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title: "Produits Structurés : Le Guide Complet pour Investir"
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publishedAt: "2026-02-21T22:43:00.072Z"
updatedAt: "2026-04-17T02:14:28.685Z"
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# Produits Structurés : Le Guide Complet pour Investir

> Avec un rendement médian de 6,5% brut et un marché atteignant 60 milliards d'euros de collecte estimée en 2025, les produits structurés occupent une place croissante dans les allocations patrimoniales. Autocall, Phoenix, capital garanti : découvrez le fonctionnement, les risques et les stratégies pour en tirer parti.

## Qu'est-ce qu'un produit structuré ?

**Un produit structuré est un instrument financier sur mesure** qui combine une composante obligataire (la protection du capital) et une composante optionnelle (le moteur de rendement). Concrètement, lorsqu'un investisseur place 10 000 € dans un produit structuré, l'émetteur, généralement une grande banque comme BNP Paribas, Société Générale ou Natixis, décompose cette somme en deux parties. La première partie finance une obligation zéro coupon qui, grâce aux intérêts composés, vaudra exactement 10 000 € à l'échéance. La seconde partie sert à acheter des options sur un indice boursier ou un panier d'actions, créant ainsi le potentiel de gain.

Ce mécanisme permet de proposer des profils de rendement que ni les actions ni les obligations ne peuvent offrir seules. Le marché français a connu une croissance exceptionnelle : la collecte brute est passée de **23,2 milliards d'euros en 2021 à 41,8 milliards d'euros en 2023**, soit une hausse de 80% en deux ans (source : cartographie AMF et ACPR, avril 2025). Les estimations pour 2025 dépassent **60 milliards d'euros** selon les données de marché SRP. Cette dynamique est portée à **80% par l'assurance vie**, canal de distribution dominant.

Pour l'investisseur, cette combinaison obligataire et optionnelle offre un avantage structurant : **la lisibilité des scénarios**. Dès la souscription, vous savez exactement quel rendement vous percevrez si les conditions sont remplies, quel est le seuil de protection de votre capital et quelle est la durée maximale de votre investissement. Cette transparence contractuelle distingue fondamentalement le produit structuré d'un fonds d'investissement classique, dont la performance dépend des décisions du gérant.

France Épargne accompagne ses clients dans la sélection et le suivi des produits structurés, en s'appuyant sur une architecture ouverte qui permet de comparer les offres de plusieurs émetteurs bancaires et de retenir les structurations les plus compétitives du marché.

### Comment fonctionne un produit structuré en pratique ?

Chaque produit structuré repose sur quatre paramètres fondamentaux définis à l'émission :

1. **Le sous-jacent** : l'actif de référence dont l'évolution détermine le rendement. Il peut s'agir d'un indice boursier (Euro Stoxx 50, CAC 40, SBF Top 80), d'une action individuelle, d'un panier d'actions ou d'un taux d'intérêt.

2. **La maturité** : la durée maximale du produit, généralement comprise entre 5 et 12 ans. La durée de vie effective est souvent plus courte grâce aux mécanismes de remboursement anticipé.

3. **Le coupon** : le rendement annuel versé ou capitalisé si les conditions sont réunies, typiquement entre 5% et 12% brut selon le profil de risque.

4. **La barrière de protection** : le seuil en dessous duquel le capital n'est plus protégé. Elle se situe généralement entre 50% et 70% du niveau initial de l'actif de référence.

À chaque date d'observation (trimestrielle, semestrielle ou annuelle), le produit vérifie si l'indice de référence respecte les conditions de rappel anticipé. Lorsque l'indice clôture au-dessus de son niveau initial, le produit est remboursé par anticipation avec le coupon associé. Ce mécanisme se répète jusqu'à la maturité du produit.

### Un exemple chiffré pour comprendre

Prenons un autocall indexé sur l'Euro Stoxx 50, avec un coupon annuel de 8%, une barrière de protection à 50% et une maturité de 10 ans. L'Euro Stoxx 50 est à 5 000 points au moment de la souscription.

- **Scénario favorable** : au bout d'un an, l'Euro Stoxx 50 est à 5 200 points (au-dessus du niveau initial). Le produit est rappelé : l'investisseur récupère 108% de son capital (100% + 8% de coupon).
- **Scénario intermédiaire** : l'indice oscille entre 3 500 et 4 800 points pendant 4 ans, sans jamais repasser au-dessus de 5 000. La cinquième année, il clôture à 5 100 points. Le produit est rappelé avec 140% du capital (100% + 5 x 8% grâce à l'effet mémoire).
- **Scénario défavorable** : à l'échéance de 10 ans, l'Euro Stoxx 50 est à 2 300 points (baisse de 54%). La barrière de 50% (2 500 points) est franchie : l'investisseur ne récupère que 46% de son capital.

## Panorama des principaux types de produits structurés

| Type | Mécanisme | Versement des coupons | Rappel anticipé | Protection du capital | Profil type |
| --- | --- | --- | --- | --- | --- |
| Autocall classique | Remboursement si sous-jacent supérieur ou égal au niveau initial | À l'échéance ou au rappel | Oui (annuel ou trimestriel) | Barrière 50% à 70% | Investisseur équilibré |
| Phoenix | Coupons conditionnels périodiques + rappel | Périodique (même sans rappel) | Oui | Barrière 50% à 70% | Investisseur recherchant des revenus réguliers |
| Athéna | Coupons mémorisés + rappel | Au rappel (tous coupons cumulés) | Oui (avec effet mémoire) | Barrière 50% à 70% | Investisseur patient à horizon moyen |
| Capital garanti | Protection 100% à l'échéance + participation | À l'échéance | Rare | 100% à l'échéance | Investisseur prudent |
| Credit Linked Note | Indexé sur le risque de crédit d'entités | Coupons fixes périodiques | Non (sauf événement de crédit) | Conditionnelle (absence de défaut) | Investisseur cherchant décorrélation |
| Twin Win | Gain que le sous-jacent monte ou baisse | À l'échéance | Non | Barrière 50% à 60% | Investisseur anticipant une volatilité modérée |

## Les 4 grandes familles de produits structurés

### 1. Les produits autocall : le mécanisme le plus courant

L'autocall (abréviation de «automatically callable») représente la grande majorité des produits structurés commercialisés en France. Son principe est simple : à chaque date d'observation, si l'indice de référence clôture au-dessus de son niveau initial (ou d'un seuil de rappel dégressif), le produit est automatiquement remboursé avec le coupon associé. Un produit autocall offrant 8% par an sur l'Euro Stoxx 50, rappelé au bout de 2 ans, verse 116% du capital initial (100% + 2 x 8%).

