17,2% | 4 600 € (célibataire) et 9 200 € (couple) | 24,7% au-delà de l'abattement |
| Assurance vie supérieure à 8 ans (plus de 150 000 €) | 12,8% (PFU) | 17,2% | 4 600 € et 9 200 € | 30% au-delà de l'abattement |
| Compte titres (CTO) | 12,8% (PFU) ou barème IR | 17,2% | Aucun | 30% sur chaque coupon et gain |
| PER (à la sortie) | Barème IR sur le capital versé, PFU sur les gains | 17,2% sur les gains | Aucun à la sortie | Variable selon TMI (30% à 45% et plus) |

Le contexte macroéconomique en 2026 offre des conditions favorables aux produits structurés. La BCE maintient ses taux directeurs stables depuis juin 2025 : taux de dépôt à 2,00%, taux de refinancement à 2,15% (source : BCE, décision du 19 mars 2026). Ce niveau de taux, combiné à une volatilité structurellement élevée liée aux tensions géopolitiques et aux incertitudes sur les politiques commerciales mondiales, crée des conditions propices à la structuration de produits attractifs. La volatilité est l'alliée des produits structurés : plus elle est élevée, plus les options intégrées au produit permettent à l'émetteur d'offrir des coupons généreux pour un même niveau de protection.
Les analystes de marché anticipent une croissance des bénéfices par action de l'ordre de 10% à 12% en Europe, portée par le plan d'infrastructure allemand, un coût de l'énergie modéré et des valorisations raisonnables (P/E de 14 à 15x, la plus faible des grandes zones géographiques). Ce potentiel de hausse modérée est précisément le scénario dans lequel les produits structurés délivrent leur meilleure performance : l'indice monte suffisamment pour déclencher le rappel, mais pas assez pour que l'investissement direct en ETF soit nettement plus rentable.
1. Indices diversifiés européens : les produits autocall ou Phoenix sur l'Euro Stoxx 50, le SBF Top 80 ou des indices sectoriels (énergie, valeurs financières, défense) offrent un bon équilibre entre coupons attractifs (6% à 9%) et barrières de protection confortables (50% à 60%). L'Europe bénéficie d'un rattrapage de valorisation par rapport aux marchés américains, ce qui favorise les scénarios de rappel anticipé à court terme.
2. Produits de taux à garantie du capital : les formats indexés sur les taux d'intérêt permettent de capter un coupon garanti tant que les taux restent dans une fourchette définie. Ces produits offrent une protection à 100% du capital et sont adaptés aux profils prudents qui souhaitent sortir du fonds euros sans prendre de risque sur le capital.
3. Credit Linked Notes investment grade : indexés sur le risque de crédit d'entreprises de qualité, ces produits offrent une décorrélation des marchés actions et des rendements de 4% à 5% par an sur des maturités de 3 à 5 ans. L'investisseur perçoit un coupon régulier tant qu'aucune des entités de référence ne fait défaut, ce qui reste statistiquement très rare pour les entreprises investment grade (taux de défaut annuel inférieur à 0,1%).
En février 2026, l'AMF a imposé sept exigences d'information obligatoires dans les documents commerciaux, couvrant le risque de défaut de l'émetteur, les conditions de sortie anticipée, la nature de l'actif de référence et le détail des frais. La directive européenne «Value for Money», pilotée par l'EIOPA, pourrait étendre ses référentiels aux produits structurés commercialisés en assurance vie, renforçant la transparence sur les frais et la valeur ajoutée pour l'épargnant.
Cette évolution profite à l'investisseur : elle pousse les émetteurs et les distributeurs à comprimer leurs marges et à améliorer la qualité des produits. Les frais de structuration tendent à baisser sous la pression concurrentielle et réglementaire, ce qui améliore mécaniquement le rendement net pour le souscripteur. France Épargne suit attentivement ces évolutions et adapte ses recommandations en conséquence.

