
PER ou assurance vie : comparatif complet (fiscalité, disponibilité, succession) pour choisir le bon contrat selon votre profil et vos objectifs patrimoniaux.
PER ou assurance vie ? La question revient systématiquement lors de tout bilan patrimonial, et pour cause : ces deux enveloppes fiscales figurent parmi les placements préférés des Français, avec plus de 1 900 milliards d'euros d'encours en assurance vie et près de 100 milliards d'euros sur les Plans d'Épargne Retraite depuis la création de ce dernier par la loi PACTE en 2019. Pourtant, opposer le PER et l'assurance vie n'a pas vraiment de sens. Il ne s'agit pas de contrats concurrents mais de deux outils patrimoniaux complémentaires, chacun répondant à des objectifs différents et offrant des avantages fiscaux distincts.
Le choix entre PER et assurance vie (ou plus souvent, la bonne répartition entre les deux) dépend de votre tranche marginale d'imposition, de votre horizon de placement, de vos besoins de liquidité et de vos objectifs successoraux. Dans ce guide, vous trouverez un comparatif détaillé sur plus de dix critères, des cas concrets chiffrés et une méthode pour construire la stratégie optimale en combinant ces deux enveloppes.
Créé par la loi PACTE du 22 mai 2019 pour remplacer les anciens dispositifs (PERP, Madelin, PERCO, article 83), le PER est une enveloppe d'épargne dont l'objectif premier est la préparation de la retraite. Son fonctionnement repose sur un principe simple : déduction fiscale à l'entrée, imposition à la sortie.
Les versements volontaires sont déductibles du revenu imposable, dans la limite d'un plafond égal à 10 % des revenus professionnels de l'année N-1 (avec un minimum de 10 % du Plafond Annuel de la Sécurité Sociale, soit 4 637 euros en 2024, et un maximum de 35 194 euros). Les plafonds non utilises des trois années précédentes sont reportables, ce qui permet de réaliser des versements importants certaines années.
En contrepartie de cet avantage fiscal immédiat, les sommes versées sont bloquées jusqu'à la retraite, sauf dans six cas de déblocage anticipé prévus par la loi : acquisition de la résidence principale, invalidité, décès du conjoint, surendettement, expiration des droits au chômage et cessation d'activité non salariée à la suite d'une liquidation judiciaire.
À la sortie, le capital (ou la rente) est soumis à l'impôt sur le revenu au barème progressif, auquel s'ajoutent les prélèvements sociaux de 17,2 % sur les plus-values. Le montant du capital versé est réimposé au barème IR, tandis que les gains sont soumis au PFU de 30 % (ou au barème sur option).
L'assurance vie fonctionne selon une logique inversée : pas de déduction à l'entrée, mais une fiscalité allégée à la sortie et un cadre successoral très avantageux. Les versements ne procurent aucune économie d'impôt l'année de leur réalisation, mais les gains capitalisés au sein du contrat ne sont imposés qu'au moment d'un retrait (rachat partiel ou total).
Après huit ans de détention, la fiscalité de l'assurance vie devient particulièrement attractive : un abattement annuel de 4 600 euros sur les gains pour une personne seule (9 200 euros pour un couple) et un taux réduit de 7,5 % (au lieu de 12,8 %) sur les gains issus de versements inférieurs à 150 000 euros. Les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus dans tous les cas.
Surtout, l'assurance vie offre une disponibilité totale : vous pouvez effectuer des rachats à tout moment, sans aucune condition de déblocage. Et en matière de succession, l'assurance vie permet de transmettre jusqu'à 152 500 euros par bénéficiaire en franchise de droits (pour les versements effectués avant 70 ans), hors succession civile.
Le tableau ci-dessous synthétise les différences entre le PER et l'assurance vie sur les critères les plus importants pour votre décision.