La durée de vie moyenne effective d'un autocall se situe autour de **2 à 3 ans** sur les produits commercialisés en France entre 2021 et 2023 (source : cartographie AMF et ACPR 2025), bien en deçà de leur maturité contractuelle de 8 à 12 ans. Cette durée courte est favorable à l'investisseur : le capital est mobilisé moins longtemps que prévu et le rendement annualisé est identique au coupon contractuel.

Certains autocall intègrent un **mécanisme de rappel dégressif** : le seuil de rappel diminue de quelques points chaque année (par exemple, 100% la première année, 95% la deuxième, 90% la troisième). Cette dégressivité augmente la probabilité de rappel anticipé lorsque les marchés stagnent ou corrigent légèrement, ce qui réduit la durée de vie du produit et bénéficie à l'investisseur.

### 2. Les produits Phoenix : des coupons même en marché baissier

Le produit Phoenix se distingue par le versement de **coupons conditionnels périodiques**, indépendamment du mécanisme de rappel. Même si l'indice n'atteint pas le seuil de rappel, l'investisseur perçoit un coupon à chaque observation tant que l'actif de référence reste au-dessus de la barrière de coupon (souvent fixée à 60% ou 70% du niveau initial).

Exemple : un Phoenix sur le CAC 40 avec un coupon trimestriel de 2% (soit 8% annualisé), une barrière de coupon à 60% et une barrière de protection à 50%. Le CAC 40 perd 30% après un an : l'investisseur perçoit quand même ses coupons trimestriels (l'indice reste au-dessus de 60%). Ce mécanisme fait du Phoenix le produit de choix pour les investisseurs recherchant des revenus réguliers, comme les retraités ou les détenteurs de contrats de capitalisation.

La barrière de coupon est distincte de la barrière de protection du capital. Un Phoenix peut avoir une barrière de coupon à 70% (le coupon n'est versé que si l'indice n'a pas perdu plus de 30%) et une barrière de protection à 50% (le capital est restitué si l'indice n'a pas perdu plus de 50% à l'échéance). Cette double barrière offre une granularité supplémentaire dans la gestion du risque.

### 3. Les produits Athéna : l'effet mémoire

L'Athéna est une variante de l'autocall dans laquelle les coupons ne sont pas versés périodiquement mais **capitalisés et versés en bloc au moment du rappel**. Son avantage principal réside dans l'**effet mémoire** : si un coupon ne peut pas être versé à une date d'observation parce que l'indice est trop bas, il est conservé en mémoire et sera intégralement versé dès que les conditions de rappel seront réunies.

Exemple : un Athéna offrant 7% par an, non rappelé les deux premières années car l'indice est en dessous du niveau initial, puis rappelé la troisième année. L'investisseur perçoit 121% de son capital (100% + 3 x 7%), récupérant l'ensemble des coupons mis en mémoire. L'Athéna est particulièrement adapté aux investisseurs patients qui acceptent de ne pas percevoir de revenus intermédiaires en échange d'un potentiel de gain cumulé supérieur.

### 4. Les produits à capital garanti : la sécurité avant tout

Les produits à capital garanti offrent une **protection à 100% du capital investi à l'échéance**, quel que soit le comportement de l'actif de référence (hors défaut de l'émetteur). En contrepartie, le potentiel de rendement est plus modeste et souvent plafonné. À fin 2023, **41% des encours de produits structurés** relevaient d'un SRI entre 1 et 3, traduisant une recherche de solutions sécurisées, portés par la hausse des taux qui rendait la structuration économiquement viable (source : cartographie AMF et ACPR 2025).

Leur fonctionnement repose sur un mécanisme élémentaire : l'émetteur achète une obligation zéro coupon pour un montant inférieur au capital investi (par exemple, 92 € pour 100 € investis). Les 8 € restants financent l'achat d'options qui génèrent le potentiel de gain. Plus les taux d'intérêt sont élevés, moins l'obligation zéro coupon coûte cher, et plus le budget disponible pour les options est important. Avec la stabilisation des taux de la BCE à 2,00% de taux de dépôt depuis juin 2025, la part de ces produits pourrait évoluer selon les anticipations de politique monétaire.

## Évolution du marché français des produits structurés

_Visualisation interactive disponible sur la page._

## Capital garanti ou capital protégé : une distinction essentielle

La confusion entre **capital garanti** et **capital protégé** est l'une des erreurs les plus fréquentes chez les investisseurs en produits structurés. Ces deux notions recouvrent des réalités très différentes en termes de risque, et cette distinction doit être comprise avant toute souscription.

### Le capital garanti : une protection inconditionnelle

Un produit à **capital garanti** s'engage à restituer 100% du capital investi à l'échéance, indépendamment de l'évolution de l'actif de référence. Si l'indice perd 80%, l'investisseur récupère néanmoins l'intégralité de son capital. La seule limite est le **risque de défaut de l'émetteur** : si la banque émettrice fait faillite, la garantie tombe. C'est pourquoi le choix de l'émetteur et sa notation financière constituent un critère primordial.

À fin 2023, les produits à fort niveau de sécurité (SRI 1 à 3) représentaient **41% des encours** de produits structurés (source : AMF et ACPR 2025), portés par la hausse des taux qui rendait la structuration économiquement viable. Leur rendement typique se situe entre 3% et 5% brut, soit un niveau supérieur au fonds euros (2,65% en moyenne en 2025, source : ACPR) sans prise de risque sur le capital.

### Le capital protégé : une barrière conditionnelle

Un produit à **capital protégé** offre une protection conditionnelle via une **barrière**, typiquement fixée entre 50% et 70% du niveau initial de l'actif de référence. Tant que l'indice ne franchit pas cette barrière, le capital est intégralement restitué. En revanche, si la barrière est franchie, la perte est proportionnelle à la baisse de l'indice.

