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title: "Succession à la BCE : Paris soutiendrait Knot contre le poste de chef économiste"
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category: central-banks
description: "Paris appuierait Klaas Knot à la présidence de la BCE si un Français obtient le poste de chef économiste. Mandat de Christine Lagarde jusqu'au 31 octobre 2027."
keywords: [succession BCE, Klaas Knot, chef économiste BCE, départ Christine Lagarde, présidence BCE 2027, mandat Philip Lane, taux directeurs BCE, politique monétaire zone euro, Agnès Bénassy-Quéré, directoire BCE]
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canonical: "https://www.france-epargne.fr/news/succession-a-la-bce-paris-soutiendrait-knot-contre-le-poste-de-chef-economiste"
author: "Emmanuel d'Ibelin"
publishedAt: "2026-09-16T06:17:03.679Z"
updatedAt: "2026-09-16T06:17:03.725Z"
readingTimeMinutes: 8
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# Succession à la BCE : Paris soutiendrait Knot contre le poste de chef économiste

> La France appuierait le Néerlandais Klaas Knot pour succéder à Christine Lagarde si le poste de chef économiste de la BCE revient à un Français, selon Reuters. Trois noms circulent à Paris. Le mandat de Philip Lane s'achève le 31 mai 2027.

La France soutiendrait le Néerlandais **Klaas Knot** pour succéder à Christine Lagarde à la présidence de la **Banque centrale européenne** (BCE), à condition que le poste de chef économiste de l'institution revienne à un candidat français. L'information, révélée par Reuters le 15 septembre 2026, décrit une proposition informelle qui bénéficierait du soutien du président Emmanuel Macron. L'Élysée n'a pas répondu à la demande de commentaire de l'agence, Klaas Knot a refusé de s'exprimer et la BCE n'a pas commenté.

Le **directoire** de la BCE, composé du président, du vice-président et de quatre autres membres, prépare les réunions du **Conseil des gouverneurs** (l'organe qui fixe les taux directeurs, réunissant le directoire et les gouverneurs des banques centrales nationales) et met en œuvre la politique monétaire de la zone euro. Ses membres sont nommés par le Conseil européen statuant à la majorité qualifiée. Le poste de chef économiste passe pour le deuxième de l'institution après la présidence, selon le Financial Times.

## Un échange de postes porté par l'Élysée

Plutôt que de présenter son propre candidat à la présidence, Paris miserait sur un soutien négocié. La contrepartie demandée porte sur la fonction de chef économiste, qui façonne les projections macroéconomiques produites par les services de l'institution, les modèles de taux et les recommandations soumises au Conseil des gouverneurs.

Le calendrier rend l'arbitrage crédible. Selon le tableau des mandats publié par la BCE, celui de **Philip Lane**, l'Irlandais qui occupe le poste depuis le 1er juin 2019, s'achève le 31 mai 2027. Celui de Christine Lagarde court jusqu'au 31 octobre 2027. Les deux sièges se libèrent à cinq mois d'intervalle, ce qui ouvre la voie à une négociation groupée.

Un responsable français cité par Reuters résume l'appréciation portée sur le Néerlandais : « C'est un faucon mais d'une manière intelligente. » Le calcul parisien consiste à accepter un président réputé restrictif en échange de la maîtrise des analyses soumises au Conseil des gouverneurs.

## Klaas Knot, un faucon jugé « intelligent » par Paris

Klaas Knot, 59 ans, a dirigé la banque centrale néerlandaise de 2011 à 2025, soit quatorze années passées au Conseil des gouverneurs de la BCE. Il a aussi présidé le **Conseil de stabilité financière** (FSB, l'organisme rattaché au G20 chargé de surveiller les risques du système financier mondial) de 2021 à 2025, avant que le Britannique Andrew Bailey ne lui succède en juillet 2025. Les acteurs de marché le classent parmi les pragmatiques, naturellement enclins à la rigueur monétaire mais disposés à changer de cap selon les données.

Son principal rival est l'Espagnol **Pablo Hernández de Cos**, 55 ans, directeur général de la **Banque des règlements internationaux** (BRI, la banque centrale des banques centrales, installée à Bâle) depuis 2025 et ancien gouverneur de la banque centrale espagnole. Le président de la Bundesbank Joachim Nagel, 60 ans, et Nadia Calviño, 57 ans, qui préside la Banque européenne d'investissement, complètent la liste établie par Reuters. Le Financial Times y ajoute l'ancien gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau.

## Pourquoi le chef économiste de la BCE pèse autant

Le chef économiste présente aux gouverneurs les projections internes et la proposition de décision sur les taux. Il fixe de fait le cadre du débat. Otmar Issing, premier titulaire du poste entre le 1er juin 1998 et le 31 mai 2006, a structuré la doctrine monétaire des premières années de l'euro depuis ce fauteuil.

La question de la représentation nationale se pose également. Le directoire réunit aujourd'hui Christine Lagarde, le vice-président croate Boris Vujčić, l'Italien Piero Cipollone, le Néerlandais Frank Elderson, l'Irlandais Philip Lane et l'Allemande Isabel Schnabel. Le départ de la présidente priverait la France de toute présence au directoire, sauf à obtenir un autre siège. Benoît Cœuré, dernier Français à y avoir siégé en dehors d'elle, a quitté l'institution le 31 décembre 2019.

