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title: "Jerome Powell quitte la présidence de la Fed : 4 dissidents, taux inchangés et un adieu sous tension politique"
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description: "Taux inchangés, 4 dissidents (record depuis 1992), Powell reste gouverneur : décryptage de la dernière réunion FOMC et impact pour les épargnants français."
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author: France Epargne
publishedAt: "2026-05-01T08:00:00.000Z"
updatedAt: "2026-05-01T05:11:45.486Z"
readingTimeMinutes: 7
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# Jerome Powell quitte la présidence de la Fed : 4 dissidents, taux inchangés et un adieu sous tension politique

> Jerome Powell a présidé sa dernière réunion du FOMC le 29 avril 2026, maintenant les taux à 3,50-3,75 % avec un record de 4 dissidents depuis 1992. Il restera gouverneur jusqu'en 2028 pour protéger l'indépendance de la Fed face aux pressions politiques.

## Une dernière réunion sous haute tension

Le 29 avril 2026, Jerome Powell a présidé ce qui était très probablement sa dernière réunion du Comité fédéral de l'open market (FOMC) en qualité de président de la Réserve fédérale américaine. La décision était attendue : le taux directeur reste inchangé dans la fourchette 3,50-3,75 %, pour la troisième réunion consécutive depuis le début de l'année. Mais ce qui a surpris les marchés, c'est la profondeur des fractures qui traversent désormais l'institution centenaire.

La décision a été adoptée par 8 voix contre 4, un niveau de dissidence jamais vu depuis 1992. **Deux camps s'affrontent** au sein du comité : d'un côté, Stephen Miran, gouverneur nommé en septembre 2025, qui a voté pour une baisse immédiate de 25 points de base ; de l'autre, trois présidentes de Fed régionales, Beth Hammack (Cleveland), Neel Kashkari (Minneapolis) et Lorie Logan (Dallas), qui ont refusé de cautionner le maintien d'un biais accommodant dans le communiqué, estimant que les risques d'inflation ne permettent pas d'envoyer un signal orienté vers des baisses de taux futures.

## Pourquoi Powell reste gouverneur : une décision inédite

La véritable surprise de cette réunion n'était pas monétaire. Jerome Powell a annoncé lors de sa conférence de presse qu'il ne quittera pas la Fed à l'issue de son mandat de président, le 15 mai 2026, mais qu'il conservera son siège de gouverneur jusqu'en janvier 2028. **Une décision sans précédent dans l'histoire récente de l'institution.**

Powell a été direct dans sa justification : « Je m'inquiète que ces attaques ne fragilisent cette institution et ne mettent en péril ce qui compte réellement pour le public. » Il a qualifié les pressions judiciaires subies d'« inédites dans nos 113 ans d'histoire ». Le parquet fédéral avait lancé une enquête criminelle visant Powell, soupçonnant une fraude liée à des travaux de rénovation du siège de la Fed, avant que cette procédure ne soit abandonnée en avril 2026 après une double décision judiciaire ayant écarté les citations à comparaître.

En restant gouverneur, Powell prive le président Trump d'un poste supplémentaire à la Fed, bloquant une influence accrue de l'exécutif sur la politique monétaire. La réaction de la Maison Blanche fut immédiate : Trump a écrit sur Truth Social que Powell « reste uniquement parce qu'il ne trouve pas de travail ailleurs ». Scott Bessent, secrétaire au Trésor, a qualifié la décision de « violation des règles de la Fed ».

## L'inflation et le pétrole : les contraintes que Warsh héritera

Au fond, le maintien des taux reflète une réalité économique complexe. L'inflation reste solidement au-dessus de l'objectif de 2 % fixé par la Fed. L'indice PCE sous-jacent (mesure de référence de la Fed) s'établissait à 3,0 % en février 2026, tandis que l'IPC global a atteint 3,3 % en mars 2026, porté par l'envolée des prix de l'énergie consécutive au conflit en Iran.

Entre le 17 février et le 16 mars 2026, le prix du brut WTI a bondi de 67 à 103,86 dollars le baril, soit une hausse de 54 % en moins d'un mois. Powell a reconnu cette réalité en conférence de presse : « L'inflation est élevée, en partie du fait de la récente hausse des prix mondiaux de l'énergie liée aux développements au Moyen-Orient. » La Fed indique vouloir évaluer l'impact de ces chocs sur les données avant toute décision.

Par ailleurs, les projections économiques publiées avec la réunion révèlent un FOMC divisé sur la trajectoire des taux : **le médiané des projections (dot plot) ne prévoit qu'une seule baisse de taux en 2026**, une perspective que les marchés jugent désormais optimiste. Selon CME FedWatch, les probabilités implicites de marché attribuent 0 % de chance à une baisse de taux d'ici décembre 2026, et 44,5 % de probabilité à une hausse d'ici avril 2027.