Exemple concret : un produit avec barrière à 60% sur le CAC 40, niveau initial à 8 000 points. Le CAC 40 termine à 5 000 points (baisse de 37,5%) : le capital est restitué à 100% car le seuil de 4 800 points (60% de 8 000) n'est pas franchi. Le CAC 40 termine à 4 000 points (baisse de 50%) : l'investisseur subit la totalité de la baisse et ne récupère que 50% de son capital.

L'avantage du capital protégé par rapport au capital garanti est un rendement plus élevé. Les produits à capital protégé offrent typiquement des coupons de 6% à 10%, contre 3% à 5% pour les produits à capital garanti. La barrière constitue la «prime de risque» que l'investisseur accepte en échange de ce surplus de rendement.

### Barrière à maturité ou barrière continue : une différence fondamentale

Il existe deux types de barrières dont la distinction a un impact considérable sur le profil de risque du produit :

- **Barrière à maturité** (la plus courante en France) : seul le niveau de l'actif de référence à la date d'échéance finale est pris en compte. Même si l'indice franchit la barrière en cours de vie du produit, cela n'a aucun impact tant que l'indice est remonté à l'échéance. Cette configuration est très protectrice car les marchés connaissent régulièrement des corrections temporaires de 20% à 30% qui se résorbent en quelques trimestres.

- **Barrière continue** (dite «américaine») : la barrière est observée chaque jour pendant toute la durée de vie du produit. Si l'indice franchit la barrière ne serait-ce qu'un seul jour de cotation, la protection est définitivement perdue. Ce type de barrière est plus risqué mais offre généralement un coupon supérieur de 1 à 2 points.

Sur le marché français, la **barrière à maturité est largement dominante**, ce qui constitue un avantage pour les investisseurs. Lors de la correction de mars 2020 (Covid), le CAC 40 a perdu 40% en quelques semaines avant de rebondir : les détenteurs de produits avec barrière à maturité n'ont subi aucune conséquence, tandis que ceux avec barrière continue ont potentiellement vu leur protection disparaître. France Épargne privilégie systématiquement les produits avec barrière à maturité pour ses clients.

![Schéma du fonctionnement d'un produit structuré autocall avec barrière de protection](https://res.cloudinary.com/dhsaq1mm8/image/upload/v1776388941/franceepargne/products/produits-structures/produits-structures-autocall.jpg)

_Mécanisme d'un produit structuré autocall : à chaque date d'observation, lorsque l'indice dépasse le seuil de rappel, le produit est remboursé avec le coupon cumulé. La barrière de protection protège le capital à l'échéance._

## Comparatif des enveloppes pour investir en produits structurés

### Assurance vie (80% du marché)

- Canal dominant : 80% des produits structurés sont commercialisés via l'assurance vie (source : AMF et ACPR 2025)
- Fiscalité avantageuse : capitalisation sans imposition, abattement de 4 600 € après 8 ans pour un célibataire
- Pas de fiscalité sur les coupons tant qu'il n'y a pas de rachat
- Transmission hors succession avec abattement de 152 500 € par bénéficiaire
- Frais de gestion sur UC : 0,50% à 0,75% par an (en sus des frais du produit)
- Accessibilité : souscription dès quelques centaines d'euros sur les contrats en ligne

### Compte titres ordinaire (CTO)

- 20% du marché, en offre au public ou placement privé
- Fiscalité au PFU de 30% (12,8% IR + 17,2% prélèvements sociaux) sur les gains réalisés
- Imposition des coupons à chaque versement, pas de capitalisation en franchise d'impôt
- Pas de frais de gestion annuels liés à l'enveloppe
- Ticket d'entrée plus élevé en placement privé (50 000 à 300 000 €)
- Souplesse : revente possible sur le marché secondaire avant l'échéance

### PER (Plan Épargne Retraite)

- Déduction fiscale des versements à l'entrée (TMI x montant versé)
- Imposition à la sortie sur le capital versé (IR) et les gains (PFU 30%)
- Même fonctionnement que l'assurance vie pour les unités de compte
- Liquidité limitée : fonds bloqués jusqu'à la retraite (sauf cas de déblocage anticipé)
- Idéal pour les contribuables à TMI élevée (30% ou 41%)
- Offre de produits structurés plus restreinte que l'assurance vie

## Rendements observés : ce que rapportent réellement les produits structurés

### Un rendement médian de 6,5% brut confirmé par les autorités

La cartographie conjointe de l'AMF et de l'ACPR, publiée en avril 2025, établit un bilan officiel des performances : **le rendement annuel médian brut des produits structurés remboursés entre 2021 et 2023 s'échelonne entre 6% et 7%**, avec une médiane à **6,5%** (hors impact des frais de distribution et de la fiscalité). Ce chiffre positionne les produits structurés parmi les classes d'actifs les plus rémunératrices de cette période.

Fait remarquable : **moins de 1% des produits remboursés sur la période 2021 à 2023 ont entraîné une perte en capital** pour l'investisseur. Ce taux de perte extrêmement faible s'explique par la combinaison de marchés actions globalement haussiers et de barrières de protection calibrées pour absorber les corrections de marché.

Pour mettre ces chiffres en perspective : sur la même période, le fonds euros a servi en moyenne 1,3% à 2,60% par an. En 2025, le rendement moyen des fonds euros s'établit à **2,65%** (source : ACPR 2026), nettement supérieur au Livret A abaissé à 1,50% début 2026. Le CAC 40 a progressé de 12% par an en moyenne sur 2021 à 2023 (dividendes réinvestis). Le produit structuré offre donc un rendement intermédiaire entre le fonds euros et les actions en direct, avec un profil de risque mieux encadré que l'investissement boursier direct.

### L'impact des frais sur le rendement net

Le rendement brut de 6,5% ne correspond pas au rendement effectivement perçu par l'investisseur. Plusieurs couches de frais viennent le réduire, et la transparence sur ces frais est un enjeu majeur pour le marché.

**Les frais de structuration** (intégrés au prix d'émission) : ils représentent la marge de l'émetteur, typiquement 1% à 3% du montant investi, répartis sur la durée de vie du produit. En pratique, l'émetteur se couvre sur les marchés en achetant les obligations et les options nécessaires, et sa marge correspond à la différence entre le prix payé par l'investisseur et le coût réel de la couverture.

