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title: "Washington propose une suspension des sanctions pétrolières contre l'Iran : le Brent reflue sous 110 dollars"
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category: geopolitics
description: "Selon Tasnim, Washington suspendrait les sanctions OFAC sur le pétrole iranien pendant les négociations. Brent à 107,78 dollars, impact épargnants."
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author: "Emmanuel d'Ibelin"
publishedAt: "2026-05-19T08:12:29.444Z"
updatedAt: "2026-05-19T08:12:29.461Z"
readingTimeMinutes: 9
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# Washington propose une suspension des sanctions pétrolières contre l'Iran : le Brent reflue sous 110 dollars

> L'agence iranienne Tasnim a affirmé le 18 mai que Washington accepte de suspendre les sanctions pétrolières contre Téhéran pendant les négociations. Le Brent a reculé sous 108 dollars avant de rebondir à 112 dollars, signe d'une diplomatie encore fragile.

L'information a fait basculer les marchés pétroliers en quelques minutes lundi 18 mai 2026. L'agence semi officielle iranienne **Tasnim** a affirmé qu'une source proche de l'équipe de négociation iranienne avait confirmé l'acceptation par les États Unis, dans un nouveau texte de proposition, de **suspendre les sanctions pétrolières de l'OFAC** (Office of Foreign Assets Control) à l'encontre de la République islamique pendant la durée des pourparlers de paix. La mesure resterait en vigueur, selon l'agence, _« jusqu'à ce que les hostilités prennent fin et qu'un accord définitif soit conclu »_. La Maison Blanche et le Trésor américain n'ont pas confirmé publiquement cette offre dans les heures qui ont suivi.

La réaction du marché pétrolier a été immédiate. Le Brent, qui avait touché 112 dollars dans la matinée, a chuté de 1,4 % à 107,78 dollars le baril après la dépêche Tasnim, selon les données Reuters reprises par Investing.com et Bloomberg. Le West Texas Intermediate (WTI), référence américaine, a cédé 1,8 % à 103,52 dollars. En séance prolongée, alors que Donald Trump confirmait avoir reporté la frappe envisagée contre l'Iran pour mardi, le Brent est repassé sous 110 dollars puis a réaccéléré, signe d'une diplomatie qui reste suspendue à chaque communiqué.

## Une fenêtre diplomatique étroite

Le contexte de cette annonce reste éminemment volatil. Le 17 mai, soit la veille de la dépêche Tasnim, un drone non identifié a déclenché un incendie sur un générateur électrique situé à l'extérieur du périmètre intérieur de la centrale nucléaire de **Barakah**, dans la région d'Al Dhafra aux Émirats arabes unis. Trois engins avaient pénétré dans l'espace aérien émirien depuis la frontière ouest ; deux ont été interceptés par la défense antiaérienne. Aucune élévation des niveaux de radiation n'a été détectée, et aucun blessé n'est à déplorer, selon les autorités locales. Abou Dhabi a lancé une enquête sans désigner formellement de responsable, l'Iran n'ayant pas revendiqué l'attaque.

Quelques heures plus tard, Donald Trump a publié un message au ton martial sur le compte officiel de la Maison Blanche : _« For Iran, the Clock is Ticking, and they better get moving, FAST, or there won't be anything left of them. TIME IS OF THE ESSENCE! »_ (« Pour l'Iran, le compte à rebours est lancé, et ils ont intérêt à se bouger, VITE, ou il ne restera plus rien d'eux. LE TEMPS PRESSE ! »). Le président américain a précisé avoir reporté l'attaque programmée pour le mardi à la demande des dirigeants du Qatar, de l'Arabie saoudite et des Émirats arabes unis, qui l'auraient informé de la tenue de négociations sérieuses avec Téhéran susceptibles de déboucher sur un accord acceptable pour Washington.

## Les contours du compromis envisagé

Selon les éléments rapportés par Tasnim et croisés par Bloomberg, l'IBTimes et la Latin Times, le projet de texte américain prévoit une suspension limitée aux sanctions de l'OFAC sur les exportations brutes iraniennes, pendant la phase active des négociations. Téhéran maintient cependant que cette suspension ne saurait suffire. Une source proche du dossier, citée par Tasnim, a insisté : _« Une suspension signifie un renoncement temporaire aux sanctions »_, ce qui se distingue d'une levée définitive que la République islamique réclame en préalable à tout accord global.

