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title: "Voitures de collection : un marché scindé en deux met les fonds passion à l'épreuve en 2026"
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category: commodities
description: "Baromètre Hagerty au plus bas en 2026 et écart record entre haut de gamme et marché courant : ce que le marché scindé change pour les fonds passion."
keywords: [voitures de collection 2026, hagerty market rating, knight frank luxury index, fonds voitures de collection, retromobile 2026, fiscalite voiture collection, investissement passion, actifs alternatifs]
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canonical: "https://www.france-epargne.fr/news/voitures-de-collection-un-marche-scinde-en-deux-met-les-fonds-passion-a-lepreuve-en-2026"
author: "Emmanuel d'Ibelin"
publishedAt: "2026-07-13T15:05:49.218Z"
updatedAt: "2026-07-13T15:05:49.236Z"
readingTimeMinutes: 5
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# Voitures de collection : un marché scindé en deux met les fonds passion à l'épreuve en 2026

> Le baromètre Hagerty est retombé à 58,59 en juin, son plus bas trimestriel, tandis que l'écart entre le haut de gamme et le marché courant atteint un record. Un contexte qui redessine la logique des fonds dédiés aux voitures de collection.

Le marché des voitures de collection traverse une phase de refroidissement prolongée. En juin 2026, le **Hagerty Market Rating**, indicateur de référence de la santé de ce marché aux États-Unis, a reculé de 0,08 point pour s'établir à 58,59, son plus bas niveau du trimestre. La note reste en zone neutre (entre 50 et 60), mais elle prolonge une tendance installée depuis près d'un an : le segment courant s'essouffle pendant que le très haut de gamme tient bon.

Ce mouvement avait déjà atteint un point marquant en début d'année. Le 28 janvier 2026, le même baromètre était tombé à 58,28, son plus bas niveau depuis près de quinze ans. Le prix médian d'adjudication en salle s'était replié à 26 513 dollars, sa plus faible valeur réelle en presque six ans. Le message est clair : davantage de véhicules changent de main, mais à des prix qui, corrigés de l'inflation, reculent.

## Un marché qui se fracture entre le sommet et la base

La donnée la plus révélatrice de 2026 tient à l'écartement entre les deux extrémités du marché. En juin, le fossé entre le **Blue Chip Index**, qui suit vingt-cinq automobiles valant chacune plus d'un million de dollars, et le Hagerty Hundred, panier de cent modèles plus accessibles, a atteint 27,22 points. Le premier se maintient à 75,54 quand le second est retombé à 48,32.

Autrement dit, les pièces rares au pedigree incontestable conservent leur valeur, tandis que les voitures de collection ordinaires, portées jusqu'ici par la nostalgie d'une génération d'acheteurs vieillissante, perdent du terrain. Les modèles préguerre en état moyen, certaines berlines de luxe du milieu du XXe siècle et une partie des classiques britanniques figurent parmi les plus touchés.

## Rétromobile confirme la prime à la rareté

Cette hiérarchie s'est vérifiée à Paris. Le 29 janvier 2026, la vente Gooding Christie's organisée au salon Rétromobile a totalisé 50,41 millions d'euros pour 83 lots. Une **Ferrari 288 GTO de 1984** a mené les débats à 9 117 500 euros, dépassant nettement son estimation haute, suivie d'une Ferrari FXX K Evo de 2018 à 6 980 000 euros et d'un rare coupé Talbot-Lago T150-C-SS de 1938 à 6 755 000 euros.

Mais la même vacation a laissé quatorze véhicules invendus, faute d'atteindre leur prix de réserve, dont la Ferrari 250 GT SWB Berlinetta de 1960 pourtant estimée entre 8 et 9 millions d'euros. Le signal résume l'année : les acheteurs paient sans hésiter pour l'exceptionnel et l'authentique, mais deviennent exigeants dès que la provenance ou l'état laissent place au doute.

## Les indices patrimoniaux confirment la stabilisation

À l'échelle des actifs de passion, le tableau se stabilise après deux années de correction. Le **Knight Frank Luxury Investment Index**, publié le 23 avril 2026, affiche un léger recul de 0,4 % sur 2025, mais une progression de 38,6 % sur dix ans. L'art impressionniste a bondi, les montres ont gagné 5,1 %, quand le vin fin mesuré par le Liv-ex Fine Wine 100 a cédé 2,5 %.

Pour l'automobile, l'indice met en avant des ventes spectaculaires plutôt qu'une performance moyenne uniforme, à l'image d'une Mercedes 300 SL Gullwing de 1956 non restaurée adjugée cinq millions de dollars par Artcurial à Paris. La rareté et la provenance sont devenues les seuls véritables moteurs de valorisation.

## Ce que change ce contexte pour les fonds dédiés

Pour l'épargnant, détenir une automobile d'exception suppose un ticket d'entrée élevé, une expertise pointue et des frais de garde, d'entretien et d'assurance loin d'être anecdotiques. C'est précisément le besoin auquel répondent les [fonds d'investissement en voitures de collection](https://www.france-epargne.fr/products/assurance-collections/classic-car-funds), qui mutualisent l'achat et la gestion de plusieurs véhicules et permettent de s'exposer à cette classe d'actifs sans posséder ni conduire soi-même la voiture.

Certaines structures affichent des résultats supérieurs au marché sur la période récente. Le véhicule britannique TheCarCrowd revendique ainsi un rendement de 15,8 % en 2023 et de 12,7 % en 2024, alors que le marché des collectibles automobiles se contractait d'environ 6 %. Ces chiffres, communiqués par la société, illustrent l'intérêt d'une sélection resserrée sur les modèles blue chip dans une phase où le marché courant recule.

La prudence reste toutefois de mise. La liquidité d'un tel placement demeure faible, les performances passées ne préjugent pas des performances futures et l'écartement observé en 2026 souligne le risque d'une allocation mal ciblée. Les fonds les plus exposés au segment intermédiaire pourraient souffrir davantage que ceux concentrés sur les pièces les plus recherchées.

## Une fiscalité française préservée en 2026

Côté fiscal, la loi de finances pour 2026 a maintenu le cadre applicable aux véhicules de collection. À la revente, le cédant peut opter pour une **taxe forfaitaire de 6,5 %** assise sur le prix de vente (6 % d'impôt sur le revenu et 0,5 % de CRDS), ou pour le régime général des plus-values sur biens meubles, avec un abattement de 5 % par an au-delà de la deuxième année de détention, aboutissant à une exonération totale après vingt-deux ans. Les cessions inférieures ou égales à 5 000 euros restent exonérées.

Ces règles, codifiées aux articles 150 VI et suivants du Code général des impôts, s'appliquent aux propriétaires détenant leur véhicule à titre personnel. Les voitures de collection demeurent par ailleurs hors du champ de l'impôt sur la fortune immobilière en 2026, l'idée d'un élargissement ayant été écartée. Un investisseur passant par une structure patrimoniale relève en revanche de règles distinctes qu'il convient d'examiner au cas par cas.

## Ce qu'il faut surveiller

Les prochaines grandes vacations de l'été et de l'automne, notamment aux États-Unis, diront si le très haut de gamme continue de résister ou s'il finit par céder à son tour. La trajectoire du Hagerty Market Rating, la profondeur de l'écart entre Blue Chip Index et Hagerty Hundred, ainsi que le comportement des acheteurs face aux modèles récents des années 1980 et 1990 constitueront les principaux baromètres à suivre pour évaluer la pertinence d'une exposition, directe ou via un fonds, à cette classe d'actifs de passion.