**La rétrocession au distributeur** : le courtier ou le CGP qui commercialise le produit perçoit une commission, généralement de 1% à 3% du montant souscrit. Depuis février 2026, l'AMF exige que sept informations clés soient obligatoirement communiquées dans les documents commerciaux, dont la nature et le montant des frais.

**Les frais de gestion sur UC** (en assurance vie) : de 0,50% à 0,75% par an selon le contrat, prélevés annuellement sur la valeur du support. Sur un produit conservé 3 ans, ces frais représentent 1,5% à 2,25% du capital initial.

Au total, le rendement net (après frais et fiscalité) d'un produit structuré investi en assurance vie se situe typiquement entre **3,5% et 5,5% par an** pour les produits autocall classiques remboursés entre 2021 et 2023. Ce rendement net reste supérieur à celui du fonds euros et comparable aux meilleures SCPI, tout en offrant un profil de risque différent.

### Les indices à décrément : un sujet de vigilance en recul

L'AMF et l'ACPR ont identifié un point de vigilance important : **les indices à décrément représentaient encore environ un tiers des produits** en 2023, mais leur part est en décroissance sensible depuis 2021 (source : cartographie AMF et ACPR, avril 2025). Un indice à décrément (comme le SBF Top 80 EW Decrement 50 points) est un indice synthétique dont la performance est amputée d'un dividende fixe (50 points par an), indépendamment des dividendes réels distribués par les entreprises composant l'indice.

Ce mécanisme réduit la probabilité d'atteindre le seuil de rappel et allonge la durée de vie du produit lorsque les dividendes réels sont supérieurs au décrément fixe (ce qui est souvent le cas pour les actions françaises, avec un rendement de dividende moyen de 3% à 4%). La tendance est à la **réduction progressive de l'utilisation des indices à décrément**, sous la pression réglementaire et concurrentielle. France Épargne recommande de privilégier les produits indexés sur des indices classiques (Euro Stoxx 50, CAC 40) ou de vérifier que le décrément est inférieur au rendement de dividende historique de l'indice.

## 6 atouts des produits structurés dans une allocation patrimoniale

- **Rendement attractif en environnement incertain** — Avec un rendement médian de 6,5% brut sur la période 2021 à 2023 (source : AMF et ACPR 2025), les produits structurés offrent un couple rendement/risque compétitif, entre le fonds euros (2,65% en 2025, source ACPR) et les actions en direct, plus volatiles.
- **Protection conditionnelle ou totale du capital** — Les barrières de protection à maturité absorbent les corrections de marché : un produit avec barrière à 50% tolère une chute de moitié du sous-jacent sans perte en capital. Les produits à capital garanti offrent une restitution à 100% (hors défaut de l'émetteur).
- **Coupons prédéfinis et scénarios connus à l'avance** — Contrairement aux actions, le rendement cible est fixé dès l'émission. L'investisseur connaît précisément les scénarios possibles : montant du coupon, conditions de rappel, niveau de la barrière et durée maximale. Cette lisibilité facilite la planification patrimoniale.
- **Diversification et décorrélation** — Les produits structurés peuvent être indexés sur des classes d'actifs variées : indices actions, taux d'intérêt, crédit investment grade, matières premières. Les Credit Linked Notes offrent une décorrélation des marchés actions tout en captant des rendements de 4% à 5% par an.
- **Optimisation fiscale en assurance vie** — Logés en assurance vie, les produits structurés bénéficient de la capitalisation sans imposition, de l'abattement de 4 600 € après 8 ans et de la transmission hors succession. Les coupons ne sont imposés qu'au moment du rachat, pas à chaque versement.
- **Adaptabilité à tous les contextes de marché** — Marchés haussiers, latéraux ou modérément baissiers : les produits structurés génèrent du rendement dans la majorité des configurations. Seule une chute violente et durable du sous-jacent en dessous de la barrière entraîne une perte en capital.

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## Les risques des produits structurés : ce qu'il faut savoir

Tout investissement comporte des risques, et les produits structurés ne font pas exception. Comprendre ces risques avant de souscrire est indispensable pour calibrer correctement la part allouée à cette classe d'actifs dans votre portefeuille.

### 1. Le risque de perte en capital

C'est le risque principal. Lorsque l'actif de référence franchit la barrière de protection à l'échéance (pour une barrière à maturité) ou à tout moment (pour une barrière continue), l'investisseur subit une perte proportionnelle à la baisse. Sur un produit avec barrière à 50%, une chute de l'indice de 60% entraîne une perte de 60% du capital. Les données de l'AMF et de l'ACPR sont néanmoins rassurantes : **moins de 1% des produits remboursés entre 2021 et 2023** ont entraîné une perte en capital (source : cartographie AMF et ACPR, avril 2025).

Pour limiter ce risque, France Épargne recommande de privilégier les produits avec barrière à 50% sur des indices diversifiés (Euro Stoxx 50, CAC 40) plutôt que sur des actions individuelles. Un indice composé de 40 à 80 valeurs a statistiquement moins de chances de perdre 50% qu'une action isolée.

### 2. Le risque de défaut de l'émetteur

Le produit structuré est un **titre de créance** : l'investisseur prête de l'argent à la banque émettrice. Si celle-ci fait faillite, le capital n'est plus garanti, quelle que soit la performance de l'actif de référence. Ce risque est comparable à celui d'une obligation d'entreprise. En pratique, les principaux émetteurs français (BNP Paribas, Société Générale, Natixis) disposent de notations financières solides (A+ à AA) et de ratios de solvabilité confortables. Société Générale représente à elle seule environ **30% des montants souscrits** en France (source : données de marché SRP 2025).

### 3. Le risque de liquidité

Les produits structurés ne sont pas cotés sur un marché organisé. La revente avant l'échéance se fait sur le **marché secondaire** auprès de l'émetteur, à un prix qui peut être significativement inférieur à la valeur à l'échéance. La décote de liquidité dépend des conditions de marché, de la durée résiduelle et de la volatilité. En assurance vie, le rachat est possible à la valeur liquidative du support, mais des pénalités indirectes (spread de marché) peuvent s'appliquer. Ne jamais investir dans un produit structuré des fonds dont vous pourriez avoir besoin avant l'échéance.