| Critère | PER individuel | Assurance Vie |
|---|---|---|
| Objectif principal | Préparation de la retraite | Épargne polyvalente (projet, précaution, transmission) |
| Déduction fiscale à l'entrée | Oui, jusqu'à 10 % des revenus N-1 (max 35 194 euros) | Non |
| Disponibilité de l'épargne | Bloquée jusqu'à la retraite (sauf 6 cas de déblocage) | Totale, à tout moment |
| Fiscalité des retraits | Capital : barème IR + PS 17,2 % sur les gains | Avant 8 ans : PFU 30 %. Après 8 ans : 7,5 % + PS après abattement |
| Abattement à la sortie | Aucun abattement sur le capital | 4 600 euros/an (9 200 euros couple) après 8 ans |
| Sortie en capital | Oui (depuis la loi PACTE) | Oui (rachat partiel ou total) |
| Sortie en rente | Oui (rente viagère imposée selon règles des pensions) | Oui (rente viagère avec fiscalité spécifique selon âge) |
| Succession : versements avant 70 ans | Exonération totale (assimilable à l'assurance vie article 990 I) | 152 500 euros d'abattement par bénéficiaire (article 990 I CGI) |
| Succession : versements après 70 ans | Droits de succession classiques (après abattement 30 500 euros global) | 30 500 euros d'abattement global, puis droits de succession sur le capital versé (gains exonérés) |
| Plafond de versement | Plafond de déduction (mais versements non déduits possibles) | Aucun plafond |
| Supports disponibles | Fonds euros, UC, ETF, SCPI | Fonds euros, UC, ETF, SCPI, OPCI, SCI |
| Gestion | Libre, pilotée (obligatoirement proposée avec désensibilisation) | Libre, pilotée, sous mandat |
| Transfert | Transférable d'un assureur à un autre (frais plafonnés à 1 % les 5 premières années, 0 % ensuite) | Non transférable (mais rachat + re-souscription possible) |
| IFI | UC immobilières soumises à l'IFI | UC immobilières soumises à l'IFI |
| Déblocage anticipé | 6 cas légaux (résidence principale, invalidité, décès conjoint, surendettement, chômage, liquidation judiciaire) | Aucune condition : disponibilité permanente |
La différence fondamentale tient en un mot : la liquidité. L'assurance vie est un contrat souple, accessible à tout moment, tandis que le PER est un contrat "tunnel" dont l'avantage fiscal se paie par un blocage de l'épargne. Cette distinction conditionne tout le raisonnement patrimonial : si vous avez besoin de votre épargne avant la retraite, le PER n'est pas adapté (sauf pour l'achat de votre résidence principale). Si vous cherchez avant tout à réduire votre impôt sur le revenu aujourd'hui et que votre horizon est la retraite, le PER prend tout son sens.
Répondez à quelques questions sur vos objectifs et découvrez quel type de contrat correspond à votre profil.
Faire le quizL'intérêt du PER est directement proportionnel à votre TMI. Plus votre taux marginal est élevé, plus l'économie d'impôt générée par la déduction des versements est importante.
Calcul de l'économie d'impôt selon la TMI :
| TMI actuelle | Versement annuel PER | Économie d'impôt annuelle | Coût réel du versement |
|---|---|---|---|
| 11 % | 5 000 euros | 550 euros | 4 450 euros |
| 30 % | 5 000 euros | 1 500 euros | 3 500 euros |
| 41 % | 5 000 euros | 2 050 euros | 2 950 euros |
| 45 % | 5 000 euros | 2 250 euros | 2 750 euros |
À une TMI de 30 %, chaque euro versé sur le PER ne vous coûte réellement que 70 centimes. À 41 %, il ne coûte que 59 centimes. L'effet de levier fiscal est considérable.
Le raisonnement est d'autant plus pertinent si vous anticipez une TMI plus basse à la retraite. En effet, le capital retire du PER sera réimposé au barème IR. Si votre TMI passe de 30 % en activité à 11 % à la retraite (ce qui est fréquent), vous aurez déduit à 30 % et vous serez imposé à 11 % : le gain net est la différence entre les deux taux, soit 19 points sur chaque euro de capital.
Si vous disposez déjà d'une épargne de précaution suffisante (trois à six mois de dépenses sur Livret A), d'une assurance vie ouverte depuis plus de huit ans et d'une capacité d'épargne supplémentaire, le PER est l'outil idéal pour constituer un complément de retraite tout en réduisant votre pression fiscale pendant la phase d'activité.
Depuis la loi PACTE, le PER permet le déblocage anticipé de la totalité de l'épargne pour l'achat de la résidence principale. Cette souplesse unique fait du PER un outil d'épargne immobilière fiscalement optimisé : vous déduisez les versements de votre revenu imposable pendant la phase d'épargne, puis vous récupérez le capital au moment de l'achat. Attention toutefois : le capital débloqué sera soumis à l'impôt sur le revenu, il faut donc intégrer cette imposition dans votre plan de financement.
Une année de revenus exceptionnellement élevés (prime de départ, bonus exceptionnel, cession d'entreprise) est le moment idéal pour maximiser vos versements PER. Le plafond de déduction non utilise des trois années précédentes est reportable, ce qui permet de verser et déduire des sommes importantes lors de ces années à forte imposition.