## Kevin Warsh : le successeur entre deux feux

La séquence politique se déroule en parallèle. Le 29 avril 2026 également, le Comité bancaire du Sénat américain a approuvé la nomination de Kevin Warsh à la présidence de la Fed, par 13 voix contre 11, un vote strictement partisan et une première dans l'histoire du Comité pour un candidat à la présidence de la banque centrale. Le vote en séance plénière est attendu pour la semaine du 11 mai, ce qui permettrait une confirmation avant l'expiration officielle du mandat de Powell le 15 mai.

Warsh, ancien gouverneur de la Fed de 2006 à 2011, avait déclaré lors de ses auditions qu'un « changement de régime » était nécessaire pour restaurer la crédibilité de la banque centrale. Il a hérité de la critique : « Nous subissons encore les conséquences des erreurs de politique monétaire de 2021 et 2022. » Sa préférence de long terme va vers une réduction des taux, mais les conditions actuelles ne lui laissent guère de marge : avec un FOMC où trois membres refusent déjà tout signal accommodant, une inflation persistante et un choc énergétique en cours, toute velléité de baisse rapide se heurtera à une résistance institutionnelle forte.

Les économistes de RBC résument la situation : Warsh prend les rênes d'un comité de plus en plus divisé, dans un contexte où la crédibilité même de l'indépendance de la Fed est questionnée. Sa principale contrainte sera de restaurer le consensus interne tout en gérant une économie où la croissance du PIB reste robuste (2 % en rythme annualisé), le chômage stable à 4,3 %, mais l'inflation structurellement élevée.

## Ce que cela signifie pour les épargnants français

Les décisions du FOMC traversent les océans. Pour les investisseurs et les épargnants en France, le maintien des taux américains à un niveau élevé génère plusieurs implications concrètes.

Premièrement, la divergence de politiques monétaires entre la Fed (stable à 3,50-3,75 %) et la BCE (qui maintient ses propres taux directeurs dans un contexte de ralentissement européen) soutient la demande pour les actifs obligataires américains, avec un différentiel de rendement qui favorise le dollar. Cette dynamique pèse sur l'euro et peut renchérir l'import d'énergie et de matières premières pour l'Europe, amplifiant l'inflation importée.

Deuxièmement, pour les détenteurs d'assurance-vie en unités de compte exposées aux marchés américains, la stabilité des taux est à double tranchant : elle soutient les valorisations actions à court terme (le S&P 500 a clôturé à 7 209 points le 1er mai 2026, un nouveau record), mais elle signale une période prolongée de taux élevés qui peut peser sur les multiples de valorisation à moyen terme.

Troisièmement, les fonds en euros de l'assurance-vie française continuent d'offrir des rendements nets entre 2,4 % et 2,8 % en 2026. Face à un Livret A à 1,5 % dont le taux réel est devenu négatif (l'inflation française ressort à 1,7 %), **les fonds en euros regagnent de l'attrait** en attendant une éventuelle révision à la hausse du Livret A prévue en août 2026.

Enfin, la persistance de l'incertitude monétaire aux États-Unis rappelle l'importance de la diversification géographique dans la construction d'un portefeuille long terme, en combinant des actifs européens, des obligations à duration courte et des placements défensifs capables de résister à un environnement de taux hauts pour une durée prolongée.

## Ce qu'il faut surveiller

-   **15 mai 2026 :** expiration officielle du mandat de Powell à la présidence de la Fed et passation de pouvoir à Kevin Warsh, sous réserve de confirmation sénatoriale.
-   **Semaine du 11 mai :** vote de confirmation de Warsh au Sénat en séance plénière.
-   **Juin 2026 :** prochaine réunion du FOMC sous la présidence Warsh, première occasion de jauger le nouveau cap monétaire.
-   **Données IPC mai 2026 :** la trajectoire de l'inflation déterminera si le « dot plot » d'une seule baisse en 2026 reste crédible.
-   **1er août 2026 :** révision prévue du taux du Livret A par la Banque de France, susceptible d'une hausse en cas de persistance de l'inflation.

## Conclusion

La dernière réunion de Jerome Powell à la tête de la Fed marque une transition à plusieurs niveaux : monétaire, politique et institutionnel. Les 4 dissidents reflètent un FOMC profondément divisé sur la direction à prendre dans un contexte de stagflation naissante liée aux chocs énergétiques. La décision de Powell de rester gouverneur, inédite dans sa forme, témoigne de l'intensité des pressions politiques sur une institution dont l'indépendance est le socle de crédibilité. Pour les épargnants français, la stabilité des taux américains invite à privilégier les placements à rendement visible et à duration maîtrisée, en restant attentifs à l'évolution rapide du paysage monétaire mondial.