"Les produits structurés ne sont ni un miracle ni un piège. Ce sont des instruments financiers dont l'efficacité dépend de trois facteurs : le calibrage des paramètres (sous-jacent, barrière, coupon), la transparence des frais et l'adéquation avec le profil de l'investisseur. Avec un rendement médian de 6,5% brut et moins de 1% de perte en capital sur la période 2021 à 2023, les produits structurés ont prouvé leur pertinence dans une allocation diversifiée. La clé est de comprendre ce que l'on achète et d'exiger la transparence totale sur les frais.
Les produits structurés occupent une position intermédiaire dans la pyramide patrimoniale, entre le fonds euros (sécurité totale, rendement modeste) et les actions en direct (rendement potentiellement élevé, volatilité forte). Leur force réside dans la capacité à générer du rendement dans des marchés latéraux ou modérément baissiers, là où les actions peinent et où le fonds euros plafonne.
Dans une allocation type, les produits structurés représentent idéalement 15% à 25% du patrimoine financier pour un investisseur équilibré. Cette proportion permet de capter le surplus de rendement (3 à 4 points au-dessus du fonds euros) sans concentrer un risque excessif sur un seul type d'instrument. Au-delà de 30%, la concentration sur cette classe d'actifs expose le portefeuille à un risque systémique en cas de correction profonde des marchés.
Profil prudent (horizon inférieur à 5 ans, faible tolérance au risque) : 65% fonds euros, 15% produits structurés à capital garanti (3% à 5%), 10% ETF obligataires, 10% SCPI. Les produits structurés à capital garanti jouent ici un rôle de complément de rendement sans risque additionnel significatif. Ils permettent de dépasser le rendement du fonds euros de 1 à 2 points tout en maintenant la garantie intégrale du capital à l'échéance.
Profil équilibré (horizon de 8 à 15 ans, tolérance modérée) : 40% fonds euros, 25% produits structurés autocall avec barrière à 50% (6% à 9%), 20% ETF actions diversifiés, 15% SCPI. Les produits structurés apportent un rendement supérieur au fonds euros avec une protection significative du capital. La barrière à 50% offre une marge confortable : historiquement, les grands indices européens n'ont perdu plus de 50% que lors de crises majeures (2008, 2020), et ils ont systématiquement rebondi dans les 2 à 3 ans suivants.
Profil dynamique (horizon supérieur à 15 ans, bonne tolérance au risque) : 20% fonds euros, 20% produits structurés (mix autocall et Phoenix), 40% ETF actions, 10% SCPI, 10% private equity. Les produits structurés servent de stabilisateur partiel, générant du rendement même dans les phases de consolidation des marchés. Le mix autocall (capitalisation) et Phoenix (revenus réguliers) offre une flexibilité appréciable pour adapter la stratégie au fil du temps.
Les produits structurés sont particulièrement efficaces en combinaison avec un portefeuille d'ETF. Lorsque les marchés montent fortement, les ETF captent la totalité de la hausse tandis que les produits structurés sont rappelés rapidement avec leur coupon. Lorsque les marchés stagnent ou corrigent modérément, les produits structurés continuent de verser des coupons (notamment les Phoenix) tandis que les ETF sous-performent. Cette complémentarité naturelle réduit la volatilité globale du portefeuille et améliore le ratio rendement/risque sur le long terme.
France Épargne construit des allocations patrimoniales intégrant les produits structurés comme un outil tactique au sein d'une stratégie globale. Chaque recommandation tient compte de votre situation fiscale, de votre horizon d'investissement et de vos objectifs de rendement. Le suivi des dates d'observation et des conditions de rappel est assuré par nos équipes, qui vous informent à chaque étape de la vie de vos produits.
France Épargne sélectionne les produits structurés les plus compétitifs auprès des principaux émetteurs bancaires. Structurations sur mesure ou produits de campagne, nos conseillers vous accompagnent dans le choix et le suivi de vos investissements.
Découvrir nos solutionsFrance Épargne propose un accompagnement complet : sélection des produits, choix de l'enveloppe fiscale, suivi des dates d'observation et reporting patrimonial. Un interlocuteur unique pour l'ensemble de vos placements financiers.
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