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title: "West Nile : 253 cas équins dans 18 départements, dix fois plus qu'en 2025"
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description: "Le RESPE recense 253 cas équins de fièvre de West Nile au 11 septembre 2026, dix fois plus qu'en 2025. Conséquences sur les contrats d'assurance équine."
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author: "Emmanuel d'Ibelin"
publishedAt: "2026-09-19T09:13:51.893Z"
updatedAt: "2026-09-19T09:13:51.930Z"
readingTimeMinutes: 7
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# West Nile : 253 cas équins dans 18 départements, dix fois plus qu'en 2025

> Le RESPE a recensé 253 cas équins de fièvre de West Nile au 11 septembre 2026, contre 25 sur la même période en 2025. L'épizootie remonte vers le nord pendant la saison de polo et place la valeur des chevaux de sport au centre des contrats.

Le RESPE, réseau français de surveillance épidémiologique en pathologie équine, a publié le 11 septembre 2026 son troisième appel à la vigilance de la saison. Le bilan qu'il porte est le plus lourd jamais enregistré en France pour la fièvre de West Nile chez le cheval : **253 cas équins recensés dans 18 départements**. Le réseau en comptait 93 au 21 août. La courbe a donc presque triplé en trois semaines.

Le détail mensuel publié par le RESPE montre une accélération concentrée sur la fin de l'été. Six cas en juillet, 143 en août, puis 84 pour les onze premiers jours de septembre. Entre le 1er juillet et le 11 septembre 2026, le réseau totalise **233 cas, contre 25 sur la même fenêtre en 2025**, soit un facteur proche de dix. Le RESPE précise que le pic saisonnier ne paraît pas atteint et que les conditions climatiques de l'année ont décalé la période d'activité des moustiques vecteurs.

## Une carte qui remonte vers le nord

La géographie du virus reste dominée par le pourtour méditerranéen. Les Bouches du Rhône concentrent 65 cas, devant les Pyrénées Orientales (40), l'Aude (29), le Gard (21), les Hautes Pyrénées (19), l'Hérault (18) et le Vaucluse (14). L'Occitanie et la région Provence Alpes Côte d'Azur portent l'essentiel du bilan.

Le fait nouveau de la saison tient ailleurs. Depuis le point du 22 août, neuf départements sont entrés dans la liste : Haut Rhin, Essonne, Loire Atlantique, Val d'Oise, Ille et Vilaine, Ariège, Drôme, Gers et Dordogne. Le virus circule désormais loin de son foyer historique, en Bretagne, en Alsace et en couronne parisienne. L'Association vétérinaire équine française (AVEF) qualifiait déjà le virus, dans une note du 31 mars 2026, de menace devenue nationale.

## Ce que la maladie fait au cheval

La fièvre de West Nile est transmise par les moustiques du genre Culex, à partir d'un réservoir aviaire. Le cheval est une impasse épidémiologique : il ne recontamine ni ses congénères ni l'homme, comme le rappelle le RESPE, parce que sa charge virale reste trop faible pour réinfecter un moustique piqueur.

La majorité des infections passent inaperçues. Environ 80 % des chevaux infectés ne présentent aucun signe clinique. Une fraction développe une forme fébrile, et l'AVEF situe entre 1 et 10 % des infections l'apparition de signes d'encéphalomyélite. C'est cette minorité qui pèse. **Chez les chevaux développant une forme grave, le taux de mortalité varie entre 30 et 50 % selon la souche virale**, indique l'association vétérinaire. Le RESPE souligne que les chevaux positifs identifiés ces dernières semaines présentaient majoritairement des formes nerveuses.

## Un danger sanitaire de catégorie 1

Le statut réglementaire change la nature du problème pour un propriétaire. La fièvre de West Nile est classée danger sanitaire de catégorie 1 en France, avec déclaration obligatoire et gestion par l'État. Toute suspicion clinique doit être signalée. La conséquence pratique figure noir sur blanc dans la doctrine du RESPE : l'arrêté préfectoral prononce **l'interdiction de tout mouvement des équidés atteints ou suspects**.

Pour un cheval de loisir, l'immobilisation est une contrainte. Pour un cheval de sport engagé sur un calendrier, elle devient un coût direct. Un animal bloqué ne concourt pas, ne se déplace pas vers le club suivant et ne rejoint pas le van qui devait le ramener.

## Le calendrier sportif au contact de l'épizootie

La séquence de septembre est celle où la filière française déplace le plus de chevaux à valeur élevée. Le Polo Club du Domaine de Chantilly a accueilli du 3 au 20 septembre 2026 l'Open de France BARNES, disputé en catégorie 14/16 goals, accompagné de l'Open de France féminin SkinCeuticals du 15 au 20 septembre, du Trophée Castel et du Trophée du Capitaine des Jeux. Le club annonce cinquante équipes au total, environ 200 joueurs venus de quinze nations, et plus de 1 200 chevaux hébergés à la Ferme d'Apremont pour l'occasion. Le championnat de France 4/6 goals enchaîne du 26 septembre au 4 octobre.