Le 2 mai, l'Iran avait remis aux États Unis, par l'intermédiaire du Pakistan, une réponse en quatorze points au plan de paix américain. Cette contre proposition exige notamment des garanties contre toute future agression militaire, le retrait des forces américaines de la périphérie iranienne, la fin du blocus naval, la restitution des avoirs iraniens gelés, des réparations financières, la levée intégrale des sanctions, la fin des combats au Liban et la mise en place d'un nouveau régime de gouvernance du détroit d'Ormuz. Cinq préconditions, parmi lesquelles la reconnaissance par Washington de la souveraineté iranienne sur le détroit, doivent selon Téhéran précéder toute discussion sur le programme nucléaire. Le ministre pakistanais de l'Intérieur, **Mohsin Naqvi**, s'est rendu à Téhéran le 16 mai pour rencontrer le président Masoud Pezeshkian et tenter de maintenir ouvert le canal diplomatique.

## Les chiffres clés de la crise pétrolière

-   **Brent (lundi 18 mai) :** pic à 112 dollars, repli à 107,78 dollars après la dépêche Tasnim
-   **WTI :** repli de 1,8 % à 103,52 dollars le baril
-   **Approvisionnement perdu depuis fin février :** plus d'un milliard de barils non produits, selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE)
-   **Réserves stratégiques mobilisées :** 400 millions de barils libérés en mars par l'AIE, dont 164 millions effectivement écoulés au 8 mai
-   **Recul attendu de l'offre mondiale en 2026 :** 3,9 millions de barils par jour, contre 1,5 million dans la précédente prévision de l'AIE
-   **Inventaires commerciaux mondiaux :** en chute de 246 millions de barils sur mars et avril, plus forte baisse depuis la pandémie

## L'AIE met en garde sur l'épuisement des stocks

L'avertissement le plus solennel est venu du directeur exécutif de l'Agence internationale de l'énergie, **Fatih Birol**, en marge de la réunion des ministres des Finances du G7 à Paris. Le responsable a indiqué que les inventaires commerciaux mondiaux _« se vidaient rapidement »_ et qu'il ne restait _« plus que quelques semaines de stock »_. Selon l'AIE, environ 2,5 millions de barils par jour ont été ponctionnés sur les réserves stratégiques pour suppléer la fermeture partielle du détroit d'Ormuz, mais ces réserves _« ne sont pas inépuisables »_.

Le 18 mai également, Téhéran a annoncé la création d'une nouvelle **Autorité du détroit**, accompagnée d'une plateforme baptisée _Hormuz Safe_. Ce dispositif, présenté par la télévision d'État et le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), proposerait aux navires marchands des polices d'assurance vérifiables cryptographiquement, réglées en Bitcoin, contre une autorisation de passage. Les médias pro régime estiment qu'un tel système pourrait générer plus de 10 milliards de dollars de recettes annuelles pour l'Iran. La marine du CGRI assurerait la gestion opérationnelle du détroit, et un message radio diffusé en boucle invite les capitaines à demander la permission de traverser.

## Les perspectives des analystes : prudence et révisions

Pour la place financière, l'enjeu est immédiat : une suspension réelle des sanctions de l'OFAC ferait revenir sur le marché un volume d'exportation iranien que Goldman Sachs estimait, avant le conflit, à environ 1,5 million de barils par jour. La banque a depuis abaissé sa prévision de Brent au deuxième trimestre 2026 à 90 dollars le baril, contre 99 dollars auparavant, et son scénario pour le troisième trimestre à 82 dollars. Goldman maintient toutefois un scénario central à 80 dollars sur le quatrième trimestre, conditionné à un retour effectif des barils iraniens et à une amélioration durable du transit dans le détroit.

