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title: "Taux d'usure : les plafonds du crédit immobilier remontent au 1er juillet 2026"
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description: "Les seuils de l'usure du crédit immobilier remontent au 1er juillet 2026. Le plafond sur vingt ans passe de 5,19 % à 5,29 %. Impact pour les emprunteurs."
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author: "Emmanuel d'Ibelin"
publishedAt: "2026-07-01T06:07:52.131Z"
updatedAt: "2026-07-01T06:07:52.147Z"
readingTimeMinutes: 5
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# Taux d'usure : les plafonds du crédit immobilier remontent au 1er juillet 2026

> Les seuils de l'usure applicables aux prêts immobiliers augmentent au 1er juillet 2026. Le plafond des crédits à taux fixe sur vingt ans et plus passe de 5,19 % à 5,29 %. Cette hausse rouvre une marge aux dossiers les plus fragiles.

La Banque de France a relevé les **seuils de l'usure** applicables aux crédits immobiliers pour le troisième trimestre 2026. Publiées par l'avis du 26 juin 2026 au Journal officiel, les nouvelles limites entrent en vigueur le 1er juillet et resteront valables jusqu'au 30 septembre. Elles fixent le taux annuel effectif global (TAEG) maximal au-delà duquel une banque n'a pas le droit d'accorder un prêt.

La progression reste mesurée, comprise entre 7 et 28 centièmes de point selon la catégorie de prêt. Pour les emprunteurs, chaque dixième de point compte : dans un dossier serré, quelques centièmes suffisent parfois à faire basculer un accord de financement du refus vers l'acceptation.

## Ce que prévoient les nouveaux seuils

Le relèvement touche l'ensemble des catégories de prêts immobiliers. Le plafond le plus scruté, celui des crédits à taux fixe sur vingt ans et plus, passe de 5,19 % à 5,29 %. Les autres seuils suivent le même mouvement.

-   **Taux fixe de moins de 10 ans** : de 4,00 % à 4,07 %.
-   **Taux fixe de 10 à moins de 20 ans** : de 4,48 % à 4,57 %.
-   **Taux fixe de 20 ans et plus** : de 5,19 % à 5,29 %.
-   **Prêts à taux variable** : de 5,00 % à 5,28 %.
-   **Prêts relais** : de 6,20 % à 6,39 %.

Ces montants encadrent la totalité du coût du crédit. Le TAEG additionne le taux nominal, l'assurance emprunteur lorsqu'elle est exigée, les frais de dossier, les frais de garantie et les autres coûts obligatoires. Un dossier dont le taux nominal reste raisonnable peut donc franchir le plafond une fois l'assurance intégrée.

## Un calcul qui suit les taux avec un trimestre de retard

Le mécanisme obéit à une règle stricte. La Banque de France collecte auprès des banques le taux effectif moyen (TEM) réellement pratiqué sur les prêts accordés au trimestre précédent, par catégorie, puis le majore d'un tiers pour obtenir le seuil de l'usure. Sur les crédits de vingt ans et plus, le TEM du deuxième trimestre 2026 ressort à 3,97 %, ce qui aboutit après majoration au plafond de 5,29 %.

Ce fonctionnement introduit un décalage. Le seuil du troisième trimestre reflète les conditions de marché du printemps, alors que les taux commercialisés en juillet ont déjà évolué. Lorsque les taux montent vite, ce retard peut resserrer la contrainte au fil du trimestre, un effet qui avait justifié des mesures exceptionnelles par le passé.

## Le souvenir de la crise de l'usure

La mécanique du seuil avait provoqué de véritables blocages en 2022 et 2023. La remontée brutale des taux, passés d'environ 1 % début 2022 à plus de 3 % sur vingt ans au printemps 2023, avait pris de vitesse la révision trimestrielle. De nombreux dossiers se retrouvaient au-dessus du plafond, en particulier ceux des primo accédants, des seniors et des profils présentant un coût d'assurance élevé.

Pour desserrer l'étau, la Banque de France avait dérogé à la règle habituelle en publiant les seuils chaque mois du 1er février au 1er décembre 2023. Cette mensualisation avait redonné aux banques une marge pour ajuster leurs barèmes plus souplement et avait nettement réduit l'accumulation de refus au niveau du seuil. La stabilisation des taux directeurs et la détente des taux longs ont ensuite permis le retour à la fixation trimestrielle.

> La hausse du plafond n'ouvre pas mécaniquement le crédit. Elle laisse aussi aux banques la possibilité de relever leurs propres barèmes, prévient Fabien Monvoisin, dirigeant du groupe Win'Up. La sélectivité des établissements et la qualité des dossiers demeurent déterminantes.

## Un marché du crédit en légère remontée

Ce relèvement intervient alors que les taux de crédit se sont tendus depuis le début de l'année. En juin 2026, le taux moyen constaté sur vingt ans s'établit autour de 3,37 % selon l'Observatoire Crédit Logement, les meilleurs profils obtenant des conditions proches de 3,15 %. L'écart avec le seuil de l'usure laisse une marge confortable pour la majorité des dossiers, mais celle-ci se réduit dès que le coût de l'assurance grimpe.

La remontée récente des taux longs pèse sur cette trajectoire. L'OAT à dix ans, référence du financement immobilier, a brièvement dépassé 4 % le 20 mai avant de refluer autour de 3,61 % en fin de mois, en repli d'une vingtaine de points de base depuis. Les barèmes bancaires réagissent à ce mouvement avec un décalage, ce qui explique la progression modérée des seuils pour le trimestre d'été.

## Ce que cela change pour les emprunteurs

La hausse profite d'abord aux profils dont le TAEG frôle la limite. Un senior dont la prime d'assurance alourdit fortement le coût global, un primo accédant au dossier tendu ou un acquéreur souscrivant une assurance renforcée gagnent quelques centièmes de marge. Cette respiration peut suffire à faire aboutir un financement jusque là recalé.

La délégation d'assurance reste un levier central pour rester sous le plafond. En substituant un contrat externe à l'assurance groupe de la banque, un emprunteur peut abaisser sensiblement son TAEG et se replacer dans les clous. Depuis la loi Lemoine, la résiliation et le changement de contrat sont possibles à tout moment, sans condition d'ancienneté.

Les candidats à l'achat ont intérêt à surveiller la trajectoire des seuils au fil des prochains trimestres. Le plafond du quatrième trimestre, calculé sur les taux de l'été, sera publié fin septembre. Sa direction dépendra largement de l'évolution de l'OAT et des barèmes bancaires d'ici là.

## À surveiller dans les prochaines semaines

Trois points méritent l'attention des emprunteurs cet été. La trajectoire de l'OAT à dix ans conditionnera les barèmes de rentrée. Le niveau des taux commerciaux pratiqués en juillet et août alimentera le calcul du seuil du quatrième trimestre. Enfin, l'évolution du coût de l'assurance emprunteur restera le facteur décisif pour les dossiers proches de la limite.