### 4. Le risque de plafonnement du gain

Pendant la durée de vie du produit (potentiellement 8 à 12 ans si le rappel n'est jamais déclenché), le capital est immobilisé dans un placement dont le rendement est plafonné. Si les marchés progressent de 15% par an, l'investisseur en produit structuré autocall à 8% ne capte que 8%. Ce plafonnement du gain est la contrepartie de la protection du capital. Sur un cycle boursier fortement haussier, un investissement direct en ETF sera plus performant. Les produits structurés sont conçus pour les marchés latéraux ou modérément haussiers.

### 5. Le risque d'opacité des frais

Les frais de structuration sont intégrés au prix d'émission et peuvent représenter **3% à 7,5% du montant investi** selon les produits (source : données AMF 2025). Depuis février 2026, l'AMF exige la communication de sept informations clés dans les documents commerciaux, dont la transparence sur les frais. Demandez systématiquement le détail des frais de structuration et des rétrocessions au distributeur avant toute souscription.

## Comment investir dans un produit structuré : la méthode en 5 étapes

1. **Définir son profil d'investisseur et son horizon** — Un investisseur prudent s'orientera vers des produits à capital garanti (rendement de 3% à 5%) ou des autocall avec barrière large (50%) sur des indices diversifiés. Un investisseur dynamique pourra accepter des barrières plus hautes (70%) sur des actions individuelles pour viser des coupons de 8% à 12%. L'horizon doit correspondre à la maturité maximale du produit : si vous avez besoin de vos fonds dans 3 ans, un produit à maturité 10 ans n'est pas adapté.
2. **Choisir l'enveloppe fiscale adaptée** — L'assurance vie est l'enveloppe naturelle pour 80% des investisseurs en produits structurés. Elle offre la capitalisation sans fiscalité intermédiaire, un abattement de 4 600 € après 8 ans et la transmission hors succession. Le PER est pertinent pour les contribuables à TMI de 30% ou plus. Le compte titres reste intéressant pour les gros tickets (accès au marché primaire) ou la souplesse de gestion.
3. **Analyser les paramètres clés du produit** — Trois paramètres déterminent 90% du profil rendement/risque : le sous-jacent (privilégiez les indices diversifiés aux actions individuelles), la barrière de protection (une barrière à 50% offre une marge de sécurité considérable) et le type de barrière (à maturité plutôt que continue). Vérifiez aussi la fréquence d'observation, le mécanisme de rappel et l'éventuel effet mémoire.
4. **Vérifier la qualité de l'émetteur et les frais** — Exigez un émetteur noté A ou plus par les agences de notation. Demandez le détail des frais de structuration et la rétrocession versée au distributeur. En assurance vie, ajoutez les frais de gestion sur UC du contrat (0,50% à 0,75% par an). Un produit affichant 8% brut avec 3% de frais de structuration, 2% de rétrocession et 0,60% de frais UC ne délivre en réalité que 4% à 5% net de frais.
5. **Calibrer la part des produits structurés dans le portefeuille** — Les produits structurés ne doivent pas représenter plus de 20% à 30% d'une allocation patrimoniale diversifiée. Répartissez vos investissements sur plusieurs produits (différents sous-jacents, différentes maturités, différents émetteurs) pour lisser les risques. Une allocation type : 50% fonds euros, 20% ETF, 20% produits structurés, 10% SCPI.

## Fiscalité des produits structurés selon l'enveloppe

| Enveloppe | Imposition des gains | Prélèvements sociaux | Abattements | Taux global effectif |
| --- | --- | --- | --- | --- |
| Assurance vie inférieure à 8 ans | 12,8% (PFU) ou barème IR | 17,2% | Aucun | 30% sur les gains |
| Assurance vie supérieure à 8 ans (moins de 150 000 €) | 7,5% (PFU réduit) | 17,2% | 4 600 € (célibataire) et 9 200 € (couple) | 24,7% au-delà de l'abattement |
| Assurance vie supérieure à 8 ans (plus de 150 000 €) | 12,8% (PFU) | 17,2% | 4 600 € et 9 200 € | 30% au-delà de l'abattement |
| Compte titres (CTO) | 12,8% (PFU) ou barème IR | 17,2% | Aucun | 30% sur chaque coupon et gain |
| PER (à la sortie) | Barème IR sur le capital versé, PFU sur les gains | 17,2% sur les gains | Aucun à la sortie | Variable selon TMI (30% à 45% et plus) |

![Graphique de l'évolution du marché des produits structurés en France de 2021 à 2025](https://res.cloudinary.com/dhsaq1mm8/image/upload/v1776388950/franceepargne/products/produits-structures/produits-structures-marche.jpg)

_Le marché français des produits structurés a été multiplié par 2,6 entre 2021 et 2025, passant de 23 milliards à environ 60 milliards d'euros de collecte annuelle estimée. Sources : cartographie AMF et ACPR (avril 2025), SRP._

## Perspectives actuelles : dans quels produits structurés investir ?

### Un environnement de taux stabilisé propice à la structuration

Le contexte macroéconomique en 2026 offre des conditions favorables aux produits structurés. La BCE maintient ses taux directeurs stables depuis juin 2025 : taux de dépôt à **2,00%**, taux de refinancement à **2,15%** (source : BCE, décision du 19 mars 2026). Ce niveau de taux, combiné à une volatilité structurellement élevée liée aux tensions géopolitiques et aux incertitudes sur les politiques commerciales mondiales, crée des conditions propices à la structuration de produits attractifs. La volatilité est l'alliée des produits structurés : plus elle est élevée, plus les options intégrées au produit permettent à l'émetteur d'offrir des coupons généreux pour un même niveau de protection.

Les analystes de marché anticipent une **croissance des bénéfices par action de l'ordre de 10% à 12% en Europe**, portée par le plan d'infrastructure allemand, un coût de l'énergie modéré et des valorisations raisonnables (P/E de 14 à 15x, la plus faible des grandes zones géographiques). Ce potentiel de hausse modérée est précisément le scénario dans lequel les produits structurés délivrent leur meilleure performance : l'indice monte suffisamment pour déclencher le rappel, mais pas assez pour que l'investissement direct en ETF soit nettement plus rentable.

