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title: Wall Street signe son meilleur trimestre en six ans malgré la guerre en Iran
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category: market-analysis
description: "Le S&P 500 gagne 14 % au deuxième trimestre 2026, son meilleur trimestre depuis 2020, porté par l'IA et le cessez-le-feu en Iran, malgré le risque Fed."
keywords: ["S&P 500 deuxième trimestre 2026", Wall Street meilleur trimestre, rallye intelligence artificielle, Russell 2000 record, hausse taux Fed juillet 2026, CAC 40 trimestre, Nasdaq record 2026, marchés actions Iran]
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canonical: "https://www.france-epargne.fr/news/wall-street-signe-son-meilleur-trimestre-en-six-ans-malgre-la-guerre-en-iran"
author: "Emmanuel d'Ibelin"
publishedAt: "2026-06-30T18:07:50.226Z"
updatedAt: "2026-06-30T18:07:50.246Z"
readingTimeMinutes: 5
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# Wall Street signe son meilleur trimestre en six ans malgré la guerre en Iran

> Le S&P 500 a gagné 14 % au deuxième trimestre 2026, sa meilleure performance depuis 2020. Porté par l'intelligence artificielle et le cessez-le-feu en Iran, le rallye s'accompagne pourtant d'un pari grandissant sur une hausse des taux de la Fed.

Les marchés actions américains ont clôturé le 30 juin un deuxième trimestre 2026 historique. Le **S&P 500** a terminé la séance en hausse de 0,7 % à 7 492,37 points, portant son gain trimestriel à 14 %, sa meilleure performance depuis le deuxième trimestre 2020. Le **Nasdaq Composite** a progressé de 1,3 % à 26 160,67 points et signe lui aussi son meilleur trimestre depuis six ans, avec une avance proche de 20 %. Le Dow Jones, à 52 341,35 points, boucle son meilleur premier semestre depuis 2021.

La singularité de ce trimestre tient à son contexte. Wall Street a établi cette performance alors qu'un conflit ouvert opposait les États-Unis, Israël et l'Iran, que le détroit d'Ormuz avait été bloqué et que le baril avait flambé. Le retournement s'est opéré avec le cessez-le-feu conclu le week-end précédent, qui a rouvert Ormuz au trafic commercial et fait refluer la prime de guerre sur le pétrole. Le Brent s'échangeait autour de 73 dollars et le brut américain près de 70 dollars en fin de trimestre, loin de leurs sommets.

## L'intelligence artificielle élargit son emprise sur la cote

Le moteur du rallye reste la dépense massive consacrée à l'infrastructure d'intelligence artificielle. Le mouvement s'est surtout diffusé au-delà des seules grandes capitalisations technologiques. Le **Philadelphia Semiconductor Index** a bondi de 80,7 % sur le trimestre, sa plus forte progression trimestrielle jamais enregistrée, illustrant l'appétit des investisseurs pour la chaîne d'approvisionnement des puces.

Cette diffusion se lit avec netteté dans la performance des petites valeurs. Le **Russell 2000**, indice des sociétés de petite capitalisation, a gagné plus de 21 % sur le premier semestre, son meilleur début d'année depuis 1991. Les fabricants de composants liés aux semiconducteurs représentent 16 des 50 meilleures valeurs de l'indice cette année. Des sociétés comme Aehr Test Systems, Ichor Holdings et MaxLinear ont vu leur cours plus que quintupler depuis janvier, signe que les capitaux cherchent désormais les fournisseurs et sous-traitants de la vague technologique.

## Un rallye qui n'est pas qu'américain

La hausse a été planétaire. Le **Nikkei 225** japonais a réalisé sa plus forte progression trimestrielle de son histoire, tandis que le Kospi sud-coréen a connu son meilleur trimestre depuis 1998. En Europe, le Stoxx 600 a progressé d'environ 10 %, sa meilleure performance depuis la fin 2020.