Aucun cas équin n'a été rattaché à ces rassemblements. Le point reste que des centaines d'animaux transitent par des sites de plein air, à la tombée du jour, au moment précis où le RESPE demande de limiter le contact avec les moustiques et signale une circulation virale jusqu'en Essonne et dans le Val d'Oise.

## Ce que couvre un contrat équin

L'architecture des contrats équins repose sur trois blocs : la garantie mortalité, qui indemnise le décès par maladie ou par accident, la garantie invalidité, qui joue lorsqu'une atteinte met fin à la carrière sportive sans tuer l'animal, et la prise en charge des frais vétérinaires, chirurgie comprise.

La garantie mortalité couvre également l'euthanasie lorsqu'elle est médicalement justifiée et décidée sur avis vétérinaire. Le courtier Generis rappelle que l'euthanasie de convenance, elle, reste hors du champ. La distinction compte sur une forme nerveuse de West Nile : un cheval couché, incapable de se relever, relève de la décision vétérinaire, pas du choix du propriétaire.

La tarification s'exprime en pourcentage de la valeur assurée. Les courtiers spécialisés affichent des taux de l'ordre de 1 % à 2 % de cette valeur pour une couverture mortalité et vol sur un cheval de loisir ou de club. Pegase Insurance publie pour sa part des taux à partir de 2,4 % de la valeur assurée sur ses formules santé incluant décès et vol, et à partir de 1,7 % pour l'option invalidité. L'écart tient à la discipline, au niveau de compétition, à l'âge et à l'état de santé de l'animal.

## La valeur déclarée, point faible du dossier

L'indemnisation repose sur la valeur retenue au moment de la souscription. Deux mécanismes coexistent : la valeur déclarée, fixée librement, et la valeur agréée, arrêtée d'un commun accord entre le propriétaire et l'assureur sur la base de justificatifs, prix d'achat, résultats sportifs et origines.

C'est là que le segment du polo se distingue. Un poney de polo de niveau international se situe dans une fourchette de 50 000 à 150 000 euros, un joueur en aligne couramment quatre à huit, et une chirurgie équine s'échelonne de 5 000 à 30 000 euros. Une écurie expose donc plusieurs centaines de milliers d'euros de capital vivant sur un même site. Un contrat spécialisé comme [l'assurance chevaux de polo](https://www.france-epargne.fr/products/assurance-patrimoine/assurance-chevaux-polo) repose sur une valeur agréée établie par expertise vétérinaire et sportive, précisément pour éviter la discussion sur le montant au moment du sinistre.

Une valeur déclarée trop basse plafonne l'indemnité. Une valeur déclarée trop haute sans justificatif expose à la contestation. Sur un cheptel de huit chevaux, l'écart entre les deux approches se chiffre en dizaines de milliers d'euros.

## La vaccination reste le levier disponible

Trois vaccins sont autorisés en France contre la fièvre de West Nile : Proteq West Nile de Boehringer Ingelheim, Equip WNV de Zoetis et Equilis West Nile de MSD. Le protocole repose sur deux injections espacées de trois à cinq semaines, suivies d'un rappel annuel. L'immunité s'installe une quinzaine de jours après la seconde injection.

Le calendrier est la difficulté de cette saison. L'AVEF conseille de vacciner au printemps, avant le début de la période de transmission. Un propriétaire qui engage la primo vaccination à la mi septembre ne dispose d'une protection qu'à la mi octobre au mieux, quand une partie de la saison des moustiques est passée. Le RESPE maintient néanmoins ses recommandations de prévention tant que les vecteurs restent actifs : rentrer les chevaux avant le crépuscule, poser des moustiquaires, supprimer les eaux stagnantes.

## Points à surveiller

-   Le prochain point d'étape du RESPE, qui dira si les 84 cas des onze premiers jours de septembre annoncent un mois supérieur à août.
-   L'extension éventuelle de la liste des 18 départements vers les Hauts de France et la Normandie, régions d'élevage et de courses.
-   Les arrêtés préfectoraux d'immobilisation, seul mécanisme capable d'interrompre un calendrier de compétition en cours.
-   Le positionnement des assureurs équins sur la prochaine campagne tarifaire, la sinistralité 2026 n'étant pas encore consolidée.

Le bilan définitif de l'épizootie ne sera connu qu'après l'arrêt de l'activité des moustiques. À ce stade, la donnée solide reste le décompte du RESPE et son rythme, une multiplication par dix d'une année sur l'autre sur le même intervalle.
