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title: "Volkswagen propose la fermeture de quatre usines allemandes, vote décisif le 4 septembre"
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description: "Le directoire de Volkswagen propose la fermeture d'Emden, Zwickau, Hanovre et Neckarsulm d'ici 2034. Le conseil de surveillance tranche le 4 septembre."
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canonical: "https://www.france-epargne.fr/news/volkswagen-propose-la-fermeture-de-quatre-usines-allemandes-vote-decisif-le-4-septembre"
author: "Emmanuel d'Ibelin"
publishedAt: "2026-09-01T14:19:20.012Z"
updatedAt: "2026-09-01T14:19:20.046Z"
readingTimeMinutes: 7
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# Volkswagen propose la fermeture de quatre usines allemandes, vote décisif le 4 septembre

> Le directoire de Volkswagen propose l'arrêt d'Emden, Zwickau, Hanovre et Neckarsulm d'ici 2034, soit environ 40 000 salariés. Le conseil de surveillance tranche le 4 septembre, où salariés et Basse-Saxe disposent de douze voix sur vingt. L'action recule de 1,34 %.

Le directoire de **Volkswagen** a soumis au conseil de surveillance un plan prévoyant l'arrêt de quatre usines allemandes d'ici 2034, selon des informations de la _WirtschaftsWoche_ reprises mardi 1er septembre 2026 par Reuters. Sont visés les sites d'Emden, de Zwickau et de Hanovre, ainsi que l'usine Audi de Neckarsulm. L'organe de contrôle du groupe doit trancher vendredi 4 septembre.

L'action préférentielle du constructeur reculait de 1,34 % mardi en séance sur le Xetra, à 76,64 euros, après avoir ouvert à 78,00 euros. Le titre évolue loin de son plus haut de douze mois, inscrit à 109,15 euros le 15 décembre 2025, et se traite à 7,3 fois les bénéfices.

## Quatre sites, environ 40 000 salariés

Le calendrier envisagé s'étale sur quatre ans. La production cesserait à Zwickau et à Emden à partir de 2031, puis à Hanovre en 2032, et enfin à Neckarsulm en 2034, selon le _Spiegel_. Les quatre usines emploient environ 40 000 personnes. Une partie des modèles serait transférée vers Bratislava, en Slovaquie, et Győr, en Hongrie, où les coûts de production sont inférieurs.

Les quatre implantations ne posent pas le même problème industriel. Hanovre porte l'activité véhicules utilitaires. Emden et Zwickau sont adossés à la production électrique, Zwickau ayant été la première usine du groupe convertie intégralement à l'électrique. Neckarsulm relève d'Audi, où l'attribution des modèles et les investissements obéissent à une logique distincte.

Le directeur financier **Arno Antlitz** a déclaré mardi devant les salariés de Hanovre qu'aucun plan de production viable n'existait à ce jour pour ces quatre sites. Maintenir la production sans réduire les surcapacités laisserait au groupe un désavantage de coût permanent d'environ 1,5 milliard d'euros par an.

## Une rentabilité tombée à 3,8 %

Les comptes semestriels publiés le 24 juillet 2026 éclairent la pression exercée sur le directoire. Le chiffre d'affaires s'est établi à 158,1 milliards d'euros, quasiment stable sur un an. Le résultat opérationnel est tombé à 5,9 milliards d'euros, en recul de 11,6 %, soit une marge opérationnelle de 3,8 %. Le flux de trésorerie net a atteint 3,2 milliards d'euros.

> « Notre marge opérationnelle de 3,8 % reste trop faible et souligne la nécessité d'agir. »
> 
> Arno Antlitz, directeur financier et directeur des opérations du groupe Volkswagen, communiqué du 24 juillet 2026

Dans le même communiqué, le directeur financier estimait que les initiatives alors prévues ne suffisaient pas, face à un marché chinois en repli de 20 % et à des constructeurs chinois qui accroissent leurs exportations vers l'Europe.

Une analyse interne, citée par CORRECTIV, conclut que le groupe pourrait basculer en perte à partir de 2030 sans coupes supplémentaires. Le taux d'utilisation des usines allemandes atteint 81 % et reviendrait à 73 % d'ici la fin de la décennie selon les données de Mobility Global. Zwickau, le mieux occupé des quatre sites menacés avec 88 % en 2026, tomberait à 42 % en 2030.

**Oliver Blume**, président du directoire, vise une marge opérationnelle portée à environ 9 % en 2030, assortie d'une réduction des investissements de 180 à 135 milliards d'euros sur la période 2027 à 2031. Les droits de douane américains sur les importations automobiles amputent par ailleurs le résultat d'un montant de l'ordre du milliard d'euros.

