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title: "Sanctions russes : l'UE gagne sept jours, Paris demande le retrait d'Usmanov"
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category: geopolitics
description: "Les ambassadeurs de l'UE ont prolongé de sept jours les sanctions visant près de 3 000 Russes. Paris et Bratislava bloquent la reconduction de six mois."
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author: "Emmanuel d'Ibelin"
publishedAt: "2026-09-14T17:25:38.691Z"
updatedAt: "2026-09-14T17:25:38.727Z"
readingTimeMinutes: 8
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# Sanctions russes : l'UE gagne sept jours, Paris demande le retrait d'Usmanov

> Les ambassadeurs des 27 ont prolongé de sept jours, jusqu'au 22 septembre 2026, le régime de sanctions individuelles visant près de 3 000 personnes et entités russes. La France et la Slovaquie réclament le retrait d'Alisher Usmanov de la liste noire européenne.

Les ambassadeurs des États membres de l'Union européenne ont décidé lundi 14 septembre 2026 de prolonger de sept jours seulement le régime de sanctions individuelles visant la Russie, faute d'accord sur sa reconduction pour six mois. Ces mesures, qui gèlent les avoirs et ferment le territoire européen à près de 3 000 personnes et entités selon Euronews, devaient expirer le 15 septembre. Elles courent désormais jusqu'au 22 septembre 2026.

Le blocage tient à deux noms. La Slovaquie réclame depuis des mois le retrait de la liste noire des hommes d'affaires russes Alisher Usmanov et Mikhaïl Fridman. La France s'est jointe à cette demande pour le seul Usmanov, une initiative que le _Financial Times_ a qualifiée de stupéfiante dans son titre du 14 septembre.

## Sept jours arrachés à la veille de l'échéance

La décision est tombée tard lundi soir, à l'issue d'une réunion du Coreper, l'instance qui réunit à Bruxelles les représentants permanents des 27 capitales. **« Afin de laisser aux États membres le temps d'examiner en profondeur les propositions de renouvellement, le Coreper a accepté de prolonger le régime pour une période de sept jours »**, a indiqué la présidence irlandaise du Conseil de l'Union européenne dans une déclaration citée par Euractiv. « Les consultations vont se poursuivre et de nouvelles discussions sont attendues au Coreper en temps utile », précise le même texte.

La présidence irlandaise, qui assure la rotation semestrielle du Conseil depuis juillet 2026, défend publiquement la reconduction intégrale. « Le renouvellement des inscriptions est essentiel pour continuer à saper la machine de guerre russe et maintenir la pression sur ceux qui la soutiennent, la rendent possible et en profitent. C'est une priorité pour la présidence », a déclaré son représentant à Euronews.

Le mécanisme rend ce type de crise récurrent. Les sanctions européennes exigent l'unanimité des 27 gouvernements et doivent être reconduites à échéances fixes. Chaque renouvellement offre donc à une capitale isolée un levier sur l'ensemble de l'édifice. En juillet 2026 déjà, la Grèce avait retardé l'adoption du 21e paquet au sujet d'un homme d'affaires grec inscrit sur la liste, et les ambassadeurs avaient eu recours au même expédient, une prolongation technique d'une semaine.

## Deux régimes distincts, une seule échéance en jeu

La confusion est fréquente et elle change tout. L'Union applique à la Russie deux ensembles de mesures qui obéissent à des calendriers séparés.

Le premier est le **régime sectoriel**, dit économique : restrictions commerciales, financières, énergétiques et sur les biens à double usage. Le Conseil l'a reconduit le 25 juin 2026 pour douze mois, jusqu'au 31 juillet 2027, à la suite du Conseil européen des 18 et 19 juin. C'est une rupture, car ce bloc était jusqu'alors renouvelé tous les six mois. Il n'est pas concerné par le blocage actuel.

Le second est le **régime des désignations individuelles**, issu des actes adoptés en 2014 après l'annexion de la Crimée et massivement élargi à partir de 2022. Il gèle les comptes bancaires et les actifs détenus dans l'Union par les personnes et sociétés inscrites, et leur interdit l'entrée sur le territoire. Ce second bloc reste soumis à un cycle de six mois, avec des échéances au 15 mars et au 15 septembre. C'est lui qui a failli tomber lundi.

Le passage du régime économique à douze mois visait précisément à réduire le nombre de rendez vous exploitables par un gouvernement réticent. Selon European Pravda, ce basculement est devenu possible après la défaite de Viktor Orbán aux élections hongroises du 12 avril 2026, remportées par Péter Magyar. Le paradoxe est que la contestation vient désormais de Bratislava et de Paris.

## Pourquoi la France demande le retrait d'Alisher Usmanov

La position française est la véritable surprise du dossier. Paris compte parmi les capitales les plus fermes sur le durcissement des sanctions depuis 2022. « La France est l'un des pays les plus activement engagés pour accroître la pression sur la machine de guerre russe par tous les moyens possibles », a rappelé une source diplomatique française à European Pravda le 12 septembre.

L'argument avancé pour justifier l'exception est étranger au dossier ukrainien. **« Nous avons un sujet distinct lié à la sécurité nationale, et nous souhaiterions répondre favorablement à nos partenaires internationaux qui nous sollicitent au sujet de M. Usmanov »**, explique un diplomate français cité par Euronews et European Pravda. Aucune précision publique n'a été apportée sur la nature de ce sujet, ni sur l'identité des partenaires concernés.

Alisher Usmanov avait été inscrit en 2022 pour ses « liens étroits » avec Vladimir Poutine et ses participations dans des « secteurs clés » de l'économie russe, selon la motivation retenue par le Conseil. L'homme d'affaires Mikhaïl Fridman figure lui aussi sur la liste depuis 2022.

