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title: "Prix de l'énergie « assez préoccupants » : l'alerte de Schnabel (BCE)"
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description: "Isabel Schnabel juge « assez préoccupante » l'évolution des prix de l'énergie. Gaz européen à 83,04 euros, Brent à 107,32 dollars, inflation à 3,3 %."
keywords: [Isabel Schnabel, BCE prix energie, gaz TTF, inflation zone euro, taux directeurs BCE, facilite de depot, "livret A 1,7 %", choc energetique, effets de second tour, projections BCE septembre 2026]
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author: "Emmanuel d'Ibelin"
publishedAt: "2026-09-14T10:51:39.226Z"
updatedAt: "2026-09-14T10:51:39.259Z"
readingTimeMinutes: 7
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# Prix de l'énergie « assez préoccupants » : l'alerte de Schnabel (BCE)

> Isabel Schnabel, membre du directoire de la BCE, a qualifié lundi d'« assez préoccupante » l'évolution récente des prix de l'énergie. Le gaz européen cote 83,04 euros le mégawattheure, en hausse de 158 % sur un an, quatre jours après une hausse des taux de 25 points de base.

Isabel Schnabel, membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE), a qualifié lundi 14 septembre 2026 l'évolution récente des prix de l'énergie de « quite concerning », soit « assez préoccupante ». La formule, rapportée en fin de matinée par Reuters et Bloomberg, tombe quatre jours après le relèvement des taux directeurs décidé par le Conseil des gouverneurs.

L'économiste allemande s'exprimait devant le deuxième symposium consacré à la compétitivité européenne par le ministère fédéral allemand de l'Économie et de l'Énergie. Sa présentation, mise en ligne le jour même par la BCE sous le titre « Macroeconomic, fiscal and financial stability in a shock-prone world », traite dans un même cadre la stabilité macroéconomique, la stabilité budgétaire et la stabilité financière.

## Une alerte venue du cœur du directoire

Le poids de cette sortie tient à la position de celle qui la prononce. **Isabel Schnabel siège au directoire**, l'organe permanent de six membres qui prépare les décisions du Conseil des gouverneurs et pilote les opérations de marché de l'Eurosystème. Ses interventions sont lues comme un indicateur avancé du débat interne, davantage que celles des gouverneurs nationaux.

Fin août, elle jugeait déjà nécessaire de poursuivre le resserrement monétaire, le conflit au Proche-Orient et la résistance de l'économie de la zone euro faisant peser des risques haussiers sur les prix. Le vocabulaire de lundi franchit un cran, en visant cette fois l'évolution récente des cotations.

## Le gaz européen a plus que doublé en douze mois

Le contrat de référence du gaz européen, le TTF néerlandais, cotait **83,04 euros le mégawattheure** le 14 septembre 2026, en hausse de 4,43 % sur une journée, selon les données de marché compilées par Trading Economics. Le même relevé affiche une progression de 34,46 % sur un mois et de **158,27 % sur un an**.

Le pétrole suit la même pente. Le contrat ICE Brent d'échéance novembre 2026 s'échangeait à **107,32 dollars le baril** à 12h32 heure de Paris, en progression de 2,59 % par rapport à sa clôture précédente de 104,61 dollars, d'après les cotations diffusées par CNBC. Le baril de brut américain évoluait au même moment autour de 102,32 dollars.

## Ce que montrent les derniers relevés de prix

L'inflation de la zone euro est montée à **3,3 % en août**, après 2,9 % en juillet, a détaillé Christine Lagarde lors de la conférence de presse du 10 septembre. La composante énergie a bondi à **14,3 %**, contre 10,3 % le mois précédent. La BCE attribue cette accélération en particulier à une forte contribution des marges de raffinage sur les carburants liquides, en plus du renchérissement des matières premières énergétiques.

Les autres compartiments racontent une histoire plus sage. L'inflation hors énergie et alimentation a reculé à 2,4 %, contre 2,5 % en juillet. Les services sont passés de 3,3 % à 3,0 %, tandis que les biens industriels remontaient de 0,9 % à 1,2 %. Les prix alimentaires sont restés stables à 1,2 %.

## Des taux relevés de 25 points de base le 10 septembre

Réuni à Berlin, le Conseil des gouverneurs a relevé ses trois taux directeurs de 25 points de base. Le taux de la facilité de dépôt passe à **2,50 %**, celui des opérations principales de refinancement à 2,65 % et celui de la facilité de prêt marginal à 2,90 %, avec effet au 16 septembre 2026.