## Une crise née sur le marché chinois

Le décrochage tient largement à la Chine, où la demande adressée au groupe s'est effondrée et où les constructeurs locaux ont pris de l'avance sur l'électrification et le logiciel embarqué. Le marché chinois total a reculé de 20 % sur le semestre selon Volkswagen. Le groupe a livré 4,1 millions de véhicules au premier semestre, avec un carnet de commandes de véhicules électriques en Europe en hausse de plus de 50 % au deuxième trimestre.

## Un conseil de surveillance verrouillé

Le plan se heurte à l'architecture de la cogestion allemande. Les représentants des salariés détiennent 10 des 20 sièges de cette instance. Les deux représentants de la Basse-Saxe, qui détient 11,8 % du capital et 20 % des droits de vote, votent habituellement avec eux, ce qui porte ce bloc à douze voix sur vingt.

Le directoire avait déjà essuyé un revers lors de la séance de juillet, où les voix des salariés et de l'État régional avaient fait échouer le projet. Selon CORRECTIV, le texte resoumis reste inchangé sur le fond, avec la suppression de dizaines de milliers de postes et la fermeture des sites. Les représentants du personnel ont déposé un projet alternatif qui écarte toute fermeture et sera mis aux voix le même jour. Le directoire souhaite en outre autonomiser la marque Volkswagen, une opération que le comité d'entreprise et le Land refusent.

## L'option de l'assemblée générale extraordinaire

Une voie de contournement existe et elle est désormais évoquée ouvertement. En assemblée générale, les syndicats ne disposent d'aucune voix. Les familles Porsche et Piëch, qui contrôlent la majorité des droits de vote du constructeur aux côtés du fonds souverain qatari, pourraient y réunir la majorité qualifiée des trois quarts généralement requise pour les changements structurels majeurs d'une société allemande.

Selon Reuters, le directoire pourrait convoquer une assemblée générale extraordinaire, possiblement en octobre, si le vote du 4 septembre rejette le plan. Cette option neutraliserait le veto exercé au sein de l'instance par les salariés et par le Land, au prix probable d'un conflit social ouvert.

## La riposte syndicale

« Avec IG Metall, les usines d'Emden, Zwickau, Hanovre et Neckarsulm ne seront pas fermées », a déclaré mardi **Christiane Benner**, présidente du syndicat et membre de l'organe de contrôle, sur la matinale commune de l'ARD et de la ZDF.

Elle reproche au directoire de revenir sur l'accord conclu fin 2024, qui écartait toute fermeture de site en Allemagne et instaurait une garantie d'emploi non résiliable jusqu'à fin 2030. Le texte prévoyait des réductions de capacité dans les usines allemandes sans fermeture, en échange de concessions salariales portant sur les primes et les compléments de rémunération.

La responsable syndicale conteste également la cible de rentabilité, qui reviendrait à faire passer la marge de 3,8 % à une fourchette de 8 à 10 % en 2030. Elle met en avant la dépendance des territoires concernés : environ 30 000 emplois seraient liés au site d'Emden en Frise orientale, et un emploi sur quatre en Allemagne de l'Est dépend de la filière automobile.

**Thorsten Gröger**, responsable régional d'IG Metall en Basse-Saxe, a prévenu mardi devant les salariés de Hanovre que les ateliers se soulèveraient sur tous les sites si le directoire remettait l'accord en cause. **Olaf Lies**, chef du gouvernement régional et lui aussi membre de l'instance, appelle les parties à trouver un compromis avant le vote, estimant que Volkswagen porte une responsabilité considérable pour l'économie et la société.

## Ce que les épargnants européens doivent regarder

Volkswagen emploie environ 625 000 personnes, dont près de 258 000 en Allemagne. Un arbitrage de cette ampleur dépasse le seul dossier industriel et touche la trajectoire de croissance de la zone euro, où l'automobile pèse lourd dans la production manufacturière et dans les commandes adressées aux équipementiers, y compris français.

Pour un épargnant détenant des fonds actions européennes ou un contrat d'assurance vie investi en unités de compte indicielles, l'exposition passe principalement par le DAX et par les grands indices de la zone euro. Le dossier se lit à deux niveaux : l'issue du vote du 4 septembre, puis la question de savoir si le directoire ira jusqu'à l'assemblée générale extraordinaire pour imposer son plan.

## À surveiller

-   Le vote du vendredi 4 septembre 2026 et le sort du projet alternatif déposé par les représentants du personnel.
-   La convocation éventuelle d'une assemblée générale extraordinaire en octobre.
-   Le projet d'autonomisation de la marque Volkswagen, refusé par le comité d'entreprise et par le Land.
-   La marge opérationnelle du second semestre, le groupe ayant annoncé tabler sur une amélioration.
-   Le sort du site d'Osnabrück, dont la production automobile doit cesser en 2027.