### Trois axes d'investissement structurés pour 2026

**1. Indices diversifiés européens** : les produits autocall ou Phoenix sur l'Euro Stoxx 50, le SBF Top 80 ou des indices sectoriels (énergie, valeurs financières, défense) offrent un bon équilibre entre coupons attractifs (6% à 9%) et barrières de protection confortables (50% à 60%). L'Europe bénéficie d'un rattrapage de valorisation par rapport aux marchés américains, ce qui favorise les scénarios de rappel anticipé à court terme.

**2. Produits de taux à garantie du capital** : les formats indexés sur les taux d'intérêt permettent de capter un coupon garanti tant que les taux restent dans une fourchette définie. Ces produits offrent une protection à 100% du capital et sont adaptés aux profils prudents qui souhaitent sortir du fonds euros sans prendre de risque sur le capital.

**3. Credit Linked Notes investment grade** : indexés sur le risque de crédit d'entreprises de qualité, ces produits offrent une **décorrélation des marchés actions** et des rendements de 4% à 5% par an sur des maturités de 3 à 5 ans. L'investisseur perçoit un coupon régulier tant qu'aucune des entités de référence ne fait défaut, ce qui reste statistiquement très rare pour les entreprises investment grade (taux de défaut annuel inférieur à 0,1%).

### Le cadre réglementaire se renforce en faveur des investisseurs

En février 2026, l'AMF a imposé sept exigences d'information obligatoires dans les documents commerciaux, couvrant le risque de défaut de l'émetteur, les conditions de sortie anticipée, la nature de l'actif de référence et le détail des frais. La directive européenne «Value for Money», pilotée par l'EIOPA, pourrait étendre ses référentiels aux produits structurés commercialisés en assurance vie, renforçant la transparence sur les frais et la valeur ajoutée pour l'épargnant.

Cette évolution profite à l'investisseur : elle pousse les émetteurs et les distributeurs à comprimer leurs marges et à améliorer la qualité des produits. Les frais de structuration tendent à baisser sous la pression concurrentielle et réglementaire, ce qui améliore mécaniquement le rendement net pour le souscripteur. France Épargne suit attentivement ces évolutions et adapte ses recommandations en conséquence.

![Répartition des types de produits structurés commercialisés en France en 2025](https://res.cloudinary.com/dhsaq1mm8/image/upload/v1776388961/franceepargne/products/produits-structures/produits-structures-types.jpg)

_Les produits autocall dominent le marché français. À fin 2023, 41% des encours relevaient d'un SRI entre 1 et 3, traduisant une demande pour des solutions sécurisées. La part des indices à décrément est en décroissance sensible depuis 2021. Source : cartographie AMF et ACPR 2025._

> Les produits structurés ne sont ni un miracle ni un piège. Ce sont des instruments financiers dont l'efficacité dépend de trois facteurs : le calibrage des paramètres (sous-jacent, barrière, coupon), la transparence des frais et l'adéquation avec le profil de l'investisseur. Avec un rendement médian de 6,5% brut et moins de 1% de perte en capital sur la période 2021 à 2023, les produits structurés ont prouvé leur pertinence dans une allocation diversifiée. La clé est de comprendre ce que l'on achète et d'exiger la transparence totale sur les frais.
>
> — _France Épargne, Analyse du marché des produits structurés_

## Produits structurés et stratégie patrimoniale : quelle place dans votre allocation ?

### Un rôle de complément tactique, pas de pilier central

**Les produits structurés occupent une position intermédiaire dans la pyramide patrimoniale**, entre le fonds euros (sécurité totale, rendement modeste) et les actions en direct (rendement potentiellement élevé, volatilité forte). Leur force réside dans la capacité à générer du rendement dans des marchés latéraux ou modérément baissiers, là où les actions peinent et où le fonds euros plafonne.

Dans une allocation type, les produits structurés représentent idéalement **15% à 25% du patrimoine financier** pour un investisseur équilibré. Cette proportion permet de capter le surplus de rendement (3 à 4 points au-dessus du fonds euros) sans concentrer un risque excessif sur un seul type d'instrument. Au-delà de 30%, la concentration sur cette classe d'actifs expose le portefeuille à un risque systémique en cas de correction profonde des marchés.

### Trois profils d'allocation intégrant les produits structurés

**Profil prudent** (horizon inférieur à 5 ans, faible tolérance au risque) : 65% fonds euros, 15% produits structurés à capital garanti (3% à 5%), 10% ETF obligataires, 10% SCPI. Les produits structurés à capital garanti jouent ici un rôle de complément de rendement sans risque additionnel significatif. Ils permettent de dépasser le rendement du fonds euros de 1 à 2 points tout en maintenant la garantie intégrale du capital à l'échéance.

**Profil équilibré** (horizon de 8 à 15 ans, tolérance modérée) : 40% fonds euros, 25% produits structurés autocall avec barrière à 50% (6% à 9%), 20% ETF actions diversifiés, 15% SCPI. Les produits structurés apportent un rendement supérieur au fonds euros avec une protection significative du capital. La barrière à 50% offre une marge confortable : historiquement, les grands indices européens n'ont perdu plus de 50% que lors de crises majeures (2008, 2020), et ils ont systématiquement rebondi dans les 2 à 3 ans suivants.

**Profil dynamique** (horizon supérieur à 15 ans, bonne tolérance au risque) : 20% fonds euros, 20% produits structurés (mix autocall et Phoenix), 40% ETF actions, 10% SCPI, 10% private equity. Les produits structurés servent de stabilisateur partiel, générant du rendement même dans les phases de consolidation des marchés. Le mix autocall (capitalisation) et Phoenix (revenus réguliers) offre une flexibilité appréciable pour adapter la stratégie au fil du temps.

### La complémentarité avec les autres classes d'actifs

Les produits structurés sont particulièrement efficaces en combinaison avec un portefeuille d'ETF. Lorsque les marchés montent fortement, les ETF captent la totalité de la hausse tandis que les produits structurés sont rappelés rapidement avec leur coupon. Lorsque les marchés stagnent ou corrigent modérément, les produits structurés continuent de verser des coupons (notamment les Phoenix) tandis que les ETF sous-performent. Cette complémentarité naturelle réduit la volatilité globale du portefeuille et améliore le ratio rendement/risque sur le long terme.

