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title: "Pipeline saoudien : le brut sous 104 dollars, le Kospi gagne 2,08 % avant la Banque du Japon"
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description: "Riyad exporte par Ormuz, le Brent recule à 103,94 dollars. Le Kospi gagne 2,08 %, les rendements refluent. La Banque du Japon décide dans la journée."
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author: "Emmanuel d'Ibelin"
publishedAt: "2026-09-18T02:49:46.654Z"
updatedAt: "2026-09-18T02:49:46.687Z"
readingTimeMinutes: 7
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# Pipeline saoudien : le brut sous 104 dollars, le Kospi gagne 2,08 % avant la Banque du Japon

> L'Arabie saoudite redirige ses cargaisons par le détroit d'Ormuz après la fermeture de son oléoduc. Le Brent recule à 103,94 dollars, les rendements refluent et le Kospi gagne 2,08 %. La Banque du Japon rend sa décision dans la journée.

Les Bourses asiatiques ont ouvert en hausse vendredi 18 septembre, pendant que les rendements obligataires refluaient et que le pétrole prolongeait sa baisse. Vers 11h30 à Tokyo, le **Nikkei 225** gagnait 0,84 % à 64 673,29 points, l'indice coréen Kospi bondissait de 2,08 % à 6 855,29 points et le Hang Seng progressait de 0,71 % à 24 777,91 points. Le Shanghai Composite avançait de 0,73 % à 3 904,07 points, l'ASX 200 australien se contentant de 0,11 %.

Ce mouvement prolonge la meilleure séance de Wall Street depuis six semaines, selon l'agence Associated Press. Le **S&P 500** a repris 1,14 % jeudi à 7 637,76 points, le Nasdaq Composite 1,69 % à 26 418,30 points et le Dow Jones 0,61 % à 51 778,04 points. En Europe, l'Euro Stoxx 50 avait déjà clôturé en hausse de 0,90 % à 6 322,90 points.

## Riyad contourne son oléoduc par le détroit d'Ormuz

L'élément déclencheur est une décision logistique prise par l'Arabie saoudite. Le Royaume met des cargaisons supplémentaires à disposition des raffineurs asiatiques par **transfert de navire à navire**, au large du port omanais de Sohar, juste à l'extérieur du détroit d'Ormuz. Des navettes acheminent le brut à travers le détroit, puis le transbordent sur des pétroliers qui attendent à l'extérieur, ce qui évite à ces derniers de naviguer dans le Golfe et de s'exposer aux attaques iraniennes.

Ce dispositif compense la fermeture de l'oléoduc Est Ouest, arrêté à la fin de la semaine dernière après une attaque de drone lancée depuis l'Irak. Les chargements ont également été suspendus au terminal de Yanbu, sur la mer Rouge, et certaines expéditions vers des clients européens ont été annulées. Yanbu était devenu la voie d'exportation privilégiée du Royaume depuis que l'Iran a commencé à viser les pétroliers dans le détroit d'Ormuz, à la suite des frappes américaines et israéliennes conduites contre le pays à la fin février.

Les volumes transitant par cette voie de substitution ont fortement augmenté. Les transferts entre navires dans le golfe d'Oman sont passés à **2,7 millions de barils par jour**, contre 1,5 million en août, selon Matt Smith, directeur de la recherche sur les matières premières chez Kpler. Ce dernier précise toutefois qu'il reste difficile d'établir si ces transferts sont le fait des Saoudiens ou d'autres États du Golfe.

Le secrétaire américain à l'Énergie, Chris Wright, a décrit l'arrêt de l'oléoduc comme « une interruption brève et temporaire » qui « se comptera en jours ». Des analystes indépendants estiment au contraire que la remise en état des installations endommagées pourrait demander plusieurs semaines, voire plusieurs mois.

## Un brut qui recule sans quitter la zone des 100 dollars

Le baril de Brent de novembre s'échangeait à 103,94 dollars vendredi matin, en baisse de 0,84 % après une clôture à 104,82 dollars la veille. Le **WTI américain** d'octobre revenait à 101,19 dollars, contre 101,91 dollars jeudi soir. La détente reste modeste au regard du chemin parcouru : le brut américain affiche toujours une progression supérieure à 18 % sur le mois écoulé.

