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title: "Ryanair affiche un bénéfice record de 2,26 milliards d'euros et prévient : les concurrents européens non couverts risquent la faillite"
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author: "Emmanuel d'Ibelin"
publishedAt: "2026-05-18T14:11:28.573Z"
updatedAt: "2026-05-18T14:11:28.588Z"
readingTimeMinutes: 7
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# Ryanair affiche un bénéfice record de 2,26 milliards d'euros et prévient : les concurrents européens non couverts risquent la faillite

> La compagnie irlandaise publie un bénéfice net de 2,26 milliards d'euros (+40 %) sur son exercice clos en mars 2026. Couverte à 80 % sur le kérosène à 67 dollars le baril, elle prévoit la chute de transporteurs européens fragiles cet hiver. L'action recule de 2,7 %.

Ryanair a publié ce lundi 18 mai 2026 un bénéfice net après impôts de 2,26 milliards d'euros pour son exercice clos en mars, en progression de 40 % par rapport aux 1,61 milliard de l'année précédente. Le chiffre d'affaires de la compagnie irlandaise grimpe de 11 % à 15,54 milliards d'euros, porté par une hausse moyenne des tarifs de 10 % et un trafic de 208,4 millions de passagers (+4 %). Pourtant, l'action a reculé de 2,7 % en début de séance à Dublin, dans un marché européen secoué par les avertissements du président américain Donald Trump sur l'Iran et un baril de Brent repassé au-dessus de 110 dollars.

## Le hedging comme bouclier face au choc pétrolier

La spécificité de Ryanair tient à sa politique de couverture du carburant, anticipée bien avant l'éclatement du conflit américano-iranien fin février 2026. La compagnie a verrouillé 80 % de ses besoins en kérosène pour l'exercice 2027 à environ 668 dollars la tonne métrique, soit l'équivalent de 67 dollars le baril, jusqu'en avril 2027. Pour l'été 2026, la totalité des besoins est sécurisée au même niveau, alors que le prix spot du kérosène, selon l'Association internationale du transport aérien (IATA), oscille entre 150 et 163 dollars le baril après un pic à 200 dollars en avril.

Le directeur financier Neil Sorahan a détaillé cette stratégie lors d'un entretien à CNBC : _« Nous sommes manifestement sur des marchés pétroliers très volatils. Cela étant dit, je pense que les prix resteront élevés plus longtemps, ce qui place Ryanair dans une position particulièrement solide compte tenu de notre couverture combustible. »_ Les 20 % non couverts subissent en revanche la flambée spot.

## Une charge carburant maîtrisée à 5,42 milliards d'euros

Les comptes confirment l'efficacité du dispositif. La facture carburant et huile s'établit à 5,42 milliards d'euros sur l'exercice, en hausse de seulement 4 % alors que le marché de référence a doublé. Les coûts opérationnels totaux progressent de 6 % à 13,09 milliards d'euros, mais le coût unitaire (par passager hors carburant) augmente d'à peine 1 %. Le revenu par passager avance de 7 %, avec un tarif moyen à 50,60 euros et des ventes accessoires à 24 euros par passager, pour un total auxiliaire de 4,99 milliards (+6 %).

Le taux de remplissage reste stable à 94 %. La flotte atteint 647 appareils en fin d'exercice, dont les 210 Boeing 737 MAX 8200 « Gamechangers » livrés à fin mars 2026 et 26 Airbus A320. Les 15 premiers Boeing 737 MAX 10 sont attendus pour le printemps 2027, sur une commande totale de 300 appareils à livrer d'ici mars 2034.

## Bilan désendetté et retours actionnaires

Le groupe va devenir effectivement **débarrassé de toute dette obligataire** après le remboursement de son dernier emprunt de 1,2 milliard d'euros ce mois-ci. La trésorerie brute atteint 3,60 milliards d'euros et la trésorerie nette 2,10 milliards. La notation BBB+ est confirmée. Une ligne de crédit non tirée d'environ 1 milliard d'euros complète le coffre.

La rémunération des actionnaires reste soutenue. Un dividende final de 0,195 euro par action est proposé à l'assemblée générale. Sur l'exercice, Ryanair a racheté et annulé près de 21 millions de titres (2 % du capital) pour 500 millions d'euros. Depuis le début de l'exercice 2027, 4 millions de titres supplémentaires ont déjà été rachetés pour 88 millions. Depuis 2008, la compagnie a retiré environ 38 % de son capital flottant.