JPMorgan, de son côté, a abaissé sa prévision moyenne de prix de l'or sur 2026 à 5 243 dollars l'once, contre 5 708 dollars précédemment, tout en maintenant un objectif proche de 6 000 dollars en fin d'année. La logique : une désescalade géopolitique modère la prime de risque, mais l'inflation importée par la facture énergétique justifie un soutien structurel aux métaux précieux. À l'inverse, plusieurs stratégistes interrogés par Reuters soulignent que l'absence de confirmation officielle américaine, l'attaque de Barakah et la rhétorique présidentielle plaident pour conserver une prime de risque élevée tant qu'aucun accord écrit n'aura été paraphé.

## L'impact direct pour les épargnants français

La nouvelle a un retentissement bien au delà des salles de marché : la France subit depuis fin février les conséquences directes du conflit. Selon les relevés du gouvernement consolidés à partir de 7 000 stations service, le prix de l'essence atteignait le 17 mai son plus haut niveau depuis le début de la guerre, avec une hausse de 19 % pour le SP95 E10 et de 17 % pour le SP98 par rapport au 27 février, soit respectivement 33 et 31 centimes supplémentaires par litre. Le gazole, carburant le plus consommé dans l'Hexagone, restait à 2,145 euros le litre après avoir culminé à 2,387 euros début avril.

La Commission de régulation de l'énergie (CRE) a relevé le prix repère de vente de gaz de 15,4 % toutes taxes comprises au 1er mai, soit en moyenne 6,19 euros supplémentaires sur la facture mensuelle d'un ménage. Sur les dix premiers jours de mai, Bercy a déjà constaté 300 millions d'euros de recettes fiscales en moins liées aux carburants, en raison du recul de la consommation. Le Premier ministre **Sébastien Lecornu** doit présenter ce jeudi une enveloppe d'aide complémentaire pour le mois de juin, dans le prolongement du plan de 6 milliards d'euros d'économies annoncé en avril pour faire face au choc énergétique.

## Ce que l'épargnant peut tirer de la séquence

Pour les détenteurs de contrats d'**assurance vie** et d'unités de compte exposées aux indices européens, le suivi de cette diplomatie pétrolière s'impose comme l'un des éléments décisifs des prochaines semaines. Trois enseignements ressortent de la séquence du 18 mai.

Premier point : la volatilité reste extrême sur le Brent (écart de plus de 4 % en intraday), ce qui pénalise les fonds en euros adossés à des actifs sensibles à l'énergie et soutient à l'inverse les unités de compte exposées aux producteurs (TotalEnergies, Exxon, Chevron), aux pétroliers parapubliques d'Amérique latine et au secteur de la défense. Deuxième point : tant que le détroit d'Ormuz ne sera pas pleinement rouvert, la prime de risque énergétique alimentera l'inflation française, ce qui maintient sous tension les taux longs et limite la capacité de la BCE à assouplir sa politique monétaire. Troisième point : un accord pétrolier sans accord nucléaire ne lèvera pas le risque structurel d'escalade régionale, comme l'a rappelé l'attaque sur Barakah ; il convient donc de réserver une part raisonnable d'or et de liquidités dans toute allocation patrimoniale tant que la situation n'est pas durablement stabilisée.

## Le calendrier à surveiller

Plusieurs échéances rythmeront les prochaines semaines. Côté américain, la confirmation officielle, ou le démenti, de la suspension OFAC par le département du Trésor sera déterminante. Côté iranien, la réponse du Conseil suprême de sécurité nationale au texte américain est attendue avant la fin du mois de mai. Sur le plan technique, le ministre de l'Énergie iranien doit recevoir les premières demandes de passage via la plateforme Hormuz Safe, dont les ratifications croisées avec Oman pourraient officialiser un mécanisme parallèle aux corridors internationaux existants. Enfin, du côté français, la séquence budgétaire du gouvernement Lecornu (présentation jeudi 21 mai du plan d'aide carburants) précisera l'effort budgétaire consenti pour amortir le choc énergétique. Sur les marchés, la prochaine publication des données d'inventaires de l'EIA et la réunion mensuelle de l'AIE constitueront les juges de paix d'une diplomatie pétrolière qui, en ce printemps 2026, ne tient encore qu'à un fil.