Si vous n'êtes pas certain de ne pas avoir besoin de votre épargne avant la retraite (pour financer les études de vos enfants, faire face à un imprévu, saisir une opportunité d'investissement), l'assurance vie est le choix logique. La disponibilité permanente du capital est un atout majeur que le PER ne peut offrir.
L'assurance vie est également le véhicule idéal pour constituer votre épargne de précaution renforcée : au-delà du Livret A (plafonné à 22 950 euros), le fonds euros d'un contrat d'assurance vie offre sécurité du capital et disponibilité, avec un rendement moyen de 2,50 % en 2024.
En matière de transmission patrimoniale, l'assurance vie est imbattable. Pour les versements effectués avant 70 ans, chaque bénéficiaire désigné dans la clause bénéficiaire bénéficie d'un abattement de 152 500 euros en franchise totale de droits. Au-delà, le taux d'imposition est de 20 % jusqu'à 700 000 euros, puis 31,25 %. Ces abattements s'appliquent par bénéficiaire, ce qui permet de transmettre des sommes considérables en franchise de droits.
Par exemple, un couple avec trois enfants peut transmettre jusqu'à 152 500 x 3 x 2 = 915 000 euros en totale exonération via leurs contrats d'assurance vie respectifs, en plus des abattements de droit commun.
Le PER, quant à lui, offre une exonération en cas de décès avant la retraite (régime assimilable à l'article 990 I du CGI), mais en phase de restitution, les capitaux restants sont soumis aux droits de succession classiques.
Si vous êtes imposé à 11 % ou si vous n'êtes pas imposable, l'avantage fiscal du PER est marginal voire inexistant. L'économie d'impôt sur un versement de 5 000 euros à une TMI de 11 % n'est que de 550 euros, tandis que le blocage du capital jusqu'à la retraite représente un coût d'opportunité significatif. Dans ce cas, l'assurance vie, avec sa souplesse totale et sa fiscalité avantageuse après huit ans, est nettement préférable.
Pour un projet à moyen terme (5 à 15 ans) qui n'est pas l'achat de votre résidence principale (financement des études, constitution d'un apport pour un investissement locatif, année sabbatique), l'assurance vie est le seul contrat adapté. Le PER ne permet tout simplement pas de récupérer votre épargne pour ces projets.
Après huit ans, l'assurance vie offre un cadre fiscal extrêmement favorable pour les retraits optimisés. L'abattement annuel de 4 600 euros (9 200 euros pour un couple) sur les gains permet d'effectuer des rachats réguliers avec une imposition minimale, voire nulle. Aucun mécanisme équivalent n'existe pour le PER.
Rendements, frais, supports : visualisez les différences entre les meilleurs contrats du marché.
Voir le comparatifLa stratégie patrimoniale la plus efficace consiste généralement à ouvrir et alimenter les deux enveloppes simultanément, en répartissant votre effort d'épargne selon votre TMI, votre âge et vos objectifs. L'idée est d'exploiter les avantages de chaque enveloppe là où ils sont les plus forts : la déduction fiscale du PER pour les TMI élevées, la souplesse et la transmission de l'assurance vie pour le reste.
Le tableau ci-dessous propose une répartition indicative entre PER et assurance vie en fonction de votre tranche marginale d'imposition et de votre situation :
| Profil | TMI | Répartition PER | Répartition AV | Justification |
|---|---|---|---|---|
| Jeune actif, début de carrière | 11 % | 0 % | 100 % | TMI trop faible pour le PER ; priorité à la liquidité et la prise de date AV |
| Cadre intermédiaire | 30 % | 30-40 % | 60-70 % | PER pertinent pour la déduction ; AV pour la souplesse et la transmission |
| Cadre supérieur | 41 % | 40-50 % | 50-60 % | Fort levier fiscal du PER ; AV pour diversifier les objectifs |
| Dirigeant, profession libérale | 45 % | 50-60 % | 40-50 % | Maximiser la déduction PER ; AV pour la transmission et la liquidité |
| Pré-retraite (5 ans avant) | 30 %+ | 20-30 % | 70-80 % | Réduire progressivement le PER ; AV pour préparer les rachats programmés |
Une méthode simple consiste à organiser votre épargne en trois poches distinctes :
Cette segmentation vous permet de ne jamais être en tension de liquidité tout en optimisant chaque euro d'épargne dans l'enveloppe la plus avantageuse.
Sophie est cadre dans une entreprise technologique. Elle a 45 ans, est mariée et a deux enfants. Son revenu net imposable du foyer est de 90 000 euros (TMI 30 %). Elle dispose déjà d'un Livret A au plafond (22 950 euros) et souhaite investir 500 euros par mois, soit 6 000 euros par an. Son objectif : préparer sa retraite dans 20 ans tout en conservant de la souplesse pour financer les études de ses enfants dans 5 à 10 ans.