France Épargne construit des allocations patrimoniales intégrant les produits structurés comme un outil tactique au sein d'une stratégie globale. Chaque recommandation tient compte de votre situation fiscale, de votre horizon d'investissement et de vos objectifs de rendement. Le suivi des dates d'observation et des conditions de rappel est assuré par nos équipes, qui vous informent à chaque étape de la vie de vos produits.

## Questions fréquentes sur les produits structurés

### Un produit structuré est-il risqué ?

Le niveau de risque dépend du type de produit. Un produit **à capital garanti** ne présente qu'un risque de défaut de l'émetteur (très faible pour les grandes banques notées A+ ou plus). Un produit **à capital protégé** avec barrière de protection présente un risque de perte en capital si le sous-jacent chute en dessous de la barrière à l'échéance. Les données de l'AMF et de l'ACPR montrent que **moins de 1% des produits remboursés entre 2021 et 2023** ont entraîné une perte en capital (source : cartographie AMF et ACPR, avril 2025). Le risque est mesurable et historiquement contenu, mais il n'est pas nul.

### Quelle est la différence entre un produit structuré et un fonds euros ?

Le **fonds euros** offre une garantie du capital permanente avec un rendement modeste (2,65% en moyenne en 2025, source ACPR). Le **produit structuré** offre un rendement potentiellement supérieur (médiane de 6,5% brut) mais avec une protection conditionnelle ou limitée du capital. Le fonds euros est liquide à tout moment, tandis que le produit structuré est conçu pour être conservé jusqu'au rappel ou à l'échéance. Les deux supports sont complémentaires dans une allocation : le fonds euros pour la sécurité, le produit structuré pour le rendement.

### Peut-on perdre plus que son investissement initial ?

Non. La perte maximale sur un produit structuré est limitée à **100% du capital investi** (si le sous-jacent tombe à zéro, ce qui est théorique pour un indice boursier diversifié). En pratique, les barrières de protection limitent l'exposition : avec une barrière à 50%, la perte ne survient que si le sous-jacent perd plus de 50% à l'échéance, et la perte est alors proportionnelle à la baisse. Il n'y a pas d'effet de levier : l'investisseur ne peut jamais perdre plus que sa mise initiale.

### Combien rapporte un produit structuré ?

Le rendement dépend du type de produit et des conditions de marché. Sur la période 2021 à 2023, le rendement annuel médian brut s'établit à **6,5%** (source : AMF et ACPR 2025). Les produits à capital garanti offrent typiquement 3% à 5% brut. Les autocall classiques visent 6% à 10%. Les produits sur actions individuelles peuvent proposer des coupons de 10% à 15%, mais avec un risque plus élevé. Après frais (structuration, distribution, gestion UC), le rendement net se situe généralement entre **3,5% et 5,5%** en assurance vie.

### Quelle est la durée d'un produit structuré ?

La **maturité contractuelle** est généralement de 5 à 12 ans. Cependant, la durée de vie effective est souvent plus courte grâce aux mécanismes de rappel automatique (autocall). Sur le marché français, la durée de vie moyenne effective des produits autocall se situe autour de **2 à 3 ans** (source : AMF et ACPR 2025). Un produit peut être rappelé dès la première date d'observation (parfois dès 6 mois) si les conditions sont réunies.

### Comment sont imposés les coupons d'un produit structuré ?

La fiscalité dépend de l'enveloppe. En **assurance vie**, les coupons ne sont pas imposés tant que vous ne faites pas de rachat : ils se capitalisent en franchise d'impôt. Au moment du rachat, les gains sont soumis au PFU de 30% (ou 24,7% après 8 ans avec abattement de 4 600 €). En **compte titres**, chaque coupon est imposé au PFU de 30% (12,8% IR + 17,2% prélèvements sociaux) l'année de son versement. L'assurance vie est donc nettement plus avantageuse pour les produits versant des coupons réguliers.

### Que se passe-t-il si la banque émettrice fait faillite ?

Le produit structuré est un **titre de créance** émis par une banque. En cas de faillite de l'émetteur, l'investisseur devient un créancier chirographaire et risque de perdre tout ou partie de son capital, même sur un produit à capital garanti. C'est pourquoi il est indispensable de choisir des émetteurs de premier rang (BNP Paribas, Société Générale, Natixis) disposant de notations financières solides (A+ minimum) et de ratios de solvabilité confortables. La diversification entre plusieurs émetteurs est également recommandée.

### Peut-on revendre un produit structuré avant l'échéance ?

Oui, mais à des conditions variables. En **assurance vie**, un rachat partiel est possible à tout moment, valorisé à la valeur liquidative du support (calculée par l'assureur selon les conditions de marché). En **compte titres**, la revente se fait sur le marché secondaire auprès de l'émetteur, avec un spread (écart achat/vente) qui peut être significatif, surtout en période de stress de marché. La revente anticipée peut entraîner une perte, même si le sous-jacent n'a pas franchi la barrière, en raison de la valeur temps des options intégrées au produit.

### Qu'est-ce qu'un indice à décrément et faut-il s'en méfier ?

Un **indice à décrément** (comme le SBF Top 80 EW Decrement 50 points) est un indice synthétique dont la performance est réduite d'un montant fixe chaque année (50 points pour le SBF Top 80 EWD 50), indépendamment des dividendes réels. Lorsque les dividendes réels sont supérieurs au décrément fixe, l'indice à décrément progresse moins vite que l'indice classique, ce qui réduit la probabilité de rappel anticipé. Les indices à décrément représentaient encore **environ un tiers des produits** en 2023, mais leur part est en décroissance sensible depuis 2021 (source : AMF et ACPR 2025). Privilégiez les produits indexés sur des indices classiques (Euro Stoxx 50, CAC 40) ou vérifiez que le décrément est inférieur au rendement de dividende historique.

### À partir de quel montant peut-on investir dans un produit structuré ?

En **assurance vie**, le ticket d'entrée est très accessible : il suffit généralement de quelques centaines d'euros pour investir dans un produit structuré proposé comme unité de compte. Les contrats en ligne permettent de souscrire à des produits structurés dès 500 €. En **placement privé** (banque privée ou CGP), les tickets d'entrée sont plus élevés : de 50 000 € à 300 000 € par produit, mais les conditions sont souvent plus avantageuses (frais réduits, structurations sur mesure).

