---
title: "Wall Street recule : les semi-conducteurs prolongent leur chute, l'inflation pèse sur les marchés"
slug: wall-street-recule-les-semi-conducteurs-prolongent-leur-chute-linflation-pese-sur-les-marches
category: market-analysis
description: "Futures S&P 500 et Nasdaq en baisse le 19 mai 2026 : Seagate, Micron, Nvidia plombent le secteur des puces. Inflation US à 3,8 %, Treasury 10 ans à 4,59 %."
keywords: ["futures S&P 500", Nasdaq 100, semi-conducteurs, Nvidia, inflation américaine, Treasury 10 ans, Réserve fédérale, Kevin Warsh, STMicroelectronics, CAC 40, BCE, prix du pétrole]
tags: [wall-street, nasdaq, semi-conducteurs, nvidia, inflation, reserve-federale, treasury, stmicroelectronics, kevin-warsh, petrole, bce, cac-40]
canonical: "https://www.france-epargne.fr/news/wall-street-recule-les-semi-conducteurs-prolongent-leur-chute-linflation-pese-sur-les-marches"
author: "Emmanuel d'Ibelin"
publishedAt: "2026-05-19T10:28:28.800Z"
updatedAt: "2026-05-19T10:28:28.817Z"
readingTimeMinutes: 6
---
# Wall Street recule : les semi-conducteurs prolongent leur chute, l'inflation pèse sur les marchés

> Les contrats à terme du S&P 500 et du Nasdaq 100 reculent ce 19 mai 2026, prolongeant la correction du secteur des puces et reflétant la hausse persistante de l'inflation américaine à 3,8 % sur un an.

## Une troisième séance sous pression à l'ouverture américaine

Les contrats à terme sur les principaux indices américains cédaient du terrain ce mardi 19 mai 2026 avant l'ouverture de Wall Street. Le contrat à échéance du **S&P 500** reculait de 0,07 % à 7 397,95 points, tandis que les futures sur le **Nasdaq 100** abandonnaient entre 0,39 % et 0,46 % pour s'établir autour de 28 882,59 points. Le mouvement prolonge deux séances consécutives de repli des indices au comptant, le S&P 500 ayant cédé 0,07 % et le Nasdaq Composite 0,51 % lundi 18 mai.

La correction se concentre sur les fabricants de semi-conducteurs, qui avaient porté la hausse du marché ces dernières semaines. Les craintes d'une inflation persistante, combinées à la flambée du pétrole liée au conflit entre les États-Unis et l'Iran, repoussent à plus tard l'espoir d'un assouplissement monétaire de la Réserve fédérale.

## La mémoire et le stockage entraînent la baisse des puces

Le déclencheur immédiat du mouvement vient du compartiment de la mémoire et du stockage. À la séance de lundi, **Seagate** a plongé d'environ 7 % après que son directeur général Dave Mosley a déclaré, lors de la conférence JPMorgan, que la construction de nouvelles usines prendrait "trop de temps" pour répondre à la demande croissante liée à l'intelligence artificielle. Son concurrent **Micron Technology** a suivi en abandonnant près de 6 %.

Ce repli s'inscrit dans une séquence plus large entamée la semaine précédente. Vendredi 15 mai, le SOX (PHLX Semiconductor Index) avait reculé de plus de 3 %, avec :

-   **Intel** en baisse de 8 % à 108 dollars,
-   **AMD** à 432 dollars (4 %),
-   **Nvidia** à 226 dollars (4 %),
-   **Broadcom** à 427,50 dollars (2,79 %),
-   **Marvell Technology** à 173 dollars (5,25 %),
-   **Taiwan Semiconductor** à 404,87 dollars (3,08 %).

Les analystes attribuent ce mouvement à une prise de bénéfices plutôt qu'à une remise en cause du cycle de l'IA. Sid Choraria, gérant chez SC Marwar Capital, rappelle que "l'accélération de la croissance des bénéfices et les investissements massifs dans l'infrastructure IA continuent de soutenir l'optimisme à long terme".

## Une inflation américaine plus chaude que prévu

Le contexte macroéconomique pèse lourd. L'indice des prix à la consommation publié par le Bureau of Labor Statistics a montré une hausse de 0,6 % en avril sur un mois, portant le rythme annuel à **3,8 %**, un plus haut depuis mai 2023. Le glissement annuel s'accélère d'un demi-point de pourcentage par rapport à mars.

L'inflation sous-jacente, qui exclut l'énergie et l'alimentation, progresse pour sa part de 0,4 % sur le mois et de 2,8 % sur un an, soit nettement au-dessus de la cible de 2 % de la Réserve fédérale. Le poste énergie, en hausse de 3,8 % sur le mois, explique à lui seul plus de 40 % de l'accélération du chiffre global, conséquence directe de la flambée du Brent autour de 110 dollars le baril alimentée par le conflit irano-américain entamé fin février 2026.

