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title: "Taux obligataires : Klingbeil accuse la guerre de Trump en Iran, Bund 30 ans à 3,79 %"
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category: macro-economics
description: "Lars Klingbeil impute la flambée des taux obligataires à la guerre de Trump en Iran. Bund 30 ans à 3,79 %, OAT à 4,12 %. Ce que cela change pour l'épargne."
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author: "Emmanuel d'Ibelin"
publishedAt: "2026-08-24T17:01:16.909Z"
updatedAt: "2026-08-24T17:01:16.941Z"
readingTimeMinutes: 7
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# Taux obligataires : Klingbeil accuse la guerre de Trump en Iran, Bund 30 ans à 3,79 %

> Le ministre allemand des Finances Lars Klingbeil attribue la flambée des taux obligataires à « la guerre de Donald Trump en Iran ». Le Bund 30 ans a touché 3,79 %, un plus haut depuis 2011, et l'OAT française 4,15 %, un record depuis 2008. Les marchés avancent d'autres causes.

**Lars Klingbeil impute la flambée des rendements obligataires mondiaux à « la guerre de Donald Trump en Iran ».** Le ministre allemand des Finances s'exprimait lundi 24 août 2026 lors d'une conférence de presse à Schaan, au Liechtenstein, aux côtés de ses homologues des pays germanophones. « La hausse des taux d'intérêt de ces derniers jours et de ces dernières semaines résulte de l'incertitude mondiale déclenchée par la guerre de Donald Trump en Iran », a déclaré celui qui est également numéro deux du gouvernement de Friedrich Merz et coprésident du SPD.

La déclaration frappe par sa cible. Un ministre des Finances du G7 désigne nommément la politique du président américain comme la cause du renchérissement de la dette de son propre pays. Elle intervient alors que le rendement du **Bund allemand à trente ans** a atteint 3,79 % la semaine dernière, son plus haut niveau depuis 2011, et que Berlin, émetteur de référence de la zone euro, a placé la veille une obligation de même maturité au rendement le plus élevé depuis quinze ans.

## Un discours déjà tenu samedi, sur un ton plus prudent

Klingbeil défendait la même lecture deux jours plus tôt, en appelant à la mesure. « Il est important de garder la tête froide, de voir les dangers, mais aussi de ne pas les amplifier », déclarait le ministre au groupe de médias RND, interrogé sur les effets inflationnistes du conflit. Il y reconnaissait des risques pour une croissance allemande qui reprend lentement des couleurs, ainsi que de nouvelles perturbations des chaînes d'approvisionnement.

« Plus cette guerre durera, plus les conséquences économiques seront importantes », ajoutait alors le ministre. L'Allemagne encaisse déjà le choc sous la forme d'une envolée des prix du carburant et du gaz, un renchérissement que le ministre a lié lundi à la dégradation générale des conditions économiques en Europe.

## Une tension obligataire qui dépasse largement Berlin

Le mouvement touche l'ensemble des grandes signatures souveraines. Le rendement de l'emprunt d'État français à dix ans, l'**OAT**, évoluait à 4,12 % lundi 24 août, après avoir culminé à 4,15 % le 20 août, un sommet inédit depuis novembre 2008. Le Bund à dix ans se traitait pour sa part à 3,25 %. L'écart entre les deux ressort ainsi à environ 87 points de base.

Hors de la zone euro, la tension est du même ordre. Le rendement du Trésor américain à dix ans s'établissait à 4,70 % lundi, après avoir approché 4,75 %. Celui de l'emprunt à trente ans a franchi 5 % le 18 août, une première depuis 2007. Au Japon, le taux à dix ans frôle 3 %, un plus haut de trois décennies, et le trente ans dépasse légèrement 4 %. Le gilt britannique à trente ans s'est rapproché de ses sommets de mai, les plus élevés depuis 1998.

## Les investisseurs avancent d'autres causes

L'explication de Klingbeil ne fait pas l'unanimité sur les marchés. Plusieurs stratégistes placent la dégradation des finances publiques avant la prime de risque géopolitique. La récente flambée des rendements « suggère que les investisseurs perdent patience face à la prodigalité budgétaire », estime **Jonas Goltermann**, économiste en chef des marchés chez Capital Economics, qui juge le phénomène « absolument pas surprenant : les perspectives budgétaires de plusieurs grandes économies sont problématiques, et les responsables politiques se sont montrés peu enclins à s'attaquer à ce problème ».