Kiev a réagi avec dureté. « Usmanov et Fridman sont exactement le type de figures économiques russes qui doivent trouver le courage de prendre des mesures concrètes contre la guerre », a déclaré le président ukrainien Volodymyr Zelensky, cité par Euronews. Il avait jugé samedi 12 septembre immorale et autodestructrice l'idée même d'un allègement visant des oligarques.

## Les 210 milliards d'euros d'avoirs russes ne sont pas dans la balance

Le point mérite d'être posé clairement pour qui suit le financement de l'Ukraine. Les quelque **210 milliards d'euros** d'avoirs de la Banque centrale de Russie immobilisés en Europe, dont environ 200 milliards logés chez le dépositaire belge Euroclear au premier trimestre 2026, relèvent du régime sectoriel. Ils sont donc couverts jusqu'au 31 juillet 2027 et ne dépendent pas de l'échéance du 22 septembre.

C'est sur cette base que la Commission européenne a proposé de mobiliser jusqu'à **165 milliards d'euros** pour financer un prêt destiné aux besoins militaires et civils de l'Ukraine en 2026 et 2027, sans confiscation, le droit international protégeant les avoirs souverains. Euroclear demeure par ailleurs exposé à des procédures engagées devant les juridictions russes, qui ne reconnaissent pas les sanctions internationales.

Ce qui se joue le 22 septembre est d'une autre nature : le gel des avoirs privés détenus dans l'Union par les personnes et sociétés désignées, ainsi que les interdictions de séjour. Si les inscriptions expiraient sans reconduction, ces avoirs seraient dégelés et les intéressés retrouveraient l'accès à l'espace européen.

## Ce qu'il faut surveiller d'ici au 22 septembre

Trois issues restent ouvertes. Un accord sur la liste complète, si Bratislava renonce ou obtient une contrepartie. Une reconduction assortie d'un ou deux retraits ciblés, l'hypothèse que la France cherche à rendre acceptable. Ou une nouvelle prolongation technique, qui repousserait le problème sans le trancher.

Pour les investisseurs européens, l'exposition directe reste contenue : le régime qui porte les restrictions commerciales, financières et énergétiques est déjà sécurisé jusqu'à l'été 2027. L'enjeu indirect pèse davantage. Il touche à la crédibilité du dispositif européen de sanctions, sur lequel repose le montage financier destiné à Kiev, et à la capacité des 27 à tenir une ligne commune quand un seul gouvernement s'y oppose.

Le calendrier ajoute une contrainte. L'Union a adopté son 21e paquet le 23 juillet 2026, ciblant l'énergie, les services financiers et les cryptoactifs russes. Ajouter des noms tout en peinant à reconduire ceux qui figurent sur la liste depuis 2022 fragilise la cohérence de l'ensemble. La prochaine réunion du Coreper tranchera entre laisser expirer un pilier du dispositif adopté après l'invasion et accepter le principe de retraits négociés, qui créerait un précédent pour chaque échéance à venir.

## Sources

-   [Reuters, « EU envoys extend Russia sanctions by seven days to debate six month renewal, EU presidency says », 14 septembre 2026](https://www.reuters.com/world/europe/eu-envoys-extend-russia-sanctions-by-seven-days-debate-six-month-renewal-eu-2026-09-14/)
-   [Euractiv, « EU countries extend Russia sanctions amid latest oligarch stand off », 14 septembre 2026](https://www.euractiv.com/section/europes-east/news/eu-countries-extend-russia-sanctions-amid-latest-oligarch-stand-off/)
-   [Euronews, « French Slovak veto deepens EU deadlock on Russia sanctions renewal », 14 septembre 2026](https://www.euronews.com/my-europe/2026/09/14/french-slovak-veto-deepens-eu-deadlock-on-russia-sanctions-renewal)
-   [European Pravda, « France seeks to lift EU sanctions on Russian oligarch Alisher Usmanov », 12 septembre 2026](https://www.pravda.com.ua/eng/news/2026/09/12/8053135/)
-   [European Pravda, « EU ambassadors fail to extend Russia sanctions due to opposition from Slovakia and France », 11 septembre 2026](https://www.pravda.com.ua/eng/news/2026/09/11/8053016/)
-   [Conseil de l'Union européenne, « Council extends economic sanctions for another year », 25 juin 2026](https://www.consilium.europa.eu/en/press/press-releases/2026/06/25/russia-s-war-of-aggression-against-ukraine-council-extends-economic-sanctions-for-another-year/)
-   [Conseil de l'Union européenne, « 21st package of sanctions », 23 juillet 2026](https://www.consilium.europa.eu/en/press/press-releases/2026/07/23/21st-package-of-sanctions-eu-hits-russian-energy-financial-services-and-crypto-hard/)
-   [Financial Times, « France in astonishing push to lift EU sanctions on Russian oligarch », 14 septembre 2026](https://www.ft.com/content/eu-sanctions-usmanov)
-   [Politico Europe, « EU fails to agree Russia sanctions rollover », 14 septembre 2026](https://www.politico.eu/)
-   [Kyiv Post, « EU sanctions on Russians stall as France joins Slovakia's delisting push », 11 septembre 2026](https://www.kyivpost.com/)
-   [EU Today, « EU Russia sanctions renewal hangs on Usmanov and Fridman dispute », 14 septembre 2026](https://eutoday.net/eu-russia-sanctions-usmanov-fridman-deadline/)
-   [CNN, « Hungary election 2026 results: Péter Magyar wins », 12 avril 2026](https://www.cnn.com/2026/04/12/world/live-news/hungary-election-orban-magyar)