Le cabinet Rapidan Energy anticipe un recul des exportations saoudiennes de **400 000 barils par jour** sur le mois, en raison de l'arrêt de l'oléoduc, une perte que les volumes acheminés par Ormuz compenseraient partiellement. « Le risque reste orienté vers une perturbation plus large si l'arrêt de l'oléoduc se prolonge par delà septembre, ou si l'Iran, les Houthis ou d'autres groupes affiliés intensifient leurs attaques », avertit le cabinet dans une note diffusée jeudi à ses clients.

## Les rendements obligataires desserrent leur étreinte

La baisse du pétrole a immédiatement allégé la pression sur les marchés de taux, qui avaient encaissé de plein fouet la flambée des prix de l'énergie. Le rendement de l'emprunt d'État américain à dix ans revenait à **4,935 %**, celui à trente ans à 5,281 % et celui à deux ans à 4,681 %. L'emprunt japonais à dix ans reculait plus nettement encore, de près de 5 points de base, à 2,947 %.

En Europe, la décrue reste à venir. L'OAT française à dix ans a terminé jeudi à 4,456 % et le Bund allemand à 3,491 %, tandis que le Gilt britannique évoluait encore à 5,237 % vendredi matin. Ces niveaux traduisent la persistance d'une prime d'inflation que le reflux du brut n'a pas encore effacée.

## La Réserve fédérale a durci le ton mercredi

Le contexte monétaire pèse lourd dans cette séquence. La Réserve fédérale américaine a relevé mercredi 16 septembre la fourchette cible des fonds fédéraux d'un quart de point, à **3,75 % à 4,00 %**, par un vote unanime de douze voix contre zéro. Le communiqué justifie la décision en des termes sans ambiguïté : « l'inflation reste élevée » et « l'action engagée aujourd'hui favorisera un retour plus rapide vers l'objectif de 2 % » que s'est fixé le comité.

Les projections publiées le même jour confirment cette orientation. La médiane des prévisions place le taux directeur à **4,1 % fin 2026**, contre 3,8 % lors de l'exercice de juin, ce qui laisse la place à un tour de vis supplémentaire avant la fin de l'année. Les membres du comité ont par ailleurs relevé leur prévision d'inflation mesurée par les prix à la consommation des ménages à 3,7 % pour 2026, contre 3,6 % en juin, et la mesure sous jacente à 3,4 %. La croissance attendue ressort à 2,3 % et le chômage à 4,1 %.

## La Banque du Japon referme la séquence des banques centrales

Le rendez vous du jour se joue à Tokyo. La réunion de politique monétaire de la **Banque du Japon**, engagée jeudi 17 septembre, s'achève vendredi 18 septembre, et la décision est attendue dans la journée. L'institution maintient pour l'instant son objectif de taux au jour le jour non garanti aux alentours de 1,0 %.

Un durcissement est largement anticipé par les opérateurs, qui tablent sur un relèvement d'un quart de point à 1,25 %. Cette perspective ne sort pas de nulle part : lors de la réunion du 31 juillet, une proposition visant précisément à porter le taux directeur à 1,25 % avait été soumise au conseil, avant d'être rejetée à la majorité. Le yen s'échangeait à 156,13 pour un dollar vendredi matin, un niveau qui laisse peu de marge de manœuvre à l'institution.

L'enjeu principal porte moins sur la décision elle même que sur les indications du gouverneur Kazuo Ueda concernant la suite. Un discours jugé insuffisamment ferme exposerait la devise japonaise à une rechute, alors que l'écart de taux avec la monnaie américaine demeure considérable.

## Ce que les épargnants français peuvent en retenir

Pour un détenteur d'assurance vie ou de plan d'épargne retraite, cette séquence éclaire un mécanisme simple. Un choc d'offre sur l'énergie alimente l'inflation, pousse les banques centrales à durcir leur politique et fait monter les rendements obligataires, ce qui déprime la valeur des fonds en euros investis dans les emprunts d'État déjà émis. Le reflux du brut enclenche la mécanique inverse.

Trois points méritent attention dans les jours qui viennent : la durée réelle de l'arrêt de l'oléoduc saoudien, que les sources officielles et les analystes indépendants chiffrent très différemment ; la trajectoire des rendements européens, encore élevés malgré la détente américaine ; et le message que délivrera la Banque du Japon, dont les emprunts d'État constituent un point d'ancrage pour les taux longs partout ailleurs. La volatilité des dernières semaines invite à raisonner sur l'horizon de placement plutôt que sur la séance.