## L'avertissement aux transporteurs européens fragiles

Au-delà des chiffres, c'est le discours offensif du directeur financier qui marque le marché. Interrogé sur la possibilité d'un scénario extrême lié au pétrole iranien, Neil Sorahan a répondu : _« Avons-nous des plans pour une sorte de scénario apocalyptique ? Bien sûr que oui, mais je ne vois pas cela se produire. En l'état actuel, nous opérons un programme complet cet été, et prévoyons d'en faire autant l'hiver. »_ Le dirigeant ajoute : _« Je pense que nous verrons certains transporteurs plus fragiles, qui étaient déjà en difficulté avant la guerre, sombrer cet hiver. »_

Le directeur général Michael O'Leary, plus direct encore, avait tablé fin avril sur des défaillances majeures : _« S'il continue à 150 dollars le baril en juillet, août, septembre, alors vous verrez des compagnies européennes faire faillite, ce qui, à moyen terme, profiterait probablement à Ryanair. »_ Le PDG avait évoqué nommément Wizz Air et airBaltic comme candidats à la défaillance.

## Un secteur fissuré par la crise du kérosène

Les signaux concordent. Spirit Airlines, le transporteur low cost américain, a cessé ses opérations début mai 2026 après une restructuration entamée en août 2025, citant explicitement la flambée du carburant. Côté européen, Lufthansa a annoncé la suppression de 20 000 vols d'ici l'automne et la fermeture de sa filiale régionale CityLine. Le groupe allemand bénéficie toutefois d'une couverture de 80 % en 2026 et 40 % en 2027 à des prix d'avant crise.

EasyJet, en revanche, anticipe une perte avant impôts comprise entre 540 et 560 millions de livres sterling sur son premier semestre fiscal 2026. Air France KLM a relevé ses tarifs et coupé dans ses capacités. Morningstar identifie Wizz Air comme le transporteur coté affichant la plus faible marge de couverture combustible parmi les majors européennes, donc le plus exposé à un pétrole durablement élevé. L'Agence internationale de l'énergie estimait mi avril que l'Europe ne disposait plus que de six semaines de stocks de kérosène, le continent important environ un tiers de ses besoins, en grande partie du Moyen Orient.

## Le marché récompense la prudence mais reste prudent

Malgré ces résultats records, l'action Ryanair recule de 2,7 % à Dublin lundi matin et accuse une baisse de 27,5 % depuis le début de l'année 2026. La direction n'a pas publié de guidance de profit pour l'exercice 2027, invoquant une visibilité limitée sur les tarifs futurs, la demande des consommateurs et le coût du carburant. Le trafic est néanmoins ciblé à 216 millions de passagers en 2027 (+4 %), avec de nouvelles bases à Rabat, Tirana et Trapani.

Le marché digère un paradoxe : Ryanair présente le bilan le plus solide de son histoire (record de bénéfices, désendettement total, flotte renouvelée), mais cotation à un point bas annuel. Les investisseurs intègrent la possibilité que le baril dépasse durablement 150 dollars, que la couverture FY27 expire en avril 2027 et que la consolidation européenne tarde à matérialiser les parts de marché disponibles.

## Implications pour les épargnants français

Pour les détenteurs d'actions européennes au sein d'une assurance vie en unités de compte, d'un plan d'épargne en actions ou d'un compte titres ordinaire, le cas Ryanair illustre l'écart structurel qui se creuse entre transporteurs disciplinés et opérateurs fragiles. La compagnie figure dans plusieurs trackers européens (Stoxx Europe 600 Travel & Leisure notamment) et dans certains fonds thématiques transport.

Trois enseignements ressortent. Premièrement, la couverture matières premières devient un critère discriminant pour valoriser les sociétés de transport, au même titre que le bilan. Deuxièmement, la consolidation annoncée du secteur pourrait offrir, en cas de défaillances en cascade, un effet de levier sur les survivants disposant de liquidités. Troisièmement, la résistance des dividendes et le rythme des rachats d'actions confèrent à Ryanair un profil défensif au sein d'un univers cyclique, à condition que le scénario d'apocalypse évoqué par Neil Sorahan reste hypothétique.

## Ce qu'il faut surveiller

-   Évolution du prix spot du kérosène et calendrier de réouverture (ou non) du détroit d'Ormuz.
-   Résultats trimestriels d'easyJet, Wizz Air et Lufthansa sur la période juin août, traditionnellement la plus rentable.
-   Décisions de la BCE sur les taux directeurs : un nouveau choc inflationniste lié au carburant pèserait sur la consommation et donc sur le trafic loisirs.
-   Communication de Ryanair fin juillet, lors de la publication du premier trimestre 2027, attendue pour préciser la guidance bénéfice annuelle.

## Sources

-   Communiqué officiel Ryanair Holdings (filing SEC 6-K, 18 mai 2026)
-   CNBC, entretien Neil Sorahan avec Ritika Gupta, 18 mai 2026
-   Euronews Business, analyse résultats Ryanair, 18 mai 2026
-   Investing.com UK, dossier désendettement Ryanair
-   AeroTime, AOL, Travel Daily News, City AM, Simple Flying, Il Sole 24 Ore, CryptoTimes
-   IATA, données prix spot kérosène mai 2026
-   Agence internationale de l'énergie, rapport mensuel pétrolier, avril 2026
-   Morningstar, note sectorielle compagnies aériennes européennes
