Qu'est-ce qu'un catalogue musical ?
Un catalogue musical est un ensemble de droits d'auteur sur des compositions musicales qui génèrent des revenus à chaque écoute, diffusion ou utilisation commerciale. Lorsque vous investissez dans un catalogue musical, vous devenez copropriétaire de droits et percevez des royalties proportionnelles à votre part, versées automatiquement par les sociétés de gestion collective mondiales.
Cet actif, longtemps réservé aux grandes maisons de disques et aux fonds institutionnels, est désormais accessible aux investisseurs particuliers via des plateformes de fractionnement numérique comme Bolero Music (France) ou ANote Music (Luxembourg). Le marché mondial de la musique enregistrée a atteint 31,7 milliards de dollars en 2025 (IFPI Global Music Report 2026), avec 11 années consécutives de croissance. Les droits de publication (publishing) représentent seuls 9,9 milliards de dollars (Goldman Sachs, Music in the Air 2025), projetés à 14,9 milliards en 2030.
Deux catégories de droits structurent ce marché. Les droits d'édition (publishing rights) appartiennent au compositeur et au parolier : ils génèrent des royalties pour chaque utilisation de la mélodie et du texte, quelle que soit la version interprétée. Les droits de master appartiennent à l'interprète et au producteur phonographique : ils sont liés à l'enregistrement spécifique et à la notoriété de l'artiste. Les plateformes de détail se concentrent majoritairement sur les droits d'édition, structurellement plus stables.
Les sources de revenus d'un catalogue
Les droits musicaux génèrent des revenus via plusieurs canaux simultanés et complémentaires :
Streaming audio et vidéo (Spotify, Apple Music, Deezer, YouTube Music) : première source de revenus. Les revenus du streaming par abonnement représentent 52,4 % de l'ensemble des revenus de la musique enregistrée au niveau mondial en 2025 (IFPI), avec 837 millions d'abonnés payants à l'échelle planétaire.
Synchronisation (films, séries, publicités, jeux vidéo) : source de revenus ponctuels souvent très élevés, négociés au cas par cas. Une seule synchronisation dans une publicité internationale peut rapporter plusieurs dizaines de milliers d'euros au détenteur des droits.
Diffusions radio, TV et médias : collectées par la SACEM en France, ASCAP et BMI aux États-Unis pour les catalogues anglo-saxons.
Performances publiques : concerts, événements, commerces, hôtels et restaurants. Ces droits sont collectés automatiquement et reversés trimestriellement.
Réseaux sociaux (TikTok, Instagram Reels, YouTube Shorts, Facebook) : source de revenus en forte croissance depuis les accords de licence signés à partir de 2021. TikTok a en outre démontré sa capacité à relancer la popularité de titres anciens, générant des pics de streaming significatifs sur des catalogues d'artistes des années 1980 à 2000.
Licences pour l'intelligence artificielle : depuis 2024, plusieurs grands fonds de catalogues ont signé des accords de licence avec des sociétés d'IA pour l'utilisation d'œuvres musicales dans leurs systèmes d'entraînement. Goldman Sachs estime ces revenus à environ 400 millions de dollars aujourd'hui, en route vers 2,1 milliards de dollars en 2030 (Music in the Air 2025).
La combinaison de ces flux confère aux droits musicaux une résilience structurelle inégalée parmi les actifs alternatifs : même si un canal faiblit temporairement, les autres compensent, garantissant la stabilité et la récurrence des royalties perçues.
Un actif aligné sur la nouvelle économie de l'attention
La musique est l'une des rares formes de contenu dont la consommation progresse avec l'augmentation du temps passé sur les écrans. Selon les données IFPI, chaque être humain écoute en moyenne 18,4 heures de musique par semaine à l'échelle mondiale, un chiffre stable depuis 2019 malgré la concurrence des podcasts, des séries et des jeux vidéo. Goldman Sachs qualifie explicitement cet actif de « low-cyclical asset with recurring cash flows » dans son rapport Music in the Air 2025, ce qui constitue le socle fondamental de la thèse d'investissement sur les droits musicaux.


