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title: "Treasuries : le pari sur une hausse de la Fed s'allège après l'espoir d'un accord avec l'Iran"
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description: "Les rendements des Treasuries ont chuté de 8 points de base sur l'espoir d'un accord avec l'Iran, avant un rebond freiné par une inflation plus forte que prévu."
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author: "Emmanuel d'Ibelin"
publishedAt: "2026-06-15T01:39:03.266Z"
updatedAt: "2026-06-15T01:39:03.285Z"
readingTimeMinutes: 5
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# Treasuries : le pari sur une hausse de la Fed s'allège après l'espoir d'un accord avec l'Iran

> Les rendements des Treasuries ont chuté jusqu'à 8 points de base le 11 juin sur l'annonce d'un règlement avec l'Iran, les opérateurs allégeant leur pari sur une hausse de la Fed. Le mouvement s'est inversé le 12 juin, freiné par un doute de Donald Trump et une inflation plus forte que prévu.

Les rendements des bons du Trésor américain ont connu deux séances contrastées les 11 et 12 juin 2026, au gré des signaux envoyés par Washington sur un possible accord avec l'Iran. Le marché obligataire de 31 000 milliards de dollars a d'abord salué une perspective de désescalade qui réduirait la facture énergétique et, par ricochet, la pression inflationniste qui nourrit les anticipations de resserrement de la Réserve fédérale.

## Une détente brutale des taux le 11 juin

Le jeudi 11 juin, le rendement du Treasury à dix ans a reculé jusqu'à **8 points de base**, entraînant dans son sillage les titres à deux et trente ans. Le déclencheur : Donald Trump a renoncé à de nouvelles frappes contre l'Iran et évoqué un **règlement**, sous réserve de la finalisation des documents. La perspective d'un apaisement a fait plonger les prix de l'énergie et tomber les rendements obligataires à l'échelle mondiale.

Pour les opérateurs, le raisonnement est direct. Un repli durable du pétrole allège le scénario d'une inflation importée par l'énergie, donc la probabilité que la Fed doive durcir sa politique. Les paris sur une hausse de taux d'ici la fin de l'année, jusqu'alors solidement ancrés, ont été partiellement dénoués.

## Les chiffres du 12 juin

Le mouvement s'est en partie inversé le vendredi 12 juin. Le rendement à dix ans, principale référence pour les crédits immobiliers et à la consommation outre-Atlantique, a regagné un peu plus d'un point de base à **4,483 %**. Le deux ans, sensible aux décisions de la banque centrale, est remonté à **4,087 %**, tandis que le trente ans, plus réactif aux événements géopolitiques, a avancé de deux points de base à **4,972 %**.

Côté énergie, les contrats à terme sur le brut américain ont clôturé en baisse de 3,2 % à **84,88 dollars** le baril, et le Brent a cédé 3,4 % à **87,33 dollars**, après que le président américain a laissé entendre qu'un accord pourrait finalement échouer.

## Un accord encore fragile

La nervosité du marché tient à la fragilité de l'accord. Sur sa plateforme Truth Social, Donald Trump a contesté les modalités diffusées par Téhéran : Les conditions que l'Iran a divulguées aux fausses nouvelles n'ont RIEN à voir avec celles qui ont été convenues, par écrit. Quelques heures plus tard, le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif affirmait pourtant qu'un texte final et convenu avait été trouvé.

L'agence iranienne Mehr News a détaillé un projet de mémorandum d'entente en 14 points. Il prévoit la réouverture du détroit d'Ormuz avec l'accord de l'Iran, la levée des sanctions pétrolières et la fin des hostilités dans la région, y compris au Liban. Le détroit, par lequel transite une part majeure du commerce mondial de brut et de gaz, reste l'enjeu central pour les prix de l'énergie.

## L'inflation rappelle la Fed à la prudence

Le retournement des rendements le 12 juin doit aussi à un autre facteur : un indice des prix à la production de mai nettement plus élevé qu'attendu. Cet indicateur des prix de gros a progressé de **1,1 %** sur le mois en données corrigées des variations saisonnières, portant le rythme annuel à **6,5 %**, selon le Bureau of Labor Statistics. Les économistes interrogés par Dow Jones tablaient sur une hausse mensuelle de 0,7 %.

Cette surprise rappelle que la désinflation reste incertaine. Tant que les prix de gros accélèrent, l'hypothèse d'un durcissement monétaire garde de la consistance, ce qui limite la portée du repli des taux déclenché par l'espoir diplomatique.

## Warsh face à son premier arbitrage

Le calendrier ajoute à la tension. Kevin Warsh, investi le 22 mai 2026 comme président de la Réserve fédérale, préside les 16 et 17 juin son premier comité de politique monétaire. Le taux directeur évolue dans une fourchette de 3,5 à 3,75 %, et un statu quo est largement anticipé pour cette réunion. Le marché scrutera surtout le ton du nouveau président et la trajectoire esquissée par les projections économiques.

Les opérateurs jouent donc deux forces opposées : une désescalade géopolitique qui plaide pour des taux plus bas, et une inflation toujours vive qui plaide pour la vigilance. L'arbitrage entre les deux dictera la direction des rendements dans les prochaines semaines.

## Ce que cela change pour l'épargnant français

Les rendements américains servent de boussole aux marchés obligataires mondiaux, zone euro comprise. Une détente des taux longs outre-Atlantique tend à soutenir le prix des obligations déjà en portefeuille et à comprimer les rendements des nouvelles émissions, ce qui touche directement les fonds en euros de l'assurance vie et les fonds obligataires.

À l'inverse, une remontée des taux, alimentée par l'inflation ou par l'échec de l'accord, pèserait sur la valeur des obligations existantes mais améliorerait le rendement des supports nouvellement souscrits. Pour un épargnant, ce contexte plaide pour une diversification et une attention au moment d'entrée sur les supports obligataires.

## Ce qu'il faut surveiller

-   La confirmation ou l'effondrement du mémorandum d'entente entre Washington et Téhéran, et le sort du détroit d'Ormuz.
-   La réunion de la Fed des 16 et 17 juin et le premier message de Kevin Warsh.
-   La trajectoire du pétrole, principal canal de transmission vers l'inflation et les taux.
-   Les prochaines publications d'inflation américaine, après un indice des prix à la production de mai supérieur aux attentes.

Le marché obligataire reste suspendu à un équilibre instable entre diplomatie et données économiques. Chaque signal sur l'Iran, comme chaque chiffre d'inflation, déplace le curseur des anticipations sur la Réserve fédérale.