> "Les risques restent orientés à la hausse pour une progression des prix plus forte qu'attendu."
> 
> Derren Nathan, analyste chez Hargreaves Lansdown

## La Fed sous Kevin Warsh confrontée à un dilemme

La trajectoire de la Réserve fédérale, désormais dirigée par **Kevin Warsh**, devient l'enjeu central. Les contrats sur fed funds n'intègrent désormais plus aucune baisse de taux d'ici à la fin de l'année 2026, alors qu'en début d'année, le marché tablait sur au moins deux baisses d'un quart de point. La probabilité implicite d'une hausse supplémentaire de 25 points de base est même remontée à environ 40 %.

Cette repricing brutale s'observe sur la courbe des taux. Le rendement du **Treasury à 10 ans** a touché 4,59 % le 15 mai, son plus haut depuis février 2025. Le 30 ans a franchi 5,14 %, un sommet de douze mois. Sur la partie courte, le 5 ans s'inscrit à 4,257 % et le 3 mois à 3,694 %. La hausse simultanée de l'inflation et des rendements longs comprime mécaniquement les multiples des valeurs technologiques aux valorisations élevées.

## Lecture pour la zone euro et le CAC 40

L'épargnant français n'est pas à l'abri de ces secousses. L'inflation dans la zone euro est remontée à **3,0 %** en avril, contre 2,6 % en mars, sous l'effet du même choc énergétique. La Banque centrale européenne a maintenu son taux de dépôt à 2,00 %, son taux principal de refinancement à 2,15 % et son taux de prêt marginal à 2,40 % lors de sa réunion du 30 avril. Christine Lagarde a indiqué que "les risques haussiers sur l'inflation et les risques baissiers sur la croissance se sont intensifiés".

Le rendement de l'OAT française à 10 ans a grimpé à 3,99 %, reflétant à la fois la dynamique inflationniste partagée et les contraintes budgétaires propres à Paris. Côté actions, **STMicroelectronics** a abandonné 4,58 % lundi 18 mai, fragilisé par les inquiétudes liées à son partenariat d'environ un milliard d'euros avec le chinois Dongfeng Motor Corporation. Le titre franco-italien est désormais le principal canal de transmission du sell-off américain vers la cote parisienne.

## Les résultats de Nvidia, prochain catalyseur

La publication des comptes trimestriels de **Nvidia**, prévue le 20 mai après clôture, cristallise l'attention. Le consensus FactSet anticipe un chiffre d'affaires de 78,8 milliards de dollars (+79,5 % sur un an) et un bénéfice par action ajusté de 1,77 dollar, en croissance de 120 %. La division Data Center est attendue autour de 73,7 milliards de dollars.

Le marché de prévision Polymarket évalue à environ 90 % la probabilité d'un dépassement du consensus. Goldman Sachs, par la voix de James Schneider, table sur un chiffre d'affaires supérieur d'environ 2 milliards de dollars au consensus, soit 80,8 milliards. La capacité de Jensen Huang à confirmer la trajectoire de l'investissement en infrastructures IA pèsera plus que la performance trimestrielle elle-même.

Les quatre hyperscalers (Alphabet, Amazon, Meta, Microsoft) ont guidé pour des dépenses d'investissement combinées supérieures à **700 milliards de dollars** en 2026, une enveloppe qui constitue le socle financier de la demande pour les puces d'IA. La publication de Sandisk, qui a annoncé un chiffre d'affaires trimestriel de 5,9 milliards de dollars contre 4,7 milliards attendus, suggère que la dynamique de demande reste vigoureuse sur l'ensemble de la chaîne.

## Ce qu'il faut surveiller

-   **20 mai** : publication des résultats trimestriels de Nvidia et orientation pour le deuxième trimestre.
-   **Évolution du Brent** : tout retour vers 95 dollars permettrait une détente sur les taux longs et un rebond technique des valorisations.
-   **Données PCE de mai aux États-Unis** : référence préférée de la Fed pour calibrer sa politique.
-   **Réunion du Conseil des gouverneurs de la BCE en juin** : certains économistes anticipent une remontée de 25 points de base à 2,25 % en cas de persistance du choc énergétique.
-   **OAT française** : un franchissement durable des 4,10 % pèserait sur le marché obligataire en euros et sur l'assurance-vie en fonds euros.

## Conclusion

La séquence de baisse des futures américains traduit moins une cassure structurelle qu'un repricing du calendrier monétaire. La conjonction d'une inflation qui réaccélère, d'un choc pétrolier persistant et d'une Réserve fédérale désormais dirigée par un président perçu comme plus orthodoxe contraint les valorisations technologiques. Pour l'investisseur français, la corrélation entre Wall Street, le SOX et STMicroelectronics demeure étroite, et le rendez-vous Nvidia du 20 mai déterminera la tonalité des prochaines semaines sur les marchés actions.