La Bourse de Paris affiche un profil plus contrasté, instructif pour les épargnants français. Le **CAC 40** a clôturé à 8 404 points, en hausse de 0,44 % sur la séance, de 2,70 % sur le mois de juin et de 7,51 % sur le trimestre. Sa progression depuis le 1er janvier reste néanmoins limitée à 3,12 %. L'indice parisien avait inscrit un record à 8 642 points le 26 février, avant de céder près de 13 % lors de l'escalade géopolitique. Le rebond trimestriel efface donc une large part de la correction sans permettre encore de retrouver les sommets du début d'année.

La dispersion des moteurs s'observe aussi à Paris. Schneider Electric a gagné 2,2 %, soutenu par son exposition aux centres de données, quand le luxe a pesé dans l'autre sens : Kering a reculé de 6,9 % sur fond de redressement plus lent que prévu chez Gucci, LVMH a perdu 2 % et Hermès 1,9 %.

## Le marché du travail rouvre le débat sur la Fed

Le paradoxe de ce trimestre se loge dans le décalage entre l'euphorie boursière et les anticipations de politique monétaire. L'enquête JOLTS publiée le 30 juin a fait état de 7,594 millions d'offres d'emploi en mai aux États-Unis, nettement au-dessus des 7,296 millions attendus. "Les offres d'emploi sont à leur plus haut niveau depuis deux ans", a relevé Heather Long, cheffe économiste de Navy Federal.

Collin Martin, stratégiste chez Schwab Research, a souligné de son côté la remontée du ratio entre offres d'emploi et chômeurs, un indicateur suivi de près par les responsables de la Réserve fédérale pour évaluer la tension sur le marché du travail. Un marché de l'emploi solide retire à la banque centrale tout argument en faveur d'un assouplissement et la laisse face à une inflation encore supérieure à sa cible.

> Les investisseurs valorisent désormais environ 30 % de probabilité d'une hausse des taux dès la réunion de la Fed des 28 et 29 juillet, et plus de 60 % de chances d'un resserrement en septembre, contre 6 % et 20 % un mois plus tôt.

## Une prudence persistante sur la durabilité du cycle

Derrière les records, les stratégistes appellent à la nuance. Les analystes d'UBS recommandent de conserver une exposition à l'intelligence artificielle tout en se diversifiant vers les segments plus défensifs de cet écosystème, citant les exploitants de centres de données et certaines sociétés de paiement comme des relais de croissance plus équilibrés à mesure que le cycle d'investissement mûrit.

La menace principale pour la dynamique des petites capitalisations demeure celle qui les a longtemps pénalisées : la remontée du loyer de l'argent. Des taux durablement élevés renchérissent le financement des sociétés les plus fragiles et pèsent sur leur valorisation. Le rendement du Treasury à dix ans évoluait autour de 4,37 % en fin de trimestre, un niveau qui pourrait limiter l'ampleur du mouvement si la Fed venait à durcir le ton.

## Ce qu'il faut surveiller

Trois rendez-vous structureront l'été pour les marchés. La reprise des discussions techniques entre Washington et Téhéran à Doha conditionnera la tenue de la trêve et la trajectoire du pétrole. La saison des résultats du deuxième trimestre, qui s'ouvre en juillet, mettra à l'épreuve les valorisations atteintes par les valeurs technologiques. La réunion de la Fed des 28 et 29 juillet dira enfin si la banque centrale valide le scénario d'un resserrement que le marché obligataire intègre déjà.

Pour l'épargnant français exposé aux actions internationales, ce trimestre rappelle deux réalités. La diversification géographique a amorti le choc parisien grâce à la vigueur de Wall Street et de l'Asie. La concentration du rallye sur la thématique de l'intelligence artificielle invite toutefois à la vigilance, tant une part importante de la performance dépend de la poursuite d'un cycle d'investissement dont les analystes interrogent eux-mêmes la durabilité.