Une difficulté se pose côté néerlandais. Le mandat de Frank Elderson court jusqu'au 14 décembre 2028, si bien qu'une présidence attribuée à Klaas Knot placerait deux Néerlandais au directoire.

## Trois économistes françaises dans la balance

Paris fait circuler les noms de trois femmes pour le portefeuille économique.

-   **Agnès Bénassy-Quéré**, seconde sous-gouverneure de la Banque de France, professeure d'économie en disponibilité de l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et de l'École d'économie de Paris, cheffe économiste de la direction générale du Trésor de 2020 à 2023.
-   **Laurence Boone**, ancienne cheffe économiste de l'Organisation de coopération et de développement économiques et ancienne secrétaire d'État chargée de l'Europe, aujourd'hui responsable du pôle financement et investissement de Santander en France selon le Financial Times.
-   **Hélène Rey**, nommée conseillère économique et cheffe du département monétaire et économique de la BRI pour cinq ans à compter du 1er septembre 2026, et titulaire de la chaire Lord Raj Bagri d'économie à la London Business School depuis 2016.

Le cas de la troisième illustre la difficulté de l'exercice. Hélène Rey vient de prendre à Bâle, sous l'autorité de Pablo Hernández de Cos, le poste laissé vacant par Hyun Song Shin. La déloger supposerait de défaire une prise de fonctions vieille de deux semaines.

## Berlin vise le même fauteuil

L'Allemagne réclame elle aussi le portefeuille économique, selon le Financial Times. Berlin privilégierait un président non allemand associé à un chef économiste allemand, et jugerait problématique l'attelage d'un président espagnol avec un économiste français. Paris estime de son côté qu'une présidence néerlandaise doublée d'un économiste allemand serait inacceptable.

Le quotidien britannique cite également, pour le poste économique, Markus Brunnermeier (Princeton), Monika Piazzesi (Stanford) et Tobias Adrian, ancien responsable au Fonds monétaire international. Un diplomate européen cité par le journal fixe l'échéance de la négociation : « L'objectif est d'avoir un paquet global validé d'ici la fin de l'année. »

## Un calendrier suspendu au départ de Christine Lagarde

Rien ne se décidera tant que la présidente n'aura pas tranché. Christine Lagarde a déclaré aux Échos le 3 juillet 2026 qu'un départ anticipé était « possible », avant de refroidir la spéculation. Interrogée le 10 septembre sur son avenir, elle a répondu n'avoir « rien à signaler ». Son nom circule depuis février 2026 pour la présidence du Forum économique mondial.

L'incertitude pèse en interne. Le comité du personnel de la BCE a écrit au directoire pour réclamer des clarifications, estimant qu'une incertitude prolongée sur la direction de l'institution risque d'affecter la confiance dans sa communication, d'inquiéter le personnel et les parties prenantes, et de compliquer la préparation ordonnée de la succession, selon la lettre citée par Euronews. Les représentants du personnel précisent ne pas se prononcer sur l'exactitude des informations de presse ni contester le droit de quiconque à envisager d'autres fonctions.

Le mandat d'Isabel Schnabel s'achève le 31 décembre 2027. Son départ éventuel vers le Fonds monétaire international, évoqué en septembre, ouvrirait un troisième siège et transformerait la négociation en recomposition complète du directoire.

## Quel impact pour l'épargne française ?

La BCE a relevé ses taux le 10 septembre 2026. Depuis le 16 septembre, la **facilité de dépôt** (le taux auquel les banques rémunèrent leurs liquidités déposées auprès de l'institut d'émission) s'établit à 2,50 %, contre 2,25 % depuis le 17 juin. Le taux des opérations principales de refinancement atteint 2,65 % et celui de la facilité de prêt marginal 2,90 %.

Ces niveaux commandent la rémunération de l'épargne réglementée et le coût du crédit. Le taux annuel du **Livret A** s'élève à 1,7 %. Sa formule combine l'inflation hors tabac et la moyenne des taux courts du marché monétaire, elle-même arrimée aux décisions du Conseil des gouverneurs. Une BCE plus restrictive maintient les taux courts à un niveau élevé, ce qui soutient la rémunération des livrets et renchérit les emprunts immobiliers.

L'orientation du futur chef économiste compte donc directement pour les épargnants. Le ou la titulaire du poste arbitre la lecture de l'inflation présentée aux gouverneurs et la vitesse à laquelle la BCE juge nécessaire de durcir ou d'assouplir sa politique.

## À surveiller d'ici décembre

-   Une annonce de Christine Lagarde sur la durée effective de son mandat.
-   Le vote du conseil d'administration du Forum économique mondial, attendu en novembre selon le Financial Times.
-   La position officielle de Berlin sur le portefeuille économique.
-   Le sort du siège d'Isabel Schnabel et son éventuelle candidature au Fonds monétaire international.
-   Le lancement de la procédure de remplacement de Philip Lane, dont le mandat expire le 31 mai 2027.

Aucune décision formelle n'interviendra avant un accord entre les chefs d'État et de gouvernement des vingt et un pays de la zone euro. L'Allemagne, la France et l'Italie y disposent d'une représentation permanente de fait.
