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title: "Pierre & Vacances-Center Parcs visé par une offre de Mubadala Capital à 1,90 euro par action"
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author: "Emmanuel d'Ibelin"
publishedAt: "2026-06-23T18:08:56.316Z"
updatedAt: "2026-06-23T18:08:56.330Z"
readingTimeMinutes: 5
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# Pierre & Vacances-Center Parcs visé par une offre de Mubadala Capital à 1,90 euro par action

> Le fonds émirati Mubadala Capital propose de racheter Pierre & Vacances-Center Parcs à 1,90 euro par action, soit une prime d'environ 35 %. Le conseil et trois actionnaires détenant 58,6 % du capital soutiennent l'opération, qui valorise le groupe touristique autour d'un milliard d'euros.

Le groupe touristique **Pierre & Vacances-Center Parcs** a annoncé lundi 22 juin avoir reçu une offre ferme de rachat émanant de **Mubadala Capital**, la filiale de gestion d'actifs du fonds souverain d'Abou Dhabi. La proposition porte sur la totalité des actions en circulation et valorise l'exploitant des villages Center Parcs et des résidences Pierre & Vacances autour d'un milliard d'euros. L'action a bondi de près de 5 % à la Bourse de Paris dans la foulée, à environ 1,86 euro.

## Une offre à 1,90 euro assortie d'un mécanisme de retrait

Mubadala Capital propose **1,90 euro par action**, coupon attaché. Après une distribution exceptionnelle de 0,11 euro par titre, le prix ressort à 1,79 euro coupon détaché. Un complément de 0,10 euro par action serait versé si le fonds parvenait à retirer la société de la cote, portant le total potentiel à 2 euros par titre.

Le prix de 1,90 euro représente une prime d'environ **35 %** sur le dernier cours de clôture précédant l'annonce de la revue stratégique du groupe, lancée en juin 2025. L'opération est présentée comme intégralement financée, un point qui pèse dans l'appréciation du marché et des autorités.

Le calendrier reste néanmoins étalé. Le dépôt formel de l'offre auprès de l'Autorité des marchés financiers (AMF) est attendu au premier trimestre 2027, sous réserve des autorisations réglementaires habituelles, notamment au titre du contrôle des investissements étrangers et de la concurrence.

## Un seuil de 80 % à franchir avant le 17 juillet

La concrétisation de l'offre dépend d'un palier précis. Le conseil d'administration et trois actionnaires de référence, qui détiennent ensemble **58,6 % du capital**, apportent leur soutien. Ces actionnaires sont entrés en 2022 lors de la restructuration du groupe : les fonds britanniques **Fidera** et **Benefit Street Partners** (ex-Alcentra), aux côtés de l'investisseur immobilier français **Atream**.

Pour aller plus loin, Mubadala Capital doit rallier d'autres actionnaires afin d'atteindre **80 % du capital d'ici au 17 juillet**. Le seuil de 90 % constitue, lui, la porte d'entrée vers un retrait obligatoire et donc le versement du complément de prix. Entre ces deux paliers se jouera l'arbitrage des actionnaires minoritaires, qui doivent comparer une sortie immédiate en numéraire à la perspective incertaine d'un redressement boursier prolongé.

## Un redressement opérationnel qui change la donne

L'offre intervient alors que le groupe a achevé son redressement après des années difficiles. Sur l'exercice 2024/2025, Pierre & Vacances-Center Parcs a publié un chiffre d'affaires économique de **1,95 milliard d'euros**, un excédent brut d'exploitation ajusté de 181 millions d'euros et un résultat net de **41 millions d'euros**, positif pour la deuxième année consécutive.

La dynamique s'est prolongée au premier semestre 2025/2026 (octobre 2025 à mars 2026), avec un chiffre d'affaires total de 788,3 millions d'euros, en croissance économique de 1,8 %, et de 6 % pour les seules marques touristiques. Le groupe a réduit le tirage de sa ligne de crédit renouvelable de 150 à 90 millions d'euros, signe d'une trésorerie assainie. Son directeur général, **Franck Gervais**, a estimé que ce semestre confirmait la pertinence et la robustesse du modèle.

Au-delà des deux enseignes phares, le portefeuille comprend les marques Maeva et Adagio. Ce redressement explique le calendrier : la revue stratégique ouverte le 18 juin 2025 visait précisément à faire évoluer une structure actionnariale héritée de la crise, désormais que les indicateurs financiers se sont normalisés.

## Pourquoi un fonds souverain mise sur le tourisme européen

Mubadala Capital gère environ 20 milliards de dollars d'actifs, dont près de 13 milliards pour le compte de tiers, au sein du conglomérat Mubadala, dont les encours atteignent 385 milliards de dollars. Le fonds a multiplié les opérations d'envergure, du rachat du gestionnaire canadien CI Financial à une prise de participation dans l'allemand Techem.

Antoun Ghanem, qui pilote l'opération pour Mubadala Capital, a indiqué que l'offre traduisait la conviction du fonds dans le secteur européen du tourisme. Le projet prévoit le maintien de l'équipe dirigeante et une capacité d'investissement présentée comme durable, argument destiné à rassurer salariés et partenaires sur la continuité de l'exploitation.

Pour les investisseurs, l'opération illustre un mouvement de fond : le retour des fonds souverains du Golfe vers les actifs réels européens, après une phase concentrée sur l'intelligence artificielle et les infrastructures numériques. Le tourisme, porté par une demande de loisirs résiliente, redevient une cible patrimoniale prisée, surtout lorsque l'actif sous-jacent comprend un parc immobilier comme celui des villages Center Parcs.

## Ce qu'il faut surveiller

Plusieurs paramètres restent à clarifier. Le franchissement du seuil de 80 % avant le 17 juillet conditionne la suite : un échec rouvrirait la revue stratégique et la spéculation sur d'autres prétendants. Les actionnaires minoritaires jugeront aussi l'écart entre 1,90 et 2 euros au regard de la valeur de reconstitution du patrimoine immobilier.

Pour l'épargnant français exposé au titre, directement ou via un fonds, la trajectoire dépendra du taux d'apport et de la décision finale de l'AMF, attendue en 2027. Le dossier servira de test sur l'appétit des capitaux étrangers pour les fleurons touristiques cotés à Paris, un an après une revue stratégique qui avait laissé planer le doute sur l'avenir du groupe.