Compte tenu de sa TMI à 30 % et de ses objectifs multiples, la répartition suivante est recommandée :
Les 2 400 euros versés chaque année sur le PER sont déductibles du revenu imposable. À une TMI de 30 %, l'économie d'impôt annuelle est de :
2 400 x 30 % = 720 euros d'impôt en moins chaque année
Sur 20 ans, l'économie d'impôt cumulée atteint 14 400 euros. Cette somme, réinvestie dans l'assurance vie, génère elle-même des intérêts.
Hypothèses : rendement PER 4 % annuel net (allocation équilibrée avec désensibilisation progressive), rendement assurance vie 4,5 % annuel net (allocation gestion pilotée dynamique).
PER (200 euros/mois pendant 20 ans à 4 %) :
Assurance vie (300 euros/mois pendant 20 ans à 4,5 %) :
Total du patrimoine financier constitué : environ 191 000 euros (plus 14 400 euros d'économie d'impôt cumulée sur 20 ans)
À 65 ans, Sophie prend sa retraite. Sa TMI passe de 30 % à 11 % (pension de retraite plus modeste que son salaire).
Sortie du PER en capital fractionné : Les 48 000 euros de versements sont réimposables au barème IR à 11 %, soit 5 280 euros d'impôt. Les 25 200 euros de gains sont soumis au PFU de 30 %, soit 7 560 euros.
Bilan fiscal global du PER :
Ce gain peut paraître modeste, mais il faut y ajouter le rendement généré sur les économies d'impôt réinvesties pendant 20 ans (effet de capitalisation gratuite).
Rachat de l'assurance vie : Après 20 ans (bien plus de 8 ans), Sophie bénéficie de l'abattement annuel de 9 200 euros (couple). En fractionnant ses rachats sur plusieurs années, elle peut récupérer l'intégralité de son capital avec une fiscalité minimale. Sur un rachat de 10 000 euros dont 3 900 euros de gains, seuls les gains au-delà de l'abattement sont imposés à 7,5 % + 17,2 % de prélèvements sociaux.
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Être rappelé sous 6hDéterminer la bonne répartition entre PER et assurance vie n'est pas un exercice théorique : il dépend de dizaines de paramètres personnels que seul un bilan patrimonial complet peut appréhender. Les conseillers France Épargne vous accompagnent dans cette démarche avec une méthodologie éprouvée.
Bilan patrimonial personnalisé : analyse de votre situation fiscale actuelle et projetée à la retraite, inventaire de votre patrimoine existant, définition de vos objectifs de vie (retraite, transmission, projets intermédiaires).
Optimisation fiscale sur mesure : calcul précis de l'économie d'impôt PER en fonction de vos plafonds disponibles, simulation de la fiscalité à la sortie selon différents scénarios de TMI à la retraite, arbitrage entre déduction PER et investissement en assurance vie.
Sélection des meilleurs contrats : choix de contrats PER et assurance vie adaptés à votre profil parmi les offres du marché, en privilégiant les frais réduits et la qualité des supports d'investissement.
Suivi et ajustements annuels : votre TMI, vos objectifs et les conditions de marché évoluent. Nous ajustons chaque année la répartition PER/AV et l'allocation de vos contrats pour maintenir la trajectoire optimale.
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PER ou assurance vie ? La réponse est presque toujours : les deux, dans des proportions adaptées à votre situation personnelle. Le PER est un formidable outil de déduction fiscale pour les contribuables imposés à 30 % et au-delà, à condition d'accepter le blocage de l'épargne jusqu'à la retraite. L'assurance vie est l'enveloppe polyvalente par excellence, offrant liquidité, fiscalité avantageuse après huit ans et un cadre successoral inégalé.
La clé de la stratégie optimale réside dans le dosage entre les deux : alimenter le PER pour capter l'économie d'impôt à l'entrée, alimenter l'assurance vie pour conserver de la flexibilité et préparer la transmission. Ce dosage dépend de votre TMI, de votre âge, de vos projets et de votre tolérance au blocage de l'épargne. Plutôt que de choisir, combinez intelligemment, et faites-vous accompagner pour calibrer la répartition idéale.
À lire également :
Sources : Direction Générale des Finances Publiques (barème IR et plafonds PER), France Assureurs (encours assurance vie), loi PACTE n.2019-486 du 22 mai 2019, Code Général des Impôts (articles 163 quatervicies, 990 I, 757 B), ACPR (données de marché assurance vie et PER)
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