Les projections de septembre placent l'inflation totale à 3,0 % en 2026, 2,5 % en 2027 et 2,1 % en 2028, les deux dernières années ayant été révisées en hausse par rapport à juin. La croissance est attendue à 0,9 % cette année, puis 1,4 % et 1,5 %. Ces deux révisions haussières de l'activité tiennent, selon la BCE, à une résistance de l'économie supérieure aux attentes.

## Trois variantes énergétiques désormais chiffrées

La présentation d'Isabel Schnabel donne à voir le travail que le communiqué du 10 septembre évoquait sans le détailler. Ses graphiques de croissance et d'inflation superposent au scénario central trois variantes construites par les services de la banque : une variante « milder », une variante « adverse » et une variante « severe », qui font varier l'intensité et la durée du choc énergétique ainsi que ses effets indirects et de second tour.

> « Plus les prix de l'énergie restent élevés, plus il est probable qu'ils alimentent une inflation plus large par des effets indirects et de second tour. »
> 
> Déclaration de politique monétaire de la BCE, 10 septembre 2026

Le bilan des risques nomme explicitement le combustible en cause : les prix du gaz pourraient augmenter en cas de nouvelles ruptures d'approvisionnement ou d'un hiver inhabituellement froid coïncidant avec de faibles niveaux de stockage.

## Les salaires ne réagissent pas encore au choc

Le diagnostic officiel comporte un contrepoint que les partisans de la patience mettent en avant. « Les salaires ne montrent pas de réaction significative au choc énergétique à ce stade », indique la déclaration du 10 septembre. La rémunération par salarié a progressé de **3,3 % sur un an au deuxième trimestre**, après 3,5 % au premier. Les coûts salariaux unitaires ont ralenti de 3,5 % à 2,6 %, la productivité du travail ayant repris.

Le traqueur de salaires de la BCE anticipe une remontée modeste des salaires négociés, à 2,7 % au premier semestre 2027. La plupart des mesures d'anticipations d'inflation à long terme restent proches de 2 %, même si les horizons courts demeurent à des niveaux élevés. Le taux de chômage de la zone euro s'établissait à 6,4 % en juillet.

Un chiffre alimente toutefois le camp adverse : les profits unitaires ont accéléré de 0,3 % à 2,2 % entre le premier et le deuxième trimestre. Cette reprise des marges ouvre un canal de transmission des coûts énergétiques vers les prix de vente qui ne passe pas par les salaires.

## Pour les épargnants français, un rendement réel négatif

Le taux du livret A est fixé à **1,7 %** par an. Face à une inflation de 3,3 % en zone euro en août, un dépôt rémunéré à ce niveau perd du pouvoir d'achat, y compris en tenant compte de son exonération d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. L'écart atteint environ 1,6 point sur douze mois.

La remontée des taux directeurs modifie par ailleurs l'arbitrage entre supports. Les fonds en euros bénéficient graduellement du renouvellement de leurs portefeuilles obligataires à des rendements plus élevés, un effet qui se diffuse sur plusieurs exercices. Les actifs sensibles à la duration, à l'inverse, supportent mal une trajectoire de taux que le Conseil des gouverneurs refuse d'annoncer à l'avance.

## Ce qu'il faut surveiller

-   Le niveau de remplissage des stockages de gaz européens à l'entrée de la saison de chauffe, variable citée nommément par la BCE dans son bilan des risques.
-   L'indice des prix de septembre en zone euro, qui dira si la composante énergie dépasse les 14,3 % d'août.
-   Le compte rendu de la réunion de septembre du Conseil des gouverneurs, qui mesurera l'ampleur du débat interne sur l'ampleur du choc.
-   Les salaires négociés, que la BCE dit surveiller de près et dont le traqueur pointe pour l'instant une remontée limitée.
-   Les prochaines prises de parole des membres du directoire, après celles d'Isabel Schnabel et du gouverneur slovaque Peter Kazimir le même jour.

## Un avertissement sans engagement de trajectoire

La position d'Isabel Schnabel décrit une banque centrale qui observe un choc d'offre s'installer sans encore voir la boucle salaires et prix se refermer. Le Conseil des gouverneurs a choisi de relever ses taux tout en refusant de s'engager sur la suite, une posture qui fait dépendre chaque réunion des données du moment. Pour les détenteurs d'épargne réglementée, la question pratique reste la durée pendant laquelle le rendement servi restera inférieur à la hausse des prix.