### Comment choisir entre un produit autocall et un produit Phoenix ?

Le choix dépend de votre besoin de revenus. Le **produit autocall** capitalise les coupons et les verse en bloc au moment du rappel : il est adapté si vous n'avez pas besoin de revenus réguliers et souhaitez maximiser le rendement total. Le **produit Phoenix** verse des coupons périodiques (trimestriels ou semestriels) même sans rappel, tant que le sous-jacent reste au-dessus de la barrière de coupon : il convient aux investisseurs recherchant des revenus réguliers. Le coupon unitaire du Phoenix est généralement légèrement inférieur à celui de l'autocall, car la distribution périodique a un coût pour l'émetteur.

### Les produits structurés sont-ils adaptés à la retraite ?

Oui, sous certaines conditions. En **phase de constitution** (loin de la retraite), les produits autocall avec barrière de protection permettent de dynamiser l'épargne retraite tout en limitant le risque. Logés dans un PER, les versements sont déductibles du revenu imposable. En **phase de décumulation** (à la retraite), les produits Phoenix avec coupons trimestriels peuvent compléter les revenus, à condition de bien calibrer l'horizon (maturité courte de 3 à 5 ans) et la protection (barrière large de 50%). Limitez l'exposition aux produits structurés à 15% à 20% de l'épargne retraite totale.

### Quelle différence entre produit structuré et OPCVM ?

Un **OPCVM** est un fonds géré par une société de gestion qui investit dans un portefeuille diversifié d'actifs, sans échéance fixe ni garantie de rendement. Un **produit structuré** est un titre de créance émis par une banque, avec une formule de remboursement prédéfinie, une échéance fixe et des conditions connues à l'avance. L'OPCVM offre la liquidité et la diversification, le produit structuré offre la prévisibilité et la protection conditionnelle du capital. Dans une allocation, ils jouent des rôles complémentaires.

### Qu'est-ce que l'effet mémoire dans un produit structuré ?

L'**effet mémoire** est un mécanisme présent dans les produits Athéna et certains produits Phoenix. Si un coupon ne peut pas être versé à une date d'observation parce que le sous-jacent est en dessous du seuil requis, ce coupon est mis en mémoire. Dès que les conditions sont réunies à une date d'observation ultérieure, tous les coupons en mémoire sont versés en une seule fois avec le coupon de la période courante. Exemple : un Athéna à 7% par an, non rappelé les deux premières années, rappelé la troisième année : l'investisseur perçoit 121% de son capital (100% + 3 x 7%).

### Les produits structurés sont-ils éligibles au PEA ?

Certains produits structurés sont éligibles au **PEA** (Plan d'Épargne en Actions), à condition que le titre soit émis sous une forme compatible et que le sous-jacent soit composé d'au moins 75% d'actions européennes. En pratique, l'offre de produits structurés éligibles au PEA est limitée et les conditions sont souvent moins avantageuses que dans un contrat d'assurance vie. L'assurance vie reste l'enveloppe de référence pour les produits structurés.

### Comment l'AMF protège-t-elle les investisseurs en produits structurés ?

L'AMF et l'ACPR exercent une **supervision conjointe** du marché des produits structurés. Depuis février 2026, l'AMF impose sept exigences d'information obligatoires dans les documents commerciaux : le risque de défaut de l'émetteur, les conditions de sortie anticipée, la nature du sous-jacent, les frais, et la différence entre capital garanti et capital protégé. La cartographie annuelle publiée par le Pôle commun AMF et ACPR analyse les pratiques de commercialisation. Environ la moitié des produits excluent le grand public de leur marché cible, et 8% sont réservés à une clientèle avancée.

### Quels sont les frais réels d'un produit structuré ?

Les frais s'accumulent sur plusieurs niveaux. Les **frais de structuration** (marge de l'émetteur) représentent 1% à 3% du capital, intégrés au prix d'émission. La **rétrocession au distributeur** (courtier ou CGP) s'élève à 1% à 3% supplémentaires. En assurance vie, les **frais de gestion sur UC** ajoutent 0,50% à 0,75% par an. Au total, les frais peuvent atteindre 3% à 7,5% du montant investi (source : AMF 2025). Sur un produit autocall rappelé au bout de 2 ans, ces frais réduisent le rendement brut de 8% à un rendement net d'environ 4% à 5%. Exigez toujours le détail des frais avant de souscrire.

### Comment diversifier efficacement ses investissements en produits structurés ?

La diversification s'opère sur quatre axes. **Par sous-jacent** : répartissez entre indices diversifiés (Euro Stoxx 50, S&P 500), indices sectoriels et éventuellement quelques actions individuelles. **Par maturité** : combinez des produits à échéance courte (2 à 4 ans) et longue (6 à 10 ans). **Par émetteur** : ne concentrez pas plus de 30% de vos produits structurés chez un seul émetteur (Société Générale représente seule 30% du marché français). **Par type** : mêlez autocall, Phoenix et produits à capital garanti selon votre profil. Un portefeuille de 5 à 8 produits structurés différents offre une diversification raisonnable.

### Les produits structurés sont-ils couverts par un fonds de garantie ?

Non. Les produits structurés ne sont **pas couverts par le Fonds de Garantie des Dépôts et de Résolution (FGDR)**, contrairement aux comptes bancaires (100 000 €) et aux titres détenus en compte (70 000 €). En revanche, lorsqu'ils sont logés en assurance vie, le **Fonds de Garantie des Assurances de Personnes (FGAP)** protège l'épargnant à hauteur de 70 000 € par assureur en cas de défaillance de l'assureur (mais pas en cas de défaut de l'émetteur du produit structuré). La meilleure protection reste la diversification entre émetteurs de premier rang.

### Quelle est la différence entre une barrière à maturité et une barrière continue ?

La **barrière à maturité** (dite européenne) n'est observée qu'à la date d'échéance finale du produit. Même si le sous-jacent tombe temporairement en dessous de la barrière en cours de vie, cela n'a aucun impact si le sous-jacent est remonté à l'échéance. La **barrière continue** (dite américaine) est observée chaque jour pendant toute la durée du produit. Si le sous-jacent franchit la barrière ne serait-ce qu'un seul jour, la protection est définitivement perdue. La barrière à maturité est **nettement plus protectrice** et largement dominante sur le marché français.

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