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title: "Santé des expatriés : 93 % sont assurés, 53 % renoncent pourtant à des soins"
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description: "Baromètre 2026 : 93 % des expatriés français sont assurés mais 53 % renoncent ou reportent des soins. Reste à charge, inflation médicale et CFE décryptés."
keywords: [assurance santé internationale, expatriés santé, IPMI, baromètre santé expatriés 2026, CFE cotisations, renoncement aux soins expatriés, inflation médicale 2026, assurance au premier euro, "Français de l'étranger", couverture santé expatrié, APRIL International, rapatriement sanitaire]
tags: [assurance-sante-internationale, expatries, ipmi, cfe, april-international, renoncement-aux-soins, inflation-medicale, mutuelle-sante, francais-de-letranger, rapatriement-sanitaire, wtw, protection-sociale]
canonical: "https://www.france-epargne.fr/news/sante-des-expatries-93-sont-assures-53-renoncent-pourtant-a-des-soins"
author: "Emmanuel d'Ibelin"
publishedAt: "2026-08-29T09:12:00.590Z"
updatedAt: "2026-08-29T09:12:00.635Z"
readingTimeMinutes: 7
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# Santé des expatriés : 93 % sont assurés, 53 % renoncent pourtant à des soins

> Le Baromètre Santé des Expatriés 2026, mené auprès de 6 400 Français dans 80 pays, révèle un paradoxe : 93 % détiennent une couverture santé, mais 53 % ont renoncé à des soins ou les ont différés. Le reste à charge, et non le taux de couverture, explique l'écart.

Quatre vingt treize pour cent des expatriés français déclarent disposer d'une couverture santé. Plus de la moitié d'entre eux ont pourtant renoncé à des soins ou les ont reportés. Ce décalage constitue le principal enseignement du Baromètre Santé des Expatriés 2026, réalisé par Expat Communication avec la Caisse des Français de l'étranger (CFE) et APRIL International auprès de plus de 6 400 personnes installées dans plus de 80 pays.

Le résultat contredit l'intuition selon laquelle la détention d'un contrat suffit à garantir l'accès aux soins. Dans le détail, 26 % des répondants déclarent avoir renoncé à des soins dont ils estimaient avoir besoin et 40 % les avoir différés, soit 53 % au total. La mesure porte sur le vécu déclaré, non sur les remboursements effectivement versés.

## Deux causes financières dominent le renoncement

Les motifs invoqués sont explicitement économiques. Un remboursement jugé insuffisant arrive en tête, cité par 51 % des personnes concernées, suivi de très près par un coût des soins trop élevé, mentionné par 48 %. Ces deux raisons renvoient au même mécanisme : le reste à charge au moment du soin, et non le prix du contrat.

La charge financière pèse directement sur les ménages. Selon le baromètre, **71 % des répondants financent eux mêmes leur couverture**, sans participation d'un employeur. Une majorité y consacre des montants substantiels : 56 % versent plus de 200 euros par mois et 38 % dépassent 300 euros mensuels. Le budget consenti n'empêche donc pas le renoncement.

L'opacité tarifaire aggrave le phénomène. Près de six répondants sur dix, soit 59 %, déclarent ne pas comprendre le coût des soins dans leur pays de résidence, et 19 % ont déjà reçu une facture médicale inattendue. L'incertitude sur le montant à avancer devient un frein à la consultation.

## Un accès rapide qui ne produit pas de confiance

Les délais ne sont pourtant pas en cause. Le baromètre relève que 83 % des répondants obtiennent un rendez vous chez un généraliste en moins de trois jours et 79 % consultent un spécialiste en moins de deux semaines, des performances supérieures à celles observées en France. La rapidité ne se traduit toutefois pas en sentiment de sécurité : 39 % jugent l'accès aux soins moins bon que dans leur pays d'origine et 21 % déclarent s'être sentis en situation de risque médical à l'étranger.

La compréhension des garanties constitue le maillon faible. Aucune dimension du contrat n'obtient une note moyenne supérieure à 6 sur 10. Le rapatriement sanitaire ferme la marche avec 4,7 sur 10, alors qu'il s'agit de la garantie dont le coût unitaire est le plus élevé. Un vol médicalisé depuis l'Asie du Sud Est vers la France se chiffre en dizaines de milliers d'euros.

> « Ces résultats révèlent une distinction importante entre être assuré et se sentir réellement protégé. Un contrat peut offrir des garanties étendues, mais sa valeur reste limitée si les clients ne comprennent pas comment l'utiliser, s'inquiètent de devoir avancer les frais ou ne parviennent pas à s'orienter dans le système de santé local », déclare Isabelle Moins, directrice générale d'APRIL International Care Europe et Afrique.

## La santé mentale reste un angle mort des contrats

Le baromètre documente une lacune. Seuls 11 % des répondants disposent d'un accès à un soutien psychologique, tandis que 40 % en sont dépourvus alors qu'ils pourraient en avoir besoin. Douze pour cent estiment que leur bien être psychologique s'est dégradé depuis leur départ, les femmes étant près de deux fois plus concernées que les hommes.