La dette fédérale américaine avoisine 40 000 milliards de dollars. La Fed de New York évalue la **prime de terme**, soit la rémunération supplémentaire exigée pour prêter à l'État sur dix ans, à environ 80 points de base, près de son plus haut niveau depuis douze ans. Un facteur plus récent s'y ajoute : les emprunts massifs des géants technologiques pour financer leurs centres de données dédiés à l'intelligence artificielle, qui concurrencent directement la demande d'obligations souveraines.

« Nous pensons que les taux à long terme ont subi une mort à petit feu », écrit **Gennadiy Goldberg**, analyste chez TD Securities, pour qui « le manque de conviction des investisseurs pourrait maintenir les rendements sous pression à court terme ». Les analystes citent également les interrogations sur la clarté de la communication de la Réserve fédérale depuis l'arrivée de Kevin Warsh à sa présidence.

## Le pétrole, courroie de transmission vers l'inflation

Le conflit iranien atteint les marchés obligataires par le canal du baril. Le **Brent** s'échangeait à 91,5 dollars lundi matin, en recul de 2 % par rapport à la clôture de vendredi, et le brut américain WTI à 86,2 dollars. Ces niveaux alimentent les anticipations d'inflation et érodent la valeur réelle des coupons fixes, ce qui pousse les investisseurs à réclamer des rendements plus élevés.

Le détroit d'Ormuz reste le point de friction. Environ 40 navires y ont transité vendredi soir, transportant quelque 16 millions de barils, des volumes qui demeurent nettement inférieurs à ceux d'avant le conflit. Les frappes sur les bâtiments se poursuivent, alors que Washington et Téhéran n'ont plus mené de frappes aériennes l'un contre l'autre depuis plusieurs semaines. Leurs dernières discussions officielles en face à face remontent à juin, pour un conflit entamé il y a six mois.

Le secrétaire américain au Trésor **Scott Bessent** devait détailler lundi à 19 heures un train de sanctions qu'il a présenté comme « la plus grande offensive financière jamais menée contre un adversaire ». Le dispositif viserait les pays et entités qui continuent d'acheter du pétrole iranien, d'en traiter les flux financiers ou d'en assurer le transport, en complément du blocus naval existant. Washington s'apprêtait à avertir ces partenaires qu'ils risquent d'être coupés du système financier en dollars, selon une source citée par Reuters.

## Ce que la hausse des taux change pour les épargnants français

La dette souveraine sert de référence au coût du crédit pour les entreprises et les ménages, prêts immobiliers compris. Une OAT durablement installée à plus de 4 % renchérit les barèmes bancaires et pèse sur la capacité d'emprunt des acquéreurs.

L'effet joue en sens inverse pour l'épargne de long terme. Les **fonds en euros** de l'assurance vie investissent majoritairement en obligations d'État et d'entreprises : les nouveaux flux se placent à des rendements supérieurs, ce qui soutient les taux servis avec un décalage de plusieurs années, le temps que les portefeuilles se renouvellent. Les porteurs d'obligations déjà détenues subissent en revanche une baisse de la valeur de leurs titres, la hausse des rendements faisant reculer les cours.

Certains gérants jugent le point d'entrée attractif. « Nous sommes positionnés sur la duration. Je ne m'attends pas à ce que la vague actuelle de ventes d'obligations dure », indique **Christopher Dembik**, conseiller en investissement senior chez Pictet. **Guy Miller**, stratégiste en chef des marchés chez Zurich Insurance Group, situe le seuil critique à 5 % sur le dix ans américain : « Ce sera très important, non seulement pour les marchés obligataires, mais aussi pour les autres actifs financiers, car tout franchissement à la hausse risquerait de saper la confiance. »

## Ce qu'il faut surveiller

-   Le contenu précis des sanctions dévoilées par Washington et la réaction du baril lors des séances suivantes.
-   Le seuil de 5 % sur le rendement du Trésor américain à dix ans, considéré comme un point de bascule pour l'ensemble des actifs financiers.
-   Une réouverture éventuelle du détroit d'Ormuz, condition d'une normalisation des prix de l'énergie.
-   Les prochaines adjudications allemandes et françaises, dont la demande mesure l'appétit réel des investisseurs pour la dette longue.
-   L'écart de rendement entre l'OAT et le Bund, indicateur de la prime spécifique exigée sur la signature française.