Isabelle Moins situe cette lacune dans une évolution des profils : « La mobilité internationale a profondément changé, mais la protection santé n'a pas toujours évolué au même rythme. La population expatriée d'aujourd'hui comprend des salariés et leurs familles, mais aussi des entrepreneurs, des travailleurs à distance, des nomades numériques, des retraités et des personnes qui s'installent par elles mêmes. »

## Une inflation médicale à deux chiffres qui alimente le reste à charge

Le contexte tarifaire explique une partie du phénomène. L'enquête Global Medical Trends de WTW, menée auprès de 346 assureurs santé couvrant 82 pays, anticipe une progression de **10,3 % des coûts médicaux en 2026** à l'échelle mondiale, après 10 % en 2025. Aon retient une projection voisine de 9,8 %.

Les écarts régionaux structurent le risque selon la destination. WTW attend 14 % en Asie Pacifique, 11,9 % en Amérique latine et 11,3 % au Moyen Orient et en Afrique, contre 9,2 % en Amérique du Nord et 8,2 % en Europe. Un expatrié installé à Singapour, à Bangkok ou à Djakarta subit donc une dérive tarifaire nettement supérieure à celle d'un expatrié européen, pour des soins déjà facturés au prix du secteur privé.

Quand la cotisation progresse moins vite que le coût des soins, l'écart se reporte mécaniquement sur l'assuré. C'est ce différentiel, plus que le taux de couverture, qui détermine le renoncement.

## La CFE resserre ses tarifs sous contrainte financière

Le pilier public de ce dispositif traverse lui même une phase d'ajustement. La CFE a relevé de 11 % au 1er avril 2026 les cotisations de la majorité de ses contrats santé, individuels et collectifs, la hausse étant limitée à 4 % pour les contrats dits « ex » et la catégorie aidée en étant exonérée.

Le rapport conjoint de l'Inspection générale des finances et de l'Inspection générale des affaires sociales consacré à l'évaluation du modèle économique de la caisse, rendu public en juin 2026, documente l'origine de cette contrainte. Il relève un déficit d'exploitation chronique depuis 2018, des fonds propres en recul de 20 % entre 2018 et 2023 et un résultat net prévisionnel de moins 18 millions d'euros en 2024 malgré un résultat financier positif de 15 millions.

La mission identifie une sous tarification structurelle des produits individuels et un effet durable du plafonnement légal des contrats « ex », dont le déficit induit atteignait 12 millions d'euros en 2023. Elle recommande une convergence tarifaire progressive entre 2026 et 2028. Pour l'assuré, cette trajectoire signifie que la part complémentaire prendra une importance croissante dans l'équation.

## Ce que les données impliquent pour l'architecture de la couverture

Les Français concernés sont nombreux : 1 784 975 personnes étaient inscrites au registre des Français établis hors de France au 31 décembre 2025, le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères estimant la communauté réelle autour de 2,5 millions de personnes, l'inscription n'étant pas obligatoire.

Le baromètre déplace le critère de choix. Le taux de remboursement affiché compte moins que trois paramètres opérationnels : le niveau de reste à charge réel dans le pays de résidence, l'existence d'un tiers payant évitant l'avance de frais, et la lisibilité du contrat. [L'assurance santé internationale](https://www.france-epargne.fr/products/mutuelle-sante/assurance-sante-internationale-ipmi) au premier euro répond à cette logique en couvrant les dépenses dès le premier euro engagé, sans articulation avec le barème de la sécurité sociale française.

Deux architectures coexistent. La combinaison CFE et complémentaire conserve un lien avec le régime français et se révèle pertinente pour les séjours incluant des retours fréquents en France, près de la moitié des remboursements de la caisse concernant des soins reçus sur le territoire national. Le contrat au premier euro s'adresse plutôt aux résidents de zones où les tarifs privés sont déconnectés du barème français, notamment en Amérique du Nord et en Asie.

## Points de vigilance pour les mois à venir

Trois échéances méritent attention. La trajectoire de convergence tarifaire de la CFE entre 2026 et 2028 conditionne le coût du socle public. Les projections d'inflation médicale pour 2027, attendues à l'automne, orienteront les revalorisations des assureurs privés. Enfin, la réforme de la catégorie aidée porte sur un dispositif dont le coût de 4,9 millions d'euros en 2024 n'était compensé par l'État qu'à hauteur de 14 %.

APRIL International, division de mobilité internationale du groupe APRIL présente dans 20 pays, a réalisé un chiffre d'affaires de 907 millions d'euros en 2025. L'opérateur plaide pour un déplacement du débat sectoriel : le sujet ne serait plus d'assurer davantage de personnes, mais de permettre à celles qui le sont d'utiliser effectivement leur couverture.
